Congo. Lettre ouverte au président de la République

Excellence, monsieur le président de la République, Les partis politiques, les associations de la société civile et les personnalités indépendantes de l’intérieur et de la diaspora congolaise, signataires de la lettre dont la teneur suit, viennent à vous, par la présente, vous adresser leurs civilités et vous exprimer leur protestation indignée contre l’explosion de la criminalité et de l’intolérance politiques dans notre pays, l’indifférence hautaine du pouvoir face à la désespérance sociale des populations, l’idée lunaire du pouvoir, d’organiser une élection présidentielle en mars 2026, dans un pays aujourd’hui naufragé, ce, sans que les conditions préalables d’organisation d’une élection libre, transparente, honnête et apaisée ne soient remplies. Excellence, monsieur le président de la République, Le Congo-Brazzaville se donne à voir à l’international, comme une République et une démocratie. C’est énoncer une banalité que de rappeler qu’une République se caractérise entre autres, par la garantie réelle des libertés individuelles et collectives (libertés de pensée, d’opinion, d’expression, de communication, de presse, de réunion, de manifestation, de cortège, de conscience) et par la protection des citoyens contre l’arbitraire et la criminalité politique. Quant à la démocratie, entendue comme « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », elle a pour fondement, la garantie réelle et la protection véritable des libertés fondamentales et des droits humains (droits à la liberté, à la vie, à des soins de santé de qualité, à un emploi et un salaire décents, à une éducation et une formation professionnelle de bon niveau, à une nourriture nutritive et saine, à un logement décent, à des loisirs sains, à un environnement salubre, à une vie digne). S’agissant du droit à la liberté, l’article 9 de la Constitution du 25 octobre 2015 dispose : « La liberté de la personne humaine est inviolable. Nul ne peut être arbitrairement accusé, arrêté ou détenu ». Sur le même sujet, l’article 11 de la Constitution stipule : « Toute personne arrêtée est informée du motif de son arrestation et de ses droits dans la langue qu’elle comprend. Tout acte de torture, tout traitement cruel, inhumain et dégradant est interdit. Le pouvoir judiciaire, gardien des libertés individuelles assure le respect de ce principe dans les conditions fixées par la loi ». Dans cet esprit, l’article 14 de la Constitution dispose : « Tout individu, tout agent de l’Etat, tout agent des collectivités locales, toute autorité publique qui se rendrait coupable d’actes de torture ou de traitement cruel, inhumain ou dégradant, soit de sa propre initiative, soit sur instruction est punie conformément à la loi ». S’agissant des partis politiques, l’article 58 de la Constitution stipule : « les partis politiques se créent librement autour d’un idéal de paix, d’unité nationale et de développement socio-économique. Ils jouissent de la personnalité morale. L’adhésion à un parti politique est libre. Nul ne peut faire l’objet de mesures discriminatoires en raison de son appartenance à un parti ou du fait qu’il n’appartient à aucune formation politique ». A propos de l’opposition politique, l’article 63 de la Constitution dispose : « L’opposition est reconnue en République du Congo. Elle ne peut subir de limites, quant à son existence et à ses activités démocratiques, que celles imposées à tous les partis politiques par la Constitution et la loi ». A cette disposition constitutionnelle, il convient d’ajouter le principe selon lequel, dans une démocratie, l’opposition politique remplit une fonction tribunitienne, qui consiste pour elle, à mettre en accusation l’action gouvernementale, à critiquer les mauvais choix et les défaillances du pouvoir en place et à proposer des politiques alternatives. Excellence, monsieur le président de la République, La République et la démocratie protègent les différences. Elles garantissent les libertés fondamentales et les droits humains. La République se construit autour des droits inaliénables des citoyens. Elle postule le règne des citoyens égaux en droits. Un régime construit sur la pratique de la violence politique viole les valeurs de la République et de la démocratie. Un Etat démocratique a l’impérieux devoir de protéger les citoyens contre la criminalité politique. Or, sur le plan sécuritaire, dans notre pays et dans la perspective de l’élection présidentielle de mars 2026, en