Média: Revue de presse Afrique (Semaine du 11 au 17 août)

Média: Revue de presse Afrique (Semaine du 11 au 17 août)

13/08. Radio Okapi (RDC): La province de l’Ituri, dans l’Est de la RDC, théâtre des conflits armés d’une violence extrême, a enregistré au moins 127 morts et 14 autres blessées par balle entre le 27 juin et le 12 août 2025, selon les chiffres révélés par la société civile provinciale mardi 12 août. Les violences ont débuté par le massacre des déplacés sur le site de Djangi, dans le territoire de Djugu, perpétré par la milice CODECO le 27 juin.  12/08. Fraternite Matin (Côte d’Ivoire) : L’ancien Premier ministre, Patrick Achi Jérôme, a renoncé à la nationalité française. La décision a été annoncée dans le Journal officiel de la République française le 12 août 2025. Selon le Journal officiel, Patrick Achi, né le 17 novembre 1955 à Paris, est « libéré de son allégeance à l’égard de la France ». 12/08. Walf (Mali) : Le conseil de l’ancien Premier ministre, Maître Cheick Oumar Konaré, Avocat au barreau du Mali, confirme le placement en garde à vue de  Choguel Kokalla MAÏGA. 12/08. Radio Ndeke Luka (Centrafrique) : Arrêté et transféré à la maison d’arrêt de Ngaragba à Bangui en mai dernier, le journaliste Landry Nguema Ngokpélé a été provisoirement libéré ce 11 août. Le directeur de publication du journal « Le Quotidien de Bangui » était accusé par les autorités du pays de complicité de rébellion, diffusion d’informations susceptibles de troubler l’ordre public et incitation à la haine ou à la révolte. 11/08. Sidwaya (Burkina Faso) : la Direction du guichet unique du foncier n°2 de Ouagadougou (DGUF2-O) a ouvert ses portes. Placée sous la tutelle de la direction générale des impôts, la cérémonie inaugurale a eu lieu, lundi 11 août 2025. Selon la directrice des impôts, Talato Eliane Djiguemdé, c’est après plus de 15 années de fonctionnement que des ajustements organisationnels se sont imposés. 11/08. Le Quotidien (Sénégal) : Alioune Sall annonce s’être «retiré de la scène politique au lendemain des Législatives ayant consacré une écrasante majorité à qui il revient de droit de gouverner dans la sérénité. Qu’il soit d’accord avec eux ou pas !». Alioune Sall dit préférer se consacrer à une autre passion qu’il pense être tout aussi noble que la politique. Adrien Thyg

Un nouveau rapport sur les médias africains révèle que l’histoire de l’Afrique est racontée essentiellement sur la base de sources occidentales

Selon un nouveau rapport de l’organisation Africa No Filter, un tiers des articles sur l’Afrique publiés par les organes d’information du continent proviennent d’agences de presse étrangères. Intitulé « How African Media Covers Africa » (Comment les médias africains couvrent l’Afrique), le rapport souligne le fait que les récits concernant l’Afrique continuent d’être présentés à travers le prisme des mêmes stéréotypes et points de vue négatifs et tenaces sur la pauvreté, la maladie, les conflits, la médiocrité de la gouvernance et la corruption. Dans le cadre de l’enquête menée entre septembre et octobre 2020, 38 rédacteurs africains ont été interrogés et le contenu de 60 médias africains de 15 pays (Botswana, Afrique du Sud, Zambie, Zimbabwe, RDC, Égypte, Tunisie, Tanzanie, Éthiopie, Kenya, Rwanda, Ouganda, Ghana, Nigeria et Sénégal) a été analysé. En outre, quatre groupes de discussion ont réuni 25 rédacteurs en chef de médias africains, d’agences panafricaines et des correspondants internationaux. Les résultats confirment les défis et expériences qui sont de notoriété publique dans le secteur : les recettes publicitaires et le nombre de salles de rédaction diminuent – ce qui a une incidence sur le type d’informations que les Africains lisent – et les actualités sont majoritairement négatives et liées à des conflits. Les principales conclusions du rapport soulignent que les sources de collecte des informations sur les pays africains sont problématiques, que les contenus qui en résultent continuent à faire le lit de stéréotypes éculés, et que la qualité du journalisme local rend souvent impossible la production d’une narration nuancée et mise en contexte, essentielle lorsqu’il s’agit d’écrire des articles sur les 54 pays africains. 63% des médias interrogés n’ont pas de correspondant dans d’autres pays d’Afrique. Un tiers de toute la couverture de l’Afrique est issue de sources non africaines, l’AFP et la BBC représentant un quart de tous les articles recensés dans les médias africains sur d’autres pays africains. La contribution des agences de presse africaines est faible. 81% des articles analysés entrent dans la catégorie « hard news » (actualités factuelles) – ex. conflits et crises déclenchés par des événements donnés – et sont de nature principalement politique. 13% des informations sont axées spécifiquement sur la violence politique, les troubles civils et les conflits armés. L’Afrique du Sud, suivie de l’Égypte, sont les pays dont la couverture est la plus diversifiée et pas nécessairement liée à des événements d’actualité, ce qui signifie que ces deux pays sont probablement les « mieux connus » du continent. « Les médias ont une énorme influence sur l’établissement de la ligne éditoriale et sur le choix des articles consacrés à l’Afrique », déclare Moky Makura, directrice générale d’Africa No Filter. « L’enquête a montré clairement que, malgré des années d’indépendance, ce ne sont toujours pas les Africains qui tiennent la plume lorsqu’il s’agit d’écrire les histoires qui les concernent. Plus important encore, au travers des articles que nous partageons dans nos médias, nous continuons à colporter l’image d’une Afrique divisée, dépendante et manquant d’engagement. Il faut que nous reprenions la plume. » Africa No Filter est une organisation à but non lucratif fondée il y a un an pour mettre fin aux récits stéréotypés et néfastes sur l’Afrique grâce à la recherche, au plaidoyer et à l’octroi de subventions. L’organisation est financée par la Fondation Ford, Bloomberg, la Fondation Andrew W. Mellon, Luminate, la Fondation Open Society, Comic Relief, la Fondation Hilton et le British Council. Moky Makura a ajouté : « Paradoxalement, 50% des rédacteurs en chef interrogés estiment que leur couverture des pays africains autres que le leur ne contient pas de stéréotypes. Cela signifie clairement que nous devons faire de gros efforts pour nous auto-éduquer et changer le rôle que nous jouons dans la perpétuation de stéréotypes dépassés sur nous‑mêmes. Les récits ont une grande importance et leur influence va au-delà de la simple narration. Ils ont un impact sur l’investissement en Afrique, sur la jeunesse et les opportunités que les personnes perçoivent dans leurs pays, sur la migration, la créativité et l’innovation. » À la suite de ce rapport, Africa No Filter a décidé de lancer la toute première agence de presse du continent qui se concentrera sur des récits ayant pour sujet la créativité, l’innovation, les arts, la culture et la dimension humaine, afin de combler cette lacune du secteur. Par APO