Congo : luttes d’influence, perspectives de remaniement, climat politique sous tension et dossier Okombi-Mokoko (lecture en 5 min)

PARLONS-EN. À l’approche d’un remaniement très attendu en République du Congo, les cercles politiques et occultes congolais, comme les associations du soir, des croyants et autres, sont en ébullition. Rivalités de réseaux d’influence, agendas extérieurs pour peser sur les nominations et libération des prisonniers à venir, ambitions personnelles et accusations diverses circulent, dans un contexte où l’opinion peine parfois à distinguer faits établis et spéculations. Trajectoires, débats sur la place des réseaux d’influence, etc. Depuis l’adoption de la loi Mouebara sur le genre porté par Inès Nefer Bertille Ingani, les discussions se multiplient autour du rôle des réseaux sociopolitiques dans la promotion de certaines figures. Des voix rappellent toutefois que les femmes ont longtemps occupé des positions influentes au Congo : Kangui Elisa, Ngolengo, première parachutiste, Céline Yandza Eckomband, Joséphine Moutou Bayonne, Alice Diabangana, Joséphine Bouanga, Sabine Kinanga Bayetela (ma génitrice et troisième sage-femme du Congo), etc. Mais la montée en puissance de nouvelles personnalités suscite des polémiques, alimentées parfois par des rumeurs difficiles à vérifier ou des accusations établies. Plusieurs membres du gouvernement sortant sont au centre de controverses dans la gestion des portefeuilles du commerce, des mines, de la culture, de la justice, des transports, des finances, du pétrole et des communications, marquant l’inefficacité et le manque de transparence de certaines actions.Lydie Pongault, par exemple, ministre de l’industrie culturelle, tranche négativement avec les valeurs de son père, syndicaliste chevronné des années 1963, Gilbert Pongault. Récemment, elle a été pointée du doigt sur les réseaux sociaux avec les » Bouya Girls » par une dame connue pour son saphisme militant. Leurs aventures supposées avec des maîtresses passées, ministres, avocates ou encore hauts cadres des Finances et du Budget interrogent. Faut-il y voir une influence d’appartenance à une « association du soir » qui bride les pensées et corsète les élans généreux uniquement chez les Africains ? Ou plutôt leurs appétences présumées pour le même sexe ? Même leurs affidées de l’heure, Destinée Doukaga, qui tient à rentrer au gouvernement au point d’aller négocier une thèse au Cameroun alors que ses formations ont été presque inachevées au Congo (en faculté des sciences, en sciences économiques, dans l’armée qu’elle a désertée) et en France, laissent interrogateur plus d’un. Le Cameroun est devenu le pays des thèses à nègres, attirant tour à tour, conseillers du premier ministre, députés et autres qui ont eu peur des fourches caudines des professeurs titulaires de l’université Marien Ngouabi. Tout récemment Doukaga, et avant son ex, Bredin Bissala Nkounkou, qui a décroché sa thèse au Cameroun avec le piston des professeurs Fabien Roch Niama et Jean-Bernard Nkoua Mbon. Il est de notoriété publique que le Cameroun regorge de faux et de vrais et produit des « docteurs Google » qui s’appuient sur l’IA et détruisent le Congo… L’enseignement supérieur y est dévoyé avec des instituts bidons qui naissent comme des champignons. Tribus, clans et recomposition régionale des alliances Sur le plan régional, la rivalité entre Niari, Bouenza et Lékoumou structure en partie les ambitions de Premier ministre ou de futurs ministres. Dans ce tourbillon géant, Thierry Moungalla siphonne les primes des professionnels de la communication et la RAV, mais lutte à l’émergence de toutes les « sœurs venues à l’association du soir » dont les « girls Bouya » à laquelle il appartiendrait. Pierre Mabiala, qui avait fait sa licence en six ans, projeterait une thèse pour gêner ACM, comme si le leadership était synonyme