Kristalina Georgieva : « un certain nombre de tendances mondiales atténuent la concurrence au lieu de l’intensifier »

Kristalina Georgieva : « un certain nombre de tendances mondiales atténuent la concurrence au lieu de l’intensifier »

ACTUALITE ECO. « Une saine concurrence est une excellente source de motivation car elle incite les entreprises et les individus à se dépasser », selon la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva. « De ce fait, elle stimule l’innovation et l’emploi, accélère la croissance de la productivité et rehausse les niveaux de vie », a soutenu la patronne de l’institution de Bretton Woods dans une déclaration au Forum mondial sur la concurrence de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, Kristalina Georgieva a d’emblée tenu à rappeler que « l’état de la concurrence a de profondes incidences sur la stabilité macroéconomique et financière, ce qui lui confère donc une pertinence directe pour la mission du FMI ». La DG du FMI a par la suite estimé qu’« à l’heure où l’élaboration des politiques tend à se spécialiser, il est encore plus important d’étudier les répercussions que les actions auxquelles chacun de nous se consacre auront sur notre objectif commun de stimuler le dynamisme économique et la croissance ». Ainsi qu’elle l’a relevé dans son allocution d’ouverture, « cela est d’autant plus vrai que le dynamisme engendré par la concurrence sera essentiel à la résilience des économies au lendemain de la pandémie ». Cependant, il se passe qu’« un certain nombre de tendances mondiales atténuent la concurrence au lieu de l’intensifier », a constaté la DG précisant qu’elles apparaissent sous l’effet de forces de fragmentation qui influent aussi bien sur le commerce que sur la situation géopolitique. Cela est préoccupant d’autant plus que « si rien n’est fait pour les freiner, ces tendances risquent de porter davantage atteinte à la concurrence et de compliquer le travail des responsables de la concurrence et des décideurs macroéconomiques», a prévenu Kristalina Georgieva sachant qu’elles présentent également des risques pour une reprise post-pandémique résiliente. Comment alors vaincre cette fragmentation croissante et adopter l’approche coopérative nécessaire pour stimuler la croissance et favoriser une prospérité partagée ? Mais avant d’évoquer les mesures pour en freiner la progression, la patronne du FMI s’est attardée d’abord sur les répercussions macroéconomiques néfastes d’un pouvoir de marché excessif. L’occasion de rappeler que la progression du pouvoir de marché a porté préjudice à l’investissement et à la production au lieu d’y contribuer au cours des vingt dernières années. Précisant au passage qu’« elle a été de plus en plus néfaste aux travailleurs en procurant aux grandes entreprises une influence démesurée sur les marchés de l’emploi, avec d’extraordinaires bénéfices à la clé ». Pour l’organisation internationale dont elle est la DG, « la progression du pouvoir de marché explique pour 10 % au moins la baisse de la part des revenus revenant aux travailleurs dans les pays avancés », a-t-elle fait savoir. Pour Kristalina Georgieva, il ne fait aucun doute qu’« un affaiblissement de la concurrence risque de réduire l’efficacité des politiques monétaires et budgétaires. Parce que les entreprises qui disposent d’un pouvoir de marché excessif ont souvent d’énormes réserves de liquidités, ce qui les rend moins réactives aux taux des marchés et aux mesures de relance budgétaire », a-t-elle en outre noté. Par ailleurs, quand bien même des mesures de soutien décisives des pouvoirs publics ont aidé nombre de petites entreprises à survivre à l’impact de la pandémie, la DG du FMI constate que cette situation a donné lieu également « à une intensification des tendances anticoncurrentielles ». Il se trouve que « cette hausse de la concentration des marchés due à la crise pourrait freiner l’investissement en capital et l’innovation. Cela pourrait entraîner une diminution de 1% du niveau du PIB dans les pays avancés à moyen terme, ce qui représente un sérieux coup dur car selon les projections, la croissance de ces pays devrait rester faible à moyen terme », a-t-elle expliqué. Dans ce cas, et face à ce qui pourrait constituer une véritable menace pour bon nombre d’économies, comment les gouvernements peuvent-ils enrayer l’excès de pouvoir de marché et encourager une croissance plus forte et plus inclusive ? Outre le renforcement du contrôle des fusions et la multiplication des enquêtes sur les marchés, la DG a estimé qu’il est prioritaire d’améliorer la compétitivité des marchés du travail et de renforcer les règles de portabilité et d’interopérabilité des données, entre autres. S’attardant sur trois tendances qui portent atteinte à la concurrence et les moyens d’y remédier, Kristalina Georgieva a indiqué que la première d’entre elles est le découplage technologique. En effet, « nous sommes de plus en plus confrontés à un « mur de Berlin numérique », bâti sur des restrictions à l’importation et à l’exportation, et à une diminution de la coopération en matière de recherche scientifique », a-t-elle souligné. Les restrictions commerciales constituent la deuxième tendance mondiale, a poursuivi la DG du FMI. Avant de déclarer : « Nous savons tous qu’en réduisant la concurrence étrangère, nous nous retrouvons avec des chaînes d’approvisionnement soumises à de plus fortes tensions, des prix plus élevés pour les consommateurs, moins d’innovation et un potentiel de croissance diminué ». D’après Kristalina Georgieva, la troisième tendance mondiale porte sur le changement climatique. Sur cette question, elle a appelé les pays « non seulement à s’unir pour enrayer le réchauffement de la planète », mais aussi à « tout mettre en œuvre pour éviter des mesures climatiques asymétriques ou non coordonnées ». En concluant son intervention à ce forum, tenu récemment, la DG a insisté sur le fait que « la concurrence dans le monde repose autant sur les mesures prises par les pouvoirs publics de chaque pays que sur la coopération internationale ». Et pour vaincre la fragmentation à l’origine des tendances mondiales auxquelles elle a fait allusion, « nous avons besoin d’une coopération beaucoup plus forte, que ce soit dans les pays ou à l’échelle mondiale », a lancé Kristalina Georgieva. Alain Bouithy

