RDC/Rwanda. Plus l’ONU est contournée par les Etats membres, plus elle s’affaiblit

TRIBUNE. Sous l’égide des USA, la République Démocratique du Congo et le Rwanda en sont arrivés à un accord pour mettre fin aux graves hostilités à l’Est de la République Démocratique du Congo. Il faut espérer que, cette fois, l’accord signé entre les deux parties au conflit, apporte un apaisement durable, contrairement aux précédents, sans résultats tangibles, qui n’avaient d’accord que les simples paraphes des représentants des États concernés. En attendant que l’accord produise ses effets, il est cependant légitime de se demander pourquoi les États-Unis n’ont pas usé de leur influence, au sein du Conseil de Securité de l’ONU, pour que l’accord soit signé, sous le parrainage de l’ONU. Cela aurait pu donner plus de légitimité et de crédibilité à l’accord, et aurait permis à la communauté internationale de jouer un rôle plus important dans la résolution du conflit. L’on pourrait également s’interroger si les motivations économiques ne sont pas derrière l’implication des USA, dans le conflit à l’Est de la République Démocratique du Congo. La région est riche en ressources minières, notamment en cobalt et en coltan, qui sont des minerais stratégiques pour l’industrie technologique. Il est aussi possible que les États-Unis chercheraient à protéger, dans l’espace en conflit, les intérêts de leurs entreprises existantes ou qui seraient amenées à y être implantées, le moment venu. Par extension, peut être que les USA seraient dans une logique de protection des accès aux ressources qu’ils voudraient exploiter. Malgré les interrogations qui peuvent être émises sur les motivations des États-Unis, dans la facilitation de l’accord signé entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, il est hautement souhaitable que cet accord apporte un apaisement durable à la région et recrée à celle-ci les conditions de son plein développement. Les populations civiles de l’Est de la République Démocratique du Congo ont souffert, pendant des années, des violences et des déplacements. Il est temps que la paix et la stabilité reviennent sur leurs terres. Conséquemment, il est important que la communauté internationale reste vigilante et suive de près la mise en œuvre de l’accord pour éviter tout dérapage qui renverrait les choses à la case départ. Les organisations humanitaires et les défenseurs des droits de l’homme doivent continuer à dénoncer les violations des droits humains qui surviendraient sur les secteurs apaisés et traduire devant les tribunaux les auteurs de ces violations. La paix et la stabilité dans la région dépendent de la capacité de la communauté internationale à soutenir les efforts de paix et à protéger les populations civiles. Tout compte fait, l’accord en question est un exemple flagrant de mise à l’écart de l’ONU. Cette démarche unilatérale des États-Unis est une atteinte directe à l’autorité et à la légitimité de l’ONU, qui est censée être l’institution internationale chargée de promouvoir la paix et la sécurité dans le monde. En contournant l’ONU, les États-Unis procèdent comme s’ils chercheraient à affaiblir cette instance et à imposer leur propre agenda géopolitique. Une stratégie dangereuse pour la stabilité mondiale, car elle sape les fondements mêmes de la coopération internationale et de la diplomatie multilatérale. Plus les puissances, comme les États-Unis, contournent l’ONU, plus celle ci s’affaiblit et perd de sa crédibilité. L’ONU a été fondée pour promouvoir la paix et la sécurité dans le monde, et fournir un cadre institutionnel pour la coopération internationale. Le contournement de l’ONU par les États-Unis pourrait avoir des conséquences graves pour la stabilité mondiale. Il encouragerait d’autres États à agir de manière unilatérale, ce qui pourrait entraîner des conflits et des tensions entre les nations. Il est donc essentiel que les États-Unis et les autres puissances mondiales respectent l’autorité et la légitimité de l’ONU, et oeuvrent ensemble à promouvoir la paix et la sécurité dans le monde. Aussi est-il temps de renforcer l’ONU et de lui donner les moyens de jouer son rôle de manière efficace. Les États membres de l’ONU, dont les USA, sont appelés à agir ensemble pour promouvoir la coopération internationale et la diplomatie multilatérale. Méthode capitale pour résoudre les conflits de manière pacifique. Paris 28 juin 2025 Ouabari Mariotti
A Genève, le chef des droits de l’homme de l’ONU dresse un sombre tableau du monde

Alors que les conflits s’intensifient dans le monde, le chef des droits de l’homme de l’ONU s’est inquiété, lundi, de la récente « escalade militaire entre Israël et l’Iran », après une quatrième nuit de guerre ouverte entre Tel Aviv et Téhéran. A l’ouverture de la 59ème session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, à Genève, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a appelé à la désescalade. Volker Türk a exhorté toutes les parties à engager « des négociations diplomatiques urgentes pour mettre fin à ces attaques et trouver un moyen d’aller de l’avant ». « J’appelle les deux parties à respecter pleinement le droit international, en particulier la protection des civils dans les zones densément peuplées », a-t-il affirmé. Ces propos interviennent dans un climat d’escalade, après les frappes israéliennes de vendredi sur les installations nucléaires, qui ont incité l’Iran à riposter avec des missiles balistiques. Selon les rapports de la presse, Israël a continué lundi ses frappes à travers l’Iran pour la quatrième nuit consécutive, disant viser des sites de missiles sol-sol après avoir bombardé la capitale. De son côté, Téhéran a riposté une nouvelle fois par de nouveaux tirs