DCO 2026 : le Maroc consolide sa place de leader international en intelligence artificielle

En marge des travaux de la cinquième Assemblée générale de l’Organisation de la coopération numérique (DCO), tenue au Koweït, le Royaume du Maroc a été élu, pour la deuxième année consécutive, membre du comité exécutif de l’Organisation au titre de l’année 2026. Le Royaume est arrivé en tête en nombre de voix, devançant l’ensemble des pays candidats. Un résultat qui témoigne de la confiance accordée à l’expérience marocaine en matière de transformation numérique, aux niveaux régional et international. Dans le cadre de sa participation aux travaux de l’Assemblée générale, Madame Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée auprès du Chef du Gouvernement, chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, a présenté la vision du Royaume face aux mutations profondes à l’œuvre à l’ère de l’intelligence artificielle. La ministre a affirmé que l’intelligence artificielle est désormais un enjeu géopolitique et stratégique. Elle impacte directement les modèles de gouvernance, la confiance numérique et le développement des compétences. Les défis et opportunités qu’elle soulève dépassent les frontières. La coopération internationale s’impose pour garantir une transformation numérique inclusive, sûre et durable. Madame la Ministre a également présenté les initiatives nationales engagées par le Maroc en matière d’intelligence artificielle. Elles portent sur le renforcement des cadres juridiques et réglementaires, le développement des compétences, la promotion d’une innovation responsable, ainsi que la mise en place de nouveaux dispositifs encadrant l’exportation de solutions d’IA dans le cadre de l’offshoring. Elle a, par ailleurs, mis en avant les progrès réalisés par le Royaume en 2025 en matière de gouvernance de l’intelligence artificielle, avec un gain de quatorze places dans le classement mondial. Une avancée qui reflète la pertinence des choix stratégiques nationaux et les résultats d’une coopération internationale renforcée, notamment avec l’Organisation de la coopération numérique. Deux initiatives structurantes ont été présentées. La première concerne le Digital for Sustainable Development Hub (D4SD), lancé en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement. Ce centre a contribué à positionner le Maroc comme un pôle arabe et africain de la transformation numérique durable fondée sur l’intelligence artificielle et la science des données. La seconde s’inscrit dans la vision « AI Made in Morocco », à travers le lancement du Réseau des Instituts Al Jazari. Ces instituts constituent des plateformes opérationnelles de coopération entre chercheurs, startups, acteurs publics et privés, dédiées au développement de solutions d’intelligence artificielle fiables, souveraines et inclusives. À l’issue de l’intervention de Madame la Ministre, un film institutionnel consacré au Réseau des Instituts Al Jazari a été projeté. Il présente la stratégie du Royaume visant à traduire son ambition en matière d’intelligence artificielle en réalisations concrètes. Le film souligne le choix du Maroc de ne pas subir les transformations technologiques, mais d’en être un acteur souverain, producteur et prescripteur, au service de la modernisation de l’action publique, de la souveraineté numérique et du positionnement régional du Royaume. Le film met en lumière le caractère intégré du Réseau des Instituts Al Jazari, déployé à l’échelle nationale. Il vise à connecter la recherche scientifique aux besoins concrets, accélérer l’innovation, renforcer les compétences et produire des solutions déployables, au service de priorités nationales telles que les villes intelligentes, la gestion des ressources et les services publics numériques. Le dispositif « Jazari Root » y est présenté comme le socle technologique et stratégique du réseau. Il repose sur une infrastructure souveraine combinant plateformes de données, capacités de calcul avancées et outils mutualisés, garantissant performance, sécurité et agilité. Cette architecture offre aux chercheurs un cadre de recherche appliquée, aux startups un espace d’expérimentation, aux grandes entreprises un levier d’innovation collaborative et aux administrations publiques des solutions opérationnelles pour améliorer la qualité des services aux citoyens. Le film conclut en soulignant que le Réseau des Instituts Al Jazari est ouvert aux partenariats, à l’expérimentation et au codéveloppement, dans une dynamique nationale faisant de l’intelligence artificielle développée au Maroc un levier de transformation numérique et de développement durable.
