La journaliste ougandaise Nila Yasmin, désignée la Journaliste Africaine 2019, reçoit le Prix APO Group

La journaliste ougandaise Nila Yasmin, désignée la Journaliste Africaine 2019, reçoit le Prix APO Group

APO Group a annoncé que la journaliste ougandaise Nila Yasmin est la lauréate du tout premier Prix APO Group de la Journaliste Africaine de l’année. Ce prix récompense, célèbre et encourage les femmes journalistes africaines qui soutiennent l’entrepreneuriat féminin en Afrique. La gagnante du prix a été annoncée lors de la 5ème édition de l’Africa Women Innovation and Entrepreneurship Forum (AWIEF) qui s’est tenu au Cape Town International Convention Centre (CTICC) les 29 et 30 octobre 2019. L’AWIEF est un événement annuel prestigieux qui réunit des leaders d’opinion, des femmes entrepreneurs, des responsables politiques, des universitaires, des organismes de développement et des investisseurs internationaux. Ces deux jours de rencontres et d’échanges visent à encourager et soutenir l’entrepreneuriat féminin en Afrique. Nila Yasmin a été sélectionnée par le jury pour son article « Aweko Faith Is Turning Uganda’s Waste Into Wealth ». Le fondateur et président d’APO Group, Nicolas Pompigne-Mognard, a remis à Nila Yasmin cette récompense lors de la cérémonie de remise des prix et du diner de gala de l’AWIEF qui s’est déroulée aujourd’hui. Cette distinction lui permet également de recevoir la somme de 2 500 USD, d’assister gratuitement à un prestigieux forum international dédié aux femmes et de suivre des cours en ligne organisés par l’une des universités internationales les plus prestigieuses. Nila Yasmin est une journaliste qui, par le biais des médias et de l’art, tente de donner aux femmes d’avantage de pouvoir. Elle a présenté pendant 7 ans les nouvelles en anglais sur certaines des stations de radio les plus réputées d’Ouganda, comme Record Radio et HOT100. Elle s’est retirée de la radio en décembre 2018 pour lancer sa propre société de médias, GLIM, qui encourage et célèbre les femmes. Elle travaille également avec Media 256, une société ougandaise de production de médias engagée sous contrat par CNN pour produire CNN African Voices et CNN Inside Africa. Lionel Reina, PDG d’APO Group, a déclaré : « Nous félicitons Nila Yasmin qui a remporté le Prix APO Group de la Journaliste Africaine 2019. Ce prix traduit notre engagement pour le développement du journalisme sur le continent. Nous sommes ravis de décerner ce prix lors de l’AWIEF au Cap, au moment où nous célébrons les femmes dans le journalisme et l’entreprenariat. » Au début de l’année, le journaliste ougandais Isaac Khisa a gagné une invitation d’APO Group pour participer à l’édition 2019 du Forum de l’Investissement Hôtelier en Afrique (FIHA). La journalise camerounaise Monica Nkodo a gagné une invitation d’APO Group pour participer à l’édition 2019 de l’EurAfrican Forum, l’un des plus prestigieux événements Europe-Afrique. Le journaliste nigérian Oluseyi Awojulugbe a également gagné une invitation d’APO Group pour assister aux Assemblées annuelles 2019 de la Banque Africaine de Développement (BAD). Les trois précédents gagnants, qui ont pu assister à l’AfricaCom, sont le journaliste scientifique Aimable Twahirwa, du Rwanda, le journaliste John Churu, du Botswana, et la journaliste Lilian Murugi Mutegi, du Kenya. En septembre 2016, le reporter kenyan Aggrey Mutambo a gagné une invitation d’APO Group pour assister au Forum de l’Investissement Hôtelier en Afrique (FIHA), la plus grande conférence du continent sur l’investissement hôtelier. En octobre 2018, le rédacteur d’actualités en ligne Frank Eleanya, du Nigeria, a remporté une invitation d’APO pour assister au Web Summit, plus grande conférence au monde consacrée aux technologies. APO Group parraine également l’APO Energy Media Award et l’APO Media Award, permettant à un ou une journaliste de gagner 500 dollars par mois pendant une année, un ordinateur portable et un vol intercontinental vers la destination de son choix, ainsi que l’accès pendant un an à plus de 600 salons VIP dans les aéroports. Avec APO

La presse africaine est-elle enfin libre ?

La presse africaine est-elle enfin libre ?