de missiles. Des explosions ont été entendues à Tel Aviv, Jérusalem, mais aussi à Haïfa, au nord d’Israël. « Se réveiller » sur Gaza Toutefois, le chef des droits de l’homme de l’ONU estime que les affrontements militaires de ces derniers jours entre Israël et l’Iran ne doivent pas faire oublier la guerre sanglante à Gaza. D’autant que les moyens et les méthodes de guerre d’Israël infligent des « souffrances horribles et inadmissibles » aux Palestiniens de Gaza. Plus de 55.000 Palestiniens ont été tués depuis le début du conflit en octobre 2023, dont des milliers d’enfants, selon le ministère de la santé de Gaza, et les attaques se poursuivent sans relâche. « Les faits parlent d’eux-mêmes ». Les gouvernements doivent « se réveiller » sur la situation dans l’enclave palestinienne, a insisté M. Türk au début de la session du Conseil des droits de l’homme. « Tous ceux qui ont une influence doivent exercer une pression maximale sur Israël et le Hamas pour mettre un terme à cette souffrance insupportable », a-t-il dit au premier jour de trois semaines et demie de travaux. Il a répété sa demande d’enquêtes indépendantes après le décès de dizaines de Palestiniens lors de tirs sur les trois sites de distribution d’aide de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF). M. Türk a également fustigé « la rhétorique inquiétante et déshumanisante » de hauts responsables du gouvernement israélien, qui rappelle « les crimes les plus graves ». « Tous les membres du gouvernement doivent prendre conscience de ce qui se passe à Gaza ». Le Soudan s’enfonce « dans le chaos et l’anarchie » Outre la situation à Gaza, le chef des droits de l’homme de l’ONU est revenu sur la guerre en Ukraine. Alors que les pourparlers sur le cessez-le-feu piétinent, le conflit s’intensifie. Le nombre de victimes civiles a considérablement augmenté cette année, les forces armées russes ayant utilisé des armes à longue portée contre les villes et des drones dans les zones de la ligne de front. Sur le continent africain, le Soudan s’enfonce de plus en plus « dans le chaos et l’anarchie », sans que l’attention nécessaire soit accordée à cette situation. Les hostilités se sont intensifiées au Darfour du Nord et au Kordofan, marquées par de graves violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme. La situation est profondément préoccupante à El Fasher (Darfour du Nord), assiégée par les paramilitaires des Forces de soutien rapide depuis plus d’un an. « Je suis horrifié par les violences sexuelles généralisées, y compris à l’encontre des enfants, et par les attaques contre les humanitaires », a-t-il déploré, exhortant la communauté internationale d’arrêter les flux d’armes et de freiner les intérêts commerciaux de ceux qui alimentent ce conflit. Régimes militaires au Sahel Volker Türk a également fait part de son inquiétude concernant le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo et l’escalade des hostilités au Soudan du Sud, qui menace le processus de paix déjà fragile. Alors que la situation des droits de l’homme s’aggrave au Sahel central, il a noté que les autorités militaires continuent de consolider leur emprise sur le pouvoir, remettant en cause les aspirations démocratiques de leurs peuples. Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, des milliers de civils ont été tués lors d’attaques menées par des groupes armés extrémistes. Des rapports font état de civils tués par les forces gouvernementales et leurs auxiliaires dans ces trois pays. « Toutes les réponses aux menaces à la sécurité doivent respecter le droit international », a rappelé le chef des droits de l’homme de l’ONU. Il a également observé que dans plusieurs pays du continent africain où des élections sont prévues, comme au Cameroun, en Côte d’Ivoire ou en Ouganda, les autorités de ces pays interdisent les rassemblements publics, arrêtent les dirigeants de l’opposition, sapent la société civile et s’en prennent aux défenseurs des droits de l’homme. D’immenses « souffrances » à Haïti Au Nigéria, c’est « l’instabilité croissante » qui menace de s’étendre au-delà des frontières de ce pays d’Afrique de l’Ouest. Les groupes armés ont intensifié les meurtres, les enlèvements, les violences sexuelles et le recrutement forcé, tandis que les violences intercommunautaires entre les communautés agricoles et les éleveurs augmentent. Dans les Caraïbes, Haïti s’enfonce dans la crise, provoquant « d’immenses souffrances ». Au moins 2.680 personnes ont été tuées et 957 blessées entre janvier et mai de cette année. Les gangs renforcent leur emprise sur la capitale et étendent leur influence dans les régions du nord et du centre, tuant et violant des personnes, et incendiant des maisons, des écoles, des églises et des commerces. « La formation de groupes d’autodéfense qui n’ont aucun compte à rendre est préoccupante », a dit M. Türk, appelant à un soutien important à la mission des Nations Unies
Le chef de l’ONU appelle à préserver la solution à deux Etats, Israël et Palestine