Kristalina Georgieva salue la pleine réussite du Maroc en termes de vaccination et d’ouverture de son économie

Kristalina Georgieva salue la pleine réussite du Maroc en termes de vaccination et d’ouverture de son économie

Les actions menées par le Maroc en faveur de la vaccination anti-covid et en matière d’ouverture de son économie continuent d’être saluées par le Fonds monétaire international (FMI) qui ne manque pas une occasion de citer le Royaume en exemple. En effet, lors de la réunion ministérielle virtuelle du Forum arabe sur les finances publiques, sa directrice générale, Kristalina Georgieva, a cité le Royaume parmi les pays du monde arabe ayant accompli des efforts «en termes de vaccination et d’ouverture de leurs économies». Pour la patronne de cette institution de Bretton Woods, le Maroc et les pays du Conseil de coopération du Golfe (l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar) ont accompli un formidable travail sur ces deux questions. Alors que certains des pays du monde arabe accusent un retard, ce qui est particulièrement inquiétant pour les Etats fragiles et touchés par des conflits,  «nous avons vu de remarquables mesures prises par les pouvoirs publics pour tirer le meilleur parti de l’espace budgétaire», a déclaré la DG du FMI lors de cette rencontre virtuelle qui s’est tenue mardi 16 dernier. Autre volet qui a valu au Maroc d’être cité en exemple, la plateforme marocaine des réclamations dénommée «Chikaya» et qui a traité 700 000 plaintes émanant du public. Kristalina Georgieva, note «un chiffre impressionnant» et constate que «la majorité des usagers sont satisfaits, ce qui renforce les fondements de politiques publiques transparentes et responsables».  «A l’heure actuelle, où chaque centime compte, cela renforce également l’adhésion du public aux investissements de l’État et aux dépenses sociales appropriés, ainsi qu’aux réformes indispensables pour développer le secteur privé», a-t-elle ajouté. Evoquant la situation de l’économie mondiale d’aujourd’hui et la vision du FMI des perspectives de croissance ainsi que la façon dont se présentent ces perspectives dans le monde arabe, Kristalina Georgieva a affirmé que la reprise économique se poursuit et qu’elle repose désormais sur des fondements solides du fait du «remarquable succès avec lequel la science a su fournir les vaccins et des taux de vaccination qui ne cessent d’augmenter dans nombre de pays». Selon elle, ces fondements demeurent solides en raison également « des extraordinaires mesures de soutien prises par les pouvoirs publics, qui ont permis aux entreprises et aux ménages de traverser une grave récession   totalement inédite et de détenir ensuite les capacités nécessaires pour redynamiser l’économie mondiale». Qu’à cela ne tienne, Kristalina Georgieva reconnaît «en toute objectivité que les risques de détérioration sont dominants et que les incertitudes quant au coût de la pandémie et de la reprise sont fortes. En outre, de nouveaux problèmes très graves sont apparus ces derniers mois», prévient-elle. Elle en veut pour preuve qu’au milieu de l’an dernier, «nous avions identifié le problème de la divergence, due essentiellement, à ce moment-là, à la disponibilité d’espace budgétaire». Il se trouve que «cette divergence s’est accentuée, compte tenu des différences dans l’accès aux vaccins et le rythme de vaccination, ainsi que dans la capacité à continuer d’utiliser la marge de manœuvre pour maintenir les mesures de soutien», a-t-elle fait savoir. La directrice générale note toutefois qu’un grand nombre de pays, en particulier les pays du Conseil de coopération du Golfe et le Maroc, ont très bien réussi en termes de vaccination et d’ouverture de leurs économies. Soulignant le retard qu’accusent certains pays du monde arabe sur ces questions, Kristalina Georgieva a affirmé que «cette divergence alimente une inadéquation croissante entre la demande qui explose dans les pays et les secteurs où la reprise est plus rapide et l’offre qui n’arrive pas encore à  rattraper son retard». La situation est préoccupante d’autant plus que cette divergence signifie également des interruptions des chaînes d’approvisionnement, a-t-elle poursuivi. Quant aux perspectives d’avenir, le Fonds mondial international prévoit «pour le monde une croissance de 5,9% cette année et pour le monde arabe une croissance de 4,4% pour 2021 et 4,5% pour 2022», a-t-elle rappelé. Alain Bouithy