violation flagrante des caractères républicain et démocratique officiellement proclamés du pays, ainsi que des articles 9,11, 14, 58 et 63 de la Constitution en vigueur, articles cités supra, les mœurs barbares à l’œuvre pendant les temps funestes de la JMNR, temps caractérisés par des violences politiques perpétrées par les tortionnaires Mabouaka François, Kouvouama, alias Castro et autres Antoine Ngayot de triste mémoire, sont ressuscitées allègrement. Le mode opératoire est toujours le même : créer un climat d’insécurité dans le pays, dans le sinistre dessein d’intimider les opposants politiques et tous ceux qui ne portent pas le pouvoir actuel dans leurs cœurs, et plus largement, de faire peur aux populations. Cette stratégie de l’intimidation nous a été récemment rappelée dans un audio devenu viral sur les réseaux sociaux, audio diffusé par l’ancien député de Moungali, Heydevert Mouagni. En effet, dans cet audio, l’ancien député, aujourd’hui déchu et en fuite à l’étranger, a révélé que sous le pouvoir dirigé par l’ancien président Pascal Lissouba, les têtes pensantes du camp de l’actuel président de la République, ayant à leur tête, le défunt Oko Camille, avaient mis en œuvre une stratégie visant à créer l’insécurité dans le pays, aux fins de discréditer le pouvoir de l’époque, retourner l’opinion nationale contre lui, amener les populations à regretter la période Sassou, caractérisée selon eux, par le règne de la paix sociale et de la tranquillité de l’ordre public, et partant, de les inciter à exiger le retour au pouvoir de l’ancien président Denis Sassou Nguesso. Aujourd’hui, comme dans les années 1993-1998 au cours desquelles les exécutions extrajudiciaires étaient légion, le pouvoir actuel a remis en train la stratégie de l’intimidation, en vue de se donner les moyens de se maintenir à vie à la barre par la force brutale. Pourtant, lors de la Conférence nationale souveraine de 1991, les participants avaient lancé le cri de cœur suivant, à l’endroit de la classe politique congolaise : « Plus jamais
Chine. Xi se dit prêt à travailler avec le président de la République du Congo pour un partenariat stratégique plus fort

Le président chinois Xi Jinping a échangé jeudi des félicitations avec le président de la République du Congo Denis Sassou Nguesso à l’occasion du 60ème anniversaire des relations diplomatiques, et s’est engagé à travailler avec M. Sassou pour promouvoir le partenariat stratégique entre les deux pays. L’amitié entre la Chine et la République du Congo a résisté à l’épreuve du temps, a remarqué M. Xi. Durant les 60 années écoulées, les deux pays, malgré des changements dans la situation internationale, se sont toujours engagés dans une coopération sincère et un développement mutuel, au cours desquels les deux pays sont devenus bons amis dans la confiance réciproque politique et bons partenaires pour une coopération économique gagnant-gagnant, a ajouté M. Xi. Ces dernières années, les échanges fréquents entre les deux pays, l’approfondissement continu de la confiance réciproque politique, et les progrès constants de la coopération pratique ont apporté des avantages tangibles aux peuples des deux pays, ce qui est un reflet vivant de l’esprit de coopération amicale entre la Chine et l’Afrique, a rappelé M. Xi. Le président chinois a déclaré qu’il attachait une grande importance au développement des relations bilatérales et était disposé à travailler avec le président Sassou pour faire de cet anniversaire des relations un nouveau point de départ, enrichir sans cesse le partenariat de coopération stratégique global entre les deux pays, et œuvrer ensemble à construire une communauté de destin sino-africaine de haut niveau. Pour sa part, M. Sassou a indiqué qu’au cours des 60 années des relations diplomatiques, les peuples des deux pays ont toujours été unis et amicaux, défendant des aspirations communes pour la paix, la justice et la prospérité. Cela a favorisé le développement rapide du partenariat de coopération stratégique global entre la République du Congo et la Chine. Sur la base d’une confiance réciproque et de bénéfices mutuels, les deux parties se sont engagées dans une vaste coopération avec des résultats fructueux, a noté M. Sassou, ajoutant qu’il était prêt à consolider et approfondir la coopération amicale entre la République du Congo et la Chine, afin d’apporter des contributions positives à la promotion de la construction d’une communauté de destin sino-africaine de haut niveau.