Au lendemain du veto des Etats-Unis à un projet de résolution au Conseil de sécurité réclamant notamment un cessez-le-feu immédiat à Gaza, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a estimé qu’il était « absolument essentiel de préserver la perspective de la solution à deux États, compte tenu des terribles événements dont nous sommes témoins à Gaza et en Cisjordanie ». « Et à ceux qui doutent de la solution à deux États (Israël et Palestine), je demande : quelle est l’alternative ? S’agit-il d’une solution à un seul État, où les Palestiniens seraient expulsés ou contraints de vivre sur leur terre sans aucun droit ? Ce serait totalement inacceptable. Je suis fermement convaincu qu’il est du devoir de la communauté internationale de préserver la solution à deux États et de concrétiser les conditions nécessaires à sa réalisation », a-t-il ajouté en réponse à une question d’un journaliste lors d’un point de presse consacré aux employés de l’ONU décédés au service de l’Organisation. Echec au Conseil de sécurité Le chef de l’ONU a tenu ces propos au lendemain du vote au Conseil de sécurité. Le projet de résolution a reçu quatorze votes pour et un vote contre (Etats-Unis). Le texte exigeait un cessez-le-feu « immédiat, inconditionnel et permanent » à Gaza, ainsi que la levée immédiate et inconditionnelle de toutes les restrictions à l’entrée de l’aide humanitaire et sa distribution en toute sécurité et sans entrave à grande échelle, y compris par les entités des Nations Unies et les partenaires humanitaires, dans toute la bande de Gaza. Interrogé sur ce que peuvent faire les Nations Unies pour aider la population à Gaza, le Secrétaire général a estimé que « nous ne pourrons soutenir efficacement la population de Gaza que s’il existe un cessez-le-feu permanent, la libération inconditionnelle et immédiate de tous les otages et un accès illimité à l’aide humanitaire ». « Nous avons vu, lors des précédentes pauses et des précédents cessez-le-feu, comment il a été possible de mobiliser une aide humanitaire massive pour la population de Gaza. Nous devons faire en sorte que cela se reproduise, et que cela soit permanent », a-t-il souligné. A un journaliste qui lui a demandé si Israël devait rendre des comptes sur ce qui passe à Gaza, le Secrétaire général a noté que « malheureusement, aujourd’hui, dans le monde, l’impunité règne partout ». « Le fait que les divisions géopolitiques maintiennent le Conseil de sécurité paralysé dans des situations comme celles-ci fait que l’impunité perdure, entraînant une immense frustration pour tous ceux qui croient au droit international », a-t-il dit. Malnutrition aiguë à Gaza Alors que les restrictions humanitaires et les hostilités ont rendu les livraisons d’aide humanitaire « nettement insuffisantes, dangereuses et inefficaces » à Gaza, les jeunes enfants de l’enclave palestinienne sont de plus en plus touchés par la malnutrition aiguë, ont alerté jeudi des agences humanitaires de l’ONU. Plus de 2.700 enfants de moins de cinq ans ont été diagnostiqués comme souffrant de malnutrition aiguë au cours de la seconde moitié du mois de mai, ce qui témoigne d’une forte détérioration, selon le groupe sectoriel de la nutrition des Nations Unies. Ce chiffre est en hausse par rapport aux 4,7 % de la première quinzaine de mai et représente presque le triple de la proportion d’enfants diagnostiqués comme souffrant de malnutrition par rapport à ceux dépistés en février 2025, pendant le cessez-le-feu. Dans l’ensemble, plus de 16.500 enfants de moins de cinq ans ont été diagnostiqués depuis le début de l’année pour le traitement de la malnutrition aiguë sévère, y compris 141 cas avec des complications qui ont dû être hospitalisés. La malnutrition aiguë a été également détectée chez 17 % des femmes enceintes et allaitantes examinées dans le gouvernorat de Gaza et chez 18 % des femmes enceintes et allaitantes examinées à Deir al Balah, contre moins de 10 % dans ces deux gouvernorats en février et mars dernier. Espace humanitaire rétréci Cette aggravation de la situation nutritionnelle intervient dans un contexte de rétrécissement de l’espace humanitaire. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), l’environnement opérationnel « extrêmement difficile » a rendu les livraisons d’aide humanitaire vers et à travers Gaza peu sûres, « imprévisibles et inefficaces ». Dans de vastes zones de l’enclave palestinienne, les équipes humanitaires doivent coordonner leurs mouvements avec les autorités israéliennes. Entre le 28 mai et le 3 juin, sur 75 tentatives de coordination des mouvements d’aide planifiés dans la bande de Gaza, près de 59 % (44) ont été catégoriquement refusées par les autorités israéliennes. Depuis le 19 mai, seules des quantités très limitées de certaines denrées alimentaires, de produits nutritionnels, de certains produits de santé et d’articles de purification de l’eau sont autorisées. L’entrée d’autres fournitures d’aide, telles que les matériaux pour les abris, les produits d’hygiène et l’équipement médical, reste bloquée. En outre, le blocus des carburants, qui entre dans son quatrième mois, menace gravement les services vitaux, notamment les installations de santé et d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH). 640.000 personnes déplacées au cours des 3 derniers mois Alors que plus de 640.000 personnes ont été à nouveau déplacées au cours des trois derniers mois, les autorités israéliennes n’ont autorisé l’entrée d’aucune fourniture d’abris. Dans ces conditions, des familles cherchent à s’abriter dans n’importe quel espace disponible, y compris dans des endroits peu sûrs ou inadaptés. Le groupe sectoriel Abris estime que 1,1 million de personnes à Gaza ont besoin d’une aide d’urgence en matière d’abris. Dans la ville de Gaza, la surpopulation extrême a forcé de nombreuses familles à fuir vers l’ouest, dans la zone du port maritime, ou à dormir sur les trottoirs, dans les rues ou dans tout autre espace ouvert accessible, souvent sans accès à des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène propres. De nombreux toits, y compris ceux dont la structure n’est pas solide, servent d’abris. Certaines familles ont été ainsi contraintes de se sont réfugier dans des bâtiments abandonnés ou endommagés, dans des structures inachevées, déblayant les décombres pour créer des espaces de vie improvisés. Une seule structure de santé fonctionnelle au nord de Gaza
