SENEGAL. PASTEF, ou la République des fidèles : quand la révolution se dote d’un annuaire de loyauté

SENEGAL. PASTEF, ou la République des fidèles : quand la révolution se dote d’un annuaire de loyauté

TRIBUNE. Dans la nouvelle République estampillée “rupture”, on n’entend plus le bruit des bottes… mais celui des stylos qui nomment. À la chaîne. À la pelle. À la confiance surtout. Le parti PASTEF Les Patriotes, en pleine mue stratégique, vient d’accoucher d’un bureau politique qui ressemble moins à une architecture institutionnelle qu’à une constellation de fidélités orbitant autour d’un seul soleil : Ousmane Sonko. Le Conseil national du 19 avril 2026 aura donc servi de salle d’accouchement pour cette nouvelle élite politico-partisane, où les vice-présidents poussent comme des champignons après la pluie électorale. Quatre vice-présidents, rien que ça. À ce rythme, bientôt chaque courant d’air aura son vice-président pour le représenter. Mais qu’on se rassure : ici, on ne parle pas de diversité d’opinions. Non. On parle de diversité… dans la loyauté. Car le message est clair, limpide, presque cristallin : le temps des camarades turbulents est révolu. Place aux hommes de confiance. Ceux qui ne posent pas trop de questions, mais qui savent hocher la tête avec discipline. La révolution, oui, mais sous contrôle. Le “gardien de la révolution” semble désormais préférer des clés bien rangées à des serrures capricieuses. Au Secrétariat général, la symphonie continue. Une armée mexicaine de secrétaires généraux adjoints, comme si chaque décision devait passer par une haie d’approbation silencieuse. On empile les titres comme on empile des briques, espérant construire une forteresse politique… ou peut-être un bunker contre les tempêtes à venir. Et puis viennent les secrétaires nationaux, ces nouveaux chevaliers de la communication, de l’organisation et de la formation. Des postes stratégiques, certes, mais qui ressemblent de plus en plus à des postes de vigie : surveiller, cadrer, canaliser. La parole devient discipline. L’organisation devient contrôle. La formation devient formatage. Il faut toutefois préciser que cette vague de nominations s’inscrit davantage dans une logique de renforcement que de bouleversement : de nouveaux visages font leur entrée dans le Bureau politique pour consolider le dispositif, tandis que les secrétariats nationaux non concernés demeurent solidement en place, comme pour garantir une continuité dans la mécanique déjà huilée du parti. Le Mouvement national des cadres patriotes (MONCAP), lui, parachève le tableau : une élite dans l’élite, un club dans le club, une République dans la République. Comme si le parti, déjà au pouvoir, avait besoin d’un pouvoir parallèle pour sécuriser… son propre pouvoir. Mais au fond, il faut le dire sans détour : Ousmane Sonko joue ici une partition que l’histoire politique rend presque incontournable. Une révolution ne se pilote pas avec des doutes ambulants ni avec des ambitions centrifuges. Elle exige des hommes et des femmes alignés, soudés, presque immunisés contre les tentations de la trahison. Dans un champ politique où les fidélités se négocient parfois au gré des vents, s’entourer de fidèles devient moins un caprice qu’un mécanisme de survie. Ce choix n’est pas une fermeture, mais une consolidation. Ce n’est pas un repli, mais une mise en ordre. Car avant d’ouvrir les fenêtres, encore faut-il s’assurer que la maison tient debout. Et dans cette architecture en construction, la loyauté devient le ciment, la confiance le mortier, et la discipline la charpente. Ici, la fidélité n’est pas un défaut démocratique, mais une stratégie de stabilisation. Elle permet d’éviter les fractures précoces, les coups de poignard dans le dos, les alliances nocturnes qui défont au petit matin ce qui a été construit à la lumière du jour. En somme, c’est le prix à payer pour transformer une ferveur populaire en machine politique durable. La vraie interrogation n’est donc plus de savoir s’il s’entoure de fidèles, mais ce qu’il fera de cette fidélité : en fera-t-il un levier d’efficacité ou un confort d’entre-soi ? Car bien utilisée, la loyauté peut être une force redoutable, mal gérée, elle devient une douce illusion. Par Malick BA Journaliste

Sénégal/USA. Sonko tire à balles réelles sur Trump : la fin du silence africain ?

