Les marocains « ce pays n’avancera jamais » !

Les marocains « ce pays n’avancera jamais » !

TRIBUNE. Tout petit déjà, j’entendais les marocains dans un état de colère et de déception, répéter le même propos « Ce pays ne changera jamais ». Des dizaines d’années se sont écoulées et j’entends pourtant encore cela. Le même constat est évidemment fait par tous les marocains. Ce constat qui ne cesse de se refaire des millions de fois au fils du temps et qui est toujours d’actualité, laissant le marocain frustré et violenté, et qui peut se résumer facilement dans les points suivants : L’anarchie dans les constructions, bidonvilles, quartiers populaires sans respect des règles. Le mauvais état des routes. Les trottoirs souvent dangereux pour les piétons et envahis par les cafés, les restaurateurs, les bouchers, les mécaniciens, les menuisiers, les marchands de légumes, les épiceries et les cages des bouteilles de gaz pour ne citer que cela. La saleté des rues et le trop de poussière. Les mendiants à tous les coins de rue. Le parcours de combattant pour obtenir des papiers dans les administrations publiques. Les citoyens irrespectueux par leur comportement, leur saleté, leur mauvaise odeur. La mauvaise prise en charge dans les hôpitaux et l’absence de couverture médicale. L’extrême pauvreté et l’extrême richesse. L’injustice. La corruption. Les moyens de transports lamentables. L’absence de la liberté individuelle et de la justice sociale. La situation désastreusedes milieux ruraux. La dégradation de l’enseignement et les écoles à deux vitesses. Le chômage. Bref. Un constat où la dignité du citoyen est complètement bafouée et qui se résume dans l’expression de colère du marocain « Ce pays ne changera jamais » ! Ainsi je m’interroge « Jusqu’à quand ce constat va-t-il se refaire et être répété de façon continuelle ? ». Habituellement une fois qu’un constat est fait, nous devons passer à l’étape suivante, qui est celle du traitement et de la correction. Pourquoi donc le marocain est-il coincé à l’étape du constat sans pouvoir passer à l’étape suivante, celle du traitement? J’ai alors noté plusieurs raisons que je vais essayer d’élucider ci-dessous : La soumission et l’absence du sens de responsabilité Tristement, le SPSR ou système éducatif parental, scolaire et religieux, n’apprend pas au marocain le sens de la responsabilité et son devoir vis-à-vis de lui-même et de ses semblables. Il ne se sent alors pas acteur dans le développement de son quartier, de sa ville et de son pays. Le SPSR s’appuie uniquement sur le mécanisme de « l’obéissance aveugle », sans remettre en question l’autorité parentale, l’autorité de l’enseignant (représentant du gouvernement), et l’autorité religieuse (représentant de Dieu). Le marocain est donc configuré et conditionné à l’obéissance et il n’apprend pas et n’intègre pas le sens de la responsabilité. De ce fait, il ne participe pas au changement et au progrès du pays et se contente d’être consommateur et spectateur. La peur et la malédiction Le marocain est terrorisé par le pouvoir dictatorial du SPSR, car s’il n’obéit pas, il risque d’être maudit par les parents, par son école, par Dieu et d’être puni sur terre (une vie marquée de malheurs)  et après sa mort (l’enfer). Cette peur terrorisante ancrée dans le cerveau du marocain fait de lui un être anxieux, obéissant pour survivre et angoissé par une peur imaginaire qui le paralyse. Une personnalité brisée Le SPSR détruit totalement  la personnalité du marocain. Depuis sa naissance, il évolue dans une niche sensorielle insécure où la violence est constante (victime de violence verbale, physique, violence conjugale et familiale). Par la suite il arrive à l’école, où il est victime de la violence du découragement et souvent physique (victime du système des notes, de la rivalité et de la comparaison). Mais il est aussi victime de la violence religieuse qui le menace de la malédiction si toutefois il désobéit à ses parents, à Dieu (autorité religieuse) et à son gouvernement (le commandeur des croyants). Tous ceci remodèle l’architecture de son cerveau pour faire de lui un obéissant angoissé et terrorisé. La violence religieuse L’autorité religieuse n’encourage pas le marocain àparticiper  au développement de ses capacités intellectuelles. La religion conditionne le marocain à être obéissant et à être constamment dans la recherche de la bénédictionDivine afin d’éviter l’enfer. Évidemment, la religion enseigne que sur terre il y’a des représentants de Dieu à qui il ne doit en aucun cas désobéir, au risque d’être châtié dans cette vie et dans l’autre. Cette violence est alors profondément ancrée dans le cerveau du marocain et fait de lui un être terrorisé. L’absence de l’esprit critique et de l’autonomie En apprenant au marocain d’être un obéissant terrorisé et angoissé, le SPSR combat de toutes ses forces l’esprit critiqueconsidéré comme un monumental péché (par exemple critiquer les parents, Dieu ou la religion). Toutefois, sans esprit critique, il est impossible d’être autonome et donc d’être un citoyen adulte responsable. Par conséquent, le marocain a raison d’affirmer que  « ce pays n’avancera jamais », car ses acteurs, ses citoyens sont paralysés. Docteur Jaouad MABROUKI Psychiatre, Chercheur, Expert en psychanalyse de la société marocaine et arabe

Les marocains veulent-ils la vengeance ou la mort du pédophile?

