BEIRUT ART FAIR 2019, le choix de la découverte

La 10ème édition de BEIRUT ART FAIR, foire internationale d’art moderne et contemporain axée sur les scènes du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (région MENA), se déroulera du 18 au 22 septembre 2019 à Beyrouth. Rendez-vous révélateur, BEIRUT ART FAIR célèbre cette année son dixième anniversaire et confie sa direction artistique à la commissaire d’exposition franco-libanaise Joanna Abou Sleiman-Chevalier. Forte d’une décennie de croissance, BEIRUT ART FAIR est devenue un événement incontournable du calendrier artistique des foires, attirant chaque année un nombre croissant de visiteurs venant du monde entier (40.000 personnes sont attendues cette année). BEIRUT ART FAIR réaffirme son engagement pour la découverte de la scène contemporaine internationale et souhaite, pour ses 10 ans, célébrer le Liban et ses richesses parfois inconnues du public, en mettant en scène des œuvres exceptionnelles et inédites provenant de collections privées. Une foire axée sur le contemporain BEIRUT ART FAIR réaffirme son positionnement en mettant en avant les créations d’artistes émergents et en offrant un nouveau regard sur des scènes parfois oubliées du public. Ainsi, le tout nouvel espace PROJECT propose aux galeries sélectionnées de mettre en lumière leurs artistes prometteurs, distingués par le comité de sélection de la foire, pour créer une plateforme jeune et dynamique. Une foire engagée BEIRUT ART FAIR accorde une place majeure à la liberté d’expression, au dialogue des cultures, à l’innovation et à la tolérance, qui constituent les valeurs essentielles de la foire. Pour cette 10ème édition, la fondatrice et directrice de la foire, Laure d’Hauteville, s’engage à promouvoir l’ouverture au monde et l’innovation, en s’appuyant sur un renouvellement du programme artistique et en proposant de nouvelles tendances. Joanna Abou Sleiman-Chevalier, directrice artistique, adossée au comité de sélection de la foire, dévoilera la cinquantaine de galeries participantes, venant d’une quinzaine de pays, et représentant la vitalité de la scène contemporaine internationale. Cette 10ème édition s’articule autour de : Une nouvelle section, PROJECT, dédiée à la scène émergente internationale Une alliance inédite avec une entrée commune de BEIRUT ART FAIR et Beirut Design Fair Quatre expositions uniques au sein de la foire consacrées à l’art du MENA et du Liban BEIRUT ART WEEK, un programme hors-les-murs d’exception sur la scène culturelle du Livan. Foire qui ne cesse de grandir, BEIRUT ART FAIR met en lumière l’art moderne et contemporain du MENA et affirme cette année plus que jamais son statut d’être La foire internationale de référence du monde arabe !