Sénégal/USA. Sonko tire à balles réelles sur Trump : la fin du silence africain ?

TRIBUNE. Dans les relations internationales, il arrive que les figurants deviennent des lanceurs de pavés. Et ce jour-là, depuis Sénégal, Ousmane Sonko a décidé de ne pas jouer les silhouettes diplomatiques. Non. Il a sorti la sulfateuse verbale, direction Donald Trump avec une phrase qui claque comme une gifle dans un sommet feutré : « Monsieur Trump n’est pas un homme de paix. C’est un homme de déstabilisation du monde. » Dans le jargon diplomatique habituel : on ne partage pas entièrement la même vision stratégique. Traduction réelle version Sonko : le cow-boy Trump met le feu à la prairie et vend ensuite les extincteurs. Car il fallait oser. Dans un monde où les dirigeants africains ont longtemps pratiqué l’art délicat du sourire crispé face aux puissants de ce monde, voilà que Sonko, lui, choisit la franchise brutale, presque insolente. Comme si la diplomatie sénégalaise avait troqué ses gants blancs contre des gants de boxe. Et il faut le dire sans détour : Ousmane Sonko n’est pas de ces hommes qui tremblent devant leurs propres idées. Il les porte, il les assume, il les projette. Un homme courageux, donc, au sens rare du terme, qui préfère le risque de la parole à la sécurité du silence. Haro, dès lors, à ceux qui bavardent sur son audace sans jamais avoir affronté le vertige de dire ce qu’ils pensent. Car enfin, qu’est-ce qu’un leader qui se tait ? Souvent un esprit enchaîné. Une personne qui possède un avis mais craint de l’exprimer est prisonnière de l’inhibition : elle doute, elle redoute le jugement, cette vieille compagne appelée atélophobie, ou pire encore, elle se noie dans le people pleasing, cette maladie moderne qui transforme les convictions en pâte molle prête à épouser toutes les formes. Ce profil trahit une carence fondamentale : l’absence d’affirmation de soi. Or, Sonko n’habite pas ce territoire-là. Il appartient à une autre catégorie : celle des personnalités assertives. Il dit, clairement, directement, sans détour inutile et surtout sans cette agressivité hystérique qui trahit souvent la faiblesse, ni cette passivité molle qui signe la résignation. Il parle en acteur, pas en spectateur. En stratège, pas en suiveur. Bref, un leader audacieux, proactif, qui préfère tracer sa ligne plutôt que marcher dans les empreintes des autres. Et pendant qu’il parle, il imprime le tempo. Ousmane Sonko ne suit pas l’actualité, il la fabrique, il la cadence, il lui impose son rythme. Autour de lui, une nuée de stagiaires politiciens tente de s’agripper à cette pulsation nouvelle, courant derrière chaque déclaration comme des sprinteurs sans souffle. Mais l’essoufflement les guette déjà : on ne court pas longtemps dans les pas de quelqu’un qui avance plus vite que son époque. Certains, grisés ou irrités, murmurent déjà des grands mots. D’autres, plus audacieux, le classent sans trembler parmi les prétendus « maîtres du monde » — clin d’œil ironique à Les Maîtres du Monde de Pascal Boniface. Provocation ? Hyperbole ? Peut-être. Mais derrière l’emphase, une réalité politique s’impose : celle d’un homme qui pèse, qui dérange et qui imprime sa marque bien au-delà de ses frontières. Face à lui, Donald Trump, incarnation assumée du chaos organisé, architecte de tweets incendiaires et pyromane en chef d’une géopolitique sous stéroïdes. Un homme pour qui la paix ressemble souvent à une pause publicitaire entre deux conflits d’intérêts. Et Sonko, dans un rare moment de clarté géopolitique sans anesthésie, résume l’affaire en une phrase que beaucoup pensent tout bas, mais que peu osent hurler tout haut. Mais derrière la formule choc, il y a une ligne de fracture. D’un côté, ceux qui pensent, parlent et assument. De l’autre, cette cohorte docile, véritables moutons de Panurge, comme dans Gargantua de François Rabelais, qui attendent qu’une voix s’élève pour bêler en chœur, découvrant soudain des convictions qu’ils n’avaient pas la veille. Et pendant que certaines chancelleries africaines ajustent encore leurs courbettes protocolaires, le Sénégal version Sonko semble dire : ici, on ne chuchote plus, on parle. Quitte à déranger. Quitte à froisser. Quitte à rappeler que la paix n’est pas un slogan de campagne, mais une denrée rare que certains leaders manipulent comme un vulgaire outil de communication. Alors oui, au bout de cette tirade qui dérange et qui divise, il reste une image : celle d’un homme qui marche vite, parle fort et pense libre. Un homme qui, pour beaucoup, honore Sénégal et donne des raisons de fierté à une partie de l’Afrique. Chapeau, Maître, chapeau notre gardien de la révolution. Par Malick BA Journaliste