Les marocains veulent-ils la vengeance ou la mort  du pédophile?

TRIBUNE. À chaque fois qu’une affaire d’agression sexuelle (avec ou sans meurtre) sur mineur fait la une, une grande partie de la population marocaine crient pour la condamnation à mort du pédophile. En d’autres termes, le peuple substitut le tribunal et déclare la condamnation à mort du criminel par lapidation dans une place publique pour que ce jugement soit une leçon pour les pédophiles. Or, l’histoire de l’humanité nous a montré que cette forme de sanction n’a jamais fait reculer la criminalité, car le crime ne se déroule jamais comme l’imagine la population. Suite à cette dernière affaire de l’enfant Adnan à Tanger, que Dieu ait son âme et assiste ses parents et sa famille, nous avons tous observé  l’appel de la population à la condamnation à mort du pédophile. Ainsi, j’ai essayé d’analyser ce désir viscéral de tuer une personne même si elle est criminelle. Mais avant de vous présenter mon analyse, je vous suggère de prendre connaissance de quelques chiffres à retenir. 3 enfants sont agressés sexuellement chaque jour selon la Coalition marocaine contre les abus sexuels à l’encontre des enfants, dans un rapport publié en 2015. Selon l’association Colosse aux pieds d’argile, établit en France, l’agresseur fait parti de l’entourage de l’enfant dans 94% des cas, et 9 fois sur 10 les abus sexuels ne sont pas signalés aux autorités. Encore plus grave, 20% de la population aurait subi une agression ou des attouchements sexuels. En prenant en compte tous ces chiffres, ceci signifie que parmi ceux qui réclament la peine de mort pour le pédophile, probablement 20% ont été victimes d’agression sexuelle pendant leur enfance, 6% victimes d’inceste et 9 personnes sur 10 n’ont pas signalé aux autorités qu’elles étaient abusées sexuellement. Je conclue donc, que cet appel ne relève pas d’une demande de justice, mais plutôt d’une vengeance. Autrement dit, la population ayant été victime d’agression sexuelle durant l’enfance, sans pouvoir dénoncer leurs agresseurs, projette sa douleur et sa frustration sur le pédophile arrêté par la police. En le condamnant à mort, toutes les victimes pensent aller racheter leurs propres réparations psychologiques! Mais qu’en est-il des autres agresseurs non dénoncés ? A mon avis, plutôt que ces victimes silencieuses réclament la mort du pédophile, il serait plus bénéfique pour elles et pour notre société d’aller immédiatement porter plainte, même si l’événement douloureux s’est produit il y a 10 ou 40 ans. La seule arme contre la pédophilie est de briser le silence et de dénoncer les agresseurs. Peu importe qu’il soit un proche ou non, peu importe la date de l’agression sexuelle et peu importe si le pédophile est mort ou en agonie! Ainsi, le nombre réel des victimes d’agressions sexuelles sera connu ! Croyez-moi, cette opération est beaucoup plus efficace qu’une condamnation à mort. Mais le marocain préfère la mort à la chou’ha*! *scandale familiale et social Docteur Jaouad MABROUKI Expert en psychanalyse de la société marocaine

Les marocains et les mesures paradoxales Covid-19!

Les marocains et les mesures paradoxales  Covid-19!

