Le Maroc en stress hydrique. Durablement structurel

Le Maroc en stress hydrique. Durablement structurel

ECONOMIE. « Le stress hydrique est durablement structurel au Maroc », affirme le Centre marocain de conjoncture (CMC) dans sa récente publication mensuelle « Maroc conjoncture (N°358, juin 2023). Ce phénomène d’ampleur planétaire demeure préoccupant au Maroc, en dépit de la stratégie mise en place et des efforts fournis en vue de trouver des solutions immédiates et à moyen et long termes pour renforcer la sécurité hydrique du pays, constate l’observatoire privé. Il faut dire que le Royaume s’est efforcé depuis de nombreuses années de renforcer la sécurité hydrique du pays à travers la politique des barrages initiés dès le début des années 60. S’il est vrai que « cette stratégie de long terme a contribué à mobiliser les ressources en eau nécessaire au développement de son agriculture, à son industrie, à l’approvisionnement des ménages en eau potable et à faire face aux différentes stress hydriques qui l’ont traversé », force est de constater qu’il « demeure un pays classé en stress hydrique », fait remarquer le CMC dans sa publication. Le Maroc demeure un pays classé en stress hydrique Pour preuve, l’indicateur de la rareté de l’eau est passé de 2500m3 par habitant et par an en 1960 à 1200m3 au début des années 90 puis à 950 m3 en 2000 avant de s’établir à  800 m3 en 2010 et à 632 m3 actuellement. Mais il y a plus grave : « Ce ratio va encore poursuivre sa tendance baissière au cours des prochaines années pour atteindre 500 m3 en 2030 », prévient le Centre précisant que ce niveau est nettement inférieur au seuil de 1000 m3 au-dessus duquel tout pays est considéré en situation de stress hydrique. Il faut tout de même indique que ce profil d’évolution aurait pu être beaucoup plus défavorable si le Maroc n’avait pas développé très tôt ses capacités de stockage, comme le fait remarquer l’observatoire privé. Quoi qu’il en soit, et bien que disposant actuellement de 149 ouvrages d’une capacité globale de 19 milliards de m3 et plus d’une centaine de petits barrages et lacs colinéaires, relever le défi du stress hydrique est désormais une priorité pour le Maroc, ajoute-t-il. Certes des actions pour économiser la ressource sont engagées, le CMC estime toutefois que la situation que connaît actuellement le Maroc doit inciter les pouvoirs publics « à réfléchir et à proposer de nouveaux procédés de production d’eau douce non seulement pour sécuriser l’approvisionnement des différents acteurs de l’activité économique mais aussi et surtout pour accommoder l’approche de l’eau avec la réalité du terrain, face à la fois à la pression de l’activité humaine et du dérèglement climatique ». Soulignons que deux approches sont actuellement envisagées, comme le relève le Centre. L’une promeut le dessalement de l’eau de mer et l’autre suggère la réutilisation des eaux usées. Pour le CMC, « ces deux alternatives semblent être appropriées pour résoudre le problème de pénurie d’eau et accéder à des sources d’eau non conventionnelles ». Le Centre estime cependant que la première solution est de plus en plus perçue comme trop énergivore et son impact environnemental peut être discuté. Il est à noter que le Maroc dispose actuellement de 9 stations de dessalement permettant de produire 147 millions de m3 d’eau par an et 4 seront réalisées dans un proche avenir dans les villes de Casablanca, Dakhla, Safi et Nador. La pression démographique participe également à l’aggravation du déficit hydrique Précisons par ailleurs que vingt autres stations seront réalisées à l’horizon 2050 pour atteindre la capacité de production annuelle de plus d’un milliard de m3 par an en eau. En ce qui concerne la seconde solution, l’observatoire affirme qu’elle est considérée comme  une « voie d’avenir  puisqu’une fois traitées, les eaux usées peuvent être destinées à différents usages : l’irrigation des espaces verts ou des cultures, la lutte contre les incendies, le lavage des voiries ou encore la recharge des nappes phréatiques. » Il est important de relever que seuls 35% des eaux usées produites au Maroc étaient traitées, le reste est déversé dans l’environnement. Ce qui augmente  les risques de pollution de l’eau et de propagation des maladies. Quoi qu’il en soit, dès lors qu’elles seront généralisées, « ces deux alternatives peuvent contribuer efficacement à atténuer les effets du stress hydrique, à préserver la production alimentaire et à garantir une utilisation efficace et durable de l’eau », conclut l’observatoire.  A titre de rappel, pour économiser cette précieuse ressource, un programme d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation s’étalant sur six ans a été mis en place. Ledit programme « vise d’une part à développer l’offre en eau conventionnelle et non conventionnelle et de l’autre à améliorer la gestion de la demande  et à rationaliser l’utilisation de l’eau tout en satisfaisant non seulement les besoins du milieu urbain mais aussi ceux du monde rural », assurer le CMC expliquant que le plan national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027 et le plan national de l’eau 2020-2050 s’inscrivent dans cette optique. Rappelons également que des mesures proactives et urgentes ont été prises en pour faire face à crise du stress hydrique que connait le pays durant les trois dernières années. Alain Bouithy

