Congo Brazzaville/Ecair. Quel plan de relance au prorata du disponible de 3,4 milliards de fcfa accordé par l’Etat congolais?

ANALYSE. C’est la question que nous avons posée à un expert en ménagement des compagnies aériennes, fin connaisseur dans les moindres détails de la situation d’Ecair. Avec les 3,4 milliards de fcfa, il est possible de remettre en état de navigabilité l’avion, de type Boeing ( TN-AJI), immobilisé sur le tarmac de l’aéroport international Maya Maya de Brazzaville depuis janvier 2021. Il faut ensuite payer l’assurance de cet avion et financer le processus de certification d’Ecair. Le Certificat de Transport Aérien(CTA) obtenu, les premiers vols pourraient aisément s’opérer. Il va falloir ensuite s’occuper des avions qui sont en Afrique du Sud et en Éthiopie. Selon nos sources, Ethiopian n’a plus l’agrément et la capacité de travailler sur des avions, de type Boeing 757, comme celui d’Ecair qui s’y trouve. La compagnie aérienne congolaise à capitaux publics en avait pourtant été informée depuis au moins 5 mois. Sans réaction de sa part, confie un proche du dossier ayant requis l’anonymat. Par A. Ndongo Journaliste économique et financier
Maroc. Soutien aux entreprises et plan de relance : de nouvelles mesures sont nécessaires
2021, une année charnière sans doute marquée par de nouvelles mesures pour accompagner les entreprises face à la crise. C’est dans ce sens que la Britcham a organisé ce mardi 26 janvier son premier webinaire de l’année intitulé : « Soutien aux entreprises en période de crise et plan de relance ». Alors que la crise perdure, les intervenants ont d’abord salué les différentes mesures prises par l’Etat pour accompagner les entreprises et salariés durant les premiers mois de la pandémie. Après 10 mois de crise, de nouvelles problématiques s’imposent. Selon M. François Marchal, directeur général de Société Générale Maroc, « la question du financement des entreprises est de nouveau sur la table. « De nouvelles solutions doivent émerger ». En effet, les montants alloués au Plan de relance arrivent bientôt à épuisement. Sur les 75 milliards de dirhams de crédits bancaires destinés aux entreprises, il reste moins de 25 milliards de dirhams. « Une question de semaines » pour M. Hassan Belkhayat, administrateur à la CGEM et Président de South Bridge; qui a rejoint le directeur généralde la bancaire dans l’impératif de trouver de « nouvelles ressources financières sous de nouvelles formes ». Parmi elles : la prise de participation dans le capital d’une entreprise. Pour M. Hassan Belkhayat, l’Etat a été « stratège » dans la relance. « Le Maroc a été un des pays africains qui a le mieux accompagné les entreprises ». De son côté, M. François Marchal a salué les « effets positifs » des crédits Damane où les entreprises bénéficiaires avaient obligation – à travers ces crédits – de régler des prestations de fournisseurs. « Cela a créé un cercle vertueux ». Sur le volet social, M. Abdellatif Mortaki, Directeur Général de la CNSS a dressé le bilan de l’accompagnement de la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale. Le montant des aides aux salariés pour les entreprises a avoisiné les 6 milliards de dirhams à travers le Fonds Spécial. Des reports d’échéances étaient aussi proposés aux entreprises. La CNSS a également digitalisé une multitude de services aux entreprises et salariés et compte « intensifier la digitalisation dans les prochains mois ». Enfin, Maître Nesrine Roudane, avocate au Barreau de Casablanca au Cabinet Roudane & Partners Law Firm a notamment insisté sur la formation et la spécialisation des syndics pour faciliter les procédures de difficultés d’entreprises. « La médiation et l’arbitrage doivent aussi être intensifiés » pour permettre des règlements de litiges plus rapides.