L’exercice du journalisme semble être un véritable casus belli sur le continent pour ceux qui ont vocation à suivre la filière. Les assassinats, les emprisonnements, les intimidations, les fermetures administratives ou judiciaires des organes de presse, les amendes qui mettent à mal la trésorerie…sont le lot réservé à bon nombre de journalistes. Surtout, dans les pays ou la liberté de la presse et la liberté d’expression n’ont pas de sens pour les autorités et même pour les citoyens qui ne supportent pas la critique, la contradiction, l’honnêteté et la défense de l’intérêt général. L’absence de sanctions pour les atteintes aux libertés fondamentales reconnues par les constitutions met en danger permanent les journalistes et les défenseurs des droits humains. Il arrive que les dirigeants soient les donneurs d’ordres ou complices de ces spadassins qui assassinent ou mettent volontairement les bâtons dans les roues de la presse. Au Congo Brazzaville, les assassins du journaliste franco-congolais du média en ligne Mwinda, Bruno Jacquet Ossebi, ou encore du directeur du Tam-Tam, Joseph Ngouala, ne sont pas recherchés. Et, le Conseil Supérieur de la Liberté de Communication semble être un instrument de censure qui parfois s’autorise à brasser du vent. Au Burkina Faso, ceux qui ont exécuté Norbert Zongo n’ont toujours pas été inquiétés. En Érythrée, les autorités refusent même de dire si les détenus sont vivants ou morts et certains journalistes sont détenus dans le sinistre pénitencier de l’île de Dahlak Kébir. Au Cameroun, le panthéon des chevaliers de la plume compte, entre autres, Germain Cyril Ngota, rédacteur en chef de Cameroun Express, décédé en avril 2010 à la prison de Yaoundé Kondengui. Jean-Léonard Rugambage, journaliste rwandais du bimensuel Umuvugizi, a payé de sa personne en voulant enquêter sur la tentative d’assassinat manqué du général Faustin Kayumba Nyamwasa. Au Nigeria, Edo Sule Ugbagwu de La Nation, Nathan Dabak, Bayo Ohu et Dimanche Bwede ont été assassinés… Pour ceux qui sont en détention, les prisons sont souvent secrètes et les autorités refusent de communiquer les informations concernant les lieux d’emprisonnement, l’état de santé ou le statut des journalistes détenus souvent depuis plusieurs années. Le Comité pour la Protection des Journalistes note habituellement que les allégations d’atteintes à la Sûreté nationale comme la subversion, la divulgation des secrets d’État, les actes contre les intérêts nationaux, ainsi que les outrages à chef d’État sont les accusations communément utilisées pour justifier le bâillonnement des médias. A dire vrai, en République Démocratique du Congo aucun progrès n’a été noté pour retrouver les meurtriers du journaliste d’investigation Didace Namujimbo, qui travaillait pour Radio Okapi à l’Est du pays. Les assassinats ou tentatives d’assassinats à l’instar de celles sur la personne d’Albert Kambale Muyisa, correspondant de l’Agence France Presse, sont courantes. La RD Congo, par exemple, comptait jusqu’à peu, au moins neuf services de sécurité qui, tous, s’en prennent aux journalistes. Il s’agit de l’Agence nationale de renseignements, des Services spéciaux de la police, de l’Inspection de la police des parquets, du Groupe spéciale de la sécurité présidentielle, du Comité de la sécurité d’État, de la Police d’intervention rapide, de la Détection militaire des activités anti-patrie, de l’Agence de la sécurité des aéroports, de l’Inspection provinciale de Kinshasa… Dans bon nombre de pays, principalement du Maghreb à l’Afrique centrale, l’audiovisuel public est une véritable chasse gardée du pouvoir au service exclusif de ce dernier et de ses affidés, et pour les médias privés, c’est généralement le goulag ou l’allégeance. Néanmoins, quelques uns s’en sortent en mettant en pratique la sagesse divine qui déclare : Que ma langue soit comme la plume d’un habile écrivain. Si dans les pays anglophones, l’heure est davantage à la dépénalisation des délits de presse, ailleurs, on durcit la législation au point qu’il faille être vraiment fou pour exercer la profession de journaliste. D’ailleurs, le Comité pour la Protection des Journalistes souligne annuellement dans son rapport qu’en Afrique subsaharienne, les deux tiers des journalistes sont emprisonnés sans inculpation. Et, Reporters sans frontières qui dresse souvent un état apocalyptique de la condition de cette activité dans ses rapports, demande sans cesse aux pouvoirs publics de garantir la liberté d’expression des professionnels de l’information en toute sécurité, à l’abri des menaces et des intimidations.