Nouvelles compétences et intelligence artificielle transforment le monde du travail

Entreprises et travailleurs sont-ils prêts face à la révolution de l’IA ? Tout dépend des pouvoirs publics Depuis des siècles, les progrès technologiques transforment le marché du travail, mais leurs bienfaits n’ont pas toujours été largement partagés. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle (IA) et les technologies numériques bouleversent le monde du travail, et même les pionniers de l’innovation ne sont pas à l’abri des perturbations qu’elles provoquent, comme le montrent les récentes suppressions d’emploi survenues récemment dans de grandes entreprises technologiques. Mais si certains rôles disparaissent, d’autres voient le jour. De nouvelles compétences, de nouvelles tâches et des professions totalement nouvelles sont créées, qui vont de pair avec l’automatisation et ouvrent d’autres voies vers la prospérité. Pour conserver leur emploi ou en trouver un, les travailleurs devront de plus en plus être capables de mettre à jour leurs compétences ou d’en apprendre d’autres. Nous avons passé en revue des millions d’offres d’emploi en ligne pour comprendre l’ampleur de la demande de nouvelles compétences. Il en ressort qu’une offre d’emploi sur 10 dans les pays avancés, et une sur 20 dans les pays émergents, exige désormais au moins une compétence nouvelle. Ce sont les postes hautement qualifiés, techniques et à responsabilité qui requièrent le plus de compétences nouvelles, en particulier dans les technologies de l’information, qui représentent plus de la moitié de cette demande. Les compétences spécifiques à certains secteurs montent également en puissance. Ainsi, dans le secteur de la santé, les compétences dans les domaines des soins à distance et de la santé numérique explosent, et dans celui du marketing, la connaissance des réseaux sociaux est de plus en plus recherchée. Il n’est donc pas étonnant que les mutations du marché de l’emploi suscitent l’anxiété des travailleurs. Près de 40 % des emplois mondiaux étant exposés aux changements apportés par l’IA, les substitutions d’emplois et les perspectives qui se ferment pour certains inquiètent de plus en plus. C’est pourquoi des politiques publiques globales qui anticipent l’avenir s’imposent pour préparer la population active aux emplois de demain et faire en sorte que les avantages de l’IA soient largement partagés. Des salaires plus élevés, mais des effets mitigés sur l’emploi Les employeurs paient davantage les travailleurs qui ont acquis des compétences nouvelles. Au Royaume-Uni et aux États-Unis, les offres d’emploi qui exigent une compétence nouvelle proposent généralement des salaires plus élevés de 3 %. La différence est encore plus grande pour les offres qui en exigent quatre ou davantage. Les salaires de ces postes peuvent être supérieurs de 15 % au Royaume-Uni et de 8,5 % aux États-Unis. Selon nos recherches, ce bond des salaires peut stimuler l’économie locale. Leurs poches plus pleines, les travailleurs dépensent davantage dans les entreprises locales, qui embauchent alors pour répondre à la demande. Ainsi, aux États-Unis, dans les régions les plus dotées en compétences nouvelles, depuis une décennie, l’emploi augmente de 1,3 % pour chaque hausse de 1 point de pourcentage des offres d’emploi exigeant des compétences nouvelles. Ce sont cependant les travailleurs les plus et les moins qualifiés qui en bénéficient principalement, tandis que les emplois moyennement qualifiés, comme les emplois de bureau ordinaires, reculent considérablement. Dans le domaine de l’IA, la situation est encore plus complexe. Ces compétences se traduisent certes par des écarts salariaux, mais jusqu’à présent, elles n’ont pas créé d’emplois, à la différence des autres nouvelles compétences. De fait, dans les métiers sensibles à l’IA, le niveau d’emploi est inférieur dans les régions où la demande de compétences en IA est forte — en baisse de 3,6 % après cinq ans par rapport aux régions où ces compétences sont moins recherchées. C’est une difficulté que rencontrent les jeunes qui débutent, car les emplois en début de carrière sont davantage exposés à l’IA. Ces constatations concordent avec de premières données des États-Unis, selon lesquelles l’adoption de l’IA générative réduit les embauches en bas de l’échelle, en particulier lorsque les tâches peuvent être automatisées. Le monde est-il prêt ? Ces tendances ne sont pas inévitables. Les choix que les décideurs font aujourd’hui peuvent faire de cette désorganisation une chance à saisir. Mais une grande question se pose : comment faire ? Pour aider à y répondre, nous avons élaboré un indice de déséquilibre des compétences à partir de données sur l’emploi recueillies dans plusieurs pays. Celui-ci mesure le poids relatif de la demande potentielle de nouvelles compétences par rapport à l’offre, en retenant les États-Unis comme référence. Il complète l’indicateur de préparation à l’IA mis au point par le FMI, qui porte sur l’état de préparation des pays dans quatre domaines qui permettent d’adopter l’IA sans heurts. On peut globalement classer les pays en deux catégories selon l’indicateur de déséquilibre des compétences. Ceux où la demande de compétences nouvelles est élevée, mais l’offre