Sénégal. Yoro Dia, le gardien autoproclamé de Macky sall qui refuse de quitter la scène

Sénégal. Yoro Dia, le gardien autoproclamé de Macky sall qui refuse de quitter la scène

PARLONS-EN. Après la chute de son mentor, l’ex-président Macky Sall, dont il fut le zélé ministre conseiller chargé de la communication, Yoro Dia refuse obstinément de quitter la scène. Le rideau est tombé sur le régime du « gouffreur » économique depuis belle lurette, mais l’homme, lui, campe toujours sous les projecteurs. À intervalles réguliers, avec une ponctualité de métronome, il surgit sur X pour décocher ses flèches contre Ousmane Sonko et son gouvernement. Yoro Dia, ancien locataire des couloirs dorés du pouvoir, s’est reconverti en vigile numérique de la vertu publique. Depuis son perchoir virtuel, il distribue bons et mauvais points avec la gravité appliquée d’un professeur surveillant une classe… qu’il a lui-même contribué à mettre sens dessus dessous. Le voilà donc qui s’étrangle dans les colonnes du journal Vox Populi, affublant Sonko du titre de « gardien des illusions ». Rien que ça. D’un revers de tweet, il dégaine aussi le spectre commode de « l’anachronisme politique » cette bouée rhétorique toujours bien utile quand il s’agit d’expliquer le présent sans trop fouiller le passé. Mais permettez qu’on s’étonne. Car enfin, qui tenait la barre pendant que le navire économique prenait l’eau ? Qui était aux premières loges quand la dette enflait comme un soufflé oublié au four, quand les promesses de prospérité se muaient en additions salées pour le contribuable ? Aujourd’hui, l’ancien architecte du système découvre soudain les vertus de la lucidité économique. Une illumination tardive, presque mystique. Dr Yoro Dia nous explique désormais, d’un ton professoral, que le Sénégal aurait besoin d’une révolution économique « à la Franklin D. Roosevelt ou à la Lee Kuan Yew ». Rien que ça. Le New Deal sur la corniche, Singapour version Sandaga le tout servi clé en main. On croirait entendre un consultant fraîchement débarqué d’un colloque. Puis vient le grand numéro dramatique : la mise en garde contre les « gardiens de la révolution » façon Joseph Stalin, Adolf Hitler ou Maximilien Robespierre. L’argument massue, le point Godwin version tropicale. Quand les munitions politiques se raréfient, on sort l’artillerie historique, effet garanti, nuance facultative. Sauf qu’à force de caricaturer, on finit par manquer la question essentielle : pourquoi, au juste, certains qualifient-ils Sonko de « gardien de la révolution » ? La réponse tient moins du slogan que d’un parcours. Depuis le début, l’homme incarne, aux yeux de ses partisans, le combat, la constance et une détermination rarement prise en défaut. Il a porté un discours de rupture, dénoncé ce qu’il présente comme des injustices systémiques et, surtout, mobilisé une jeunesse longtemps en quête de débouché politique. C’est dans ce terreau que Sonko a su conquérir des cœurs et insuffler, qu’on le conteste ou non, un véritable imaginaire de rupture dans le pays. Pas forcément une révolution au sens historique du terme mais suffisamment d’élan pour bousculer les lignes établies. Nuance que les procès d’intention digèrent mal. Sur le terrain, en tout cas, la musique est différente. Pendant que certains recyclent des métaphores poussiéreuses, une frange bruyante, déterminée et parfaitement éveillée de la jeunesse sénégalaise voit en Sonko non pas un « gardien d’illusion », mais le vigile d’un espoir longtemps confisqué. Appelez-ça naïveté si vous voulez. Eux appellent ça respiration. Et puis cette phrase finale, presque prophétique : « Le temps ne chôme pas. » Sur ce point, au moins, tout le monde tombera d’accord. Le temps travaille méthodiquement. Il classe les bilans, trie les héritages et expose les responsabilités comme on étale du linge au soleil. Alors oui, le temps ne chôme pas. Et c’est peut-être bien cela qui inquiète le plus ceux qui, hier encore, tenaient la montre. Par Malick BA Journaliste

