Congo. Marc Mapingou. 5 mai 2020 – 5 mai 2021

IN MEMORIAM. Déjà, un an. Que le temps passe vite. Première année, ce 5 mai 2021, de la tragique disparition de Marc Mapingou. Marc Mapingou, un grand esprit, homme de culture. D’une humilité et d’une générosité frappantes. L’élégance chevillée au corps, exprimée dans le verbe, l’habillement, les manières et les relations avec autrui. Citoyen congolais, Mapingou était notre compatriote. Un des meilleurs d’entre nous, au sein de la diaspora congolaise, en France où il a vécu plusieurs années. Y a construit l’essentiel de son cursus universitaire, bâti sa vie de militant progressiste et de cadre politique influent. Marc Mapingou, par son ouverture et son accès facile, s’est, également, tissé en France un large réseau de connaissances, dans divers milieux. Il en est parti pour Brazzaville, en 1992, devenu Directeur de campagne du candidat Pascal Lissouba aux élections présidentielles congolaises de cette année. Grâce à la dynamique rassembleuse de l’UPADS cumulée à la parfaite stratégie de communication de Marc Mapingou et au soutien ferme des Partis alliés, Pascal Lissouba triomphera de ces élections, au terme d’un scrutin au deuxième tour, face à Mr Bernard Kolelas. En démocrate, Marc Mapingou entretenait de nobles et légitimes ambitions pour son pays, le Congo qu’il aimait intensément. Il rêvait de le diriger. Son destin en a décidé autrement. Ayant, au prix d’un travail méticuleux et, sans la moindre exclusive, dans un environnement sensible, comme celui de la diaspora congolaise, en France, réussi à se créer les conditions optimales de se faire écouter, accepter et aimer. Suscitant, au besoin, l’effet d’entraînement nécessaire pour des causes justes. Depuis qu’il nous a quittés, Marc Mapingou repose, en région parisienne, dans un cimetière de Neuilly Sur Seine. Attendant d’être, le moment venu, rapatrié, selon les formes voulues par sa famille, sur les riches terres millénaires de Zanaga, son terroir natal, dans la région de la Lékoumou. Marc Mapingou n’est plus. Il demeure, cependant, pour ces Congolais qui l’ont vu et suivi, dans sa lutte, un symbole de la résistance, un répère et un modèle de combat républicain pour une alternative nouvelle au Congo. Représentation posthume de l’œuvre patriotique commune inachevée, Marc Mapingou est vivant dans des consciences politiques congolaises. Son nom est sans cesse répété.Son image résiste à l’effacement, dans les réseaux sociaux. Ses paroles et sa rhétorique prises en référence, lors des échanges citoyens. Toujours, dans nos cœurs, Marc Mapingou, par nos pensées, est proche de nous. Nous ne l’oublions pas. Ouabari Mariotti Brazzaville 5 mai 2021
Pour Marc, Nous vivrons un long deuil.

TRIBUNE. Le 5 mai 2020, la terrible nouvelle de la disparition de Marc Mapingou, dans un hôpital parisien, nous a plongés dans une profonde affliction. Nous n’en sortons pas. Nous qui espérions, lors de sa maladie, par nos prières et nos voeux, chacun, selon sa sensibilité et ses croyances, le prompt rétablissement de Marc Mapingou, aux fins qu’il recouvre son état de complet bien-être physique, mental et social. Depuis ce jour, des milliers d’hommages partant du Congo, d’autres pays d’Afrique, de l’Europe, des Amériques et d’ailleurs, dans le monde, saluent la mémoire de cet illustre républicain, humaniste, homme de culture, combattant des causes justes qu’a été Marc Mapingou. Ce samedi 16 mai 2020, Marc Mapingou sera, provisoirement, mis en terre, au nouveau cimetière de Neuilly Sur Seine, en attendant le rapatriement de sa dépouille, sur sa terre natale de Zanaga, au Congo, dans le riche Département de la Lékoumou. Marc Mapingou y reposera, pour l’éternité, aux côtés de ses parents dont son père, le Gaulliste historique, Basile Mapingou qui fut Député de Zanaga. Ce 16 mai 2020, notre adieu, bien triste, à Marc Mapingou est habité par les sentiments d’amour et de fraternel attachement que nous éprouvions à son égard. Lui qui, pour bon nombre de Congolais, en quête de changement dans leur pays, apparaissait comme l’une des perles rares, aux mains propres, en politique, pour accompagner une alternative