relativement faible, comme le Brésil, le Mexique et la Suède, doivent investir dans la formation et améliorer l’enseignement des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques. Ils pourraient être amenés à externaliser ou à faire appel à des travailleurs compétents venus de l’étranger. D’autres pays, comme l’Australie, l’Irlande et la Pologne, disposent de talents abondants, mais leur demande est plus faible. Leur tâche consiste à stimuler l’innovation et aider les entreprises à absorber les talents disponibles. Il serait alors utile de mener des réformes qui favorisent l’innovation et la création d’entreprises, et améliorent l’accès des entreprises aux moyens de financement. Les pays émergents et les pays à faible revenu, où la demande, tout comme l’offre, restent relativement limitées, auront besoin d’adopter les deux types de mesures. Plus généralement, les pays devraient faire en sorte d’aider les travailleurs à s’adapter, acquérir de nouvelles compétences et rester actifs dans le monde du travail, et favoriser leur mobilité grâce à des logements abordables et des modalités de travail flexibles. Ils ouvriraient ainsi de nouveaux débouchés et accéléreraient la diffusion des nouvelles compétences. Il est également important de jouer sur la politique de concurrence, et de faciliter l’entrée sur le marché de nouvelles entreprises. Lorsque les entreprises acquièrent leurs rivales pour s’emparer des talents qui font défaut, le pouvoir de marché peut se concentrer et en venir à limiter l’innovation et les opportunités. Par ailleurs, il faut améliorer la protection sociale pour faciliter les transitions professionnelles difficiles et aider les travailleurs à se réintégrer au marché du travail. Enfin, les pouvoirs publics doivent remanier les systèmes éducatifs pour les adapter à une économie fondée sur l’IA. La forte demande de nouvelles compétences informatiques ne se traduit pas
Une nouvelle révolution industrielle ?

TRIBUNE ECO. L’intelligence artificielle pourrait rivaliser avec la vapeur, l’électricité et l’informatique, mais l’histoire semble montrer que nous n’en verrons pas immédiatement tous les effets économiques. La révolution industrielle, qui a débuté en Grande-Bretagne à la fin du XVIIIe siècle, s’est accompagnée de la première vague technologique qui a transformé le système économique. Les siècles suivants ont été marqués par d’autres révolutions, chacune associée à de nouvelles formes de technologie. Quelles leçons pouvons-nous en tirer au sujet des avancées technologiques rapides que nous connaissons aujourd’hui ? Le débat public sur les nouvelles technologies actuelles se cristallise autour de visions d’un avenir éblouissant où l’intelligence artificielle (IA) permettra des percées scientifiques extraordinaires ou au contraire d’un futur dystopique où les travailleurs, devenus obsolètes, s’efforceront de survivre aux côtés d’une élite technologique prospère. Mais l’avènement du chemin de fer et des machines à vapeur au XIXe siècle ou des technologies de l’information et des communications (TIC) à la fin du XXe siècle ont suscité des espoirs et des craintes tout aussi profonds. L’économie et l’histoire nous enseignent pourtant qu’il faut se garder de toute prédiction radicale concernant l’évolution technologique. Les principes économiques de base incitent à envisager avec optimisme les effets de la technologie sur la croissance et les niveaux de vie. En améliorant la productivité des travailleurs, la technologie peut stimuler la demande de main-d’œuvre, entraînant expansion de l’économie et augmentation des salaires. Les progrès matériels obtenus au fil des siècles valident très largement ce scénario idyllique. Les vagues technologiques des 200 dernières années n’ont pas conduit à une montée constante du chômage. Il ne resterait sinon plus qu’une poignée de travailleurs effectuant un nombre toujours plus réduit de tâches. Voilà pour le tableau général, mais certains facteurs compliquent considérablement la donne. L’une des questions qui reviennent souvent à propos des révolutions industrielles antérieures est celle du rythme auquel une nouvelle technologie produit des effets. Technologie d’application générale La première révolution industrielle a eu des répercussions économiques importantes en raison de l’apparition d’une nouvelle technologie multi-usage, la vapeur. Contrairement à des fours à pain plus performants, qui permettent simplement aux boulangers de travailler plus efficacement, les technologies d’application générale ont de nombreuses utilisations possibles et engendrent des gains de productivité à l’échelle de toute l’économie. À partir de la fin du XIXe siècle, la deuxième révolution industrielle a introduit une autre technologie de ce type, l’électricité. Et à la fin du siècle suivant, la troisième révolution industrielle a marqué l’avènement des TIC. Les révolutions industrielles s’accompagnent aussi de ce que l’on a appelé l’« invention d’une méthode d’invention ». Pendant la première révolution industrielle, le défi avait été de trouver comment passer du savoir scientifique à la création de produits utiles. Parce qu’elle offre fondamentalement de nouvelles possibilités de produire des biens et des services et qu’elle a de