Congo. Message de Denis Sassou N’GUESSO sur l’état de la Nation

Avant tout propos, je voudrais rendre un vibrant hommage à nos jeunes enfants, à ces jeunes citoyens, arrachés à l’affection de la nation, suite au drame survenu au stade d’ornano, dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 novembre 2023. Il nous faut analyser froidement les circonstances de cette effroyable tragédie afin de situer, pour l’histoire, toutes les responsabilités et, pour l’avenir, tirer les enseignements et les leçons utiles. Ce triste événement nous renvoie à la problématique cruciale de l’avenir de notre jeunesse que j’évoquerai dans la suite du présent message. En leur mémoire, je vous prie de bien vouloir vous lever pour une minute de silence….. Merci A la différence des éditions antérieures, nous avons décidé, depuis l’année dernière, de rendre, avec plus de densité, hommage à la république. Désormais, nous célébrons la journée de la république, le 28 novembre de chaque année, sur fond de message consacré à l’état de la nation. 65 ans après sa proclamation et en dépit de toutes les difficultés et embûches rencontrées, les institutions de la république demeurent stables et fonctionnent normalement. La nation congolaise se structure et se consolide au fil des jours. C’est pour cela que je salue la tenue réussie, en août dernier, des élections sénatoriales qui se sont déroulées dans la quiétude, les normes et les délais requis et j’appelle nos institutions à plus d’efficience. En adressant mes sincères félicitations aux nouveaux élus, j’exhorte le parlement à plus d’efficacité, par la qualité de ses initiatives et des débats. La célébration de la journée de la république, couplée au message sur l’état de la nation, nous offre l’opportunité de tirer les leçons de nos insuffisances, nos contre-performances. C’est également l’occasion de mettre en évidence les progrès accomplis qui sont à la base des avancées réalisées. Le 21 mars 2021, notre projet de société « ensemble, poursuivons la marche » a été largement plébiscité par le peuple. Pour le peuple, ce projet est porteur d’une ambition collective, déclinée dans le plan national de développement 2022 – 2026 qui couvre les 5 années du mandat. En lien avec l’exécution de ce plan, il s’avère primordial d’examiner la tenue des principaux secteurs pourvoyeurs de la bourse de l’etat, à savoir les finances, les hydrocarbures, l’économie forestière. Sur le plan économique et financier, souvenons-nous de l’effondrement brutal des cours du pétrole en juin 2014 et de la contraction, par la suite, de la demande intérieure induite, sans le moindre répit, par les mesures de riposte contre la pandémie de covid19. Dans le même registre, les chocs exogènes engendrés par la guerre russo- ukrainienne mettent à rude épreuve l’économie nationale. La conclusion, le 21 janvier 2022 par le gouvernement et le fonds monétaire international, du programme appuyé par la facilité élargie de crédit pour la période triennale 2022 – 2024, contribue à la relance de l’économie nationale et augure des perspectives encourageantes. Ainsi, l’on peut noter, avec intérêt, l’issue positive, en février et juillet 2023, de la deuxième et la troisième revue dudit programme. Nous sommes en voie de passer la quatrième revue que nous espérons avec succès. La reprise économique se poursuit et se confirme, malgré un environnement économique mondial marqué par la montée de plusieurs incertitudes. La croissance économique devrait s’établir à 4% en 2023 après un taux de 1,7% en 2022. Le redressement de la situation budgétaire se poursuit également grâce à une mobilisation accrue des recettes internes et des dépenses publiques plus maîtrisées. Le remboursement de la dette extérieure s’exécute normalement à la satisfaction de nos partenaires techniques et financiers tandis que le processus d’apurement de la dette intérieure évolue de manière positive. Il convient de relever que la notation financière de notre pays a, de nouveau, été rehaussée cette année. Ce résultat découle des efforts consentis par le gouvernement dans le cadre de la consolidation de nos finances publiques. Pour soutenir cette embellie qui se dessine grâce aux réformes audacieuses qui sont engagées, l’effort de rigueur et de vigilance doit être soutenu. En cela, il nous faut rigoureusement appliquer les mesures adoptées au cours des trois dernières années et qui visent l’amélioration des recettes. Il s’agit, en l’occurrence, des paiements électroniques, de l’élargissement de l’assiette fiscale par le biais, notamment, de la systématisation du numéro d’identification unique et de l’accélération du recouvrement des arriérés d’impôts et des droits de douane. Il nous faut aussi maintenir le taux et la suppression des exonérations de taxe sur la valeur ajoutée ainsi que la réduction des droits de douane sur les importations de denrées alimentaires essentielles. Les engagements relatifs aux investissements porteurs de croissance ainsi que ceux inhérents aux biens et services autant qu’à la couverture des dépenses sociales doivent s’exécuter, conformément au plan national de développement 2022 – 2026. Enfin, il nous faut poursuivre, avec opiniâtreté, le processus d’amélioration du climat des affaires. Cette option légitime et justifiée implique la mise en perspective de l’éminent rôle régulateur d’une justice caractérisée par l’application stricte, cohérente et uniforme du droit dans l’arbitrage des conflits socio-professionnels ou commerciaux qui peuvent survenir. Dans cette optique, le conseil supérieur de la magistrature a, lors de sa session de mars 2023, réaffirmé sa détermination d’écarter les magistrats indélicats pour garantir une justice favorable à la bonne gouvernance. Pour des faits constitutifs de manquements graves au devoir de leur état, à l’honneur, à la délicatesse et à la dignité de leurs charges, 23 magistrats Ont fait l’objet de sanctions diverses. De ce qui précède et au moment où nous célébrons la journée de la république, ce message sur l’état de la nation m’offre l’opportunité de réitérer l’appel à nos partenaires techniques et financiers, en vue d’un accompagnement plus efficace et plus conséquent à notre pays. Par la même occasion, je voudrais rassurer le parlement que le gouvernement veillera toujours à limiter l’impact, sur les populations, des réformes engagées et de certaines mesures prises dans le cadre du programme avec le fonds monétaire international. Je salue la résilience et l’esprit de sacrifice du peuple pour permettre à notre