Maroc. Les transactions immobilières dégringolent au premier trimestre

Maroc. Les transactions immobilières dégringolent au premier trimestre

Selon des chiffres publiés par Bank Al-Maghrib (BAM) et l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC), l’indice des prix des actifs immobiliers (IPAI) a accusé une baisse, en glissement annuel, au premier trimestre de 2020. « Les prix ont connu un repli de 1,4%, avec des baisses de 1,5% pour les actifs résidentiels, de 1,2% pour les terrains et de 2% pour les biens à usage professionnel », a indiqué BAM et l’ANCFCC. « Pour ce qui est des transactions, leur nombre a reculé de 29,5%, résultat des baisses des ventes du résidentiel de 30,6%, des terrains de 28,7% et des biens à usage professionnel de 22,3% », ont poursuivi BAM et la Conservation foncière dans une note sur la tendance globale du marché immobilier au cours du premier trimestre 2020. A titre de comparaison, rappelons qu’au précédent trimestre (le quatrième de l’année 2019), l’IPAI avait enregistré un recul de 0,5%, en glissement annuel, reflétant des diminutions des prix de 0,9% pour les terrains et de 0,6% pour les actifs résidentiels ; alors que les prix des biens à usage professionnel s’étaient en revanche accrus de 1,6%. Durant cette même période, le nombre de transactions avait dégringolé de 10,8%, touchant l’ensemble des catégories de biens avec des baisses de 14,1% pour les terrains, de 10,5% pour le résidentiel et de 4,9% pour les biens à usage professionnel. Par catégorie d’actifs, il ressort des tendances observées au cours des trois premiers mois de l’année 2020 que les prix du résidentiel se sont dépréciés de 1,5%, en liaison avec les replis des prix de 1,2% pour les appartements, de 3,2% pour les maisons et de 4,7% pour les villas. A en croire la note de BAM et l’ANCFCC, « les ventes ont baissé de 30,6%, avec des reculs de 30,8% pour les appartements, de 27,7% pour les maisons et de 30,5% pour les villas ». En ce qui concerne le foncier, il ressort de l’analyse des données statistiques que les prix ont reculé de 1,2% ; tandis que le nombre de transactions a accusé une baisse de 28,7%. Quant aux prix des biens à usage professionnel, la tendance est à la baisse. En effet, ceux-ci « ont reculé de 2%, reflétant une baisse de 2,6% pour les locaux commerciaux, les prix des bureaux ayant, en revanche, progressé de 2% », ont indiqué BAM et l’ANCFCC relevant en outre une régression des transactions de 22,3%, « avec des diminutions de 22,1% des ventes portant sur les locaux commerciaux et de 23,3% de celles des bureaux ». Il est à noter qu’en glissement trimestriel, la tendance globale du marché immobilier au cours du premier trimestre 2020 est également à la baisse. En effet, l’IPAI a reculé de 1,6%, reflétant des régressions de 1,8% pour les prix du résidentiel, de 1,1% pour ceux du foncier et de 3,3% pour ceux des biens à usage professionnel. D’après la note de BAM et l’ANCFCC, « le volume des transactions a enregistré une diminution de 31,2% traduisant des replis des ventes de l’ensemble des catégories, soit 32,9% pour le résidentiel, 27,2% pour les terrains et 25,6% pour les biens à usage professionnel ». Pour rappel, l’IPAI avait affiché une baisse de 0,4% au quatrième trimestre de 2019, en glissement trimestriel. Dans une note publiée à cette période, BAM et l’ANCFCC avaient expliqué que « cette évolution recouvre des diminutions des prix de 0,8% pour les terrains et de 0,4% pour les biens résidentiels, ainsi qu’une hausse de 2,3% de ceux des biens à usage professionnel ». La même note avait en parallèle souligné que « le nombre de transactions a connu une régression de 0,7%, recouvrant une baisse de 2,7% pour les biens résidentiels, une hausse de 17% pour les actifs à usage professionnel, ainsi qu’une stagnation pour les terrains ». S’agissant des prix du résidentiel au premier trimestre 2020, il apparaît qu’ils ont dégringolé de 1,8% suite aux baisses observées au niveau de toutes les catégories d’actifs « avec des taux de 1,4% pour les appartements, de 3,3% pour les maisons et de 5,2% pour les villas ». En ce qui concerne le volume des transactions, « il a reculé de 32,9%, résultat des régressions des ventes des appartements de 33,1%, des maisons de 33,3% et des villas de 20,9% », selon la même note. S’agissant du foncier, il a été constaté que les prix des terrains ont diminué de 1,1% et les transactions ont régressé de 27,2%. Cette tendance a également été observée au niveau des biens à usage professionnel dont l’indice des prix « a connu une diminution de 3,3% recouvrant un recul de 5,4% des prix des locaux commerciaux et une hausse de 8,2% de ceux des bureaux », ont fait savoir BAM et l’ANCFCC. Pareil pour le volume des transactions qui s’est replié de 25,6%, après une baisse de 26,2% des ventes des locaux commerciaux et de 21,7% de celles des bureaux. Enfin, pour l’ensemble de l’année 2019, rappelons que les prix des actifs immobiliers étaient ressortis en quasi-stagnation par rapport à 2018 pour l’ensemble des catégories de biens et que le volume des transactions avait en parallèle enregistré une baisse de 3,8% après une hausse de 4,8% en 2018. Des analyses couvrant cette année, il en était ressorti que la contraction des ventes avait concerné l’ensemble des catégories de biens avec des diminutions de 10,2% pour les terrains, de 4,7% pour les biens à usage professionnel et de 1,9% pour les biens résidentiels. Alain Bouithy