multiples applications dans de nombreux domaines, il est probable que l’IA constitue elle aussi une technologie d’application générale. Et comme elle fait intervenir de nouvelles manières de trouver des idées, elle est en elle-même une nouvelle méthode d’invention. Il se pourrait bien que cette quatrième révolution industrielle opère une véritable rupture, à l’instar de celles qui l’ont précédée. La polyvalence est essentielle pour qu’il y ait révolution industrielle, mais combien de temps faut-il à une nouvelle technologie pour produire des effets ? D’après l’historien de l’économie Nicholas Crafts, les retombées de la révolution de la machine à vapeur du XIXe siècle ont été plus lentes et plus modestes qu’on ne le pensait jusqu’alors : les bénéfices ne sont apparus qu’après 1830. Au début, en effet, les secteurs utilisant cette innovation ne représentaient qu’une petite fraction de l’économie, et ne pouvaient donc pas générer de gains de productivité spectaculaires. En outre, il faut une vaste réorganisation de l’économie pour pouvoir récolter tous les fruits d’une technologie polyvalente et cela prend du temps. L’exploitation de la vapeur a nécessité de déplacer le travail vers les usines, l’électrification, de repenser les chaînes de production et les TIC, de redéfinir les fonctions administratives dans les entreprises. Le paradoxe de Solow Ce constat devrait atténuer la déception souvent suscitée par les chiffres récents de la productivité. L’un des pionniers de l’économie de la croissance, Robert Solow s’étonnait que l’on voie des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivité. Ce « paradoxe de Solow » renvoie au fait que, malgré l’arrivée des ordinateurs et des nouvelles technologies des communications, les gains de productivité mesurés à la fin du XXe siècle étaient au mieux assez médiocres. À en juger par l’expérience de la première révolution industrielle, il est excessivement optimiste d’espérer que les nouvelles technologies produisent des résultats immédiats. Si on les compare avec les premières retombées de la machine à vapeur, la vitesse et l’ampleur des gains de productivité liés aux TIC sont en réalité sans équivalent dans l’histoire. Il ne fait aucun doute que nous avons mieux su exploiter le potentiel économique des dernières technologies. Même si, depuis des siècles, l’expansion économique et l’élévation des niveaux de vie sont à mettre au crédit des nouvelles technologies, notamment aux progrès réalisés du côté de l’offre, toute une série de facteurs influencent la croissance à court terme. Pour certains économistes, l’atonie de la croissance des dernières décennies résulte d’une faible demande, surtout depuis la crise financière mondiale du début des années 2000. Mais il semblerait que même l’amélioration de l’offre qui a sous-tendu la croissance économique durable des 200 dernières années soit un défi plus difficile à relever aujourd’hui. Pour l’économiste Robert Gordon, des innovations comme l’éclairage électrique et l’eau courante, qui ont eu des conséquences considérables sur la vie quotidienne et l’économie au XXe siècle, étaient les fruits de la technologie les plus faciles à cueillir — et il n’en reste plus beaucoup à récolter. L’histoire laisse-t-elle penser que l’IA pourrait nous sortir de cette impasse ? Malgré les progrès fulgurants des dernières années, cette technologie n’en est encore qu’à ses débuts. Et c’est sans doute aussi le cas pour ses applications pratiques en économie. Jusqu’à présent, la contribution de l’IA à la productivité a été modeste, au point que certains parlent déjà d’un « paradoxe de la productivité ». Pourtant, comme dans le
Les TECNO Glory Night Awards célèbrent les créateurs africains et l’esprit « Power Your Moment » lors de l’AFCON au Maroc

TECNO, en partenariat avec TikTok Live et la CAF, a organisé les TECNO Glory Night Awards à l’occasion de l’AFCON Morocco, célébrant les influenceurs africains les plus inspirants sous le thème « Power Your Moment ». Réunissant des créateurs de plus de vingt pays, des figures du football africain et des partenaires médias, la cérémonie a mis à l’honneur l’excellence créative panafricaine, portée par TECNO AI, alors que la marque renforce son statut de Partenaire Global Officiel de l’AFCON. Cinq distinctions majeures ont été décernées dans le cadre de la campagne continentale #MyPowerMoment : Prix de l’Excellence du Moment : @ultimatekombo2 (Nigeria), @eng_makelele (Tanzanie), @hajar_arssalanee (Maroc) The Moment King/Queen Award : @liquorose_ (Nigeria), @MIMImimitiktok0101 (Côte d’Ivoire), @fallu_etsesvideos (Sénégal) The Creative Spark Award : @sagaba1 (Mali), @therealchiche (Kenya), @brahimlogia (Maroc) The Visual Master Award : @ali_hustler (Égypte), @jennifrank29 (Nigeria), @mayole_francine (Cameroun) The TECNO Partner Award : @solo.md (Ouganda), @cheikhetaltesse (Sénégal), @izziboye (Nigeria) Au-delà de la remise des prix, l’événement a proposé une immersion dans l’écosystème TECNO AI, illustrant le lien entre technologie, sport et expression créative. À propos de TECNOPrésente dans plus de 70 pays, TECNO est une marque technologique innovante pilotée par l’intelligence artificielle, engagée à démocratiser les technologies de pointe sur les marchés émergents.