Maroc. Un plan de relance à 120 MMDH pour redresser l’économie nationale: Le ministre Benchaâboun détaille l’ambitieux plan annoncé par S.M le Roi Mohammed VI

Il nous appartient de saisir l’opportunité de redéfinir l’ordre des priorités, d’asseoir les bases d’une économie forte et compétitive et de construire un modèle social plus inclusif», avait déclaré Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans son adresse à la nation à l’occasion de la Fête du Trône. Dans ce cadre, «il importe d’initier un plan ambitieux de relance économique pour permettre aux secteurs de production de se remettre d’aplomb, d’accroître leur capacité à créer des emplois et à préserver les sources de revenu », avait-il indiqué. Le Souverain avait, pour cela, appelé à « mobiliser tous les moyens disponibles en termes de financements, de dispositifs d’incitation et de mesures de solidarité, en vue d’accompagner les entreprises, essentiellement les petites et les moyennes qui constituent le maillon central du tissu économique national ». Au cours de son discours, considéré comme une feuille de route claire pour le présent et l’avenir par le président de la Chambre des représentants, le bureau de la Chambre, les présidents des groupes et du groupement parlementaires et les présidents des commissions permanentes, S.M le Roi Mohammed VI avait ainsi annoncé qu’« environ 120 milliards de dirhams seront injectés dans l’économie nationale, soit l’équivalent de 11% du PIB. Ce taux inscrit le Maroc parmi les pays les plus audacieux en matière de politique de relance économique post-crise ». Moins d’une semaine après cette importante annonce, le ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration, Mohamed Benchaâboun, est revenu sur l’ambitieux plan de relance promis par le Souverain question d’éclairer l’opinion publique sur l’opérationnalisation des Hautes Orientations Royales contenues dans le discours du Trône. C’est ainsi que, lors d’une conférence de presse tenue mardi 4 août, à Rabat, le ministre a indiqué que des mesures immédiates seront prises pour opérationnaliser les Hautes Orientations Royales, regroupées en trois principaux points : la mise en place d’un plan de relance ambitieux, la généralisation de la couverture sociale et la réforme du secteur public. L‘élaboration dudit plan, qui se veut global et intégré, «comprend des mesures transverses tout en tenant compte des spécificités sectorielles. L’objectif étant d’accompagner le redémarrage progressif de l’activité des différents secteurs de l’économie et de créer les conditions propices pour une relance vigoureuse à la sortie de la crise», a-t-il souligné. Dans sa communication, le ministre des Finances a aussi indiqué que des mesures sectorielles spécifiques, concernant en particulier les secteurs les plus touchés par la crise, feront l’objet de contrats et de conventions qui seront signés avec les fédérations concernées : Contrat-programme 2020–2022 relatif à la relance du secteur touristique en phase post-Covid-19. A ce propos, il a précisé qu’un «pacte pour la relance économique et l’emploi» avec la CGEM et le GPBM et un «contrat programme relatif à la relance du secteur touristique» seront signés courant cette semaine. Concernant les 120 MMDH qui seront injectés dans l’économie nationale, le ministre a déclaré que 75 MMDH seront consacrés aux crédits garantis par l’Etat et profiteront à tous les segments d’entreprises dont les EEP (les établissements et entreprises publics) les plus impactés par la crise. La Caisse centrale de garantie (CCG) sera chargée de gérer ce système de garantie, selon les explications du ministre précisant que 5 MMDH seront apportés par le Fonds Covid-19 pour couvrir les risques de défaut des entreprises bénéficiaires. Quant aux 45 MMDH restants, ils seront affectés au Fonds d’investissement stratégique dont 30 MMDH mobilisés auprès d’institutionnels nationaux et internationaux et 15 MMDH financés par l’Etat (LFR-2020). Dans son exposé, Mohamed Benchaâboun explique que ce fonds interviendra directement par le financement des projets d’investissement en faisant appel au partenariat public privé (PPP) et indirectement par le renforcement des capitaux des entreprises aux fins de leur développement. Précisons que sur les 120 MMDH à injecter dans l’économie nationale, 20 MMDH seront mobilisés par l’Etat. Le ministre est également revenu sur la création d’un Fonds d’investissement stratégique également annoncé par le Souverain dans son discours du 29 juillet dernier. Il « devait être créé pour remplir une mission d’appui aux activités de production, d’accompagnement et de financement des grands projets d’investissement public-privé, dans une diversité de domaines », avait estimé S.M le Roi Mohammed VI soulignant qu’en sus de la participation de l’Etat, il devra compter sur la coordination et la rationalisation des différents fonds de financement. S’agissant de la généralisation de la couverture sociale, deuxième axe de son intervention, Mohamed Benchaâboun a d’emblée expliqué que la réforme de la protection sociale est une réforme sociétale de grande envergure qui interpelle des mutations profondes de la gestion et de la gouvernance du système de protection sociale au Maroc. Comme l’a souligné le ministre, cette réforme consacre une couverture sociale universelle à travers la généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) à partir du mois de janvier 2021, des Allocations Familiales (AF) à tous les ménages à partir du mois de janvier 2021, une retraite au profit de la population active non couverte et une indemnité pour perte d’emploi (IPE) au profit de la population active. Conformément aux Hautes instructions de Sa Majesté le Roi, il a annoncé l’ouverture immédiate d’un dialogue social constructif avec tous les partenaires. Persuadé que la généralisation de la couverture sociale doit devenir un levier essentiel d’insertion du secteur informel dans le tissu économique national, le Souverain avait appelé dans son discours « le gouvernement, en concertation avec les partenaires sociaux, à parachever l’élaboration d’une vision pragmatique globale » qui devra inclure le planning, le cadre légal ainsi que les options de financement pour parvenir in fine à sa généralisation effective, avait-il insisté. Notons que le déploiement de cette réforme se fera sur une période de 5 ans en deux phases. 