Maroc. Les performances économiques de 2021 ne sont qu’un rattrapage qui est par sa nature temporaire

Maroc. Les performances économiques de 2021 ne sont qu’un rattrapage qui est par sa nature temporaire

ECONOMIE. «Les performances (économiques) enregistrées en 2021 ne sont qu’un rattrapage qui est par sa nature temporaire», a affirmé le Centre marocain de conjoncture (CMC) dans sa dernière publication mensuelle «Maroc Conjoncture» n° 344 précisant qu’elles interviennent après des résultats médiocres observés en 2020. «Elles ne peuvent être en aucun cas considérées comme des résultats qui peuvent se prolonger dans le temps», a estimé le CMC dans ce spécial portant sur «L’instabilité des marchés : Quel programme de soutien au pouvoir d’achat?». Aussi, selon l’Observatoire privé et indépendant, «l’économie marocaine pourrait-elle connaître une décélération de son rythme de croissance au cours des prochaines années pour retourner progressivement à la normale», a-t-il prévenu dans ce nouveau numéro. Selon le Centre spécialisé dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact, «ce ralentissement prévisible contribuera à atténuer les tensions sur l’offre et les pressions inflationnistes, notamment avec un reflux des prix des produits alimentaires, qui ont atteint des niveaux élevés en 2021». Rappelons que la crise et ses effets négatifs n’ont pas épargné l’économie marocaine qui a en effet été frappée par un choc récessif sans précédent en 2020. Fort heureusement que «la reprise a été au rendez-vous l’année suivante», comme l’a relevé le CMC dans sa publication. Un retour qu’on a pu observer dans d’autres économies du monde touchée également par cette crise. Si l’accélération de la croissance en 2021 a pu bénéficier du ralentissement de la pandémie, de la bonne campagne agricole et de la relance de la demande extérieure, force est de constater qu’elle est restée fragile et inégale, a fait remarquer le CMC de même source. Aussi, bien que cette tendance à l’amélioration ait permis au marché de travail de se ressaisir, force est de constater qu’elle n’a pas été «en mesure de réduire substantiellement le chômage», a fait savoir le Centre qui note, en outre, que cette même «dynamique n’a pas été suffisante également pour réduire la pauvreté». Par ailleurs, même si elle reste modérée, l’inflation a connu une nette accélération par rapport à 2020, a poursuivi le CMC. Qu’à cela ne tienne, l’Observatoire privé et indépendant a toutefois noté que «l’économie marocaine a, aussi, réalisé d’autres résultats positifs» au cours de cette période. Le Centre en veut pour preuve qu’«elle est parvenue, grâce à une gestion judicieuse de ses finances, à contenir le déficit budgétaire dans des proportions modérées comparativement à d’autres pays semblables et à ne pas recourir aux marchés internationaux pour couvrir ses besoins de financement depuis décembre 2020». Quoi qu’il en soit, pour les experts du CMC, « ces résultats sont un révélateur de la capacité de l’économie marocaine à s’adapter aux changements qui s’opèrent dans son environnement et à saisir les opportunités qui s’offrent à elle pour améliorer ses performances, ses structures productives et éviter à la population marocaine de voir son niveau de vie se détériorer». Dans sa publication «Maroc conjoncture», le Centre marocain de conjoncture a toutefois estimé que les pouvoirs publics doivent s’efforcer de développer à l’avenir davantage les piliers de la compétitivité future. «C’est dans ce sens qu’une attention particulière doit être accordée au développement des investissements internationaux, à l’amélioration de la productivité ou encore aux termes de l’échange entre le Maroc et le reste du monde en vue de préserver les acquis d’avant la crise et de faire de la crise une opportunité pour améliorer sa compétitivité», a-t-il expliqué. Selon toujours le CMC, «les pouvoirs publics doivent également faire en sorte que l’inflation reste à un niveau bas, stable et prévisible pour préserver la valeur de la monnaie nationale et le pouvoir d’achat des ménages», a-t-il conclu. Alain Bouithy