Maroc/Dr. Issam El Maguiri : L’IA fait émerger un nouvel humanisme pour la profession comptable

L’intelligence artificielle donne des ailes à la profession, la durabilité lui montre la voie et les talents en sont le moteur «L’intelligence artificielle, la transition durable et la formation des talents ne sont plus des thèmes périphériques» pour la profession comptable marocaine, affirme Dr. Issam El Maguiri soulignant qu’« elles deviennent les fondations d’un nouveau contrat social et professionnel». Loin de subir les changements imposés par la révolution numérique et les impératifs de durabilité, la profession a choisi de les anticiper et d’en devenir l’architecte, assure-t-il. Pour cet expert-comptable, ancien président de l’Ordre des experts-comptables (OEC), «l’intelligence artificielle n’est plus une promesse abstraite» dans la mesure où elle transforme déjà le cœur des métiers de la profession, automatise les tâches répétitives, fiabilise les contrôles et libère l’esprit critique et le jugement professionnel. Responsable de la publication de la revue du 10e Congrès de l’Ordre des experts comptables, organisée du 13 au 14 novembre derniers à Rabat sur le thème «IA, durabilité, talents : La stratégie gagnante», Issam El Maguiri note que «l’expert comptable devient un superviseur augmenté, garant de la conformité de l’éthique et contribue à la souveraineté numérique nationale ». Ce, de la tenue juridique à la veille réglementaire, de la data analytics à la supervision des risques. L’IA amplifie la valeur du discernement humain Par conséquent, il apparaît clairement que l’IA est « loin d’être un substitut», mais «agit comme un partenaire exigeant» qui amplifie la valeur du discernement humain et oblige à la rigueur. De l’avis de l’expert, l’intelligence artificielle permet aussi d’ouvrir «la voie à une gouvernance plus réactive, à des missions prédictives ainsi qu’à un conseil en toute matière enrichi par la donnée et la modélisation». Pour autant, faut-il s’inquiéter de cette mutation technologique? S’il reconnaît que ce changement pose des questions éthiques profondes, comme la transparence des algorithmes, la responsabilité en cas d’erreur, la protection des données et biais systémiques, Dr. Issam El Maguiri soutient que «l’enjeu est de conserver la maîtrise humaine sur la machine ». Et pour cela, estime-t-il, il est important que l’IEA soit expliqué, audité et gouverné. Quoi qu’il en soit, «l’expert comptable, par sa culture du contrôle et de la preuve, est idéalement placé pour en devenir le garant. (Aussi) dans un monde où la confiance se dématérialise, il demeure le dépositaire de la responsabilité», rappelle-t-il. En ce qui concerne la durabilité, qui bouleverse le sens même de la performance, il apparaît aujourd’hui que «les entreprises ne se jugent plus à la seule aune de leurs résultats financiers, mais de leur impact sur l’environnement, la société et la gouvernance», fait-il remarquer relevant dans ce cas que l’ESG devient le nouveau langage de la transparence et l’expert comptable son traducteur naturel. Qu’il s’agisse du reporting extra-financier, de l’analyse des risques climatiques, d’audit carbone ou d’évaluation d’impact, il apparaît clairement que ses missions s’étendent à la mesure du long terme. Bien que l’économie durable ne soit pas une contrainte, elle constitue cependant «une opportunité – celle de réconcilier performance et responsabilité. Et l’IEA, bien utilisé, peut en devenir un accélérateur : modélisation énergétique, optimisation et conservation des ressources, gouvernance prédictive, économie circulaire. » S’agissant des talents, il explique que l’IA redéfinit la nature des compétences et du rôle de l’humain mais ne remplacera pas ce dernier. Et pour cause: «Le savoir-faire technique ne suffit plus, il faut le marier à la créativité, à la pensée critique, à la communication et à la conscience éthique». Pour lui, le talent de demain sera hybride, capable de dialoguer avec les algorithmes, de comprendre