La croissance dans la région MENA se consolidera à 3% en 2018 et à 3,3% en 2019

Dans son rapport annuel sur les perspectives économiques mondiales de juin 2018, la Banque mondiale (BM) a annoncé que la croissance de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) devrait se consolider à 3% en 2018 (contre 1,6% en 2017) et à 3,3% en 2019. Les perspectives de croissance dans la région MENA devraient s’améliorer « sous l’effet principalement du redressement des pays exportateurs de pétrole à la suite de l’effondrement des cours », a relevé la BM soulignant que la région devrait également bénéficier d’un environnement mondial favorable et des efforts de reconstruction post-conflit. A la faveur de la hausse des investissements fixes, la croissance devrait augmenter dans les pays membres du Conseil de coopération du Golfe pour atteindre 2,1% en 2018 et 2,7% en 2019, a indiqué la Banque mondiale. Selon les projections de l’institution financière, l’Arabie saoudite devrait enregistrer une croissance de 1,8% au cours de cette année et de 2,1% l’année prochaine. Alors que celle de l’Iran devrait s’accélérer pour atteindre 4,1% en 2018 et un taux quasiment de même ampleur en 2019. Rappelons qu’en 2017, la faible production pétrolière avait conduit à une croissance lente des pays exportateurs de pétrole de la région, après que les pays membres et non-membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont adhéré à un accord sur des limites de production destinées à soutenir le pétrole mondial. Si les secteurs non pétroliers ont enregistré une croissance modeste, notamment dans les services et la fabrication, la Banque a noté qu’un certain nombre de pays exportateurs de pétrole ont assoupli leurs plans d’ajustement budgétaire en 2018, en réaction à des prix du pétrole un peu plus soutenus et à l’amélioration des termes de l’échange, notamment en élargissant les plans d’investissement en Algérie et en Arabie Saoudite. En ce qui concerne les pays importateurs de pétrole, les données récentes de l’institution financière tendent à montrer que la croissance devrait se renforcer, «en raison du regain de confiance observé chez les entreprises et les consommateurs du fait des réformes du climat des affaires et de l’amélioration de la demande extérieure», a-t-elle expliqué. En plus de l’amélioration de l’économie mondiale. A noter qu’en Egypte, le plus grand importateur de pétrole de la région, les investissements et les exportations nettes se sont améliorés, grâce principalement à la stabilité du taux de change et à une demande intérieure plus forte. Selon les projections de la BM, la croissance économique du pays devrait s’élever à 5% au cours de l’exercice 2017/18 (1er juillet 2017-30 juin 2018), avant de prendre de la vigueur sur l’exercice suivant et s’établir à 5,5%. S’agissant du Maroc et de la Tunisie, l’institution financière a souligné le fait que les deux pays ont également bénéficié des conditions favorables à la production agricole. La Banque a noté aussi que les réserves internationales ont augmenté en Egypte et au Maroc, aidées par les entrées de capitaux, alors qu’elles ont diminué en Tunisie en raison d’un déficit croissant du compte courant et des interventions des banques centrales sur le marché des changes. En outre, la BM a noté que d’autres petits importateurs de pétrole font encore face à une croissance faible qui entrave les progrès sur leurs défis du marché du travail. A noter qu’au niveau mondial, la Banque mondiale a assuré qu’en dépit de son tassement récent, la croissance économique mondiale devrait rester solide à 3,1% durant l’année en cours. Cependant, ses projections pour les deux années à venir laissent apparaître qu’elle va se modérer progressivement, « sur fond de ralentissement de l’activité dans les économies avancées et de stabilisation de la reprise dans les principaux pays émergents et en développement exportateurs de produits de base», a-t-elle prévenu. Au contraire, «si elle peut être maintenue, la bonne croissance économique enregistrée cette année pourrait permettre à des millions de personnes de sortir de la pauvreté, en particulier dans les économies d’Asie du Sud à forte croissance », a affirmé Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale. Alain Bouithy
La GSMA appelle à réduire la taxation excessive du secteur mobile dans la région MENA

