Cheick-Oumar Sylla : l’IFC aide les entreprises marocaines à renforcer leur empreinte dans la région

Le Maroc est un partenaire extrêmement important pour la Société financière internationale – SFI (IFC en anglais), a affirmé le directeur régional pour l’Afrique du Nord de cette institution du groupe de la Banque mondiale, Cheick-Oumar Sylla. Il « constitue une porte d’entrée pour l’intégration régionale qui peut stimuler la croissance économique des pays voisins en créant des champions régionaux, du commerce et des opportunités de bonnes pratiques à reproduire », a-t-il indiqué la veille de la 5ème édition de l’Africa Financial Summit (AFIS) dont les travaux ont démarré lundi 3 novembre à Casablanca. Et de préciser que cette organisation internationale a aidé plusieurs entreprises marocaines à renforcer leur empreinte dans la région. Depuis le début des années 2000, l’institution dédiée au développement du secteur privé dans les pays émergents « a soutenu l’expansion vers le reste de l’Afrique de grands groupes bancaires et d’assurance marocains tels que BCP, Attijariwafa Bank, BOA, Saham Group et Holmarcom », a déclaré Cheick-Oumar Sylla dans un entretien accordé à l’agence MAP. Son soutien s’est également étendu à d’autres entreprises. En effet, l’IFC a également collaboré avec Ciments de l’Afrique (CIMAF) pour augmenter la production de ciment en Afrique de l’Ouest, avec OCP Africa pour soutenir la sécurité alimentaire sur le continent, avec Retail Holding pour soutenir l’expansion de sa filiale leader en Côte d’Ivoire et avec Maroc Telecom pour fournir des prêts liés à la durabilité à ses filiales en Afrique, notamment au Tchad et au Mali, a-t-il poursuivi. Dans cet entretien, Cheick-Oumar Sylla rappelle en outre que l’institution financière apporte aussi des financements dans de grands projets, citant le cas récent du complexe portuaire Tanger Med. Ce n’est pas tout : « L’an dernier, le Groupe Banque mondiale – via IFC et la MIGA – a collaboré avec Tanger Med pour agrandir le terminal de camions et de passagers et renforcer la position stratégique du Maroc comme hub du commerce régional et mondial », a-t-il également rappelé. Sur les priorités communes à l’institution et au Royaume, le directeur régional pour l’Afrique du Nord de l’IFC a insisté sur le fait que l’objectif de l’institution au Maroc est de « mobiliser des capitaux privés pour libérer le potentiel des entreprises, en particulier des PME, qui sont des moteurs clés de l’emploi et de la croissance inclusive ». Concrètement, il s’agit de « soutenir les banques pour améliorer l’accès au crédit des PME, investir dans les infrastructures pour renforcer la compétitivité et développer des solutions de financement innovantes », a-t-il expliqué. Le travail de la Société financière internationale sur l’accès au financement s’étend également à la promotion de l’inclusion financière dans les zones rurales – notamment pour les agriculteurs – via des solutions AgTech. Cheick-Oumar Sylla rappelle à ce propos que l’IFC a récemment « collaboré avec Bank Al-Maghrib pour améliorer la résilience agricole et l’inclusion financière en rendant les outils numériques et les services financiers adaptés plus accessibles aux petits exploitants agricoles ». En plus de soutenir le développement des secteurs de l’énergie solaire, de l’eau, de l’hydrogène vert, qui sont des priorités stratégiques communes, ainsi que les secteurs du textile et pharmaceutique, l’institution soutient en parallèle « des réformes clés du secteur privé pour améliorer le climat des affaires et des projets PPP stratégiques, notamment le terminal GNL qui sera développé à Nador ». Enfin, l’organisation fournit des services d’investissement et de conseil aux champions marocains pour leur expansion nationale mais aussi dans les pays d’Afrique subsaharienne. D’après Cheick-Oumar Sylla, l’année dernière, l’Institution a atteint un niveau d’investissement sans précédent au Maroc avec près de 1,3 milliard de dollars investis dans divers secteurs, précisant que «quatre de ces investissements étaient en fonds propres». Alain Bouithy
IFC investit dans une émission obligataire record d’IHS Towers pour accélérer la connectivité numérique dans les marchés émergents