les enjeux ESG et de donner du sens à la donnée. Et surtout, explique-t-il, «les jeunes générations, en quête d’équilibre des sens, ne rejettent pas l’exigence, elles rejettent l’absurde». L’expert comptable de demain sera le stratège du futur Dr. Issam El Maguiri en est persuadé: l’IA peut rendre la profession à la fois plus désirable et plus vivable, à condition d’être intégrée dans une culture d’apprentissage, de confiance et d’innovation. Il en arrive à la conclusion que «c’est un nouvel humanisme professionnel qui se dessine, celui d’une profession à la fois technologique, durable et humaine ». En dépit de toutes ces évolutions, «l’expert comptable de demain sera le stratège du futur». Il participera à la souveraineté numérique du Maroc, accompagnera la transition écologique et sociale et participera à la formation des talents qui verront vivre cette ambition. Par ailleurs, poursuit-il, si «l’intelligence artificielle donne des ailes à la profession, la durabilité lui montre la voie et les talents en sont le moteur», a-t-il conclu assurant qu’ensemble, ils réinventeront la profession comptable marocaine, capable d’allier performance et responsabilité, vitesse et sagesse, innovation et humanité. Alain Bouithy
Au Bénin, les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre s’engagent à accélérer la transformation numérique dans la région

Grantir l’accès au haut débit, développer les capacités en intelligence artificielle, créer des emplois numériques et bâtir un marché intégré d’ici 2030 À l’issue d’un sommet régional qui s’est tenu les 17 et 18 novembre 2025 au Bénin, les ministres en charge du numérique des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre ont adopté la Déclaration de Cotonou, marquant le fort engagement de leurs pays pour accélérer la transformation numérique dans la région. Dans ce cadre, ils se sont fixés des objectifs ambitieux à l’horizon 2030, notamment pour parvenir à un accès abordable et fiable au haut débit pour 90 % de la population, déployer des infrastructures numériques publiques interopérables comme l’identité numérique et les systèmes de paiement, doubler le commerce électronique intra-africain, et adopter des cadres harmonisés pour la cybersécurité, la gouvernance des données et de l’Intelligence Artificielle (IA) afin de créer un environnement de confiance. La Déclaration de Cotonou prévoit également la formation massive pour faire en sorte que 20 millions de personnes puissent disposer de compétences numériques de base, et que 2 millions de jeunes et de femmes bénéficient d’emplois ou d’entrepreneuriat numériques. Par ailleurs, les ministres se sont engagés à stimuler les écosystèmes d’innovation numérique en partenariat avec le secteur privé. Ils ont également décidé de promouvoir des solutions africaines pour l’IA à travers le développement des infrastructures régionales de calcul, de cloud et des données et la mise en œuvre de programmes d’applications de l’IA dans des secteurs prioritaires pour la transformation économique inclusive. Pour réaliser ces objectifs, la Déclaration appelle à une mobilisation des investissements publics et privés à travers pactes numériques nationaux, qui articuleront objectifs de réformes, besoins en financement et partenariats stratégiques avec le secteur privé autour des objectifs fixés dans la Déclaration pour accélérer la croissance inclusive et la création d’emplois. Des mesures concrètes ont été envisagées pour favoriser l’échange de bonnes pratiques et la coordination visant à créer des marchés numériques régionaux, et inciter le secteur privé à investir dans l’infrastructure numérique en s’appuyant sur des initiatives régionales telles que la Mission 300 (M300), une initiative panafricaine visant à connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030 afin de soutenir la transformation numérique et économique du continent. Le numérique s’impose aujourd’hui comme l’un des leviers les plus puissants de transformation économique et