Un nouveau rapport de la GSMA, une association internationale d’opérateurs de téléphonie mobile, appelle les gouvernements de la région MENA à renforcer les réformes fiscales pour une plus grande connectivité mobile. Rendu public jeudi 13 juillet, le nouveau rapport donne un aperçu général sur les principales taxes générales, telles que la TVA, l’impôt sur les sociétés et les droits à l’importation, ainsi que les taxes sectorielles supplémentaires et les frais réglementaires appliqués aux opérateurs mobiles dans la région MENA. Dans ce rapport, intitulé « Fournir une connectivité mobile au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA) », il s’est avéré que les sept pays analysés, à savoir l’Algérie, l’Egypte, la Jordanie, le Maroc, l’Arabie Saoudite, la Tunisie et la Turquie, pourraient améliorer l’accès à la connectivité mobile en réformant leurs régimes de taxation mobile. A en croire la GSMA, qui réunit près de 800 opérateurs appartenant à plus de 300 sociétés de l’écosystème mobile, l’imposition excessive ignore les contributions socioéconomiques positives du secteur mobile. Par ailleurs, « les taxes spéciales sur les services de communication mobile ou sur les combinés par exemple, peuvent constituer les plus grands obstacles qui entravent les consommateurs des services mobiles, en particulier les couches les plus pauvres de la population », a-t-elle souligné. Tout aussi grave, selon l’association, la hausse des taxes sur les entreprises et sur les revenus imposant sur les opérateurs mobiles augmente les coûts et affecte négativement les investissements dans les réseaux et les services avancés. A propos des principaux enseignements de l’étude, les auteurs ont relevé des effets de distorsion de la fiscalité sectorielle et mis l’accent sur les avantages économiques potentiels de leur rééquilibrage. Ainsi, il ressort des analyses en ce qui concerne les pratiques fiscales sectorielles que les services mobiles en Egypte sont soumis à un taux de TVA de huit points de pourcentage supérieur au taux général tandis qu’en Tunisie et en Jordanie, des taux d’imposition plus élevés sur les sociétés s’appliquent aux opérateurs mobiles, à 35% et à 24% respectivement. L’étude a aussi révélé qu’en Jordanie et en Turquie, les taxes d’accise sont perçues à des taux relativement élevés de 26% et de 25% (cinq pour cent pour les données), alors qu’en Algérie et en Egypte, il existe jusqu’à huit frais réglementaires différents, entraînant une complexité fiscale. Par ailleurs, il a été aussi constaté que les taxes en Jordanie et en Turquie représentent près de 11% et 17% des revenus de l’opérateur respectivement. Evoquant le poids de ce secteur dans l’économie des pays de la région, John Giusti, directeur des affaires réglementaires au sein de la GSMA, a indiqué que la connectivité mobile constitue un facteur essentiel de la croissance économique et du développement social au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Elle représenterait 1.4% du PIB de la région, selon ce dernier. Pourtant, il a déploré que « dans les sept marchés analysés, les comportements fiscaux, allant des frais de recettes élevés aux taxes spéciales sur les services de communication mobile ou les combinés, ont un impact négatif sur l’accessibilité pour les consommateurs et les investissements de l’industrie ». Avec le climat économique actuel, John Giusti a estimé que les gouvernements des pays de la région « devraient être enclins à favoriser et ne pas entraver la croissance économique ». Pour la GSMA, les réformes pourraient plutôt engendrer des avantages socioéconomiques significatifs pour les pays de la région. A titre d’exemple, elle a estimé que « la réduction de la taxe spéciale à 12% sur les services mobiles en Jordanie aurait le potentiel de générer 570,000 nouvelles connexions mobiles». Pour mieux apprécier l’importance des réformes dans ce secteur, l’association a indiqué que «l’élimination de la taxe sur les services de communication (CSP) en Arabie Saoudite aurait le potentiel d’augmenter CAPEX de 312 millions de dollars». Autre exemple, la GSMA est persuadée que « les termes plus longs de licence de spectre et les processus de renouvellement transparents fourniraient une plus grande certitude sur les opérations futures et les incitations à l’investissement pour les opérateurs ». Enfin, pour John Giusti s’il est une action que doivent faire les gouvernements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, c’est de « réduire les taxes excessives sectorielles. Car, a-t-il soutenu, cela « servira les intérêts des consommateurs, des entreprises et des gouvernements en réduisant les coûts, en encourageant l’adoption de nouveaux services mobiles et en stimulant le PIB et les recettes fiscales globales à plus long terme ».