Le moral des ménages s’est fortement détérioré au premier trimestre (Maroc)

Le moral des ménages s’est fortement détérioré au premier trimestre (Maroc)

Le moral des ménages s’est fortement détérioré au premier trimestre 2020, a constaté le Haut-commissariat au plan (HCP) qui fait état du repli de l’indice de confiance des ménages (ICM), l’indicateur le mesurant. Selon l’institution publique, la confiance des ménages est restée en berne au cours des trois premiers mois de l’année enregistrant « une détérioration aussi bien par rapport au trimestre précédent que par rapport au même trimestre de l’année précédente ». Ainsi, « l’indice de confiance des ménages s’est établi à 75,7 points, au lieu de 77,8 points enregistrés le trimestre précédent et 79,1 points une année auparavant », a souligné le Haut-commissariat dans une note d’information synthétisant les résultats de l’enquête de conjoncture menée auprès des ménages au titre du premier trimestre de l’année en cours. A en croire l’institution publique, la perception par les ménages de l’évolution du niveau de vie, du chômage, de l’opportunité d’effectuer des achats de biens durables et les préoccupations liées à la situation financière a fortement affecté le moral de ces derniers durant la période étudiée. Ainsi, au premier trimestre de 2020, près de la moitié des ménages (42,2%) a déclaré une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, 35,4 % un maintien au même niveau et 22,4% une amélioration. « Le solde d’opinion sur l’évolution passée du niveau de vie est resté négatif, à moins 19,8 points, contre moins 20 points au trimestre précédent et moins 15 points au même trimestre de l’année passée », a relevé le HCP. A noter que plus d’un quart des ménages sondés (28,5%) s’attend à une dégradation du niveau de vie au cours des 12 prochains mois, alors que 47,5% d’entre eux pensent que le niveau restera le même et 23,9% pronostiquent une amélioration. Soulignons que « le solde d’opinion relatif à cet indicateur a atteint son niveau le plus bas depuis le quatrième trimestre de 2016 et s’est établi à 4,6 points, en dégradation aussi bien par rapport au trimestre précédent que par rapport au même trimestre de l’année précédente où il était à moins 2,2 points et à 10 points respectivement ». Dans le même temps, la majorité des ménages (79,2 %) a déclaré s’attendre à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois contre 8,4% seulement à croire le contraire. Dans ce cas aussi, le Haut-commissariat a constaté que « le solde d’opinion est resté négatif à moins 70,8 points contre moins 71,6 points un trimestre auparavant et moins 75,6 points un an auparavant ». Concernant l’opportunité d’effectuer des achats de biens durables, ils sont 57,2% contre 24,6% des ménages à considérer que le moment n’est pas opportun. Là également, «le solde d’opinion de cet indicateur est resté négatif, passant à moins 32,6 points au premier trimestre de 2020 contre moins 29,2 points le trimestre précédent et moins 36,3 points le même trimestre de l’année 2019 », a souligné le HCP. L’autre préoccupation des ménages concerne la situation financière. Les résultats de l’enquête révèlent qu’au premier trimestre de 2020, ils sont 62,7% à penser que leurs revenus couvrent leurs dépenses, 32,5% à reconnaître qu’ils s’endettent ou puisent dans leur épargne alors que 4,8% d’entre eux affirment épargner une partie de leur revenu. A propos de cet indicateur, il apparaît que le solde d’opinion est resté ainsi négatif, à moins 27,7 points contre moins 26,4 points le trimestre précédent et moins 28,9 points une année auparavant, a relevé le Haut-commissariat. Il est à noter que l’opinion des ménages relative à l’évolution de leur situation financière au cours des 12 derniers mois, a révélé que 32,8% des sondés contre 9,9% considèrent qu’elle s’est dégradée. C’est ainsi que « cette perception est restée négative, avec un solde d’opinion de moins 22,9 points contre moins 22,1 points au trimestre précédent et moins 21,2 points au même trimestre de l’année passée », a fait savoir le HCP. Quant à la perception par les ménages de l’évolution de leur situation financière au cours des 12 prochains mois, elle nous enseigne que seuls 24,9% contre 16,3% des ménages s’attendent à une amélioration de leur situation financière. En s’établissant à 8,5 points contre 15,9 points un trimestre auparavant et 20,7 points un an auparavant, le HCP a déduit que «le solde d’opinion de cet indicateur a atteint son niveau le plus bas depuis le premier trimestre de 2017 ». Soulignons enfin qu’en plus de tous ces indicateurs, l’enquête du HCP s’est également intéressée à la perception des ménages de leur capacité à épargner et à l’évolution des prix des produits alimentaires. Ainsi, pour ce qui est du premier aspect, il ressort que 17,1% contre 82,9% des ménages s’attendent à épargner au cours des 12 prochains mois, a indiqué le Haut-commissariat notant que « le solde d’opinion est resté négatif, à moins 65,8 points au lieu de moins 64,6 points au trimestre précédent et moins 63 points au même trimestre de l’année passée ». S’agissant du deuxième aspect, il ressort de l’enquête que 82,9% des ménages estiment que les prix des produits alimentaires ont augmenté au cours des 12 derniers mois. Ainsi, comme pour les indicateurs sus-cités, « le solde d’opinion est resté négatif, à moins 82,8 points, après avoir été de moins 85,1 points le trimestre précédent et de moins 88,1 points une année auparavant ». Restons sur le même aspect pour ajouter que les prix des produits alimentaires devraient continuer à augmenter au cours des 12 prochains mois, selon 82,8% des ménages. Seuls 0,2 % d’entre eux s’attendent à leur baisse. Sans surprise, le solde d’opinion est resté négatif. Il s’est situé à moins 82,6 points, au lieu de moins 82,2 points enregistrés un trimestre auparavant et moins 87,5 points une année passée. Alain Bouithy

