Maroc. L’appel implicite de la Banque mondiale à des réformes profondes

Maroc. L’appel implicite de la Banque mondiale à des réformes profondes

Des fragilités structurelles qui freinent le potentiel économique Entre 2000 et 2024, la population en âge de travailler a progressé près de 2,5 fois plus vite que l’emploi  ECONOMIE. « Le Maroc pourrait générer 1,7 million d’emplois de plus d’ici 2035 et augmenter son PIB réel de près de 20 % au-dessus du niveau de référence », révèle la Banque mondiale dans deux rapports analytiques rendus publics mardi 28 avril. L’institution internationale financière estime cependant que « ce  potentiel ne se concrétisera que si un programme de réformes ambitieux est mis en œuvre ». Si ces deux rapports, produits en étroite collaboration avec le gouvernement marocain, fournissent à la fois des données probantes et une feuille de route pour faire de cette transformation une réalité, ils envoient surtout plusieurs messages implicites très clairs. Le principal message de ces documents, « Rapport sur la croissance et l’emploi au Maroc » et le « Diagnostic du secteur privé au Maroc » est sans doute un appel explicite à des réformes structurelles profondes. Les réformes actuelles jugées insuffisantes ou incomplètes  Bien que dit dans un ton diplomatique, il apparaît que l’organisme juge clairement les réformes actuelles insuffisantes ou incomplètes et suggère d’accélérer sur des chantiers sensibles tels que ceux du marché du travail, de l’éducation, de la concurrence, du rôle de l’Etat, du climat des affaires, entre autres. Pour bien comprendre la signification réelle de ce message, il suffit de se référer à celui délivré sur le même sujet par son alter ego : le Fonds monétaire international (FMI) qui avait dégainé cette même observation en mars dernier. A ce propos, on se souvient que l’organisme avait appelé le Maroc à accélérer les réformes du marché du travail pour stimuler l’emploi durable. Dans un ton tout aussi diplomatique, le FMI avait alors réitéré des recommandations sur ce sujet adressées au terme d’une mission conduite par Laura Jaramillo, du 29 janvier au 11 février au Maroc, lesquelles appelaient à davantage de réformes liées au marché du travail. Le deuxième message implicite est que l’économie marocaine a des marges importantes de progression, mais qu’elle n’exploite pas encore pleinement ses capacités actuelles en termes de productivité, d’emploi et d’investissement. Pour les auteurs desdits rapports, bien que l’économie marocaine ait accompli de véritables avancées, « la croissance ne s’est pas encore traduite par une création d’emplois à la hauteur des besoins, en particulier pour les femmes et les jeunes ». Pour mieux apprécier l’ampleur de la situation, la Banque mondiale rappelle qu’« entre 2000 et 2024, la population en âge de travailler a progressé près de 2,5 fois plus vite que l’emploi. Alors que 40 % des industries évoluent dans un environnement peu concurrentiel, les entreprises peinent à se développer et à accroître leur productivité. Le taux d’activité des femmes demeure parmi les plus faibles au monde, malgré la progression de leur niveau d’études, et continue en outre de s’éroder ». Le troisième message juge insuffisante la croissance actuelle. Selon l’organisme international, le scénario actuel (sans réformes majeures) mènerait à une croissance plus faible, ce qui signifie que la trajectoire actuelle est perçue comme perfectible, voire limitée. Dans son Rapport sur la croissance et l’emploi, l’institution met en lumière les contraintes structurelles et formule des recommandations stratégiques articulées autour de quatre axes. Il s’agit des marchés plus efficaces et plus compétitifs, des entreprises plus dynamiques, des investissements publics à plus fort impact et des marchés du travail plus inclusifs qui se renforcent mutuellement, selon la Banque mondiale. De l’avis des experts de l’organisme, la création d’emplois supplémentaires à l’horizon 2035 et 2050 ainsi que la hausse du PIB réel au-dessus du niveau de référence permettront de concrétiser ainsi « les ambitions du Nouveau modèle de développement en une trajectoire atteignable ». Pour Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division à la BIRD pour le Maghreb et Malte, « le Maroc a construit des bases solides et, grâce aux recommandations du Rapport sur la croissance et l’emploi, le Royaume peut aller encore plus loin, créer des millions d’emplois, approfondir les investissements privés et créer de réelles opportunités pour les femmes et les jeunes. Le Groupe de la Banque mondiale s’engage pleinement dans cette entreprise aux côtés du Maroc ». Au final, le message réel n’est pas seulement « le Maroc peut réussir », mais plutôt qu’il pourrait faire beaucoup mieux qu’aujourd’hui, et que cela dépendra de décisions politiques difficiles et rapides. Alain Bouithy