La croissance des pays MENA devrait s’accélérer en 2018

La croissance économique de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) devait tombera cette année à 2,1%, selon les dernières prévisions de la Banque mondiale publiées dans son rapport semestriel sur les perspectives économiques mondiales. Les effets négatifs de la réduction de la production de l’OPEP sur les pays exportateurs de pétrole seraient les principaux responsables de cette baisse, si l’on en croit l’Institution. Ils emporteraient sur la modeste amélioration de la situation des pays importateurs de pétrole, a soutenu l’institution de Bretton Woods. Toutefois, dans l’hypothèse d’une atténuation des tensions géopolitiques et d’une hausse des cours pétroliers, l’institution internationale anticipe que la croissance de la région devrait s’accélérer en 2018 pour atteindre 2,9%. « En Arabie Saoudite, plus grande économie de la région, le taux de croissance devrait descendre à 0,6% sous l’effet de la diminution de la production pétrolière avant de rebondir pour atteindre 2% en 2018 », a-t-elle indiqué. Alors que l’expansion économique de la République islamique d’Iran devrait se tasser pour s’établir à 4% avant de reprendre un peu de vitesse et atteindre 4,1% en 2018. A ce propos, la BM a estimé que la quantité limitée des capacités de production pétrolière disponibles et les problèmes d’accès aux financements entravent la croissance du pays. La situation économique fléchirait aussi en Égypte, si l’en en croit les projections de l’institution. En effet, il ressort des analyses que la croissance fléchira durant l’exercice en cours avant de se renforcer de façon constante à moyen terme grâce à un surcroît de compétitivité et à la mise en œuvre de réformes destinées à améliorer le climat des affaires. Les prévisions seraient plutôt meilleures du côté de l’Afrique subsaharienne où la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 2,6% en 2017 et 3,2% en 2018. Cette amélioration s’expliquerait par l’augmentation modérée des prix des produits de base et les réformes mises en place afin de corriger les déséquilibres macroéconomiques. Tout n’est pas pour autant rose. En effet, la production par habitant devrait se contracter de 0,1% en 2017 avant d’enregistrer une modeste croissance de 0,7% sur la période 2018-19. À ce rythme, la BM craint que la croissance ne soit pas suffisante pour permettre d’atteindre les objectifs de réduction de la pauvreté dans la région, surtout si les obstacles à une expansion plus robuste persistent. Dans ses projections, l’institution a relevé que la croissance sud-africaine se renforcera pour atteindre 0,6% en 2017 puis 1,1% en 2018. En revanche, a-t-elle soutenu, le Nigeria devrait passer d’une situation de récession à une croissance de 1,2 % en 2017 puis de 2,4 % en 2018. Appuyée par l’investissement dans les infrastructures, la résilience du secteur des services et la reprise de la production agricole, la Banque mondiale a soutenu que la croissance des pays pauvres en ressources naturelles devrait rester solide. Ainsi, tout porte à croire que l’Ethiopie devrait enregistrer un taux de croissance de 8,3 % en 2017, la Tanzanie de 7,2 %, la Côte d’Ivoire de 6,8 % et le Sénégal de 6,7%.