Addis-Abeba ou le théâtre des ambitions : Sonko en Grand Sherpa, Macky en fantôme diplomatique

Addis-Abeba ou le théâtre des ambitions : Sonko en Grand Sherpa, Macky en fantôme diplomatique

TRIBUNE. À Addis-Abeba, au cœur du 39ᵉ sommet de l’Union africaine, la diplomatie africaine a pris des airs de farce tragique. Entre tapis rouges, sourires protocolaires et poignées de main calibrées, la scène ressemblait à un opéra politique où chacun chantait sa partition, faux parfois, fort souvent. La participation du Premier ministre Ousmane Sonko n’avait rien d’une simple promenade diplomatique. C’était un baptême du feu. Un crash-test grandeur continentale. Trente chefs d’État, des regards en coin, des ego surdimensionnés et Sonko, costume bien repassé, posture de Grand Sherpa, prêt à gravir l’Himalaya géopolitique africain. Sur le tarmac de l’aéroport international Bolé, les honneurs tombent comme une pluie tropicale. À peine débarqué à Addis-Abeba, Sonko prend du coffre. Il parle fort, il parle souveraineté, il parle rupture. Il distribue des slogans comme d’autres distribuent des cartes de visite. Le message est clair : le Sénégal nouveau est arrivé, et il ne vient pas demander la permission. Représentant le président Bassirou Diomaye Faye, Sonko déroule sa doctrine comme un manifeste : autonomie économique, indépendance politique, repositionnement géopolitique. Trois piliers. Trois coups de marteau sur la table africaine. Autonomie économique : on promet de se sevrer des bailleurs internationaux. Financement endogène, ressources fiscales, mines, agriculture tout y passe. Une Afrique qui se finance elle-même, dit-il. Une croissance autocentrée. Le rêve est beau. La réalité, elle, est têtue. Indépendance politique : fini les injonctions extérieures, fini les télécommandes sécuritaires, fini les modèles institutionnels importés sous cellophane. L’Afrique doit écrire sa propre trajectoire, même si le stylo tremble encore. Repositionnement géopolitique enfin : climat,assainissement, eau, commerce, gouvernance numérique, Sonko veut une Afrique qui pèse, qui négocie, qui impose. Une Afrique adulte, pas une Afrique assistée. Cette rhétorique souverainiste, inspirée des vieux mythes panafricanistes remis au goût du jour, fait vibrer la jeunesse du continent. Elle sent la poudre, la rupture, la revanche historique. Mais derrière les slogans musclés se cache une question gênante : comment bâtir une autonomie quand les économies africaines respirent encore sous perfusion mondiale ? Pendant que Sonko joue au bâtisseur de continent, un autre fantôme hante les couloirs du sommet : Macky Sall. Son nom circule à voix basse, entre deux cafés diplomatiques. Sa probable candidature au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies fait bruisser les salons feutrés. L’ancien président sénégalais pousse ses pions à distance, loin du Centre de conférences, espérant un miracle diplomatique. Au Sénégal, on ricane. Pour les uns, cette ambition onusienne ressemble à une tentative de blanchisserie politique à l’eau internationale. Pour les autres, c’est l’occasion rêvée de hisser un Africain au sommet de la gouvernance mondiale. Deux lectures. Un même malaise.Car le contraste est brutal. D’un côté, Sonko, héraut d’une Afrique debout, qui veut rompre avec les chaînes invisibles de l’ère postcoloniale. De l’autre, Macky Sall, symbole d’une quête de reconnaissance globale, à coups de lobbying feutré et de poignées de main stratégiques. Deux visions. Deux trajectoires. Deux Afriques qui se regardent sans vraiment se comprendre. Le sommet d’Addis-Abeba met à nu cette schizophrénie continentale : on crie souveraineté le matin, on quémande de l’influence l’après-midi. On rêve d’autonomie, mais on court après les postes internationaux. On veut être libre, tout en cherchant l’approbation des grandes capitales. La vérité est cruelle : l’Afrique aime les grands discours, mais trébuche souvent sur leur mise en œuvre. Oui, l’autonomie économique peut cohabiter avec une présence forte dans les institutions mondiales. Oui, la souveraineté politique n’exclut pas la diplomatie. Mais encore faut-il une cohérence, une stratégie, une colonne vertébrale. À Addis-Abeba, Sonko a montré les muscles. Macky Sall agite les réseaux. Le continent, lui, attend toujours des résultats concrets. Reste la question, brutale, presque obscène : l’Afrique saura-t-elle enfin transformer ses sommets en leviers, ses slogans en politiques publiques, ses ambitions en réalités mesurables ? Ou continuera-t-elle à tourner en rond dans ses propres conférences, prisonnière de ses contradictions, pendant que le reste du monde avance ? À ce rythme, Addis-Abeba risque de rester ce qu’elle est trop souvent : un grand théâtre où l’on joue à la puissance, pendant que les peuples, eux, attendent encore le premier acte du vrai changement. Par Malick BA Journaliste