Maroc. Embellie précaire et fléchissement tenace

Maroc. Embellie précaire et fléchissement tenace

En dépit de la multiplicité des réformes engagées au cours des deux dernières décennies, les prémices d’un décollage économique soutenu tardent à se manifester durablement, constate le Centre marocain de conjoncture (CMC) dans sa publication mensuelle « Maroc Conjoncture » du mois de novembre (N°340). En effet, souligne l’observatoire privé, « l’embellie constatée au cours de la première décennie de ce siècle n’a pas tardé à connaître  un fléchissement pendant la décennie qui a suivi ». Les signes de décélération de l’activité seront rapidement décelés. Ils se traduiront par le ralentissement observé dans la création des richesses et une recrudescence du chômage, la détérioration du nombre de postes d’emplois créés et l’incapacité manifeste d’absorber les cohortes des nouveaux arrivants sur le marché du travail. Pour mieux apprécier cette dégradation, rappelons à ce propos qu’en 2020, l’économie nationale a perdu 432.000 postes d’emploi contre une création de 165.000 postes en 2019. Tandis que le taux de chômage grimpait de 9,2% à 11,9%, au niveau national, selon le Haut-commissariat au plan (HCP). Plus récemment, entre le troisième trimestre de 2020 et la même période de 2021, l’économie nationale a perdu 581.000 postes d’emploi, a noté l’institution publique. Et bien qu’en légère baisse, le taux de chômage (qui est  passé de 12,7% à 11,8% au niveau national) demeure élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (31%), les diplômés (18,7%) et les femmes (16,5%). Il est à noter que l’avènement de la crise du Covid-19 a aggravé de plus belle la situation en consacrant la paralysie du processus de transformation structurelle entamée par le Royaume, selon le CMC. Le CMC pour la consolidation des acquis et le parachèvement des réformes fondamentales L’attractivité et le climat des affaires au Maroc s’en trouveront touchées, la pandémie coronarienne ayant impacté négativement des entreprises qui affichaient des perspectives prometteuses. Cela s’en ressentira notamment au niveau de l’industrie automobile et de l’aéronautique qui n’ont pas encore atteint la maturité suffisante, à même de les préserver d’une détérioration », relève le Centre dans un article qu’il a intitulé « Les réformes stratégiques en instance ». Ce, malgré une progression des exportations (respectivement +12,4% et +16,4%) au titre des dix premiers mois de l’année 2021, comme l’a relevé récemment l’Office des changes dans ses indicateurs mensuels des échanges extérieurs du mois d’octobre dernier. Pour les économistes de l’observatoire privé, il ne fait aucun doute que ce phénomène « a mis en évidence la fragilité du modèle de développement appliqué, jusqu’alors, et son incapacité à consolider la position du Maroc en tant que hub africain et continental des affaires ». Il est important de rappeler qu’au sortir du Programme d’ajustement structurel des années 80, le Maroc s’était employé à mettre en place une série de réformes susceptibles d’améliorer son environnement des affaires et partant, mobiliser l’épargne nationale et attirer l’investissement direct étranger. Quelques décennies