Dans une période de « turbulences et d’imprévisibilité », l’ONU dénonce ceux qui tirent profit du chaos

Alors que le monde traverse une période de « turbulences et d’imprévisibilité », qui se traduit par « des conflits croissants et des sociétés divisées », le chef des droits de l’homme de l’ONU a dénoncé ceux qui tirent profit du chaos. Les conflits sont « une machine à chaos », a rappelé le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, lors d’un exposé devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève. Il a noté que, selon le Comité international de la Croix-Rouge, 120 conflits font rage dans le monde et que les civils sont délibérément attaqués. Or si les conflits provoquent le chaos, ils découlent de leur propre logique « tordue », a-t-il dit. Une façon de fustiger la posture de certaines personnes – « autocrates, démagogues, profiteurs » -, qui tirent profit de ce chaos, que ce soit par des tactiques de division et de domination, des pratiques commerciales prédatrices ou un simple vol. Lors de cette mise à jour globale de la situation des droits humains à travers le monde, le chef des droits de l’homme de l’ONU s’est dit profondément troublé par les efforts déployés par un certain nombre de pays pour saper et entraver le fonctionnement de la Cour pénale internationale (CPI), qui est un pilier fondamental de la justice pénale internationale. Sans citer nommément des pays, il s’est dit « stupéfait » par la facilité avec laquelle diverses institutions internationales sont mises de côté, avec des mesures qui entravent le travail vital qu’elles accomplissent avec leur personnel. Inquiétudes sur le changement de cap des États-Unis Plus particulièrement, Volker Türk s’est inquiété du changement de cap fondamental des États-Unis qui s’opère aux niveaux national et international. Sans nommer le Président américain, Volker Türk souligne que « de manière paradoxale, les politiques destinées à protéger les personnes contre la discrimination sont désormais qualifiées de discriminatoires. Les progrès en matière d’égalité de genre sont réduits à néant » et les discours qui sèment la « division » suscitent « la peur », a-t-il détaillé. La rhétorique de division est ainsi utilisée pour déformer, tromper et polariser. « Cela suscite la peur et l’anxiété chez de nombreuses personnes ». Volker Türk, a, par ailleurs, déploré le « contrôle et l’influence » qu’exercent « des oligarques de la tech non élus ». « Un petit nombre d’oligarques de la tech non élus ont nos données : ils savent où nous vivons, ce que nous faisons, nos gènes et nos conditions de santé, nos pensées, nos habitudes, nos désirs et nos peurs. Ils nous connaissent mieux que nous ne nous connaissons nous-mêmes », a fustigé M. Türk. Pas de paix sans les Ukrainiens S’agissant du conflit en Ukraine, le chef des droits de l’homme a indiqué qu’aucune discussion de paix en Ukraine ne devait avoir lieu sans les Ukrainiens. « Toute discussion sur la fin de la guerre doit inclure les Ukrainiens et respecter pleinement leurs droits humains », a affirmé Volker Türk, relevant qu’une paix durable doit être « fondée sur la Charte des Nations Unies et le droit international ». Il a noté que trois ans après l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine, les populations continuent de souffrir terriblement. Le nombre de victimes civiles a augmenté de 30 % entre 2023 et 2024. Les attaques incessantes au moyen de bombes planantes, de missiles à longue portée et de drones ont plongé les civils dans un état d’insécurité et de peur permanentes. Il s’est dit consterné par les indications continues d’exécutions sommaires et de torture systématique contre les prisonniers de guerre ukrainiens retenus par la Russie. « La situation est désastreuse », a fait valoir M. Türk. Veiller au maintien du cessez-le-feu à Gaza S’agissant de la situation à Gaza, il a exhorté la communauté internationale à « veiller à ce que le fragile cessez-le-feu tienne et devienne la base de la paix ». « Toute solution aux cycles de violence doit être ancrée dans les droits de l’homme, y compris le droit à l’autodétermination, l’État de droit et l’obligation de rendre des comptes », a-t-il ajouté, invitant également à libération de tous les otages ainsi que de toutes les personnes détenues arbitrairement. M. Türk s’est aussi dit alarmé par la situation en Cisjordanie marquée par « l’utilisation d’armes et de tactiques militaires, y compris les chars et les frappes aériennes, contre les Palestiniens ; la destruction et le vidage des camps de réfugiés ; l’expansion des colonies illégales ; et le déplacement de dizaines de milliers de personnes ». Le conflit au Soudan menace d’exploser dans toute la région Lors de ce tour d’horizon des crises dans le monde, le chef des droits de l’homme s’est aussi alarmé du conflit au Soudan, qui « menace d’exploser dans toute la région ». « Les parties au conflit et leurs alliés continuent de lancer des attaques dévastatrices contre des zones densément peuplées et des infrastructures civiles en toute impunité, tandis que la pire catastrophe humanitaire au monde s’aggrave », a-t-il décrit. Les civils paient un prix « insupportable », dans une lutte sans merci pour le pouvoir et les ressources. « Tous les pays doivent user de leur influence pour faire pression sur les parties et leurs alliés afin qu’ils mettent fin à la guerre », a insisté M. Türk. Esclavage sexuel et d’exécutions sommaires en RDC Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), l’escalade récente attire maintenant des acteurs régionaux et dévaste des communautés entières dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, a noté le chef des droits de l’homme. Au cours des cinq dernières semaines, des milliers de personnes auraient été tuées lors d’attaques menées par le groupe armé M23, soutenu par les forces armées rwandaises, dans le cadre de combats intenses contre les forces armées de la RDC (FARDC) et leurs alliés. Le Haut-Commissaire s’est notamment inquiété des rapports « horribles », qui font état de « viols, d’esclavage sexuel et d’exécutions sommaires ». « La violence