nouvelle, n’ayant jamais été, ni Directeur des Services, ni Député, ni Sénateur, encore moins Ministre, en dehors de l’éphémère passage, comme Conseiller, au Cabinet du Président Pascal Lissouba. Il est dans la nature même des êtres les plus proches et les plus chers que nous devrions nous séparer d’eux. Mais leur mort n’est point la fin de leur existence. Ils restent vivants, dans les pensées et les souvenirs de ceux demeurés sur terre. Merci Marc d’avoir été celui que tu fus pour nous. Ta disparition a multiplié ta vie dans chacun de nos cœurs. Par ta façon d’être, ton rapport aux autres, ta conception de l’existence faite de sagesse, du sens de la justice, d’humilité, de générosité, de respect d’autrui, d’élégance de ton habillement et de tes paroles, tu t’es construit une image de citoyen naturellement vertueux. D’où l’aura mystérieuse qui semblait émaner de ta modeste personne, parfait séducteur, tant admirée. Une aura qui faisait que l’échange avec toi ainsi que ta compagnie étaient recherchés et appréciés. Aujourd’hui, il nous faut accepter ta disparition et te laisser partir. La mort faisant partie du chemin de la vie. Cette mort qui est l’ultime étape de notre séjour terrestre. Tous, elle nous réunit dans la boue pour finir. Dès lors que nous aurons conquis le monde, nous descendrons dans le cercueil où se trouvent assemblés les rois, les gens ordinaires et les mendiants. Pour toi, à jamais dans nos coeurs, nous vivrons un long deuil. En nous, tu le seras, par le pouvoir de ton absence. Et ton combat, à plusieurs versants, sera poursuivi par ceux là mêmes qui avaient foi en tes idéaux. Repose en paix, Mon Très Cher Frère Marc. Paris le 15 mai 2020 – Ouabari Mariotti – Membre de l’UPADS
Congo. Message de condoléances de l’UDH-YUKI à la famille du regretté Marc Mapingou

Nous avons appris avec consternation la bouleversante nouvelle du décès de notre frère Marc Mapingou, ce mardi matin 05 Mai 2020 en France. Le Président Guy Brice Parfait Kolélas et l’ensemble des militants et sympathisants de l’UDH-YUKI présentent leurs condoléances les plus émues à la famille biologique de l’illustre disparu, ainsi qu’à l’ensemble des forces vives congolaises où qu’elles se trouvent. Fait à Brazzaville, le 05 Mai 2020 Le Président de l’UDH-YUKI Monsieur Guy Brice Parfait Kolélas
Adieu Marc

TRIBUNE. Triste, je mêle mes larmes de peine qui n’arrêtent pas de couler aux milliers d’accents qui s’élèvent au Congo, en Europe et ailleurs, dans le monde, pour rendre hommage à mon Frère Marc Mapingou qui nous a quittés, ce 5 mai 2020, dans un hôpital parisien. Malade, depuis près de deux mois, nos vœux pour son rétablissement n’ont pu détourner le coup fatal qui l’a frappé. Marc Mapingou s’en est allé. Trop tôt, trop vite. Sa disparition nous rappelle une évidence que nous sommes, finalement, bien peu de chose, sur terre. Elle nous convainc davantage du néant des grandeurs humaines, du vide des honneurs que l’ambition recherche et dont la vanité s’enivre. Il était un grand esprit, Marc Mapingou. Une figure bien connue qui privilégiait les idées positives et faciles à comprendre. Ne s’amarrant qu’à ce qui est conforme à la raison, au bon sens, à la droiture et au cri de la conscience. Là où le mensonge, la ruse et la violence primaient, Marc Mapingou savait s’en éloigner. « Tous les hommes sont nés pour la vérité et la lumière. Mais, tous ne sont pas préparés à la recevoir, ni, par conséquent, à en faire bon usage », aimait il répéter. Militant des causes justes, combattant de la liberté, homme de solides convictions, Marc Mapingou laisse, derrière lui, l’image d’un politique engagé, attaché aux valeurs de la République. Par son expertise dans la communication, Il a assumé, avec adresse et patriotisme, pour le compte du Congo, son pays, deux missions, tout à fois, ardues et nobles. En 1992, Marc Mapingou contribue à l’éclatante victoire de Pascal Lissouba aux élections présidentielles démocratiques congolaises, en qualité de Directeur de campagne. Puis, en 2016, depuis Paris, comme son Représentant Personnel, Marc Mapingou accompagne le candidat Jean Marie Michel Mokoko, au scrutin présidentiel anticipé