Redressement attendu de l’activité économique au premier trimestre (Maroc)

Redressement attendu de l’activité économique au premier trimestre (Maroc)

Au premier trimestre 2020, la demande mondiale adressée au Maroc bénéficierait d’un léger regain de dynamisme des importations de la zone euro et afficherait une progression de 1,3%, en variation annuelle, a annoncé le Haut-commissariat au plan (HCP) soulignant un contexte international moins pénalisant pour l’économie nationale qu’au trimestre précédent. «Avec la dissipation des craintes de récession mondiale et l’apaisement des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, les échanges mondiaux reprendraient un peu d’élan», a expliqué l’institution publique dans son dernier point de conjoncture. Dans ce document, qui fait état de la situation des principaux indicateurs économiques relatant les prévisions pour le premier trimestre de la nouvelle année, le HCP a toutefois prévenu que la croissance mondiale devrait rester molle et évoluer en dessous de sa tendance de long terme ; alors que l’inflation se situerait à 2%, compte tenu des prévisions du prix du pétrole qui avoisinerait les 60$/baril. Dans ce contexte, le Haut-commissariat a estimé que la demande intérieure maintiendrait sa tendance haussière, tandis que la consommation des ménages progresserait à un rythme relativement plus soutenu qu’au trimestre précédent. L’évolution de celle-ci s’expliquerait par «l’amélioration anticipée de l’offre de produits primaires, dans un contexte de poursuite de modération des tensions inflationnistes et de légère hausse des revenus des ménages», a indiqué le HCP. De ses prévisions pour le premier trimestre de cette année, il ressort globalement que la croissance hors agriculture serait tirée par les activités tertiaires, dont le rythme s’élèverait à +3,3%, au lieu de +2,3% pour le secteur secondaire. Pour les analystes du HCP, «la valeur ajoutée agricole devrait progresser de 6,8%, en variation annuelle, sous l’hypothèse du retour d’une pluviométrie favorablement répartie sur les régions agricoles, notamment au cours des mois de février et mars 2020». A en croire ces derniers, l’actuelle campagne agricole devrait bénéficier d’un ajustement technique des superficies semées, notamment celles consacrées aux céréales, aux légumineuses et aux fourrages, mais serait caractérisée par le repli de certaines récoltes automnales, comme les agrumes. Ainsi, et compte tenu d’une hausse de 2,8% de la valeur ajoutée non-agricole, le Haut-commissariat prévoit une croissance économique nationale de 3,3%, au premier trimestre 2020, au lieu de +2,5% la même période une année auparavant. A noter que dans son point de conjoncture, le Haut-commissariat fait également état de la situation des principaux indicateurs économiques estimés pour le quatrième trimestre 2019. Ainsi, il apparaît que l’économie nationale aurait progressé de 2,3%, au quatrième trimestre 2019, au lieu de 2,1% au trimestre précédent, portée par la hausse de 3,2% des activités hors agriculture, en variation annuelle. Alors que la valeur ajoutée agricole aurait affiché un repli de 5,4%, maintenant ainsi sa tendance baissière pour le quatrième trimestre successif. Suite à la légère décélération