SENEGAL. Sonko et Diomaye : le duo en tournée… ou la République en double service

SENEGAL. Sonko et Diomaye : le duo en tournée… ou la République en double service

PARLONS-EN. Pendant que le Président Bassirou Diomaye Faye arpente les pistes rouges de Tambacounda et les collines poussiéreuses de Kédougou, carnet économique sous le bras, le Premier ministre Ousmane Sonko, lui, va électriser Guinguinéo à coups de mégaphone politique et de meeting. Deux tournées. Deux styles. Deux rythmes. Une même République… mais visiblement en mode split screen. Diomaye parle infrastructures, désenclavement, potentiel minier, agriculture et promesses de développement. Sonko, lui, va vibrer la fibre militante, chauffer la base, galvaniser les troupes, ressusciter l’ADN du combat politique. L’un compte les projets, l’autre compte les foules. À première vue, tout semble normal : un président qui gouverne, un Premier ministre qui mobilise. Mais au Sénégal, on sait lire entre les lignes… surtout quand elles deviennent parallèles. Alors forcément, les questions fusent partout comme dans un cinéma politique mal climatisé. Pourquoi ces tournées simultanées ? Pourquoi cette géographie séparée ? Pourquoi ce tempo différent ? Agenda caché ? Compromission feutrée ? Stratégie concertée ou début de solo improvisé ? Le duo exécutif donne l’impression d’un orchestre où chacun accorde son instrument dans une salle différente. Diomaye joue la partition institutionnelle, sobre, presque technocratique. Sonko, fidèle à son tempérament volcanique, va rester sur scène, micro en main, dans une posture de chef de file plus que de chef de gouvernement. Et pendant ce temps, les kulunas politiques ces prophètes du chaos professionnel frottent déjà leurs mains : ils annoncent un clash, flairent la rupture, parient sur une guerre froide au sommet de l’État. Ils rêvent d’un remake sénégalais des duos explosifs, version Palais contre Primature. Mais soyons clairs : personne ne souhaite un divorce prématuré de ce couple politique né dans la douleur, porté par la rue et consacré par les urnes. Seulement voilà : le symbole compte. Beaucoup. Quand le Président est dans une tournée économique pendant que son Premier ministre fait du carburant politique, le message devient flou. Qui pilote quoi ? Qui prépare demain ? Qui installe le pouvoir local ? Qui laboure le terrain électoral ? Car ne soyons pas naïfs : derrière les discours sur le développement et les meetings populaires se dessinent déjà les ombres longues des futures échéances locales. Ces élections-là seront le véritable baromètre du rapport de force interne. Elles diront qui contrôle les bases, qui tient les territoires, qui parle encore au peuple sans traducteur. Pour l’instant, Sonko et Diomaye avancent côte à côte… mais pas toujours dans la même direction. Ce n’est peut-être qu’une répartition des rôles. Ou peut-être le début d’un rééquilibrage silencieux. Ou simplement une République en rodage, encore à la recherche de sa chorégraphie. Une chose est sûre : le peuple observe. Le système guette. Les vautours politiques planent. Et au milieu de ce ballet républicain, une question demeure, tenace comme la poussière de Kédougou : Sommes-nous face à un duo complémentaire… ou à deux trajectoires qui, doucement, apprennent à ne plus se croiser ? Les prochaines élections locales finiront par nous édifier. En attendant, le Sénégal regarde. Et prend des notes. Par Malick BA Journaliste