TRIBUNE. Plus j’observe ce qui se passe au Maroc et les mesures prises pour lutter contre la propagation de ce miraculeux virus, plus je constate des contradictions qui défient la raison et la logique au point où je finis par ne plus rien comprendre du tout. Ce qui me chagrine est la décision de la fermeture des routes terrestres (pour certaines villes du royaume), maritimes et aériennes afin d’éviter la propagation du virus. Ce qui revient en quelque sorte à amputer la liberté de circulation des marocains. Voyons maintenant ce qui se passe dans les villes et si ceci va effectivement dans le même esprit de la décision de fermeture des routes citées ci-haut. Ainsi je vous étale ce que j’observe et je vous laisse le soin de les interpréter et les analyser selon votre bon vouloir. Les cafés sont ouverts, pleins à craquer et les clients sont collés les uns aux autres, comme je le constate tous les soirs dans une rue principale en face de Bâb Mansour à Meknès. Ceci est sans aucun doute  sans danger par rapport à l’ouverture des routes*! Les restaurants populaires sont remplis de clients allant jusqu’au trottoir,  qui mangent sans masque et les piétons passent par milliers à moins d’un demi-mètre des dégustateurs.  Ceci est sans aucun doute  sans danger par rapport à l’ouverture des routes*! Les vendeurs ambulants de pain, de gâteaux sur des tables étalées à l’air libre, et les mains des clients venant de tous bords, palpant presque tous les pains pour en choisir un. Ce même pain acheté a été caressé par au moins 10 ou 20 mains évidemment sales. Ceci est sans aucun doute  sans danger par rapport à l’ouverture des routes*! Les vendeurs des figues de barbarie « handiya », qui épluchent le fruit et le présente aux clients  afin de le déguster. Les vendeurs, évidemment, respectent les règles d’hygiène et nettoient le couteau et leurs mains 1000000 fois dans un sceau d’eau grise, par terre, associée à la poussière des chaussures des piétons et des toxiques des voitures. Ceci est sans aucun doute  sans danger par rapport à l’ouverture des routes*! Des milliers de citoyens se baladent sans masque dans des endroits très populaires comme le marcher « souika », sans oublier les centaines d’entre eux portant quand même des masques aussi sales que la blouse du charbonnier. Ceci est sans aucun doute  sans danger par rapport à l’ouverture des routes*! Les mosquées reçoivent les croyants, et même s’ils portent des masques, leurs  pieds nus qui trainaient on ne sait où avant, vont obligatoirement toucher le sol de la mosquée, même s’ils amènent avec eux leurs propres tapis. Et leurs vêtements ont-ils été désinfectés avant d’entrer à la mosquée ? Oui ceci est sans aucun doute  sans danger par rapport à l’ouverture des routes*! Le vendeur égorgeur de poulet, porte le même masque depuis des jours et des jours, égorge le poulet, le plonge dans une bassine d’eau chaude noire (qui reçoit des centaines de poulets) avant de le passer dans la machine à plumer, et ce toute la journée répétitivement. Les mains du travailleur ne sont pas lavées, et souvent blessées et infectées. De plus, ces poulets lors de leur transport inhumain de la ferme jusqu’aux vendeurs, ont été touchés un nombre incalculable de fois par différents ouvriers. Évidemment, toutes les mesures d’hygiène sanitaires sont ici respectées à la  lettre comme dans un bloc opératoire. Et sans oublier les clients devant le magasin, certains sans masque, respectant tous la distanciation sociale de quelques centimètres. Ceci est sans aucun doute  sans danger par rapport à l’ouverture des routes*! Le vendeur de la glace italienne, avec sa fameuse machine sur le trottoir brassant la poussière et les émulsions de la fumée des voitures, les cornets accrochés à la machine et proches de quelques centimètres de chaque client s’arrêtant pour se faire plaisir. Ceci est sans aucun doute  sans danger par rapport à l’ouverture des routes*! Dans les restaurants chics, on vous prend la température, on vous offre le gel hydro-alcoolique, on s’assoit à  table et on enlève les masques. Evidemment, les chaises ont déjà reçu la visite d’autre clients, mais peut être avaient-ils désinfecté leurs pantalons et leurs chemises avant de s’assoir. Aussi, le serveur est obligé de déplacer tout son corps à quelques centimètres pour  vous servir. Oui ceci est sans aucun doute  sans danger par rapport à l’ouverture des routes*! Les taxis, dont beaucoup de conducteurs portent à moitié un masque sale libérant la respiration nasale, qu’ils descendent et remontent vingt fois, tantôt pour prendre un café avec des copains sans aucune distanciation sociale, tantôt pour discuter les uns avec les  autres. Les sièges des taxis reçoivent des centaines de passagers, touchant chacun à leur tour les poignets des portières, les sièges, puis retouchant leurs masques. Dans la cabine, la distanciation sociale est immanquablement respectée, au moins deux mètres séparant les passagers. Oui ceci est sans aucun doute  sans danger par rapport à l’ouverture des routes*! Le bus, ce fameux transport en commun pour lequel je n’ai pas besoin de vous décrire le respect des gestes barrières, et le nombre de mains qui touchent les barres et les sièges. Oui ceci est sans aucun doute  sans danger par rapport à l’ouverture des routes*! Il faut une autorisation spéciale pour quitter et rentrer dans certaines villes pour éviter la propagation du virus. Excellente mesure sanitaire. Une grande partie de ces voyageurs prend  des taxis ou le train, et tout le monde touche les mêmes choses. L’autorisation exige-t-elle un test de négativité du virus ? Donc certainement parmi ces voyageurs, nous trouverons des porteurs du virus. Oui ceci est sans aucun doute  sans danger par rapport à l’ouverture des routes*! À l’épicerie et aux supermarchés, les gens portent des vieux masques de je ne sais pas combien de jours, touchent les produits et les déposent, puis des milliers de clients font la même chose au point qu’il est probable que tous les produits soient déjà contaminés. Oui ceci est sans aucun doute 