du mois de mars. Une tâche qu’il endosse, jusqu’à ses derniers jours, en s’associant, parallèlement, à la diaspora congolaise, combattante de Paris, dans sa lutte légitime, pour une alternative nouvelle au Congo, au lendemain de la victoire contestée de Mr Sassou Nguesso. De là où il est injustement détenu, à Brazzaville, Jean Marie Michel Mokoko, le cœur serré, a les pensées tournées vers son ami Marc Mapingou qu’il ne reverra plus, lui qui avait, encore, tant de projets à construire avec Marc Mapingou. Dans les mêmes lieux où est placé Jean Marie Michel Mokoko, son frère André Okombi Salissa est inconsolable. Tant la disparition de Marc Mapingou l’a foudroyé. De par sa formation, sa culture, ses idées, ses croyances, ses relations affectives, les valeurs qu’il défendait, Marc Mapingou avait donné un sens à sa vie. C’était un humaniste, un pacifiste. Il ne s’en cachait pas. il avait confiance en la nature humaine et travaillait à son épanouissement. Toujours penché, vers les autres, à l’écoute de ceux ci. Ses qualités humaines et son altruisme faisaient que sa compagnie, à Paris, était recherchée et appréciée.D’où la belle aura qu’il s’est bâtie, en milieu jeune de la diaspora congolaise, grâce à son ouverture d’esprit, la facilité de le rencontrer, son humilité et sa générosité. C’est avec compassion que je présente mes condoléances les plus attristées à son épouse, à ses enfants et au reste de sa famille. Leur témoignant, par ailleurs, l’expression de ma solidarité, en ces moments d’intense douleur. Là bas, à l’Orient Eternel, repose en paix, Marc. Je te sens vivant, dans mon cœur, et au travers de nos souvenirs communs. La vie ne dure qu’un instant. Par contre, l’amour pour les défunts est éternel. Nous ne t’oublierons jamais. Toi qui savais cultiver l’amour et l’amitié. Ta mémoire sera gravée en nous. Par ta façon d’être, ton rapport aux autres et ta conception de l’existence, faite de sagesse et de respect, tu as réussi ta vie, quand bien même, elle aura été très courte. Je la salue, à titre posthume. Adieu Marc. Paris le 5 mai 2020. Ouabari Mariotti. Membre de l’UPADS
Ma rencontre avec Jacques CHIRAC

TRIBUNE. En 1980 Jacques Chirac est invité au congo Brazzaville pour célébrer les cent ans de la ville de Brazzaville. Je fus à cette époque étudiant en licence de sociologie à l’université de Brazzaville. Dans la délégation française Jacques Chirac était accompagné de Pierre Mesmer ancien premier ministre et Pierre Bas ancien député maire du 6 e arrondissement , ancien collaborateur du général de Gaulle. Mr Pierre Bas a connu mon père dans le mouvement gaulliste où celui ci s’occupait du journal Étincelle , journal de propagande du mouvement gaulliste , puis délégué général du R P F ( rassemblement du peuple français ) parti gaulliste avant de devenir député uddia parti de Fulbert Youlou. Lorsque Jacques Chirac arrive à Brazzaville en 1980 , il demande à Pierre Bas de retrouver les anciens gaullistes locaux et c’est dans cette circonstance que mon père n’étant pas à Brazzaville , un émissaire vient au campus universitaire nous apporter l’invitation mon frère aîné paul Alexandre Mapingou et moi. En me rendant à l’hôtel méridien de Brazzaville, Pierre Bas m’a présenté à Jacques Chirac et Pierre Mesmer en ces termes : » Marc est le fils de l’un des nôtres « . J’étais impressionné par le charisme de Jacques Chirac et sa bienveillance car il me posera des questions sur mes études. C’était un grand honneur de rencontrer celui qui se presentait déjà à l’époque comme l’héritier du Gaullisme. Pour l’anecdote , cette rencontre m’a provoqué beaucoup d’ennuis car la sécurité d’État dirigée à l’époque par le général Emmanuel Gouelendele me traquera en utilisant des agents comme Gaston Azodie et Goma Mouko qui durant toute cette année scolaire me chargeront avec des interrogatoires à la sécurité d’État. Arrivé en 19 81 à Paris , où le député maire du 6e arrondissement de Paris et me recommandant à la mission universitaire de France où je fus hébergé rue mabillon dans le 6e arrondissement. C’est ici l’occasion de remercier mr Steve Gentili , actuel président de la banque populaire bred auprès