Sommet de l’UA : la RDC et le Soudan au coeur des discussions à Addis-Abeba

À l’entame du 38e sommet annuel de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, le chef de l’ONU a appelé, samedi, à mettre fin à la flambée des combats en République démocratique du Congo (RDC) et au Soudan, deux conflits qui font selon lui peser une menace imminente sur la stabilité de tout le continent africain. Le rendez-vous annuel de l’UA, qui rassemblait ce weekend les chefs d’États et de gouvernement des 55 pays de l’organisation panafricaine pour une durée de deux jours dans la capitale éthiopienne, s’est ouvert alors que les combats respectifs en RDC et au Soudan sont en pleine recrudescence. Dans un discours prononcé lors de la première journée, au cours de laquelle les rênes de la présidence tournante de l’UA ont été confiées au président angolais, Joao Lourenço, pour une durée d’un an, le Secrétaire général de l’ONU n’a pas mâché ses mots quant à l’urgence de la crise en RDC. « Le peuple congolais subit – une fois de plus – un cycle brutal de violence », a déclaré António Guterres au siège de l’organisation. Depuis le début de l’année, les rebelles du Mouvement du 23 mars, soutenus par les forces rwandaises, ont réalisé une percée face à l’armée régulière du gouvernement de Kinshasa dans la région du lac Kivu, à l’est de la RDC. Après Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, tombé entre les mains du M23 à la fin du mois de janvier, le groupe armé gagne désormais du terrain dans la province voisine du Sud-Kivu, en direction de son chef-lieu Bukavu. « Les combats qui font rage dans le Sud-Kivu, en raison de la poursuite de l’offensive du M23, menacent de précipiter toute la région dans le gouffre », s’est inquiété M. Guterres. Éviter l’escalade régionale L’implication du Kigali fait craindre une expansion du conflit au niveau régional, de même que le récent durcissement de ton entre le Rwanda et l’Afrique du Sud, l’un des principaux fournisseurs de contingents de la Mission de la Communauté de développement d’Afrique australe en RDC (SAMIDRC), qui est déployée dans l’est du pays aux côtés de la Mission de maintien de la paix de l’ONU (MONUSCO). « L’escalade régionale doit être évitée à tout prix », a insisté le Secrétaire général à Addis-Abeba. Tout en appelant au respect de l’intégrité territoriale de la RDC, M. Guterres a estimé que seul le dialogue permettrait de sortir de l’impasse actuelle. Relance des processus de Luanda et de Nairobi Lors d’une conférence de presse dans la foulée de son discours, M. Guterres a rappelé l’importance des conclusions du sommet conjoint de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), organisé le 8 février en Tanzanie. A cette occasion, les membres des deux groupes régionaux ont appelé à un cessez-le-feu immédiat en RDC et à la relance des efforts régionaux fondés sur de processus de Luanda, principal cadre de négociation entre Kinshasa et Kigali, et le processus Nairobi, centré sur la résolution du conflit à l’intérieur de la RDC. Le chef de l’ONU a également indiqué qu’il avait participé, vendredi, à une session extraordinaire du Conseil de paix et de sécurité de l’UA dans la capitale éthiopienne. « Nous nous sommes concentrés sur les crises au Soudan et en République démocratique du Congo », a-t-il confié. Escalade au Soudan M. Guterres a par ailleurs déploré la flambée de violence actuelle au Soudan, où, depuis avril 2023, les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) sont en guerre contre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane, au pouvoir de facto suite au putsch d’octobre 2021 dans le pays. « Le Soudan est en train de se déchirer sous nos yeux et connaît aujourd’hui la plus grande crise de déplacement et de famine au monde », a rappelé le Secrétaire général lors de son discours. Près de deux ans de guerre civile dans cette nation du nord-est de l’Afrique ont fait des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 12 millions de personnes, dont plus 3,5 millions qui ont franchi les frontières avec les pays voisins. Le Soudan est également devenu le seul pays au monde à être officiellement frappé de famine. Appel à une trêve pour le Ramadan À l’approche du mois sacré du Ramadan, M. Guterres a appelé à une cessation immédiate des hostilités. Il a également demandé à la communauté internationale de s’unir pour mettre fin à l’afflux d’armes et au financement des combats. Rentrant dans le détail des maux traversés par le pays lors de sa conférence de presse, le chef de l’ONU a déploré les rapports quotidiens « horribles » faisant état de meurtres de civils, de violations des droits de l’homme et de violences sexuelles. « Les discours de haine et les attaques à motivation ethnique sont en hausse », a-t-il ajouté. « Et l’économie est en chute libre ». M. Guterres s’est également inquiété du fait que l’augmentation du flux d’armes et des combats déstabilisent l’ensemble de la région. « Le peuple soudanais a besoin d’une voie claire pour sortir de ce cauchemar », a-t-il déclaré. « Et le monde a besoin d’un Soudan stable et pacifique ». ONU
RDC : des pillages, des hôpitaux débordés de blessés et de cadavres dans les rues de Goma, selon l’ONU