sociale. Véritable moteur de croissance, il stimule la productivité, favorise la création d’emplois et renforce l’inclusion. Les engagements pris à Cotonou traduisent une volonté commune de transformer la promesse du numérique en progrès concrets, et de positionner l’Afrique de l’Ouest et du Centre comme un acteur majeur de l’économie numérique mondiale. Co-organisé par le gouvernement de la République du Bénin et le Groupe de la Banque mondiale, le sommet régional sur la transformation numérique en Afrique de l’Ouest et du Centre a réuni plus de 200 participants composés de personnalités de haut niveau, y compris des ministres, responsables des communautés économiques régionales, dirigeants du secteur privé, jeunes créateurs de solution numériques, organisations de la société civile et experts internationaux. Il répond aux objectifs de l’Union africaine à l’horizon 2030, qui est de garantir un accès universel et abordable au haut débit, bâtir un marché numérique unique africain, et saisir pleinement les opportunités offertes par les technologies en croissance comme l’intelligence artificielle pour réaliser la transformation numérique du continent. Avec BM
SITA’25 / L’IA dans le football : le Maroc au cœur de la transformation digitale du sport

Le workshop « L’Intelligence Artificielle, Levier de Réussite dans le Football : Mesurer, Analyser et Performer », tenu à l’INPT (Rabat) dans le cadre de la 15éme édition de la conférence internationale SITA’25 – IEEE, a réuni chercheurs, entraîneurs, analystes et dirigeants de clubs venus du Maroc et de l’étranger. Cette journée, marquée par des échanges de haut niveau, a mis en lumière les innovations qui redéfinissent la performance footballistique à l’ère de la donnée. La donnée, un actif stratégique au service du football Les clubs et fédérations investissent de plus en plus dans la collecte et le traitement de données sportives. Cependant, les intervenants ont souligné que l’enjeu majeur ne réside pas seulement dans la quantité de données disponibles, mais dans la manière dont elles sont interprétées et dans les ressources humaines mobilisées pour les exploiter. Comme l’a rappelé Karim Hassani, co-fondateur et chercheur du groupe MAI&FOOT : « La donnée est un consommable. Sans les bonnes personnes pour l’analyser et lui donner du sens, elle ne vaut rien. » Les présentations ont démontré comment l’intelligence artificielle et la data permettent d’améliorer la gestion des transferts, le scouting, l’évaluation des joueurs et la performance collective. Dans un contexte marocain en pleine transformation, cette approche scientifique constitue également un levier d’optimisation des ressources financières des clubs, en orientant les investissements vers les talents et les stratégies les plus performantes. Les études de cas présentées — du Benfica Lisbonne à l’Ajax Amsterdam, en passant par la Fédération jordanienne et l’équipe nationale d’Angleterre — ont illustré l’impact concret des modèles analytiques (xG, xT, DxT, VAEP) sur la prise de décision sportive. L’analyse de la donnée dans le football ne vise pas à déshumaniser ce sport, mais à réduire le facteur chance pour permettre une lecture plus juste de la performance. L’IA ne remplace pas l’intuition du coach ou le talent du joueur : elle les éclaire. « L’objectif n’est pas de retirer l’incertitude du football, mais de mieux la comprendre », a précisé l’un des intervenants. Ce workshop, unique dans le paysage scientifique international, confirme la place du Maroc comme acteur émergent de l’intelligence artificielle appliquée au sport. Organisé dans le cadre de la conférence SITA’25 – IEEE, il a rassemblé des experts issus de clubs, de fédérations et d’universités, créant un pont entre recherche scientifique et innovation de terrain. À propos de SITA’25 La conférence internationale SITA (Systèmes Intelligents : Théories et Applications) réunit depuis 2001 chercheurs et ingénieurs du monde entier pour promouvoir l’innovation en intelligence artificielle.