Sénégal. Pour l’Etat, puissance publique, voilà une bonne décision

Sénégal. Pour l’Etat, puissance publique, voilà une bonne décision

PARLONS-EN. L’on apprend qu’au Sénégal, le Président de la République, M. Bassirou Diomaye Faye, a signé, mercredi 7 janvier 2026, un Décret étendant à tous les Agents de l’État l’indemnité représentative de logement, fixée à 100.000 francs CFA, par mois, ont indiqué des sources officielles. Le Décret vise à corriger ce qui est appelé « rupture d’égalité », dans le système de rémunération des Agents Publics, selon le rapport de présentation du Ministre des Finances et du Budget, M. Cheikh Diba. Avant cette décision, environ 7% des Agents, Fonctionnaires et non Fonctionnaires, étaient exclus de cette indemnité, déjà attribuée à certaines catégories, notamment dans l’Education et la Santé. L’indemnité bénéficiera aux Agents non logés et non soumis à des dispositions statutaires prévoyant déjà son octroi. Le Décret, contresigné par le Premier Ministre, M. Ousmane Sonko et le Ministre des Finances, prend effet immédiatement. Selon le rapport, cette mesure s’inscrit dans le cadre du Pacte National de Stabilité Sociale. Son objectif est d’améliorer les conditions de vie et de travail des Agents de l’État, pour renforcer l’efficacité du service public. Ceci dit, ce n’est pas un miracle que d’octroyer une indemnité de logement aux Agents de l’Etat. Le tout est une affaire de bonne gouvernance d’un Etat qui doit faire de la trésorerie publique une ressource commune précieuse, à gérer sans légèreté et selon les normes légales, la plaçant à l’abri de toutes sortes de malversations et autres mauvaises affectations. Une gouvernance qui, par ailleurs, sait se fixer avec rigueur sur des dépenses prioritaires, ne se livrant nullement aux non essentielles sorties de fonds. Qu’ici soit saluée la décision du Gouvernement Sénégalais. Elle devrait faire école en Afrique. Paris 8 janvier 2026 Par Ouabari Mariotti