IFC a réalisé (récemment, DNR) un investissement de référence dans une émission obligataire à deux tranches, d’une valeur totale de 1,2 milliard de dollars — marquant la plus grande mobilisation jamais enregistrée pour une seule obligation — au bénéfice d’IHS Holding Limited (NYSE : IHS) (« IHS Towers »), avec pour objectif de promouvoir la connectivité numérique auprès de millions de personnes dans les marchés émergents d’Afrique, d’Amérique latine et du Moyen-Orient. « Les fonds mobilisés permettront à l’entreprise de refinancer sa dette tout en soutenant sa croissance organique sur l’ensemble de ses marchés. L’enveloppe de financement, qui comprend un premier engagement d’IFC à hauteur de 100 millions de dollars, aidera la société à refinancer une partie de sa dette à court terme et à rallonger les échéances de ses emprunts. IHS Towers, l’un des plus grands fournisseurs indépendants d’infrastructures de communication au monde, construit des pylônes, accompagne le déploiement des équipements des opérateurs de réseaux mobiles et fournit la connectivité par fibre optique à ses clients. Selon les estimations, 95 % des personnes n’ayant pas accès à Internet résident dans des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, ce qui offre une opportunité non négligeable d’étendre la connectivité numérique. L’accès à des services Internet abordables et de qualité est un levier clé pour le développement économique et social, en favorisant la croissance des entreprises, des économies locales, ainsi que l’accès à l’éducation, aux soins de santé et aux services financiers. Cet investissement marque une étape majeure dans la réduction du fossé numérique et le soutien à une croissance durable et inclusive dans les marchés émergents. Nous sommes fiers de soutenir IHS Towers à travers ce partenariat qui contribue à favoriser l’inclusion numérique et à donner aux entreprises et aux particuliers un meilleur accès aux outils numériques qui stimulent l’innovation, créent des emplois et renforcent les communautés, en particulier dans les zones les plus reculées des pays couverts par cet important projet », a déclaré Dahlia Khalifa, directrice régionale d’IFC pour l’Afrique du Centre et l’Afrique de l’Ouest anglophone. IHS Towers poursuivra ses initiatives visant à intégrer l’énergie solaire et des systèmes économes en énergie afin de réduire l’intensité des émissions de carbone de ses pylônes. IHS Towers se positionne ainsi comme acteur central dans la stimulation de l’innovation et de la croissance dans le secteur des télécommunications. « Nous sommes fiers de soutenir des solutions innovantes qui font progresser l’inclusion numérique tout en privilégiant la durabilité », a affirmé Sarvesh Suri, directeur régional d’IFC pour le secteur Infrastructures et ressources naturelles en Afrique. « Notre collaboration avec IHS Towers souligne notre engagement commun à promouvoir le développement durable à l’échelle mondiale, en particulier en Afrique subsaharienne, en donnant aux communautés les moyens de participer pleinement à l’économie numérique. » IFC est un partenaire de longue date d’IHS Towers, qui exploite plus de 40 000 pylônes facilitant la couverture et la connectivité mobiles d’environ 750 millions de personnes dans 10 pays : Afrique du Sud, Cameroun, Côte d’Ivoire, Égypte, Nigéria, Rwanda, Zambie, Brésil, Colombie et Koweït. Environ les trois quarts des pylônes d’IHS se trouvent en Afrique. En finançant des infrastructures clés telles que les réseaux mobiles et les fournisseurs de haut débit, IFC contribue activement à l’expansion de la connectivité numérique, stimulant ainsi l’économie digitale en Afrique tout en offrant un accès fiable et abordable à des millions de personnes.
IFC investit dans Bénin Terminal pour stimuler les échanges et créer des emplois au Bénin et en Afrique de l’Ouest