plus tard, le pays était même parvenu à s’affirmer comme un séreux prétendant à l’émergence. Comme le rappelle si bien le CMC dans sa publication, « des réalisations tous azimuts importantes avaient été enregistrées dont le renforcement des infrastructures d’accueil et de communication, la réduction des coûts de création de l’entreprise, la facilitation du transfert de propriété et autres opérations d’import-export. Toutes ces avancées et bien d’autres prendront plus tard un sérieux coup, comme le relève le Centre dans ce spécial portant sur le programme de relance économique : Choix et défis.Pour le  Centre, les raisons du recul des acquis qui ont autrefois permis au Maroc d’occuper des positions remarquables au sein de la communauté internationale en matière d’attractivité et de climat des affaires, sont bien connues. Pour expliquer ce rendez-vous manqué, le Centre marocain de conjoncture avance l’insuffisance en protection par la justice en termes de liberté et de sécurité, la prolifération du secteur  informel, les faiblesses intrinsèques à l’entreprise elle-même. En pointant du doigt l’entreprise, le CMC entend sans doute dénoncer « sa dynamique étriquée, inhérente à sa faible capacité à assumer les risques d’exploration et de valorisation de nouvelles opportunités », comme il le souligne dans son analyse. Le Centre reproche également à l’entreprise sa faible capacité « à affirmer sa volonté face à la compétitivité internationale, pour s’imposer dans la conquête de nouveaux marchés ». Pour mieux apprécier les carences de l’économie nationale, il faut peut-être aussi s’en remettre à l’analyse faite dans le cadre du nouveau modèle de développement (NMDD) qui a estimé que l’économie marocaine montre des lacunes symptomatiques dans ses fonctions entrepreneuriales en termes de prouesses de ses activités productives et de sa propension à l’innovation. Tout en se référant à la même source, le Centre estime que le défi à relever  réside dans la préparation d’un environnement économique plus enclin à l’initiative privée. Ces initiatives doivent être appuyées par des politiques publiques qui prônent l’efficience du système productif, a poursuivi la publication notant que la commande publique doit servir de stimulant. Qu’elles viennent du NMDD, du CNEA (Comité national de l’environnement des affaires) ou encore du patronat, le Centre marocain de conjoncture insiste dans son analyse sur le fait que toutes les orientations mises sur la table appellent à la consolidation des acquis et au parachèvement des réformes fondamentales. Sur ce, le CMC invite à préserver d’urgence l’ancrage du Maroc et son positionnement dans la mouvance internationale des chaînes de valeur mondiale, parachever la globalité des réformes du système judiciaire, consolider la dynamique du secteur privé en le dotant des moyens d’affronter les risques et d’entreprendre des prospections. Pour gagner la confiance des prometteurs et favoriser leur adhésion à des partenariats ave l’Etat, la publication rappelle que « l’option de sécurisation, de l’initiative privée, fait référence à l’importance de l’instauration et au respect d’une réglementation stable et non discriminatrice ». Alain Bouithy