Les réformes, un véritable moteur de croissance

Les pays de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) vont devoir s’en remettre aux réformes s’ils veulent relancer la croissance, a laissé entendre le Fonds monétaire international (FMI). « Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, les réformes peuvent réalimenter les moteurs de la croissance », a précisément indiqué le FMI. Si la croissance s’améliore légèrement dans cette région, essentiellement tirée par une hausse des cours du pétrole et une amélioration des perspectives d’exportation, cette institution a noté que les conflits civils et le chômage élevé continuent cependant de peser sur les perspectives régionales. Selon les dernières projections, la croissance s’améliore dans les pays importateurs de pétrole de la région, mais devrait ralentir dans les pays exportateurs de pétrole du fait de la baisse de la production, a relevé le FMI dans un dossier réalisé par Bruno Versailles et Magali Pinat. « La croissance globale des pays importateurs de pétrole de la région devrait être portée de 3,7 % en 2016 à 4 % en 2017, essentiellement grâce aux politiques qui ont réduit les déficits budgétaires et amélioré le climat des affaires, comme au Maroc et au Pakistan », peut-on lire sur le portail officiel de cette institution chargée de promouvoir la coopération monétaire internationale et de garantir la stabilité financière. En dépit des baisses de production consécutives à l’accord de l’OPEP/non-OPEP qui vont provisoirement réduire la croissance globale, cette tendance serait aussi observée dans les pays exportateurs de pétrole où la croissance hors pétrole devrait s’accélérer et passer de 0,4 % en 2016 à 2,9 % en 2017. Le FMI prévient cependant que la croissance prévue dans les pays importateurs de pétrole ne sera pas suffisante pour faire reculer sensiblement le taux de chômage élevé de la région, qui s’établit à 12 % environ. « Dans les pays exportateurs de pétrole de la région, les ajustements de la politique économique comme les réductions des dépenses publiques vont continuer à freiner l’activité économique. De plus, les conflits risquent de peser encore sur la région », a-t-il averti. Même s’ils s’améliorent, le FMI a estimé que les efforts de réduction des déficits doivent se poursuivre en tirant parti des progrès déjà réalisés dans la réduction des dépenses, notamment en Algérie et en Arabie saoudite. « D’après le rapport, les déficits budgétaires devraient être ramenés de 10 % du PIB en 2016 à moins de 1 % en 2022, ce qui représente une amélioration sensible qui contribuera à renforcer la résilience », a relevé l’institution qui souligne une amélioration de la situation des finances publiques dans les pays importateurs de pétrole. En effet, « dans l’ensemble de la région, le déficit budgétaire moyen a été ramené de 9,25% du PIB en 2013 à 7 % environ du PIB en 2016, en grande partie grâce à la réduction des subventions des combustibles (Égypte, Maroc, Soudan) et aux efforts d’augmentation des recettes et de renforcement de la perception des impôts (Pakistan) », a-t-il soutenu rappelant toutefois que la dette publique demeure élevée, et le ratio dette/PIB demeure supérieur à 90 % dans certains pays importateurs de pétrole. D’après le rapport, les coûts liés au service de la dette devraient augmenter, au rythme de la hausse prévue des taux d’intérêt dans le monde. « Les coûts accrus du service de la dette vont exercer de nouvelles pressions sur la situation des finances publiques et réduire la marge de manœuvre pour financer les dépenses publiques porteuses de croissance, dans les infrastructures et l’éducation par exemple », a affirmé le FMI. Cela dit, le FMI pense qu’il faut poursuivre l’ajustement budgétaire, favoriser par des efforts de renforcement des recettes fiscales en élargissant la base d’imposition, et mener à bien les réformes des subventions. S’ils veulent relancer la création d’emplois, l’institution a estimé que les pays exportateurs de pétrole de la région doivent poursuivre leur diversification et réduire la place des hydrocarbures au profit d’autres secteurs afin de rendre la croissance régulière et durable. S’agissant des pays importateurs de pétrole, le FMI craint que la croissance reste trop faible pour faire reculer le chômage. Ce n’est pas tout. Il observe aussi que les autorités des pays concernés ont une marge de manœuvre limitée pour engager des dépenses. Ainsi, « pour favoriser l’activité du secteur privé et stimuler l’emploi, les autorités peuvent donner des possibilités de formation et d’éducation, accroître le taux d’activité féminine (par une budgétisation sensible au genre comme au Maroc) et renforcer les règles de protection des investisseurs, comme en Jordanie et en Mauritanie », a estimé l’institution.