La situation humanitaire à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) où des combats sont toujours signalés, est « extrêmement inquiétante », ont alerté mardi des agences des Nations Unies, relevant des « pillages, de cadavres dans les rues et des hôpitaux débordés de blessés ». Les agences onusiennes font état également de tirs nourris d’armes légères et de mortiers à travers la ville. « Les hôpitaux de Goma seraient débordés, luttant pour gérer l’afflux de blessés », a déclaré lors d’un point de presse à Genève, Jens Laerke, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA). Face à ce regain de tension, « le Coordinateur humanitaire en RDC, Bruno Lemarquis, a appelé toutes les parties à se mettre d’accord sur des pauses humanitaires temporaires dans les zones les plus touchées ». Cela permettrait d’établir des « corridors humanitaires » afin que les activités humanitaires puissent reprendre à grande échelle. Une telle trêve faciliterait aussi « l’évacuation en toute sécurité des blessés et des civils pris au piège dans les zones de combat ». Le personnel humanitaire non essentiel déplacé Selon l’OCHA, il est essentiel « d’assurer la réouverture en toute sécurité de l’aéroport de Goma et de maintenir opérationnels les postes frontières entre le Rwanda et la RDC à Goma, afin de permettre aux populations de fuir les violences ». Depuis la reprise des hostilités au début de l’année, des centaines de milliers de personnes ont tenté de fuir la violence, y compris les 700.000 personnes déjà déplacées et vivant dans des conditions « désastreuses » à la périphérie de Goma. « Plusieurs sites à la périphérie de Goma, qui abritent plus de 300.000 personnes, ont été complètement vidés en l’espace de quelques heures au cours du week-end et 18 sites de personnes déplacées autour de la ville ont été largement vidés, les personnes déplacées fuyant les tirs d’artillerie lourde ». Le personnel humanitaire non essentiel a été déplacé pour réduire les risques, mais le personnel essentiel reste à Goma. « Nous avons reçu des rapports faisant état de violences sexistes et de viols commis par des combattants, de pillages de biens, y compris d’un entrepôt humanitaire, et d’attaques contre des installations humanitaires et sanitaires », a détaillé M. Laerke. « L’approvisionnement en eau et en électricité est compromis. Hier lundi, les services Internet ont été coupés et Goma était toujours hors ligne ce mardi matin ». Des blessés par balles ou d’éclats d’obus En écho à cette alerte d’OCHA, l’Agence sanitaire mondiale de l’ONU (OMS) note que des centaines de personnes sont actuellement hospitalisées, « la plupart ayant été admises pour des blessures par balle ou des éclats d’obus, les infections secondaires devenant un risque pour la santé ». Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a déclaré aussi que son hôpital avait reçu plus de 100 blessés en 24 heures seulement, alors qu’il en recevait autant auparavant au cours d’un mois. Cette situation a contraint le personnel à transformer le parking de l’hôpital en unité de triage. Dans ces conditions, les capacités de prise en charge des nouveaux blessés sont mises à rude épreuve. L’OMS fournit donc des tentes aux hôpitaux afin d’augmenter leurs capacités de traitement et de faire face au nombre croissant de blessés. « Malheureusement, les hôpitaux et le personnel de santé sont en danger. On nous rapporte que des agents de santé ont été la cible de tirs et que des patients, y compris des bébés, ont été pris entre deux feux », a déclaré la Dre Adelheid Marschang, Coordinatrice de la réponse d’urgence de l’OMS pour la crise en RDC. Des cas de violence sexuelle Plus largement, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est dite particulièrement préoccupée par la santé et la sécurité des femmes et des jeunes filles, qui sont plus exposées aux violences, notamment aux viols. « Certaines femmes ont été violées à plusieurs reprises alors qu’elles cherchaient du bois de chauffage ou sortaient simplement du périmètre des camps », a ajouté la Dre Marschang. L’OMS indique avoir également reçu de nouveaux rapports faisant état d’une augmentation des viols le long des routes que certains partenaires du conflit empruntent désormais pour se rendre dans le Sud-Kivu. « Nous sommes très vigilants afin d’être prêts et de disposer de solutions pour suivre les populations dans leurs déplacements, notamment par le biais d’équipes mobiles et de cliniques mobiles », a fait valoir la responsable de l’OMS. Mpox, choléra et rougeole Sur un autre plan, l’OMS alerte sur les risques de propagation de maladies infectieuses telles que le choléra et la rougeole. Le Nord et le Sud-Kivu ont enregistré plus de 21.600 cas et 59 décès dus au choléra, et plus de 11.700 cas et 115 décès dus à la rougeole l’année dernière. Avant la fermeture de l’aéroport, ce samedi, l’OMS a pu envoyer des fournitures médicales essentielles pour les soins de traumatologie et d’urgence, la prévention des infections, le choléra et d’autres encore. Outre le paludisme, qui continue de faire des ravages dans la région, l’est de la RDC est l’épicentre de la flambée de la nouvelle souche du virus mpox. Plus de 20.000 cas suspects de variole simienne ont été signalés dans le Nord et le Sud-Kivu depuis 2024, dont plus de 6.000 au cours des six dernières semaines. « En raison de la violence, il est difficile de suivre et de traiter correctement la maladie, d’autant plus que les gens se déplacent constamment », a mis en garde la Dre Marschang, relevant que plus d’une personne sur quatre vivant dans la région est confrontée à des niveaux d’urgence d’insécurité alimentaire et de risque de famine (IPC 3+), avec de nombreuses personnes mal nourries et affaiblies face à la maladie. Le PAM « préoccupé » par la pénurie alimentaire à Goma A ce sujet, le Programme alimentaire mondial (PAM) note que parmi les centaines de milliers de personnes déplacées à Goma et dans ses environs, beaucoup d’entre elles sont exposées à un accès limité à la