de diplômes. Tous brûlent d’impatience d’être sélectionnés : Arsène Tsaty Mboungou, aperçu dans les encablures de Mpila, Émile Ouosso, qui se voit en parfaite doublure des personnes précitées, soutenu en coulisse par JDO, voit ses chances s’effriter au regard de la mise à l’écart du Deputy VGM GLC Jean Dominique Okemba et de la guerre menée par Rodrigues Nguesso, Julienne Ngouonimba et Ondongo Gilbert pour la privatisation de E2C. Plusieurs autres départements comme le Pool ou le Congo-Oubangui sont décrits comme fragmentés, mais dotés de cadres techniques de haut niveau, qui reçoivent toutefois rarement des postes de premier plan, à l’image de l’hybride Matoko (lari-vili-vietnamien) qui ne pèse pas comme l’a révélé le score obtenu de deux petites voix. Rodrigue Malanda-Lapéta ne serait qu’un faire-valoir dans des ambitions d’envergure d’une primature ou de postes ministériels. Rodrigue Malanda a fait voler en éclats le Fonds Suisse qui devrait rapporter plus de 5000 milliards de fcfa au Congo. Tsiba Florent et Cie tentent de rattraper ledit fonds. Restent finalement les « clans » Dirat versus Mapapa. Le désordre et l’incompétence au sein de ces derniers ont plongé l’ensemble dans un mélange glauque duquel personne n’émerge : Denis Christel n’a jamais pu conquérir l’étoffe d’un leader de premier plan national. Denide, Edgard, Willy, Rodrigues sont des jouets entre les mains de l’axe Liboka-Bokouélé-Tchikapika ou Ondébé-Obouya. Affaires, scandales et responsabilités ministérielles Au-delà des spéculations identitaires, plusieurs dossiers économiques et financiers suscitent l’inquiétude. Claude Alphonse N’Silou, par exemple, n’arrive d’ailleurs pas à prendre des responsabilités de constitution d’un buffer-stock de consommation d’urgence face à l’effritement du commerce mondial en raison de la guerre Iran-Israël-USA. Il se contente de sa manne que M. Sassou lui a octroyée via de nombreuses maisons acquises du programme immobilier, des marchés, etc. Son coéquipier Pierre Oba, très affaibli, qui risque de s’effondrer même en plein Conseil des ministres, ne veut pas prendre sa retraite malgré des milliards empochés. Françoise Joly « la vipère » et son équipe ont décelé ses magouilles qui le poussent à un semblant de transparence. Ces dernières ont débusqué aussi Bruno Jean Richard Itoua sur différents contrats, jusqu’à la rétention des provisions pour les investissements divers jamais reversées au ministère des PME. Bininga Wilfried, ministre de la Justice, n’a pas levé le petit doigt, empêtré dans plusieurs affaires depuis celle des faux antirétroviraux pour le traitement de la file active VIH/SIDA, dont 2 056 PVVIH sont morts, sauf un ministre qui a eu la chance d’aller en Afrique du Sud. Pas plus d’ailleurs que ses collusions d’intérêts avec Mossen Hojeij lorsqu’ils ont été en charge, avec Mokoko Antonin et
Congo Brazzaville : une arnaque de plus

PARLONS-EN. e Congo célèbre ce 10 juin la journée de la réconciliation nationale. Comme à l’accoutumée, Brazzaville et les grandes villes du Congo sont drapées de couleurs chatoyantes. Des rencontres festives sont organisées, à l’instar de celle qui se tient au Mémorial Savorgnan de Brazza au moment où nous mettons sous presse cet article. L’occasion est belle pour saigner davantage le Trésor public. Car au Congo, même les événements symboliques reçoivent les honneurs financiers à la hauteur de la boulimie des gouvernants. Mais pour symbolique qu’elle soit, la célébration d’aujourd’hui est le seul repère de la Conférence nationale souveraine que le pouvoir rehausse allègrement et certainement avec joie puisqu’il ne pose aucun problème. Les autres actes dits exécutoires sont un os difficile à avaler. Point n’est besoin de faire une recension de toutes les décisions prises en 1991 dont l’effectivité a été renvoyé aux calandres grecques. Le lavement des mains