Les économies en grande dépression et sous perfusion nécessitent un remède de cheval

Les économies en grande dépression et sous perfusion nécessitent un remède de cheval

En cette période cruciale, marquée par une crise économique et sanitaire induite par la pandémie de coronavirus, la relance économique reste un sujet d’actualité pour le Centre marocain de conjoncture (CMC). Dans sa dernière publication mensuelle « Maroc Conjoncture »(n° 328), le CMC y consacre ainsi un spécial à « La crise sanitaire : Quel plan de relance économique ? » Avec comme principaux axes : « La Rentrée économique au niveau international : coronavirus : vivre avec l’incertitude »; « Fonds stratégique d’investissement : un appui décisif au programme de relance » ; « Classement du Maroc dans le doing business : Maintenir le cap » ; « Sauvegarde du climat des affaires : simplification des procédures et dématérialisation »;« Consolidation du rôle économique de la région : quelle contribution par l’investissement ? » et « Dette et déficit : Le remède ». Comme l’a relevé d’emblée l’observatoire privé dans le premier axe, la production mondiale s’est effondrée au premier semestre de 2020 avant de se redresser rapidement à la suite de l’assouplissement des mesures de confinement et du redémarrage de l’activité. L’institution, spécialisée dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact a toutefois souligné un léger essoufflement de la reprise mondiale pendant la saison estivale prédisant en outre une diminution du PIB mondial de 4,5% au cours de cette année et un redressement de 5 % en 2021. Qu’à cela ne tienne, les économistes du Centre ont cependant noté que ces perspectives demeurent entourées d’une incertitude considérable. Par ailleurs, alors que les plans de relance vont être au cœur de la préparation des budgets publics pour 2021, le CMC a estimé que «la poursuite souhaitée d’une politique budgétaire expansionniste ne devrait cependant pas empêcher d’apporter les ajustements nécessaires pour limiter les coûts durables de la crise et favoriser le redéploiement nécessaire des ressources vers les secteurs en expansion ». Dans le second axe, « Fonds stratégique d’investissement : Un appui décisif au programme de relance », le CMC a rappelé dans un communiqué que le Maroc s’est engagé pour l’après-pandémie à lancer un important programme de relance économique d’une enveloppe financière de 120 milliards de DH. Ce programme, dont le financement sera en partie assuré par le Fonds stratégique d’investissement créé à l’occasion sous forme d’un compte d’affectation spécial, vise en particulier le soutien au système de production et l’accompagnement des grands projets dans différents secteurs d’activité. « La particularité de ce fonds réside dans la possibilité de mobiliser des financements auprès des institutionnels et du secteur privé et son succès dépendra de sa capacité à attirer un nombre important d’investisseurs dans les grands projets structurants », a-t-on précisé de même source. S’agissant du classement du Maroc dans le doing business, s’il salue les efforts réalisés ces dernières années en matière de facilitation des affaires, le CMC fait un constat dans ce spécial : «Les entreprises marocaines continuent de faire face à des obstacles qui les empêchent de se développer à la fois sur le marché domestique et à l’exportation ». Les économistes du CMC soutiennent que la levée de ces barrières est nécessaire si le Maroc veut se mettre au rang des 50 premières économies du monde et estiment que plus que 3 points le séparent de cet objectif. Ainsi que l’a relevé le CMC, « ce but peut être atteint si la dynamique actuelle des réformes ne faiblit pas et si, par ailleurs, la levée des contraintes liées aux questions juridiques, celles de l’accès au financement surtout des petites et moyennes entreprises, et à la réduction de l’informalité sont résolues au cours des deux prochaines années ». A noter que d’autres axes prioritaires font l’objet de réformes, en particulier l’adaptation du code du travail, des centres régionaux d’investissement et la mise en place d’un système d’encouragement des innovations. Quant à la sauvegarde du climat des affaires, il apparaît que la préoccupation relative à cette problématique, qui a été jusqu’ici focalisée sur les mécanismes permettant d’assurer la confiance des investisseurs, se double désormais (pandémie Covid 19 oblige) d’un tourment additionnel consistant à trouver les moyens de sauver le soldat «entreprise», fortement mutilé par la crise. Cela dit, tant les incertitudes brouillent toute visibilité des perspectives de relance et de repositionnement des différents pays dans ce challenge, le CMC est persuadé que « l’objectif, établi par le Royaume, d’accéder, en 2021, au Top 50 du classement Doing business peut-être compromis ». Par ailleurs, « l’aspiration à vouloir assurer une reprise économique vertueuse repose, dans sa légitimité, sur la capitalisation des acquis, s’agissant particulièrement de la simplification et de la dématérialisation des procédures administratives, dans une généralisation des échanges de données informatiques (EDI) et une validation du nouveau calendrier législatif et réglementaire », a soutenu le Centre. Evoquant le rôle économique de la région, le CMC note que le Maroc ne cesse de multiplier les tentatives de réunir les conditions d’une croissance économique durable, dans laquelle l’investissement serait le principal catalyseur. Ainsi, il a indiqué que «le rythme des efforts est supposé être cadencé selon deux types d’offres: sectorielle, ayant pour soubassement une diversification du tissu économique; et territoriale, fondée sur l’objectif de soutenir l’émergence de nouveaux pôles économiques régionaux », estimant que ce dernier volet doit bénéficier d’incitations diverses pour favoriser, notamment, l’investissement industriel, par l’aménagement d’au moins une zone en région et la facilitation de l’accès au foncier. En conclusion, le Centre préconise un remède de cheval pour les économies en grande dépression et sous perfusion « non pas pour atteindre le rétablissement définitif mais juste pour une simple remise sur pieds », a-t-il expliqué. Alain Bouithy

Nouvelle publication du CMC: « Agriculture : Quels enjeux pour l’économie marocaine ? »

Nouvelle publication du CMC: « Agriculture : Quels enjeux pour l’économie marocaine ? »