de qui Pierre Bas m’avait confié pour m’introduire dans le milieu de la jeune garde gaulliste. J’ai à cette occasion fait la connaissance de Jacques Godefrain ancien ministre de la coopération et actuel président de la fondation Charles de Gaulle. Je n’oublie pas Nicolas Sarkozy , Michel Roussin , Eric Raoul , Devaquet ,Toubon et bien d’autres. J’avais souvent revu Jacques Chirac à la mairie de Paris en compagnie de Steve Gentili. En 1990 , lorsque pascal Lissouba me fait l’honneur de diriger sa campagne électorale , mon frère aîné paul Alexandre Mapingou et moi le presenterons à Raymond Barre dans ses bureaux du boulevard Saint-Germain des prés et aussi à Pierre Mesmer. La droite française se reconciliait avec Pascal Lissouba considéré par les gaullistes comme un communiste. C’est mr Phillipo un proche de Chirac qui nous pretera ses bureaux rue villersexel dans le 7 e arrondissement pour travailler et préparer le retour de pascal Lissouba pour briguer la présidence de la république du Congo. Elu président de la république en 1992 , pascal Lissouba n’a pas su bien gerer sa relation avec les gaullistes car il considérait Jacques Chirac comme un grand ami de Sassou Nguesso. L’homme d’affaires Alexandre Djouri un proche de Jacques Chirac et de Dominique De Villepin aura tout fait devant moi pour rapprocher pascal Lissouba de Jacques Chirac en vain.Lorsque Jacques Chirac se présente en 1995 à l’élection présidentielle , il dépêche jacques Godefrain à Brazzaville en compagnie d’un ancien de la libération pour deposer une gerbe de fleur au monument de Gaulle à Brazzaville. Avant ce voyage Jacques Godefrain à l’époque député m’invite à l’assemblée nationale pour faire passer le message suivant à pascal Lissouba : » Marc , je vais à Brazzaville avec un message du candidat Jacques Chirac au président de la république pascal Lissouba. Chirac assume et confirme ses relations avec Denis Sassou Nguesso mais reconnait que le Congo a désormais un chef qui est pascal Lissouba . La France et le Congo ont une longue histoire , et une fois président de la république française , Jacques Chirac aura des rapports conviviaux avec Pascal Lissouba pour le respect et les intérêts de deux pays ».Le message était clair , il s’agissait de garantir pascal Lissouba qui avait des préjugés sur Jacques Chirac. Quelques mois plutard Jacques Chirac sera elu président de la république française et Jacques Godefrain sera nommé ministre de la coopération. Jacques Chirac organise un voyage officiel à Brazzaville et pascal Lissouba me demande de revoir le milieu Gaulliste pour faire partie de ce voyage. Je rencontre un de mes amis , Denis Tillinac l’écrivain proche de Jacques Chirac et par la même occasion je revois Jacques Godefrain. À Brazzaville , la rencontre Denis Tillinac Pascal Lissouba est un grand moment où deux intellectuels s’apprécient et d’ailleurs Denis Tillinac reconnaîtra que pascal Lissouba était une promesse pour l’Afrique. Cette appréciation me rappelle la rencontre que pascal Lissouba avait eu avec Raymond Barre en 1991. Ce sont des moments particuliers où on est fier d’être congolais lorsque l’un des vôtres est considéré comme une intelligence particulière. Pascal Lissouba est un homme de grande culture. Je ne nie pas en évoquant mon histoire personnelle avec le Gaullisme ou Jacques Chirac que celui ci n’ait pas fait du mal aux congolais en soutenant le coup d’État de Sassou Nguesso en 1997. Sa déclaration imprudente et malheureuse où il remerciait la force expéditionnaire voire mercenaire angolaise d’être intervenue pour chasser pascal Lissouba , un président elu democratiquement est une grande tâche noire dans la politique africaine de Chirac. Beaucoup de congolais auront des avis mitigés sur un personnage que son peuple rend hommage. Dans ce récit , je n’ai pas voulu soulever des polémiques surtout que depuis que j’écoute les oraisons funèbres , je vois rarement des hommes civilisés étalés leurs contentieux avec les morts.L’histoire de la France et mon pays est très complexe. En 1997 après que pascal Lissouba ait perdu le pouvoir , j’ai eu le privilège de discuter souvent avec lui à Paris. Un jour ,