2021-2023 : le déploiement de l’Assurance maladie obligatoire et des Allocations familiales et 2024-2025 : la généralisation de la retraite et de l’indemnité pour perte d’emploi au profit de la population active. Aussi, afin de réussir cette réforme d’envergure, le ministre a annoncé des mesures préalables et d’accompagnement à mettre en place. En l’occurrence : la
Maroc. La Fédération du commerce et services dévoile son plan de relance post-coronavirus

Les entreprises du commerce et des services ont subi un impact fort sur leur activité variant de 30 à 70%, depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence sanitaire. Prenant la mesure de la gravité de cette situation, qui a poussé certaines sociétés à arrêter temporairement leurs activités et occasionné une perte d’emplois évaluée à 361.130 pour les deux secteurs, la Fédération du commerce et services (FCS) a élaboré une proposition de plan de relance adapté aux différentes branches des secteurs du commerce et des services. La feuille de route, qui adopte une approche d’intelligence collective, « vise le maintien de la continuité de l’activité des entreprises des deux secteurs tout en créant de la valeur évitant ainsi une vulnérabilité sociale à travers la préservation des emplois », souligne la présidente de la fédération créée en 1960, Bouchra Out Aghani. Etabli après concertation avec les associations membres de la FCS, ce plan de relance s’articule autour de trois axes majeurs. Il contient « 75 mesures effectives adaptées aux spécificités des secteurs représentés et leur capacité de création de la valeur ajoutée », explique la fédération dans un communiqué rendu public récemment soulignant que l’ensemble des mesures proposées sont équilibrées entre celles destinées à relancer l’offre et d’autres à la demande. Le premier axe est centré sur la sauvegarde de la continuité de l’activité. Il propose de préserver en urgence les secteurs du commerce et services « en permettant aux entreprises de supporter leurs besoins immédiats de liquidités pour le paiement des charges courantes critiques et éviter les faillites », souligne la FCS. La fédération, qui représente aujourd’hui 64 associations professionnelles et plus de 2000 entreprises opérant dans les secteurs du commerce et des services, plaide ainsi pour le report de toutes les échéances bancaires, assurances, sociales et fiscales, et leur étalement sur l’année 2021. Le deuxième axe met l’accent sur la préservation des emplois et le soutien de l’offre. Dans son communiqué, la FCS explique que cette proposition vise la « sauvegarde des compétences des entreprises et particulièrement celles des services ». Selon la fédération, cette mesure aiderait à préparer de manière proactive la sortie de crise, et maintenir ainsi les emplois afin d’éviter une éventuelle baisse de la demande », explique-t-elle rappelant que le commerce et les services représentent conjointement 17,7% du PIB et assurent 6,5 millions d’emplois. Le troisième axe s’intéresse à l’octroi de la visibilité et à la préservation de la compétitivité. En gros, il réunit des mesures structurantes visant à renforcer la confiance des acteurs en assurant un climat des affaires favorable à l’investissement, l’export, la digitalisation et la valorisation du capital humain. Sans tomber dans le protectionnisme, la fédération plaide pour « un rôle primordial de l’Etat à travers l’instauration de la préférence nationale de la commande publique ». Une stratégie pragmatique d’encouragement du Made in Morocco, souligne la Fédération. La FCS, qui est par ailleurs affiliée à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), poursuit en proposant des programmes d’appui adaptés aux ambitions des secteurs et la mise en place d’une stratégie de redynamisation inclusive et de mesures pour la réduction des délais de paiement inter-entreprises. Dans son plan de relance, la fédération prend également le soin de proposer des pistes de financement à l’appréciation du gouvernement, consciente que les mesures suggérées auront un poids financier sur le budget de l’Etat. Des mesures relatives à la préservation du niveau de la balance des paiements ont été également recommandées. Afin de garantir le respect strict des mesures sanitaires et des règles instaurées par les autorités compétentes et anticiper l’ouverture des activités des deux secteurs, la FCS dit ,par ailleurs, s’atteler à « élaborer des kits de reprise par branche avec l’appui des associations de branche et des pouvoirs publics ». Enfin, comme elle le rappelle dans sa note, la mission de la Fédération du commerce et services de la CGEM est de participer au développement des différentes formes de commerce et services en accompagnant ses membres dans leurs réflexions, en clarifiant leurs spécificités par rapport à d’autres modèles, et en participant à la construction d’une doctrine juridique et fiscale adaptée. Alain Bouithy