De la file d’attente à l’algorithme : réinventer les services publics africains avec l’intelligence artificielle

Dans de nombreuses villes africaines, il n’est pas rare de passer plusieurs heures dans une file d’attente pour renouveler sa carte d’identité, enregistrer un acte de naissance, ou simplement obtenir un document administratif. Cette réalité, que beaucoup vivent encore au quotidien, symbolise un défi plus large : comment rendre les services publics plus efficaces, accessibles et modernes ? L’intelligence artificielle (IA) pourrait bien être une des clés de cette transformation. Des files d’attente… à perte de vue L’Afrique fait face à une croissance démographique rapide, surtout dans les zones urbaines. Les administrations, souvent héritées de systèmes anciens, peinent à suivre ce rythme. Le résultat : des retards, une surcharge des services, une perte de temps pour les citoyens… et parfois, de la corruption. Mais les choses peuvent changer. L’IA, bien utilisée, peut automatiser certaines tâches répétitives, améliorer la gestion des flux de personnes et aider les agents publics à prendre de meilleures décisions. Autrement dit, l’IA peut transformer l’expérience de l’usager, de l’attente interminable à un service fluide, rapide et personnalisé. Ce que l’IA peut concrètement faire Automatiser les tâches administratives simples De nombreuses demandes dans les administrations suivent des règles précises. Par exemple : renouveler une pièce d’identité, enregistrer une entreprise, ou délivrer un permis. L’IA permet de créer des assistants virtuels (chatbots) capables de guider l’utilisateur, de vérifier que les documents sont complets, voire de préremplir certains formulaires. Ces outils sont déjà testés dans plusieurs pays africains. Au Rwanda, par exemple, la plateforme Irembo permet de faire plus de 100 démarches administratives en ligne. Elle n’utilise pas encore pleinement l’IA, mais cette évolution est en cours : des outils d’IA pourraient bientôt détecter les erreurs dans les dossiers et suggérer des corrections en temps réel. Gérer les priorités de manière intelligente Imaginez un système de rendez-vous qui répartit les citoyens selon la complexité de leur dossier, leur lieu de résidence ou leur situation d’urgence. Grâce à l’apprentissage automatique, l’IA peut analyser les flux de demandes, prévoir les périodes de forte affluence, et adapter les horaires ou les effectifs en conséquence. Ce type de solution permettrait, par exemple, à une mairie de mieux gérer les périodes de rentrée scolaire, où les demandes de certificats explosent. Fini les queues interminables : chacun viendrait à une heure définie, avec une chance réelle d’être servi rapidement. Lutter contre la fraude et améliorer la transparence L’un des problèmes récurrents dans certains services publics, c’est la perte ou la falsification de documents. L’IA, combinée à la blockchain ou à des systèmes de reconnaissance d’images, peut jouer un rôle crucial ici. Par exemple, un algorithme peut comparer la photo d’une pièce d’identité avec une base de données nationale pour éviter les doublons. Il peut aussi repérer des incohérences dans les dossiers. Ce type d’automatisation renforce la confiance du public et réduit les tentations de corruption, car les décisions sont prises de manière plus objective et traçable. L’exemple des services de santé Un autre domaine où l’IA peut faire des merveilles, c’est la santé publique. Dans certains pays, les délais pour consulter un médecin ou accéder à un centre de soins sont très longs. L’IA permet d’optimiser les rendez-vous, de faire des pré-diagnostics à distance (via des applications mobiles) et d’identifier les zones où les besoins médicaux sont les plus urgents. Au Kenya, l’application m-TIBA permet déjà de suivre les dépenses médicales et d’accéder à des soins via le téléphone mobile. En y intégrant des fonctions d’IA, il sera possible de mieux analyser les données de santé et de proposer des campagnes de prévention ciblées. Les défis à relever Mais attention : l’IA n’est pas une baguette magique. Son déploiement dans les services publics africains pose plusieurs défis. L’accès aux données de qualité Les algorithmes ont besoin de données fiables pour fonctionner. Or, dans plusieurs administrations, les données sont mal organisées, incomplètes ou encore sous format papier. Il faut donc d’abord investir dans la numérisation, la sécurité et la gestion des données. La formation des agents L’IA ne remplace pas les fonctionnaires : elle les aide. Mais encore faut-il qu’ils sachent l’utiliser. Une formation continue est indispensable pour que les agents publics ne voient pas l’IA comme une menace, mais comme un allié. La question de l’équité L’IA doit servir tous les citoyens, y compris ceux qui n’ont pas accès à internet ou à un smartphone. Les solutions mises en place doivent donc rester inclusives : par exemple, combiner des guichets physiques modernisés avec des services numériques, ou créer des points d’accès gratuits dans les quartiers populaires. Un avenir prometteur Le potentiel est immense. En Afrique, l’IA peut justement être un accélérateur de rattrapage. Là où les processus manuels ont longtemps freiné le développement des services publics, l’automatisation intelligente peut faire gagner des années d’efficacité. Mais ce changement ne doit pas se faire sans réflexion. Il faudra des partenariats publics-privés, une vision stratégique des gouvernements, et surtout, placer les citoyens au centre de cette transformation. Conclusion Passer de la file d’attente à l’algorithme, c’est possible. Ce n’est pas juste une question de technologie, mais de volonté politique, de vision et d’inclusion. L’Afrique n’a pas besoin de copier les modèles occidentaux. Elle peut inventer les siens, adaptés à ses réalités, à ses besoins et à sa jeunesse. Et peut-être qu’un jour, renouveler ses papiers administratifs ne prendra plus que quelques clics. Par Ahmed OUTZOURHIT Directeur de l’école d’Ingénierie Institut Supérieur d’Ingénierie et des Affaires ISGA – Marrakech