La croissance mondiale restera modérée dans un contexte d’incertitude persistante, selon un rapport de l’ONU

La croissance économique mondiale devrait se maintenir à 2,8 % en 2025, comme en 2024, selon un rapport des Nations Unies publié jeudi. D’après ce rapport intitulé Situation et perspectives de l’économie mondiale 2025, si l’économie mondiale a fait preuve de résilience en résistant à une série de bouleversements qui se renforcent mutuellement, la croissance reste inférieure à la moyenne de 3,2 % avant pandémie, en raison du manque d’investissement, de la faible croissance de la productivité et des niveaux d’endettement élevés. Le rapport souligne que la baisse de l’inflation et l’assouplissement monétaire dont bénéficient actuellement de nombreuses économies pourraient donner un léger coup de pouce à l’activité économique mondiale en 2025. Cependant, l’incertitude demeure, avec des risques liés aux conflits géopolitiques, aux tensions commerciales croissantes et aux coûts d’emprunt élevés dans de nombreuses régions du monde. Ces défis sont particulièrement lourds pour les pays à faible revenu et les pays vulnérables, où une croissance insuffisante et fragile menace de compromettre encore davantage la réalisation des objectifs de développement durable (ODD). « Les pays ne peuvent ignorer ces risques. Dans notre économie interconnectée, les bouleversements qui se produisent à une extrémité du monde font grimper les prix à l’autre extrémité. Chaque pays est concerné et doit faire partie de la solution, sur la base des progrès accomplis », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans l’avant-propos du rapport. Perspectives économiques régionales La croissance des États-Unis devrait ralentir pour passer de 2,8 % en 2024 à 1,9 % en 2025, en raison du ralentissement du marché du travail et de la baisse des dépenses de consommation. L’Europe devrait connaître une reprise modeste, avec une croissance du PIB passant de 0,9 % en 2024 à 1,3 % en 2025, soutenue par une baisse de l’inflation et des marchés du travail résistants, bien que le resserrement budgétaire et les défis à long terme, notamment la faible croissance de la productivité et le vieillissement de la population, continuent de peser sur les perspectives économiques. L’Asie de l’Est devrait connaître une croissance de 4,7 % en 2025, tirée par la Chine qui prévoit une croissance stable de 4,8 %, soutenue par une forte consommation privée dans toute la région. L’Asie du Sud devrait rester la région à la croissance la plus rapide, avec une croissance du PIB prévue de 5,7 % en 2025, poussée par la solide expansion de l’Inde (6,6 %). La croissance en Afrique devrait augmenter légèrement pour passer de 3,4 % en 2024 à 3,7 % en 2025, grâce à la reprise de grandes économies comme l’Égypte, le Nigéria et l’Afrique du Sud. Toutefois, les conflits, l’augmentation des coûts du service de la dette, le manque de perspectives d’emploi et la gravité croissante des effets du changement climatique pèsent sur les perspectives de l’Afrique. Rebond du commerce et assouplissement monétaire Le commerce mondial devrait croître de 3,2 % en 2025, après un rebond de 3,4 % en 2024, grâce à l’amélioration des exportations de produits manufacturés en provenance d’Asie et à la vigueur du commerce des services. Toutefois, les tensions commerciales, les politiques protectionnistes et les incertitudes géopolitiques sont des risques qui pèsent lourdement sur les perspectives. L’inflation mondiale devrait baisser de 4 % en 2024 à 3,4 % en 2025, ce qui devrait soulager les ménages et les entreprises. Les principales banques centrales devraient continuer à réduire leurs taux d’intérêt en 2025 à mesure que les pressions inflationnistes continueront de s’atténuer. Si elle continuera de ralentir, l’inflation dans de nombreux pays en développement devrait rester supérieure aux moyennes historiques récentes, et un pays sur cinq devrait enregistrer des pourcentages à deux chiffres en 2025. Menaces liées au poids du service de la dette Pour les économies en développement, l’assouplissement des conditions financières mondiales pourrait contribuer à réduire les coûts d’emprunt, mais l’accès aux capitaux reste inégal. Beaucoup de pays à faible revenu continuent à se heurter à un service de la dette élevé et à un accès limité au financement international. Le rapport souligne que les gouvernements devraient profiter de la marge de manœuvre budgétaire créée par l’assouplissement monétaire pour donner la priorité aux investissements dans le développement durable, en particulier dans les secteurs sociaux essentiels. Malgré l’atténuation de l’inflation mondiale, l’inflation alimentaire demeure élevée, près de la moitié des pays en développement enregistrant des taux supérieurs à 5 % en 2024. Cette situation a aggravé l’insécurité alimentaire dans les pays à faible revenu déjà confrontés à des phénomènes météorologiques extrêmes, à des conflits et à l’instabilité économique. Le rapport avertit que la persistance de l’inflation alimentaire, associée à une croissance économique lente, pourrait faire basculer des millions de personnes dans la pauvreté. Minéraux critiques : une occasion pour accélérer le développement durable Le rapport souligne le potentiel des minéraux critiques tels que le lithium, le cobalt et les terres rares pour la transition énergétique, ainsi que pour accélérer la réalisation des objectifs de développement durable dans de nombreux pays. Pour les pays en développement riches en ressources, l’augmentation de la demande mondiale de minéraux critiques représente une