Les entreprises appellent à moderniser l’Accord d’Association Maroc-UE

Les entreprises appellent à moderniser l’Accord d’Association Maroc-UE

La Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) et BusinessEurope ont organisé conjointement aujourd’hui une rencontre sur le thème “la modernisation de l’Accord d’Association Maroc-UE : pour une intégration plus forte des marchés européens et africains”.  Tenue en marge de la 7ème édition de l’UE-Africa Business Summit (EABF), cet événement a connu la participation de MM. Chakib ALJ et Pierre GATTAZ, respectivement Présidents de la CGEM et de BusinessEurope, et de représentants d’entreprises marocaines et européennes opérant sur les deux continents.  Lors de son intervention à l’ouverture de ce webinaire, M. Chakib ALJ a affirmé “la nécessité de donner un nouveau souffle à l’accord commercial et d’investissement Maroc-UE, adopté en 1996, afin qu’il puisse refléter la nouvelle réalité”. Il a également souligné le rôle joué par le Maroc et ses entreprises dans le renforcement de la relation UE-Afrique. “De par sa stabilité politique et ses avantages géographique, financier et économique, entre autres, le Royaume est aujourd’hui une destination d’investissement fiable et à forte valeur ajoutée et un hub reconnu pour l’Afrique” a t-il déclaré.  Le Président de la CGEM a aussi rappelé que “les entreprises et les sociétés marocaines et européennes partagent les mêmes défis, notamment ceux liés à l’immigration, au changement climatique et à l’instabilité des chaînes d’approvisionnement. Elles partagent également la même vision des solutions et des opportunités à saisir à savoir plus de commerce, plus d’emplois, pour les jeunes et les femmes en particulier et plus d’attention aux PME, épine dorsale de nos économies respectives”. Et pour conclure, “la modernisation de l’Accord d’Association Maroc-UE offre un énorme potentiel et peut être un modèle pour une relation UE-Afrique plus forte. Le temps est à l’action!”.  Pour sa part, M. Pierre GATTAZ a souligné que «le monde a changé depuis l’entrée en vigueur de l’Accord d’Association UE-Maroc et il faut l’adapter aux réalités commerciales du 21ème siècle et aux besoins des entreprises dans des domaines importants comme l’économie digitale. Pour favoriser l’intégration de nos chaînes de valeur, nous devons combler les barrières non-tarifaires et faciliter les investissements étrangers et le commerce de services notamment. Cela sera encore plus important dans un contexte où beaucoup d’entreprises européennes cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement.» Lors de leurs interventions, les panélistes ont présenté les avantages qu’offrerait la modernisation de l’Accord d’Association Maroc-UE pour les entreprises des deux continents, notamment en termes d’intégration des chaînes de valeur, particulièrement à la lumière de l’entrée en vigueur de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (Zlecaf). Cette dernière donnera accès à un marché de 1,2 milliard de consommateurs et permettra de stimuler l’investissement et de créer de la valeur ajoutée et de l’emploi vers une croissance socio-économique durable du continent africain.  Pour rappel, la CGEM et BusinessEurope avaient adopté, le 21 septembre 2021, une déclaration conjointe, qui prône une modernisation du cadre des relations commerciales et d’investissement Maroc-UE, attendue depuis longtemps par les deux communautés des affaires. Cette modernisation devra libérer le potentiel économique inexploité du partenariat précité afin de soutenir une reprise économique post-pandémique effective et durable et de saisir les opportunités liées, notamment aux chaînes d’approvisionnement, à la durabilité ou encore au numérique. 

Cinéma : pourquoi son potentiel économique est-t-il « inexploité » en Afrique ?

Cinéma : pourquoi son potentiel économique est-t-il « inexploité » en Afrique ?

Les industries cinématographiques en Afrique pourraient quadrupler leurs revenus et parvenir à contribuer à hauteur de 20 milliards de dollars au PIB combiné du continent et créer 20 millions d’emplois supplémentaires dans les industries créatives, selon un rapport sur le cinéma rendu public mardi. Malgré l’augmentation significative de la production et de la distribution d’œuvres cinématographiques à travers le continent, le potentiel économique du secteur audiovisuel africain “reste largement inexploité sur la quasi-totalité du continent”, constate l’Unesco qui propose pour la première fois une cartographie détaillée de l’industrie cinématographique et audiovisuelle à l’échelle du continent africain. Ce rapport de 67 pages intitulé “L’industrie du film en Afrique : Tendances, défis et opportunités de croissance“, contient des recommandations “pour organiser de façon stratégique la croissance à venir” et aider ce secteur en plein essor à atteindre son potentiel… Lire la suite sur BBC