Sénégal. Nouvel An, nouveaux vœux… et vieux désaccords au sommet de l’Etat

Sénégal. Nouvel An, nouveaux vœux… et vieux désaccords au sommet de l’Etat

TRIBUNE. En ce début d’année, pendant que les Sénégalais comptaient leurs résolutions comme on compte les factures impayées, le sommet de l’État, lui, semblait compter… ses divergences. Car derrière la photo de famille, les sourires institutionnels et les accolades calibrées, un duo intrigue, inquiète et fascine : Sonko – Diomaye, alliance historique ou mariage politique sous régime de séparation de biens ? Essayons, sans boule de cristal mais avec un stylo bien trempé, de dresser l’inventaire des différences. Sans risque de se tromper. Ou presque. Justice d’abord. Pour Ousmane Sonko, la justice n’est pas un baume, c’est un scalpel. Elle doit trancher net, rendre justice aux martyrs, faire rendre gorge aux prédateurs et solder les comptes du passé. Pas d’amnistie de l’oubli, pas de paix sans vérité. Pour Bassirou Diomaye Faye, la justice est un ciment : elle doit apaiser, rassembler, réparer le tissu national déchiré. L’un brandit la reddition des comptes, l’autre invoque la réconciliation. Le premier parle de dettes morales à payer, le second de fractures à refermer. Deux visions, une même robe noire… mais pas la même plaidoirie. Politique ensuite. Sonko, méfiant comme un gardien de nuit dans un entrepôt du système, veut refonder la coalition autour de PASTEF. D’où l’APTE, ce tamis politique destiné à filtrer les opportunistes de la dernière pluie, ceux qui changent de conviction comme de carte SIM. Diomaye, lui, ouvre grand les portes de sa coalition “Diomaye Président”, confiée à Mimi Touré, et accueille à bras ouverts d’anciens compagnons du système honni hier encore. Là où Sonko voit des passagers clandestins, Diomaye voit des ralliements utiles. L’un serre le poing, l’autre tend la main. Question de tempérament… ou de stratégie ? L’État, enfin. Sonko rêve d’un gouvernement majoritairement composé de pastéfiens, ces soldats du projet qui ont connu la rue, la prison, les gaz lacrymogènes et les insultes télévisées. Ceux qui ont souffert pour comprendre. Diomaye, président désormais, compose autrement. Il choisit ses hommes, construit son cercle, installe sa marque. Certains diront : autorité. D’autres : méfiance. Les plus taquins parleront d’un État en cohabitation… avec son propre camp. Pourtant, au milieu de ces lignes de fracture, un rayon d’espoir perce le ciel politique : les réformes annoncées hier. Une Cour constitutionnelle pour remplacer le Conseil constitutionnel, un nouveau Code électoral, une révision de la Constitution. Des promesses lourdes, structurantes, presque révolutionnaires. Comme un rappel que, malgré les dissonances, la partition peut encore être jouée à deux. Alors, au final, qui sortira vainqueur ? Ces divergences feront-elles exploser le duo ou le rendront-elles complémentaire ? Seront-ils adversaires masqués ou alliés lucides ? Une chose est sûre : Ousmane Sonko sait faire de la politique. C’est un stratège, un dribbleur de surface, un renard des temps forts. Il sait quand accélérer, quand temporiser, quand frapper au moment opportun. Et Diomaye, lui, apprend vite le poids du costume présidentiel, cette veste qui oblige parfois à ralentir quand d’autres veulent sprinter. Le match ne fait que commencer. Les tribunes sont pleines. Le ballon est au centre. Wait and see. Par Malick BA Journaliste

Sénégal/Tandem Diomaye-Sonko : La Crise serait désamorcée par un Accord politique fort et un remaniement Imminent

Sénégal/Tandem Diomaye-Sonko : La Crise serait désamorcée par un Accord politique fort et un remaniement Imminent

Selon des sources concordantes et très proches des cercles du pouvoir, la tension qui planait récemment sur l’exécutif sénégalais pourrait être en voie de résolution. Le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier Ministre Ousmane Sonko auraient réussi à aplanir leurs divergences par un accord stratégique, réaffirmant la solidité de leur tandem face aux défis nationaux. L’objectif de cette médiation serait de privilégier la cohésion, aboutissant à une clarification nette des rôles au sein de la coalition « Diomaye Président ». Le Président de la République aurait témoigné d’un geste d’apaisement et de confiance en confiant désormais la conduite exclusive de la stratégie politique et de l’organisation de la coalition présidentielle au Premier Ministre et président de PASTEF, Ousmane Sonko. Cette centralisation de la direction politique sous l’égide de Sonko permettrait de dissiper les tensions et d’éloigner les figures initialement au cœur des désaccords. Conséquence de cette réorganisation consensuelle, des personnalités comme Aminata Touré et Aïda Mbodj seraient écartées du processus de coordination de la coalition. Sur le plan gouvernemental, le Président Faye prendrait acte des griefs exprimés par son Premier ministre. Ousmane Sonko avait publiquement mis en cause la gestion de deux ministres, évoquant des soupçons de surfacturation sur un marché public universitaire de 45 milliards de F CFA pour l’un, et des irrégularités révélées par un rapport antérieur pour l’autre. Pour répondre aux exigences de redevabilité et d’éthique prônées par le PASTEF, le Président de la République s’apprêterait à procéder à un ajustement de son gouvernement. Le départ d’Abdourahmane Diouf et d’Aminata Touré du gouvernement serait ainsi l’issue envisagée pour refléter cette nouvelle dynamique. Cette action, si elle se confirmait, démontrerait la capacité des deux leaders à trancher dans le vif pour préserver l’unité de l’exécutif et la cohérence du projet politique, mettant l’accent sur la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. AES Info