Le Maroc parmi les pays bénéficiaires des DTS du FMI

Le Maroc parmi les pays bénéficiaires des DTS du FMI

L’allocation générale de droits de tirage spéciaux (DTS) a pris effet lundi 23 août dernier, a annoncé la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva. Considérée comme la plus élevée de l’histoire du FMI, environ 650 milliards de dollars, « cette allocation est une véritable injection dans le bras de l’économie mondiale et, si utilisée à bon escient, une occasion unique de surmonter cette crise sans précédent », a déclaré la patronne du FMI. Le Maroc compte parmi les pays bénéficiaires de cette manne financière. Il  devrait se voir attribuer 1,2 milliard de dollars (soit environ 10,9 milliards de DH). Comme l’explique l’institution financière internationale, les DTS sont distribués aux pays au prorata de leurs quotes-parts relatives au FMI. Dans le cas de cette nouvelle allocation, « environ 275 milliards de dollars sont destinés aux pays émergents et aux pays en développement, dont 21 milliards pour les pays à faible revenu, ce qui représente jusqu’à 6 % de leur PIB pour certains d’entre eux », a précisé la DG dans un communiqué. En ce qui concerne le Maroc, tout porte à croire que la nouvelle manne financière permettra de renforcer la résilience des avoirs officiels de réserve (AOR) du pays. Selon les statistiques de Bank Al-Maghrib, publiées au terme de la deuxième session trimestrielle de l’année 2021 de son Conseil de politique monétaire, tenue le 22 juin 2021 à Rabat, le montant des réserves du Maroc devrait atteindre 328,5 milliards de dirhams à fin 2021 et 338,6 MMDH à fin 2022. Ce qui équivaut à plus de 7 mois d’importations de biens et services. L’allocation de DTS est une composante essentielle de l’action plus globale que mène le FMI pour aider les pays à surmonter la pandémie, rappelle l’organisation. Elle « permettra de fournir des liquidités supplémentaires au système économique mondial, en complétant les réserves de change des pays et en réduisant leur dépendance à l’égard d’une dette intérieure ou extérieure plus coûteuse. Les pays peuvent utiliser l’espace ainsi créé pour soutenir leur économie et intensifier leur lutte contre la crise », selon Kristalina Georgieva. Approuvée le 2 août dernier par le Conseil des gouverneurs du FMI, en vue d’accroître les liquidités dans le monde, la nouvelle allocation de DTS « profitera à tous les pays membres, répondra au besoin mondial de réserves à long terme, stimulera la confiance et renforcera la résilience et la stabilité de l’économie mondiale », avait alors promis Kristalina Georgieva. « Elle aidera particulièrement nos pays membres les plus vulnérables qui s’emploient à surmonter les effets de la crise de la COVID-19 », avait-elle déclaré.  « Les DTS sont une ressource précieuse et c’est à nos pays membres qu’il appartient de décider de la meilleure façon d’en faire usage », a estimé Kristalina Georgieva appelant ainsi à des décisions « prudentes et bien éclairées ». Dans tous les cas, et pour aider les pays et veiller au respect des principes de transparence et de responsabilisation, le Fonds « propose un dispositif permettant d’évaluer les incidences macroéconomiques de la nouvelle allocation, son traitement statistique et sa gouvernance, ainsi que la manière dont elle pourrait influer sur la viabilité de la dette », selon la DG du FMI. Par le biais de sa patronne, l’organisation internationale annonce qu’elle présentera régulièrement des données actualisées sur l’ensemble des avoirs, des transactions et des échanges de DTS, y compris, dans deux ans, un rapport de suivi sur l’utilisation des DTS. Alain Bouithy