qui s’est exécuté à la fin de la conférence souveraine est un acte devenu désuet au regard des tumultes que nous avons connus. Les guerres de 1993, 1997 et 1998 ont fait voler en éclats les jointures de l’unité nationale. Depuis, le Congo se désagrège de jour en jour et les injustices se multiplient. Le tribalisme s’est exacerbé, l’ethnie est instrumentalisée par les hommes politiques qui pensent plus à leurs viviers familiaux et claniques plutôt que de donner à l’ensemble des populations le bien-être dont elles ont besoin. La réconciliation est devenue un vœu pieux. Cette journée aurait pu être fortuite pour poser véritablement des actes de réconciliation. Le Président de la République, garant de l’unité nationale, devrait donner un signal fort notamment en libérant les prisonniers d’opinion (André Okombi Salissa, Jean Marie Michel Mokoko, etc.). Ces citoyens qui croupissent dans les geôles doivent jouir du pardon présidentiel et constituer ainsi la matérialité de l’acte de réconciliation. Le Congo a besoin de tous ses fils, chacun apportant sa pierre dans la construction de l’édifice nationale. La réconciliation permet à la nation de croître. Partout ailleurs, dans le monde, une célébration qui invite à la reconstruction, à la concorde et au vivre-ensemble ne peut pas se satisfaire de quelques discours. Cette journée exige de tous, gouvernants et gouvernés la prise de conscience de ce que sont la fraternité, l’amour et l’unité nationale. Ghys Fortune BEMBA DOMB
Congo/Turquie : Serhan A. Yigit : «L’évacuation du général Mokoko n’est liée à aucune question politique»

«Ceci n’a été rien de plus qu’un accès à la demande d’un Chef d’État d’une nation amie. Aussi, l’identité du patient n’a jamais été un facteur déterminant dans le processus de prise de décision de mener une telle opération dans la prise en charge du patient», a dit l’ambassadeur de la Turquie en République du Congo, M. Serhan A. Yiğit, en ce qui concerne l’évacuation du général Jean-Marie Michel Mokoko. Selon lui, cette question «n’est liée à aucune question politique, contrairement à certaines informations publiées à ce sujet, rapportant malheureusement de nombreux éléments erronés, au point de penser aux théories du complot très imaginaires», a-t-il précisé dans une note d’information de l’ambassade de la République de Turquie à Brazzaville, parvenue à Pagesafrik. Il a ajouté qu’il s’agit d’une opération d’évacuation humanitaire et sanitaire lancée à la demande des autorités congolaises. Il a révélé qu’avant l’évacuation proprement dite, un membre de la famille du patient qui n’est autre que le général Mokoko) s’était rendu en Turquie par un vol commercial afin de l’assister durant la période du traitement. Son médecin soignant, a-t-il dit en substance, est «libre de se rendre en Turquie à tout moment et de rejoindre son patient comme il le souhaite, d’autant qu’il bénéficie d’un visa de séjour en Turquie». «Notre préoccupation première et immédiate est le traitement et le rétablissement de son état de santé», a informé l’ambassadeur pour le vol de l’avion médicalisé, précisant que conformément à la réglementation de l’entreprise gérant cet appareil médicalisé, ce vol ne pouvait pas transporter des passagers supplémentaires pour l’évacuation d’un patient suspecté de contamination à la Covid-19. Dans cette source, le diplomate a fait savoir qu’il n’y avait pas non plus d’agents de sécurité abord de l’avion, confiant que, hormis le patient, seuls trois membres de l’équipage, dont le pilote et deux professionnels de santé, étaient présents dans l’appareil. Candidat malheureux à la présidentielle de 2016, le général Mokoko est en détention depuis le 11 mai 2018, purgeant une peine de 20 ans de prison ferme pour atteinte à la sûreté intérieure et détention illégale d’armes et de munitions de guerre. Florent Sogni Zaou