​Plus d’un million de Marocains pourraient rejoindre les rangs des pauvres cette année

​Plus d’un million de Marocains pourraient rejoindre les rangs des pauvres cette année

En raison de la crise économique et sociale déclenchée par le Covid-19, la proportion de personnes « vulnérables à la pauvreté » et/ou « pauvres » pourrait passer de 17,1% de la population en 2019 à environ 19,87% en 2020, soit 1,058 million de personnes additionnelles, ont prévenu le Haut-commissariat au plan (HCP), le Système des Nations unies au Maroc (SNU) et la Banque mondiale (BM). Dans une « Note stratégique » sur l’impact économique et social de la pandémie du Covid-19 au Maroc, ces trois institutions expliquent que « l’impact socioéconomique de la crise sera sans doute ressenti en premier lieu et durement par les travailleurs du secteur informel qui représentent une grande majorité des marocains actifs ». Selon ce document dont nous avons présenté les grandes lignes dans notre édition de la veille, l’impact sera aussi ressenti par les populations étrangères (migrants, réfugiés) et les travailleurs employés dans des secteurs particulièrement vulnérables à la crise, comme le secteur du tourisme ou des transports, la vente au détail, ou encore la « gig économie ». Ainsi que par tous ceux dont le travail ne peut pas se faire à distance.Pour les auteurs de ce rapport, la crise risque d’affecter négativement l’emploi dans de multiples secteurs économiques, en raison de leurs interconnections (ex. tourisme et agriculture) avec également des implications en matière de sécurité sociale, d’égalité de genre, d’environnement, et de stabilité macroéconomique. Soulignons que ce rapport vise « à approfondir la compréhension de l’impact socio-économique de la pandémie du Covid-19 au Maroc à travers une approche unique, inclusive et collaborative et formuler des recommandations stratégiques basées sur des données fiables afin que personne ne soit laissé pour compte », explique-t-on dans ce document qui passe aussi en revue les principales mesures mises en place au Maroc contre l’évolution de la pandémie. Et de rappeler, par la même occasion, la mise en place du Fonds national Covid-19 et du Comité de veille économique (CVE) dont on a pu apprécier les actions depuis quelques mois déjà. Pour les auteurs dudit rapport, s’il est nécessaire d’accorder une attention particulière aux plus vulnérables, « le Maroc, à l’instar de nombreux autres pays dans le monde, peut tirer des enseignements de la mise en place en 1983-84 de programmes d’ajustement structurel (PAS), dont l’impact négatif sur les secteurs sociaux a demandé un effort de plus de 30 ans pour tenter de réduire les inégalités engendrées ». Parce qu’elle revêt un caractère unique et exigera probablement une réallocation des ressources financières, ils attirent l’attention sur le fait que « la crise actuelle remet également en question la viabilité et la priorité des réformes positives engagées par le pays sur le plan social ». Ainsi, « le renforcement de la protection sociale semble alors être une réponse appropriée et viable aux impacts négatifs du Covid-19 sur les populations vulnérables opérant dans les différents segments de l’économie marocaine », peut-on lire dans cette note tripartite. La même source rappelle, par ailleurs, que la vulnérabilité des populations face à la crise concerne également l’accès aux services de base, en particulier la santé et l’éducation. Se référant à l’Unicef, elle ajoute : la priorité donnée au Covid-19 dans la réponse sanitaire peut affecter négativement l’accès aux soins de santé réguliers et primaires (vaccination, suivi de grossesse, etc.) ou encore la continuité de l’enseignement. Etant donné que le choc sanitaire induit par la crise a impacté directement le marché du travail et que les travailleurs informels sont plus vulnérables à l’appauvrissement et aux maladies, le document estime important « d’examiner les impacts de la crise sur le chômage, le sous-emploi, la pauvreté au travail ». Mais pas que. Il importe aussi d’évaluer l’impact différencié sur les groupes vulnérables comme les travailleurs indépendants, les travailleurs non-protégés et les personnes occupant des formes d’emplois atypiques, urbains et ruraux, notamment les jeunes et les femmes. Notons à ce propos que l’OIT plaide pour qu’une attention particulière soit accordée au Code du travail et aux protections proposées selon plusieurs points d’interventions (sectorielles, intersectorielles et générationnelles) pour protéger les personnes, réformer les modes de travail, réduire les inégalités, augmenter les filets de sécurité et favoriser la résilience. La « Note stratégique » soutient également qu’une réponse inclusive doit aussi répondre aux besoins particuliers des migrants et des réfugiés, rappelant qu’au Maroc, « la population enregistrée dans la base de données du HCR est, au 31 mai 2020, de 11.149 personnes dont 3.843 demandeurs d’asile et 7.306 réfugiés ayant besoin d’une protection ». Pour le HCP, le SNU et la BM, « l’inclusion de ces populations dans les réponses nationales est primordiale pour soutenir leur résilience face à cette situation de crise, et ce dans l’optique de ne laisser personne pour compte en conformité avec la réalisation des ODD ». Etant donné que « la crise risque d’aggraver les inégalités de genre », ces trois institutions jugent, par ailleurs, primordial de tenir compte des vulnérabilités spécifiques des femmes et d’engager celles-ci dans la réponse à la crise. La note rappelle que les femmes sont plus exposées aux risques de la crise et ont également des besoins spécifiques de protection sanitaire et médicale qui ne sont pas toujours satisfaits, notamment l’équipement, la sécurité psychologique et un environnement de travail adapté. Restons sur ce point pour ajouter qu’au Maroc, les femmes représentent 57% du personnel médical, 66% du personnel paramédical et 64% des fonctionnaires du secteur social. Par ailleurs, si la résilience communautaire dépend en grande partie des femmes, le rapport estime que le dialogue communautaire devrait être renforcé pour inclure les voix des femmes dans la recherche d’une réponse à la crise, estime l’agence. Soulignons que les auteurs de ce précieux document ont formulé cinq recommandations dont la première plaide pour l’élaboration d’un nouveau modèle d’équilibre économique et de développement durable, aligné sur la réalisation des ODD et appuyé par un suivi des indicateurs déjà disponibles. Concernant la deuxième recommandation, le HCP, le SNU et la BM proposent d’innover dans la collecte et l’analyse des données