La faiblesse des prix du pétrole et les conflits armés pèsent sur la région MENA

La région Moyen-Orient et Afrique du Nord connaîtra cette année un taux de croissance modeste de 3,5%, et les projections pour 2017 ne laissent guère entrevoir d’améliorations, a indiqué le Fonds monétaire international (FMI). La faiblesse des prix du pétrole et les conflits qui sévissent dans la région continuent de peser sur les perspectives de croissance du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, de l’Afghanistan et du Pakistan, a constaté l’institution financière dans son dernier bilan sur la région. «Cette croissance timide freine la progression des niveaux de vie. Des transformations structurelles visant à évoluer vers une économie plus dynamique tirée par le secteur privé sont nécessaires pour relancer la croissance et créer des emplois dans le privé, et certains pays s’y préparent déjà », a relevé le FMI. Masood Ahmed, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI explique que «les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord restent confrontés à deux problèmes économiques et géopolitiques les plus délicats : le repli des cours du pétrole et l’intensification des conflits armés». Dans son rapport, le FMI estime qu’en dépit de l’amorce d’un redressement constaté ces derniers mois et qui avait porté le prix du baril à plus de 50 dollars, « les cours du pétrole – moteur essentiel de la croissance pour les exportateurs de la région – devraient rester faibles dans les années à venir. Ils devraient tout juste atteindre 60 dollars le baril en 2021, très en deçà des pics supérieurs à 100 dollars enregistrés il y a seulement deux ans ». Le FMI note, par ailleurs, que les conflits armés continuent de provoquer de graves crises humanitaires dans plusieurs pays de la région, de perturber l’activité économique et d’ébranler la confiance dans toute la région. Les analystes du Fonds monétaire international préviennent que les perspectives seront timides pour les exportateurs comme pour les importateurs de pétrole. En effet, selon ces derniers, les pays exportateurs de pétrole du Conseil de coopération du Golfe (CCG), devraient connaître une croissance hors pétrole de l’ordre de 1,8% en 2016 et de 3,1% en 2017. Ce qui est en deçà des 7% de moyenne observés entre 2000 et 2014. Cette contreperformance serait imputable à «l’effet de frein des mesures d’assainissement budgétaire et à une perte générale de confiance du secteur privé face à la faiblesse des prix du pétrole», explique le FMI. Par ailleurs, les conflits en Iraq, en Libye et au Yémen devraient peser négativement sur la croissance non pétrolière en dehors du CCG. Selon le FMI, celle-ci devrait être quasiment nulle cette année. Si la production pétrolière a connu un solide rebond en Iran, le FMI fait constate que « l’effet du relâchement des sanctions sur la croissance tarde à se concrétiser car les entreprises internationales restent prudentes et les réformes intérieures n’avancent que lentement ». Selon les projections du FMI, les retombées du ralentissement de la croissance du CCG et les conséquences des conflits armés – de même que les profondes entraves structurelles intérieures – pénalisent la croissance des pays importateurs de pétrole de la région qui devraient afficher une croissance de 3,6 % en 2016 et de 4,2 % en 2017. Ainsi, prévient-il, «à moyen terme, la croissance sera trop faible pour permettre une amélioration sensible des niveaux de vie ou pour juguler un chômage élevé, de plus de 10 % dans l’ensemble de la population et 25 % chez les jeunes». Le FMI estime que les pays de la région doivent s’adapter au pétrole moins cher et poursuivre plusieurs réformes essentielles. «Les exportateurs de pétrole doivent s’atteler à la difficile tâche de stimuler la croissance dans une conjoncture de faibles recettes budgétaires et de compression des dépenses. Quant aux importateurs de pétrole, leur défi principal consistera à favoriser la création d’emplois grâce à un secteur privé plus dynamique», a exhorté Masood Ahmed. Il va falloir stimuler la croissance tout en maîtrisant les dépenses budgétaires, mais aussi tirer le meilleur parti de la marge de manœuvre dont disposent les pays en matière de dépenses publiques. Pour Masood Ahmed, «l’infrastructure, l’éducation et la santé restent trois domaines dans lesquels les dépenses publiques peuvent particulièrement réussir à promouvoir une croissance durable». Par ailleurs, les pays de la région doivent évoluer plus rapidement vers une économie plus diversifiée, plus dynamique et tirée par le secteur privé.