Mouagni Aimé Hydevert: le général Mokoko est animé par une soif de vengeance (vidéo)

« Monsieur Mokoko, animé par une haine de vengeance, une soif de pouvoir, veut coûte que coûte organiser le désordre, la sédition pour qu’il soit enfin hissé sur le promontoire de notre pays », a déploré le député Mouagni Aimé Hydevert dans une déclaration diffusée au journal de la télévision nationale. Le coordonnateur de la plateforme des patriotes et des défenseurs de la République a, par ailleurs, appelé « les services habité non seulement à garantir la sécurité des personnes, leurs biens et leur libre circulation, mais aussi à veiller surtout sur l’intangibilité humaine. » Et de conclure: « C’est pourquoi, nous défenseurs et patriotes appelons non seulement à la grande vigilance mais aussi à la résistance populaire partout, sur toute l’étendue du territoire afin que soit préservé la paix, la stabilité, l’unité et la concorde nationale. »
Centrafrique : Le Général Mokoko dresse un bilan positif des neuf mois d’action de la Misca

«J’ai le sentiment d’avoir fait ce que nous pouvions faire. Je suis plutôt heureux d’avoir peut-être déblayé le terrain pour les Nations unies, qui ont plus de moyens, qui vont peut-être arriver à un moment où nous avons commencé ce processus de réconciliation. Ca été difficile pour nous. Mais au moment où nous passons le témoin aux Nations unies, on pense que ça se termine plutôt mieux», a s’est réjouit le chef de la force africaine Misca en Centrafrique, le général Mokoko. Dans un entretien accordé à la RFI, l’officier supérieur congolais a défendu le bilan des neuf mois d’action de cette institution dont il avait la charge, estimant que l’on peut le « considérer comme positif, si on met en rapport les moyens à notre disposition, les effectifs, les moyens proprement techniques ». « Pour une mission comme celle-là, on est arrivé à des résultats qui font qu’aujourd’hui à Bangui la vie reprend. A l’intérieur, depuis deux ou trois mois, en dehors des soubresauts qu’il y a cette fois-ci en interne au niveau des Seleka, on pense que globalement la situation s’est considérablement améliorée », a justifié l’ex-chef d’état-major du Congo-Brazzaville. A propos de l’exode des musulmans vers les pays voisins de la Centrafrique, le général Mokoko a estimé qu’il n’y a pas de raisons que l’émigration des populations vers des zones plus sécurisées soit perçue comme un échec des capacités des forces internationales et, notamment, la Misca de les protéger. Et pour cause, « Une partie de la population non musulmane a considéré que Seleka voulait dire musulman, alors dans une atmosphère comme celle-là, où les musulmans se faisaient attaquer de tout côté… Nous n’avons pas trouvé anormal que ces gens cherchent à aller là, où pour eux, ça présentait un peu plus de sécurité », a-t-il expliqué. Pour le chef de la Misma, il aurait tout de même fallu un peu plus d’hommes pour totalement sécuriser la Centrafrique. « Avoir 6 000 hommes pour 650 000 km2 à couvrir, c’est une gageure. Le Kosovo c’est 6 000 km2 avec 49 000 hommes, faites un peu le rapport. Les premiers jours du déploiement, nous n’avions pas ne serait-ce que les quelques équipements élémentaires de protection des hommes. Nous avions des gilets par balles qui manquaient, nous avions certains contingents qui n’avaient pas de casques. Ce qui fait hésiter un commandement de force à engager des unités ». Sur le départ, le général Mokoko appelle l’Union africaine à tirer « avantageusement toutes les déficiences que nous avons connues ici. Je pense que du point de vue des capacités, les Nations unies ont des moyens sans commune mesure avec ce que l’Union africaine pouvait mettre en jeu. Ils vont avoir des effectifs multipliés par deux, ils vont avoir une composante aérienne, une flotte de transport, une flotte d’hélicoptère, c’est un avantage extraordinaire », a-t-il conclu.