Du jamais vu en France : des Marocains apportent leur soutien à la population et aux professionnels de santé choletais face au Coronavirus

Du jamais vu en France : des Marocains apportent leur soutien à la population et aux professionnels de santé choletais face au Coronavirus

Les marocains, mais aussi tous les musulmans de Cholet (ville française près de Nantes), ont décidé de préparer, le 17 avril 2020, via la Mosquée Arrahma et l’Association Palmier, le repas que prennent tous les marocains en faveur tous ces professionnels qui se trouvent en première ligne face à la propagation du Coronavirus (COVID-19), à savoir le couscous. Ces plats de couscous, distribués gratuitement au personnel soignant, ambulanciers, pompiers, policiers et travailleurs d’entretien ou salariés à la caisse des magasins, sont la démonstration flagrante de cette frange de la population française méprisée de sa solidarité entière envers le peuple français quelque soit son origine ou sa religion. A noter, que ce n’est pas la première action de solidarité organisée durant le confinement, puisque le 11 avril 2020, la Mosquée de Nantes et le Centre Culturel Le Palmier, après avoir lancé une collecte alimentaire à destination des plus démunis, musulmans ou non, a distribué près de 300 colis de nourriture devant la Mosquée et ce, grâce à une cagnotte mise en ligne. Plus de 500 repas ont été, en outre, préparés et leur distribution s’est faite devant la Mosquée Arrahma, comme indiquée par la Secrétaire de l’Association Palmier, Chaïma Khachani, et présidée par Tarik Hajjaj. Des paniers alimentaires comprenant un kilo de farine, de l’huile, du sucre, du beurre, du café, des carottes, des pommes de terre, du lait, de la confiture, du fromage, des yaourt, pas de quoi faire un festin mais suffisamment pour tenir une semaine ont été également distribués. Une première en France ! Ce beau geste des marocains de la ville deCholet est la démonstration parfaite de leur totale solidarité aux personnels soignant alors qu’en France on n’arrête pas de parler en mal des marocains, des tunisiens, des algériens et d’autres africains, arabes ou juifs. Mieux, aucune presse écrite ou télévisuelle n’a daigné parler de ces couscous fait maison et distribués gratuitement pour le personnel soignant, alors que la gastronomie est un art de vivre qui se transmet en ces grands moments de notre humanité. Ce qui fait dire à de nombreux français de souche, qu’ils auraient préféré être infirmier pour qu’ils puissent goûter à ce couscous marocain fait maison et à la main s’il vous plaît, alors qu’ils ne connaissent que le couscous « Garbit ». Sur ce, nous ne pouvons que dire un grand merci à tous les Choletais(es), marocains ou d’origine marocaine, pour ce bel exemple de solidarité et aux dirigeants, aux politiques ou aux industriels français d’aller claironner leur chanson dans leur gourbis du moment qu’ils s’abstiennent de chanter La Marseillaise ou l’Internationale. Farid Mnebhi.