Le FMI et la Banque Mondiale prêts à aider les pays-membres à faire face au coronavirus

Le FMI et la Banque Mondiale prêts à aider les pays-membres à faire face au coronavirus

« Le FMI et le Groupe de la Banque mondiale sont prêts à aider leurs pays membres à faire face aux tragédies humaines et aux difficultés économiques causées par le virus COVID-19», ont annoncé la directrice générale du FMI et du président de la Banque mondiale. « Nous collaborons étroitement avec les institutions internationales et les autorités nationales, en accordant une attention particulière aux pays pauvres, où les systèmes de santé sont les plus faibles et où les populations sont les plus vulnérables», ont souligné Kristalina Georgieva et David Malpass. Dans une déclaration commune rendue publique hier, lundi 2 mars, les deux responsables ont aussi indiqué: « nous utiliserons autant que possible les instruments dont nous disposons, notamment les financements d’urgence, les conseils et l’assistance technique. En particulier, nous offrons des mécanismes de financement rapide qui, collectivement, peuvent aider les pays à répondre à des besoins très divers». Kristalina Georgieva et David Malpass ont, en outre, estimé « crucial de renforcer les systèmes nationaux de surveillance et d’intervention sanitaire afin d’enrayer la propagation de l’épidémie actuelle et de toute épidémie à l’avenir», peut-on lire dans ledit message. Enfin, la directrice générale du FMI et du président de la Banque mondiale ont estimé que la coopération internationale est essentielle pour faire face à l’impact sanitaire et économique du virus COVID-19. Ainsi, « le FMI et le Groupe de la Banque mondiale sont pleinement déterminés à fournir l’aide que les populations de leurs pays membres attendent d’eux », ont-ils conclu. Adrien Thyg

Kristalina Georgieva, DG du FMI: « les réformes du système du franc CFA constituent une étape essentielle dans la modernisation d’accords entre l’UEMOA et la France»

Kristalina Georgieva, DG du FMI: « les réformes du système du franc CFA constituent une étape essentielle dans la modernisation d’accords entre l’UEMOA et la France»

Les réformes du système du franc CFA annoncées le 21 décembre dernier à Abidjan par les présidents Alassane Ouattara et Emmanuel Macron « constituent une étape essentielle dans la modernisation d’accords de longue date entre l’Union économique et monétaire ouest‑africaine et la France », a estimé la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva. « Les mesures annoncées s’appuient sur le bon bilan de l’UEMOA en matière de conduite de la politique monétaire et de gestion des réserves extérieures », a-t-elle souligné dans une déclaration sur la réforme du franc CFA rendue publique le jour même de l’annonce faite par les chefs de l’Etat ivoirien et français. Kristalina Georgieva a aussi fait remarquer que « ces dernières années, l’UEMOA a enregistré une faible inflation et une croissance économique forte, la situation des finances publiques s’est améliorée et le niveau des réserves de change a augmenté ». Pour la patronne de cette institution de Bretton Woods, « ces réformes maintiennent également d’importants facteurs de stabilité qui ont été fort utiles à la région, dont la parité fixe avec l’euro et la convertibilité illimitée garantie par la France ». Enfin, elle a assuré que l’institution financière internationale « se tient prêt à coopérer avec les autorités régionales en fonction des besoins ainsi qu’à appuyer la mise en œuvre de cette importante initiative. » Martin Kam

Le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, quittera ses fonctions le 1er février

Le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, quittera ses fonctions le 1er février