occasion unique de stimuler la croissance, de créer des emplois et d’augmenter les recettes publiques pour investir dans le développement durable. Toutefois, le rapport avertit que ces opportunités s’accompagnent de risques importants. Une mauvaise gouvernance, des pratiques de travail dangereuses, la dégradation de l’environnement et une dépendance excessive à l’égard des marchés volatils des matières premières pourraient exacerber les inégalités, nuire aux écosystèmes et compromettre les bénéfices du développement à long terme. Appel à une action multilatérale audacieuse Le rapport appelle à une action multilatérale audacieuse pour faire face aux crises interconnectées de la dette, des inégalités et du changement climatique. L’assouplissement monétaire ne suffira pas à lui seul à relancer la croissance mondiale ou à combler les disparités croissantes. Les gouvernements doivent éviter les politiques fiscales trop restrictives et se concentrer sur la mobilisation des investissements dans les énergies propres, les infrastructures et les secteurs sociaux essentiels tels que la santé et l’éducation. Une coopération internationale plus forte est
RD Congo. Martin Fayulu appelle la SADC, l’UA et l’ONU à soutenir le processus de Kinshasa

Le président du parti de l’opposition Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDE), Martin Fayulu, a appelé, lundi 30 décembre, la SADC, l’Union africaine (UA) et l’ONU à soutenir le processus de Kinshasa pour faire avancer celui de Luanda. Il a lancé cet appel dans un communiqué dont une copie est parvenue le même lundi à Radio Okapi : « Je réitère mon appel à nos pères spirituels pour réunir, dans le cadre du processus de Kinshasa, toutes les parties prenantes autour du thème : Vérité-Réconciliation-Cohésion nationale afin d’œuvrer pour un Congo libre, fort, digne et prospère, et non pour satisfaire des ambitions personnelles ou partisanes ». Cet opposant a également plaidé pour la restauration de l’intégrité territoriale, la fin de la guerre menée par le M23 et les forces étrangères afin de libérer nos terres. Martin Fayulu a insisté pour la fin de la prédation des ressources publiques, la réduction de train de vie des institutions du pays et la mobilisation des fonds nécessaires pour renforcer les FARDC, financer des infrastructures essentielles et améliorer les conditions de vie des Congolais. Il a appelé à la construction d’un véritable État de droit, à la garantie du respect des droits humains, de la justice et de l’équité, avec la mise en liberté des prisonniers politiques et d’opinion. « J’exige la libération de Jean-Marc Kabund, Seth Kikuni, Mike Mukebayi, Jacky Ndala, du député provincial Alain Siwako, du député honoraire Jean-Paul Ngahangondi, des militants pro-démocratie Delgat Idengo, Mwamisyo Ndungo King, Fiston Isambiro, Djimy Nzialy, Zarco Sefu, de trois membres de l’ECiDé et de tous les autres prisonniers d’opinion », a déclaré Martin Fayulu. Le président de l’ECIDE a en outre demandé au régime Tshisekedi de cesser avec les actes d’intimidations et arrestations arbitraires. Il a invité les Congolais à dire non à toute initiative, visant à la révision ou au changement de la Constitution de la RDC. En cette fin d’année 2024, Martin Fayulu a par ailleurs déploré cette période « sombre » que traverse le pays, marquée par un désordre savamment orchestré depuis le hold-up électoral de 2018, suivi par le simulacre d’élections de 2023. Insécurité à travers le pays Martin Fayulu a fustigé l’inexistence de la sécurité à travers le pays notamment avec la rébellion du M23 qui, selon lui, contrôle plus de 130 localités au Nord-Kivu sans oublier les massacres que commettent les ADF à Béni, Butembo, Lubero, Irumu et Mambasa. Cette insécurité, a-t-il regretté, se poursuit sous le regard impuissant de l’État congolais: « Les groupes armés de tout bord sévissent en Ituri. Les « Mobondos » dérangent la quiétude des citoyens dans le grand Bandundu, à l’Est de Kinshasa et dans une partie du Kongo-Central. Le pays compte aujourd’hui plus de 8 millions de déplacés internes. Une telle situation devrait mobiliser l’attention de n’importe quel gouvernement avec un minimum de sérieux. Chez nous, le sujet est traité avec une légèreté déconcertante et le champagne coule à flot au sommet d’un État failli et faible ». Selon cet opposant, l’armée est abandonnée. Après six ans au pouvoir, a noté Martin Fayulu, le régime Tshisekedi n’a pas réussi à doter le pays d’une force militaire capable de défendre notre souveraineté : « Nos soldats, courageux mais sous-équipés, affrontent des forces ennemies bien armées. L’argent dilapidé à Kinshasa, à lui seul, pourrait changer le rapport de force sur le terrain ». Recul social au pays Toutes les contrées du pays sont en proie à un recul social, selon Martin Fayulu. Il a cité entre autres la situation désastreuse du Grand Kasaï, courageusement décrite par le Gouverneur du Kasaï Central, l’Archevêque de Kananga et l’évêque de Mwene-Ditu, illustrant la détresse du pays tout entier et l’absence de vision, qui conduit le pays lentement mais sûrement vers un suicide collectif. Parmi les maux ayant occasionné ce recul, le président de l’ECIDE a noté la corruption et le vol au sein des institutions du pays: « Les défis de la RDC sont multiples et requièrent une mobilisation méthodique des ressources de l’État. Hélas, des milliards de dollars sont détournés à travers des projets fictifs et des contrats léonins. Les ressources du peuple sont dilapidées et les faits de corruption sont tellement légion que beaucoup ne s’en émeuvent plus. Le banditisme d’État d’une minorité prédatrice et le train de vie surréaliste des institutions doivent interpeller chaque Congolais ». Radio Okapi