Message aux Marocains « Evitons les conclusions hâtives de la crise de Corona »

Message aux Marocains « Evitons les conclusions hâtives de la crise de Corona »

TRIBUNE. Mes sœurs et frères marocains, face à cette crise sanitaire mondiale, dont nous ne sommes qu’au début et loin de la fin selon les sources scientifiques, nous observons des charlatans de tous bords émettre des conclusions et des accusations établies sur le délire des croyances sans bases expérimentales. Nous remarquons également que les virologues, les politiques et les économistes sont stupéfaits par l’ampleur de cette crise  et restent de ce fait prudents. Ils tentent uniquement de gérer la crise afin de la traverser avec le moins de dégâts possibles, soulignant qu’ils n’ont pas de vision claire de l’avenir à l’heure actuelle. Pour vous aider à réaliser la menace idéologique pesant sur notre état psychologique, intellectuel, sociétal et futur, je ferai ci-dessous référence à trois courants de charlatanisme de Corona très dangereux. 1- Les religieux A voix haute ou basse, certains religieux affirment que la pandémie est une volonté, une colère et une vengeance divine et que ce virus a été envoyé pour donner une leçon à l’humanité, du fait qu’elle s’est éloignée de la voie de Dieu. Aussi, d’autres adeptes religieux prétendent que la promesse de Dieu se réalise, l’unité du monde commençant alors à s’établir, dont s’en suivra la répartition des richesses, et l’entrée en troupe dans la religion de Dieu. Par ailleurs, ces religieux ont-ils des preuves empiriques leur permettant de soumettre ces accusations et ces conclusions? Pensez-vous qu’ils sont entrés dans l’esprit de Dieu pour lire ses décisions, sa vengeance et sa colère? Ne s’agit-il pas d’une terrible accusation contre l’Être Supérieur que vous adorez jour et nuit, et dont la plupart d’entre vous jeûneront bientôt par amour pour Lui? Croyances et démagogies! 2- Les défenseurs de la nature Nous remarquons également mes compatriotes marocains, que les amis de l’environnement soulignent que, du fait que l’homme a provoqué la pollution et les fluctuations de la nature partout sur Terre et sans relâche, celle-ci s’est mise en colère et a soudainement crié « Assez, stop ! » , en envoyant le Covid19 pour se venger. Ne remarquons-nous pas que ce courant ne dépend que d’une logique subjective dénuée de preuves scientifiques? Croyances et démagogies! 3- Les politiciens Chaque courant politique accuse les autres d’être responsables de cette crise sanitaire, accuse également le gouvernement de ne pas avoir entendu son programme dans le passé et donc de ne pas avoir réagi rapidement. Comment ces politiciens peuvent-ils en être si sûrs? Avaient-ils déjà réussi à contrôler une pandémie de cette ampleur dans le passé? Croyances et démagogies! En tant que psychanalyste, je vous le dis chers marocains, nous devons rester réalistes. Tout ce que nous savons présentement, c’est que nous sommes en plein cœur d’une crise sanitaire mondiale sans précédent, que nous n’en savons que très peu sur notre ennemi et que pour cela nous devons tous nous unir main dans la main afin de faire front à cette crise catastrophique. Mais une fois la crise terminée, sachant que l’étymologie de ce mot est une « transformation et transition d’un état à un autre », nous serons donc en mesure d’apprendre et de tirer des leçons précises de cette sombre expérience à travers la réalité à laquelle nous serons confrontés, dans l’avenir probablement proche mais encore imprévisible. Mes sœurs, mes frères marocains, nous sommes maintenant confrontés à une grave hémorragie et nous devons nous efforcer d’abord et avant tout de l’arrêter, au lieu de polémiquer et de rechercher le coupable, et de s’opposer aux consignes des autorités de santé et de sécurité nationale. Nous n’avons nullement besoin en ce moment d’être séparés et divisés à cause de la démagogie des charlatans et permettre de la sorte au Covid19 de tous nous détruire. Docteur Jaouad MABROUKI Psychiatre, Chercheur, Expert en psychanalyse de la société marocaine et arabe