Le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a annoncé aujourd’hui (7 janvier, dnr) qu’il quitterait son poste après plus de six années d’un mandat durant lequel les actionnaires de l’institution ont fermement soutenu de nombreuses initiatives visant à permettre au Groupe de continuer à exercer un solide leadership au sein de la communauté du développement international. « Ce fut pour moi un grand honneur de présider cette remarquable institution composée de personnes passionnément dévouées à la réalisation de la mission visant à mettre fin à l’extrême pauvreté de notre vivant », déclare M.Kim. « Le travail du Groupe de la Banque mondiale est plus important aujourd’hui que jamais, car les attentes des populations pauvres augmentent partout dans le monde tandis que des problèmes tels que le changement climatique, les pandémies, la famine et la crise des réfugiés ne cessent de gagner en ampleur et en complexité. Ce fut pour moi un grand privilège d’occuper les fonctions de président et de contribuer à positionner l’institution au cœur même de ces défis ». Sous l’impulsion de Jim Yong Kim et avec l’appui des 189 pays membres du Groupe de la Banque mondiale, l’institution a fixé deux objectifs en 2012 : mettre fin à l’extrême pauvreté à l’horizon 2030 et promouvoir une prospérité partagée en axant l’action sur les 40 % les plus pauvres de la population des pays en développement. Aujourd’hui, ces objectifs guident et éclairent le travail quotidien de l’institution à travers le monde. De surcroît, les actionnaires ont fermement soutenu des mesures destinées à encore mieux positionner le Groupe de la Banque mondiale pour répondre aux besoins de développement de ses clients :  L’IDA — fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres — a réalisé successivement deux reconstitutions record de ses ressources qui lui ont permis d’accroître son action dans les zones confrontées à des situations de fragilité, de conflit et de violence.  En avril 2018, les Gouverneurs du Groupe de la Banque mondiale ont massivement approuvé une augmentation de capital historique de 13 milliards de dollars au profit de la BIRD et d’IFC, qui permettra au Groupe d’aider les pays à atteindre leurs objectifs de développement tout en faisant face à des crises telles que le changement climatique, les pandémies, les situations de fragilité et le sous-investissement dans le capital humain à l’échelle mondiale.  Au cours des quelque six dernières années, les institutions du Groupe de la Banque mondiale ont accordé des financements à des niveaux jamais observés jusqu’alors en dehors des crises financières.   Conscient de la capacité des marchés financiers à transformer le financement du développement, le Groupe de la Banque mondiale a créé durant la présidence de M. Kim plusieurs instruments financiers innovants, dont des mécanismes destinés à répondre aux besoins en infrastructure, à prévenir les pandémies et à venir en aide aux millions d’êtres humains contraints de quitter leur domicile par les chocs climatiques, les conflits et la violence. La Banque collabore en outre avec l’Organisation des Nations Unies et des sociétés technologiques de premier plan à la mise en œuvre du Mécanisme de lutte contre la famine pour déceler plus tôt les signes avant-coureurs de famines et prévenir ainsi ces fléaux avant qu’ils ne sévissent. Durant son mandat, le président Kim a insisté sur le fait que le financement de l’infrastructure était l’un des plus grands besoins des pays en développement. Il a donc poussé le Groupe de la Banque mondiale à optimiser le financement du développement en travaillant avec un nouveau cadre de partenaires du secteur privé déterminés à construire dans ces pays des infrastructures durables et intelligentes sur le plan climatique.   Dans ce contexte, M. Kim a annoncé qu’il entrera au service d’une société privée immédiatement après avoir quitté le Groupe de la Banque mondiale et concentrera ses efforts sur l’accroissement des investissements d’infrastructure dans les pays en développement. De plus amples informations seront fournies prochainement sur ces nouvelles fonctions. Outre ses projets d’activités d’investissement en infrastructures, Jim Yong Kim a annoncé qu’il rejoindrait le conseil d’administration de Partners In Health (PIH), organisation qu’il a cofondée il y a plus de 30 ans.   « Je me réjouis à la perspective de travailler à nouveau avec mes amis et collègues de longue date chez PIH sur diverses questions touchant à la santé et l’éducation dans le monde. Je continuerai aussi ma collaboration avec Brown University comme administrateur fiduciaire de l’institution et je me réjouis à la pensée d’occuper le poste de Senior Fellow à l’Institut Watson des affaires internationales et publiques de Brown ». Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale, exercera les fonctions de présidente par intérim à compter du 1er février.