Le Centre marocain de conjoncture (CMC) a annoncé la parution de sa dernière publication mensuelle « Maroc Conjoncture » n° 309. Il s’agit d’un spécial portant sur l’Agriculture, dont voici les principaux axes : Expérience de Développement Rural : Quels enseignements ? Dans le monde entier, les efforts récents de lutte contre la pauvreté ont connu des progrès réguliers. Dans la plupart des régions, toutefois, les taux de pauvreté des zones rurales demeurent largement supérieurs à ceux des zones urbaines. La « ruralité » doit donc retrouver un rôle pivot dans les agendas nationaux et internationaux du développement. Dans son Rapport sur le développement rural de 2016, le Fonds international de développement agricole (FIDA) a appelé à une “transformation rurale inclusive”, un processus à travers lequel l’amélioration de la productivité agricole, l’augmentation des excédents commercialisables, l’élargissement des possibilités d’emploi en dehors des exploitations agricoles, un meilleur accès aux services et aux infrastructures, ainsi que la capacité à influencer les politiques conduiront à l’amélioration des moyens de subsistance en milieu rural et à une croissance inclusive. Partout dans le monde, et notamment dans les grands pays émergents, le développement rural est récemment érigé en priorité. Monde Rural : Des déficits persistants au plan économique et social Le monde rural souffre de déficits persistants qui l’éloignent du chemin de convergence vers le standard de vie dans les agglomérations urbaines. Que ce soit au plan de l’éducation, de la santé, de l’habitat ou encore des infrastructures de base, tous les indicateurs spécifiques au monde rural sont en retrait par rapport à leur équivalent dans le monde urbain. La convergence rapide des niveaux de vie dans les deux milieux nécessite l’adoption de politiques publiques axées sur le développement rural dans ses multiples dimensions. Les priorités devraient être accordées au renforcement des capacités de production spécifiques au monde rural, avec à leur tête les activités agricoles, au développement des infrastructures économiques et à l’amélioration des conditions d’accès à l’éducation, à la santé et aux services sociaux de base. Agriculture : Une croissance difficile à soutenir dans la durée Le secteur agricole est l’un des leviers les plus puissants sur lequel les responsables peuvent agir pour mettre fin à l’extrême pauvreté, renforcer le partage de la prospérité et nourrir une population de plus en plus importante. L’agriculture est aussi un facteur essentiel de la croissance. Cependant, le changement climatique risque d’entraver la capacité de l’agriculture à tirer la croissance et à assurer la sécurité alimentaire de l’ensemble des économies de par le monde. Le défi au cours des prochaines années est de développer davantage cette activité tout en préservant l’environnement. Plan Maroc Vert : Évaluation du pilier II Le secteur agricole joue un rôle important dans la croissance économique au Maroc. Avec une contribution autour de 12% au produit intérieur brut, le taux de croissance du pays est fortement lié à celui de la production agricole. De même, l’agriculture marocaine demeure le premier pourvoyeur d’emplois du pays avec près de 40% de l’emploi total et constitue donc un outil efficace de lutte contre la pauvreté notamment dans le milieu rural. Transition Stratégique de l’Agroalimentaire : Entre agropoles et contrats-programmes Le Plan Maroc Vert (PMV) a permis de confirmer que l’agriculture peut être un levier performant de la croissance économique. Toutefois, les insuffisances dans la mobilisation du potentiel de compétitivité demandent à être comblées s’agissant, particulièrement, de l’édification d’une offre de services logistiques performante, pour une meilleure organisation et optimisation des flux de production et de commercialisation. Une démarche qui s’impose de plus en plus, pour marquer une inflexion vers la génération de plus de synergies entre les différents acteurs et en faveur de la consolidation des chaînes de valeur compétitives, répondant aux exigences des marchés tant nationaux qu’internationaux. Cela passe par la genèse d’un écosystème agricole et agro-industrielle qui conduit à meilleure valorisation des filières d’Agro business. En ce début d’année 2019, le Centre Marocain de Conjoncture (CMC) a développé la charte graphique de ses publications afin de garantir la meilleure satisfaction des besoins de ses fidèles clients. Une nouvelle charte graphique efficace, qui témoigne de l’engagement et de l’action, deux caractéristiques fondamentales du Centre Marocain de Conjoncture (CMC). Perspectives Agricoles : 70% de croissance en dix ans pour la variante haute Le secteur agricole, de par son importance économique et ses ramifications dans le tissu social, demeure le pilier central de l’économie marocaine et la base fondamentale de tout modèle visant un développement durable du pays. Avec toutes ses filières de la céréaliculture à la pêche en passant par l’arboriculture et l’élevage, le poids de l’agriculture transparait à travers la population qu’il touche d’une manière directe, celle du monde rural avec ses 13,5 millions d’habitants soit 40% de la population totale du Maroc.