Le Roi du Maroc seul et unique protecteur des Marocains

Le Roi du Maroc seul et unique protecteur des Marocains

TRIBUNE. Nul n’est en droit de contester le fait que le Roi du Maroc supervise en personne toutes les mesures prises dans le combat contre la pandémie du coronavirus (COVID-19) pour protéger les Marocains et ce, dès son apparition dans le Royaume du Maroc. Ainsi, le Maroc a été pionnier dans la mise en œuvre d’une série de procédures radicales pour stopper la propagation du COVID-19 de manière drastique avec une rapidité surprenante et ce, à la faveur de l’adoption d’un plan de réponse efficace suivi de très près par le Roi Mohammed VI, alors que de nombreux pays, dits hautement développés mais totalement nuls dans la prise de décision adéquate lors de catastrophes, ont tardé à prendre les décisions qui s’imposaient pour juguler cette crise sanitaire. Pour en avoir le coeur net, il suffit de passer en revue les différentes mesures précoces prises par le Maroc pour faire face à la propagation de cette pandémie, telles que la suspension des vols internationaux avec plusieurs pays d’Europe ou la fermeture des Mosquées et des écoles et universités, et notamment la création, le 15 mars 2020, sur instructions du Souverain marocain, d’un Fonds spécial dédié à la gestion de la pandémie du coronavirus, doté initialement de 10 milliards de Dirhams. Une initiative Royale qui, dit en passant, a suscité un vaste élan de solidarité dans ce pays, dans la mesure où ce fonds a reçu, et continue de recevoir, des contributions financières volontaires des principales entreprises du Royaume du Maroc, des compagnies d’assurance, des banques, des hauts fonctionnaires de l’Etat, des parlementaires et des citoyens marocains, qui se sont associés à cet acte de solidarité pour venir en aide aux plus démunis. C’est pourquoi, la prise de ces décisions en temps opportun a été saluée par la presse internationale tels que les quotidiens El Pais, New York Times et le journal en ligne Byline Times et tant d’autres qu’il serait superflu de les citer. Poursuivant son élan de générosité, et ce à l’approche du mois Sacré de Ramadan, le Roi du Maroc a accordé Sa Grâce à plus de 5.600 détenus, qui seront soumis à une surveillance, à des tests médicaux, ainsi qu’à une mise en quarantaine nécessaire à leur domicile et ordonné les mesures à même de renforcer la protection des détenus dans les établissements pénitentiaires, contre la propagation du COVID-19. Les détenus bénéficiaires de cette Grâce Royale ont été sélectionnés sur la base de critères humains et strictement objectifs, qui prennent en considération leur âge, leur état de santé précaire et la durée de leur détention, ainsi que la bonne conduite, le bon comportement et la discipline dont ils ont fait preuve tout au long de leur incarcération. Ce processus sera exécuté par étapes successives. Au final et au regard des cas enregistrés au Maroc et tenant compte de l’évolution de cette crise sanitaire dans les pays voisins sévèrement touchés, le Maroc a démontré qu’il a les capacités humaines et techniques pour faire face à cette pandémie et gère sérieusement et de manière efficiente cette situation, mobilisant ainsi toutes ses forces car la chose la plus urgente pour le pays est la santé de ses citoyens. Surtout, les Marocains ne doivent pas oublier de féliciter les forces de sécurité et les Forces Armées Royales qui sont mobilisées face à cette pandémie du coronavirus et ce, bien avant les pays Européens, Arabes, Africains, Océaniques et Américains. Ils méritent toutes les félicitations du peuple marocain pour leurs actions sous le Commandement de leur Chef Suprême et Chef d’Etat-Major Général, Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Farid Mnebhi.