De nombreux obstacles juridiques empêchent les femmes de diriger une entreprise

De nombreux obstacles juridiques empêchent les femmes de diriger une entreprise

87 réformes législatives et règlementaires ont été adoptées au cours des deux dernières années à travers le monde afin d’améliorer la participation économique des femmes, a indiqué la Banque mondiale, soulignant que les gouvernements de 65 économies ont pris des mesures dans ce sens. Malgré ces réformes, les femmes continuent à se heurter à des obstacles considérables, a constaté l’institution financière internationale dans son dernier rapport sur « Les femmes, l’entreprise et le droit ». A noter que le nouveau rapport, qui paraît tous les deux ans et qui couvre désormais 189 économies, comporte pour la première fois un système de notation d’une échelle allant de 0 à 100. Précisons que le système prend en compte sept indicateurs afin de mieux apprécier l’avancement des réformes : l’accès aux institutions, la jouissance de la propriété, l’obtention d’un emploi, les incitations au travail des femmes, l’accès à la justice, l’accès au crédit et la protection des femmes contre la violence. Soulignons qu’en dépit des réformes juridiques engagées, le rapport a noté qu’aucune économie n’obtient la note maximale de 100 pour ces sept indicateurs. Comme l’a relevé le rapport, qui paraît tous les deux ans et qui couvre désormais 189 économies, de nombreux obstacles juridiques empêchent encore les femmes de diriger une entreprise, en raison notamment d’un accès limité au crédit. A ce propos, le rapport a noté qu’il existe une marge d’amélioration importante en matière d’accès au crédit pour les femmes et qu’à cause des obstacles très répandus, celles-ci rencontreraient encore des difficultés à accéder à certains emplois et à contrôler l’utilisation qui est faite des biens matrimoniaux. Selon ce document, « seulement 72 économies interdisent légalement la discrimination fondée sur le sexe dans l’accès aux services financiers, et 79 obtiennent une note de 0 pour cet indicateur mesurant l’accès au crédit. Les économies à faible revenu sont particulièrement peu performantes dans ce domaine, avec un score moyen de 8 ». S’il est avéré qu’«aucune économie ne peut atteindre son plein potentiel économique sans la participation pleine et entière des hommes et des femmes », comme l’a souligné Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale, force est de constater que «dans plus de la moitié des économies du monde, les femmes ne peuvent toujours pas exercer certains emplois uniquement parce qu’elles sont des femmes », a-t-elle regretté. En effet, selon le rapport, dans 104 économies, les femmes n’ont pas le droit de travailler la nuit ou d’occuper certains emplois dans des secteurs spécifiques. Le rapport pointe du doit en particulier les activités manufacturières, la construction, l’énergie, l’agriculture, l’eau et les transports. Des obstacles qui restreignent les perspectives d’emploi de plus de 2,7 milliards d’entre elles, selon les estimations de la Banque mondiale. Par ailleurs, des recherches ont montré que « les inégalités hommes/femmes entraînent une perte de revenus de 15 %, en moyenne, dans les économies de l’OCDE, et que 40 % de ce manque à gagner est imputable aux inégalités dans l’entrepreneuriat », ont indiqué les auteurs du rapport, précisant que cette perte de revenus est estimée encore plus élevée dans les économies en développement. Ce n’est pas tout. D’après le rapport, la discrimination juridique fondée sur le sexe réduit aussi le taux de participation féminine au marché du travail et compromet la croissance économique. L’autre enseignement souligné dans ce rapport, c’est que les recherches ont également montré que « les inégalités entre les sexes expliquent parfois une grande partie des écarts de production par habitant, et nombre d’économies peuvent accroître leur performance en luttant contre les dispositions légales discriminatoires, notamment en matière d’emploi ». Notons qu’un des enseignements du système de notation mis en place est que « les économies les mieux notées sont le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande et l’Espagne. Pour la plupart des indicateurs, ce sont généralement les économies de l’OCDE à revenu élevé qui affichent le meilleur score moyen ». Quoi qu’il en soit, pour Shanta Devarajan, directeur principal de la vice-présidence chargée de l’Économie du développement de la BM, ce qui compte c’est que la publication des données recensées soit utile pour « apporter les changements nécessaires qui permettront aux femmes de faire les meilleurs choix pour elles-mêmes, pour leur famille et pour leur communauté ». Alain Bouithy