du commerce mondial de biens au quatrième trimestre 2019, la demande mondiale adressée au Maroc aurait manqué de vigueur, affichant un accroissement de 1,1%, au cours de la même période, au lieu de +2,8% un an auparavant. En détail, «la croissance des exportations nationales, en valeur, aurait ralenti à +0,1%, au quatrième trimestre 2019, au lieu de +2% un trimestre plus tôt, sous l’effet du recul des ventes extérieures de la confection et de la bonneterie et des produits agricoles et agro-alimentaires», a fait savoir le HCP. Les exportations en valeur des phosphates et dérivés auraient, pour leur part, contribué pour -1,2 point à l’évolution des exportations globales, en raison de l’impact du reflux des cours sur le marché mondial depuis le début de l’année 2019. En parallèle, «le secteur automobile aurait continué de pâtir de la baisse de cadence des exportations du segment construction, dans un contexte de repli des ventes automobiles au niveau mondial, particulièrement en Europe et en Chine», a relevé le HCP soulignant la bonne orientation du segment câblage qui aurait profité de l’évolution favorable de la demande qui lui est adressée. Concernant les importations, en valeur, elles auraient, également, décéléré, affichant une hausse de 0,9% au quatrième trimestre 2019, au lieu de 2,4% un trimestre plus tôt. Dans sa note, le Haut-commissariat a attribué ce ralentissement à la baisse des importations des biens énergétiques et des produits bruts, dans le sillage d’une détente des prix à l’importation. «En revanche, a poursuivi l’institution, les importations des biens d’équipement (machines et appareils divers, moteurs à piston), des demi-produits (matières plastiques, fils et barres en cuivre et ceux en fer) et des produits alimentaires (céréales et sucre) se seraient inscrites en hausse, soutenues par la demande intérieure». Au final, le déficit de la balance commerciale se serait creusé de 2% et le taux de couverture aurait atteint 55,7% au cours de cette période. A noter que les dépenses des ménages en biens de consommation se seraient accrues, au quatrième trimestre 2019, suite au regain du pouvoir d’achat induits par la hausse contenue des prix à la consommation et la légère amélioration des revenus des ménages dans le cadre du dialogue social. Alors que la formation brute de capital (FBC) se serait redressée au rythme de 2,9%, à la même période. De son côté, la valeur ajoutée agricole aurait enregistré un repli atteignant 5,4% au quatrième trimestre 2019, principalement sous l’effet de la révision à la baisse des perspectives de croissance de la production végétale. Tandis que les activités hors agriculture auraient progressé de 3,2%, après +3% un trimestre plus tôt. Soulignons également qu’au même trimestre, les prix à la consommation se seraient légèrement redressés par rapport au trimestre précédent, affichant une hausse de 0,8%, en glissement annuel, au lieu de +0,4%; tandis que la croissance des créances sur l’économie se serait accélérée en 2019, après une nette décélération en 2018. Leur encours aurait augmenté de 5,8%. Enfin, le marché des actions aurait consolidé sa tendance haussière au quatrième trimestre, après avoir repris au troisième trimestre 2019. Alain Bouithy