Les préférences parentales entre les enfants chez les marocains

Les préférences parentales entre les enfants chez les marocains

TRIBUNE. Il m’arrive constamment d’entendre le marocain se plaindre que sa mère (ou son père) préfère un autre fils ou une autre fille. Il ajoute aussi « Moi, je suis aux petits soins avec elle, alors que mon frère ne lui prête même pas attention. Et pourtant, ma mère le préfère à moi». Souvent le plaintif (ou la plaintive) est très affecté, pleure, exprime sa colère contre cette injustice des parents et pose ainsi une question sans réponse « Comment une maman ou un papa peut préférer un enfant par rapport à un autre ? ». Fréquemment, le rapport argent/préférence est exprimé comme la raison principale, permettant à la victime de souligner son discours par « Le pauvre n’a pas de chance dans ce monde et tout s’achète avec l’argent». Comment analyser alors cette souffrance ? Réellement, les parents aiment-ils un enfant plus qu’un autre ? L’argent et le pouvoir sont-ils une raison de préférence des parents ? Nuance entre la préférence et l’amour Les parents normalement constitués psychologiquement aiment leurs enfants avec le même amour. Et bien entendu, les enfants sont totalement différents les uns des autres. Un enfant peut être doux, bienveillant, exprimant facilement ses émotions, très câlin, tandis qu’un autre peut être un peu distant, réservé, pudique et gardant tout en lui. Aussi, nous pouvons trouver un enfant un peu rebelle et opposant. Les parents sont des êtres humains et leur cœur penchent naturellement vers celui qui est plus doux et expressif, mais ceci ne peut en aucun cas être pris comme une preuve d’amour, c’est-à-dire que les parents l’aiment plus que les autres. Il s’agit d’une préférence émotionnelle naturelle. 2- Des parents et des enfants psychologiquement malades Il arrive des fois que l’un des parents (la maman ou le papa) soit perturbé psychologiquement et évidemment il risque d’aimer ou détester un enfant par rapport à un autre. De même, il arrive qu’un enfant soit malade sur le plan psychique et interprète tout, en déduisant qu’il est mal aimé et que ses parents préfèrent son frère ou sa sœur pour une raison ou une autre, se sentant ainsi persécuté, une sorte de délire paranoïaque. 3- Pourquoi alors un enfant a l’impression qu’il est mal aimé par ses parents ? a- L’héritage religieux, un Dieu injuste Tristement dans les religions, nous trouvons que Dieu préfère un peuple par rapport à un autre, magré que c’est Lui qui les a crées tous. Sans oublier l’histoire de Joseph et la façon avec laquelle est interprétée et ancrée dans le cerveau de l’enfant. Par l’interprétation des adultes de cette histoire l’enfant déduit que les frères sont des ennemis et il en doit être méfiant. De même l’enfant est incité à désirer d’être « Joseph » pour ses parents en essayant de conquérir leur cœur et éliminer les autres frères. Dieu, supposé être le Créateur (le Père de toute la création), alors qu’Il préfère certains de ses peuples (enfants) par rapport à d’autres, pousse l’enfant à accepter la normalité dans l’existence d’une préférence des parents entre leurs enfants. b- L’absence de l’expression parentale de leur amour et leur affection Tristement dans l’éducation marocaine, les parents n’expriment pas leur amour à leurs enfants ni leur affection. D’ailleurs, dans la langue marocaine, darija, on ne trouve pas de « Je t’aime » et même les câlins sont absents. Je ne saurais dire combien de plaintes de ce genre j’ai pu entendre : « Je n’ai aucun souvenir que mon père m’ait un jour serré dans ses bras et qu’il m’ait pris sur ses genoux ». Plus grave encore, les parents eux-mêmes n’expriment pas leur propre amour devant leurs enfants et j’entends souvent cette phrase « Je n’ai jamais vu mon père câliner ma mère ou l’embrasser ». C’est pour cette raison que l’enfant confond l’amour et la préférence et qu’il a l’impression que les parents aiment un enfant plus qu’un autre. c- La comparaison, erreur éducationnelle fatale des parents Malheureusement, l’éducation marocaine est basée sur la comparaison d’où ce discours répandu « Fais comme ton frère (ou ta sœur), il est sérieux, il travaille bien à l’école, il va être quelqu’un et toi tu vas balayer les rues ». Cette comparaison induit la compétition et la rivalité entre les frères et sœurs. L’enfant déduit ainsi que les parents aiment et préfèrent son frère (ou sa sœur) car il (elle) est le premier de la classe par exemple. d- Le rapport à l’argent et la réussite Tous les enfants ont entendu leurs parents échanger des propos de ce genre au sujet d’un neveu, d’un cousin ou d’un voisin « Vraiment il a réussi, il a une belle villa, une belle voiture, il est devenu riche, il a en envoyé ses parents au pèlerinage et 3 fois à la Omra, il leurs a acheté un appartement et ils sont fiers et fous de lui, pas comme nous, on n’a pas eu de chance avec nos enfant !». Ainsi l’enfant conclut que plus on est riche plus on est aimés par nos parents. À partir de là, si un frère réussit dans sa vie, les autres pensent qu’il va automatiquement devenir le privilégié des parents et donc le plus aimé. Ce résultat vient de l’erreur des parents qui ne mettent pas en lumière les valeurs morales dans la réussite de la vie, mais plutôt uniquement la richesse. e- La jalousie et le manque de confiance en soi La jalousie est une émotion naturelle chez l’être humain, seulement elle doit être reconnue et canalisée par l’éducation et les valeurs morales. Mais amèrement, l’éducation des parents, l’éducation scolaire et l’éducation religieuse, sèment la rivalité, la compétition et préfèrent celui qui brille davantage. Ainsi l’enfant est jaloux de son frère ou de sa sœur, et au lieu de réguler cette émotion nocive, il va se positionner en victime et en mal aimé de ses parents, espérant que ces derniers détestent et rejettent le frère qui a réussi dans sa vie. En fait, le sentiment de mal aimé est un désir inconscient de la ruine ou de la mort du frère supposé