La Société financière internationale (IFC) a annoncé (28 novembre 2024, DNR) un financement en faveur de Bénin Terminal (BT), le plus grand terminal à conteneurs du pays, afin d’améliorer les opérations du Port de Cotonou et de stimuler les échanges commerciaux au Bénin et en Afrique de l’Ouest. IFC prêtera jusqu’à 20 millions d’euros à BT, qui est une filiale d’Africa Global Logistics (AGL) détenue par Mediterranean Shipping Company Holding SA (MSC), la plus grande compagnie de transport de conteneurs au monde. Ce financement, qui s’inscrit dans le cadre d’un vaste plan d’investissement de 165 millions d’euros de BT pour améliorer ses opérations, permettra à ce dernier d’accroître sa capacité d’accostage et de stockage. À la suite des travaux d’améliorations financées par ce financement, qui marque le tout premier investissement direct d’IFC dans le secteur des infrastructures du Bénin, IFC estime que l’activité accrue du terminal ajouterait une valeur brute estimée à 873 millions de dollars à l’économie du Bénin (soit l’équivalent d’environ 1,2 % de son PIB) et soutiendrait plusieurs milliers d’emplois indirects et induits supplémentaires d’ici 2035. Les aménagements effectués contribueront à réduire les goulots d’étranglement et à accroître considérablement l’efficacité des opérations de manutention des conteneurs et la qualité des services du terminal. Le projet augmentera la capacité du terminal en doublant le nombre et la longueur des quais et en équipant ce dernier de nouvelles grues de manutention respectueuses de l’environnement. Il contribuera aussi à l’agrandissement sur 15 hectares de l’espace de stockage et à la modernisation de l’accès au terminal et accroîtra ainsi de 33 % la capacité statique de ce dernier. Le projet mettra aussi l’accent sur la durabilité et l’atténuation des effets du changement climatique en appliquant les normes de performance d’IFC. Le projet sera mis en œuvre sous le label « Green Terminal » d’AGL, qui a pour objet d’améliorer la performance environnementale et de formaliser les engagements écologiques de l’entreprise dans le secteur de la logistique. « Nous nous réjouissons de travailler en partenariat avec IFC dans le cadre de ce projet transformateur », a déclaré Fabrice Ture, directeur général de Bénin Terminal. « L’expansion de notre terminal améliorera considérablement nos opérations, et renforcera l’attractivité du Bénin en tant que pôle régional pour le commerce. Ce projet témoigne de notre détermination à contribuer au développement économique du Bénin et de l’Afrique de l’Ouest en général. » « La promotion de l’industrialisation de l’économie béninoise, notamment grâce à l’expansion des infrastructures de transport et de la logistique qui la soutient, est un aspect essentiel de la stratégie d’IFC au Bénin », a déclaré Olivier Buyoya, directeur régional d’IFC pour l’Afrique de l’Ouest. « En augmentant la capacité de Bénin Terminal, nous facilitons le commerce régional et nous améliorons la connectivité et la logistique de manière à renforcer la compétitivité et à promouvoir l’inclusion. » Le Port de Cotonou, où BT est installé, revêt une importance cruciale pour le commerce du pays et la génération de recettes douanières, et traite la plus grande partie des échanges internationaux du Bénin. Il est aussi un point de transit clé en Afrique de l’Ouest, car il permet aux pays enclavés de la région d’exporter et d’importer. L’augmentation de la capacité de Bénin Terminal favorisera de manière significative l’intégration commerciale de la région, en aidant à accroître les volumes de fret commercial et, par conséquent, en améliorant les résultats économiques de chaînes d’approvisionnement comme l’agriculture, le commerce et le transport. IFC a un portefeuille d’investissements en cours au Bénin d’une valeur de 60,8 millions de dollars ainsi qu’un portefeuille de services-conseil d’une valeur de 1,5 million de dollars, couvrant principalement le secteur financier. La Banque mondiale, qui appuie la stratégie de développement du Bénin, entend avant tout favoriser la croissance économique, améliorer la fourniture de services essentiels, la gouvernance et les capacités institutionnelles.
Maroc: L’AMMC et IFC présentent le bilan des pratiques de Reporting ESG

L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et la Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, ont organisé aujourd’hui une conférence pour présenter le bilan des pratiques des émetteurs en matière de reporting environnemental, social et de gouvernance (ESG) et pour échanger avec les acteurs du marché des capitaux marocain sur leurs retours d’expérience et les évolutions attendues. Cette conférence s’inscrit dans le cadre des initiatives de l’AMMC visant à favoriser le développement de la finance durable au Maroc et dans le prolongement de l’accord de coopération conclu entre IFC et l’AMMC en 2021 pour améliorer les pratiques des entreprises en matière de reporting environnemental, social et de gouvernance (ESG). Le reporting ESG a été instauré par la circulaire de l’AMMC n°03/19 relative aux opérations et informations financières, dans l’objectif de mieux renseigner le marché sur la performance et les risques extra-financiers des émetteurs. Cet évènement a permis de partager avec les parties prenantes concernées, notamment les émetteurs, les investisseurs et les professionnels, les résultats de l’appréciation des reporting ESG sur la période 2021-2023 réalisée à l’aide d’un outil d’évaluation de la conformité et de la qualité des rapports, développé avec l’assistance de IFC. Il a permis également d’échanger avec les participants sur leurs retours d’expérience ainsi que sur les pistes et perspectives d’amélioration du cadre actuel.
En Guinée, IFC soutient Marifala pour stimuler le développement de l’industrie locale du meuble

Afin de réduire la dépendance aux importations, de créer des emplois et de faciliter l’accès à des meubles de bonne qualité et abordables en Guinée, IFC a annoncé (jeudi 12 septembre, DNR) l’octroi d’un financement en faveur de Marifala Gallery Sarlu (Marifala), le principal producteur national de meubles modernes. IFC va prêter jusqu’à 13 millions de dollars à Marifala pour financer la construction d’un complexe industriel moderne qui lui permettra de regrouper et de développer ses activités, actuellement dispersées sur plusieurs sites à Conakry, la capitale guinéenne. Grâce à l’appui d’IFC, Marifala sera en mesure d’améliorer son efficacité et de tripler sa capacité de production. L’entreprise pourra ainsi passer à une production de masse de meubles de qualité à moindre coût, fabriqués dans le pays. L’investissement d’IFC est soutenu par un prêt concessionnel subordonné d’un montant maximum de 6 millions d’euros (6,5 millions de dollars) accordé par le guichet du secteur privé de l’Association internationale de développement (IDA PSW) dans le cadre de son Mécanisme de financements mixtes. Le financement aidera également Marifala à ouvrir quatre nouveaux magasins de détail, trois à Conakry et un à Bamako, au Mali. Il s’agit du premier investissement d’IFC accordé au titre de l’Initiative des Champions Locaux, un programme conçu pour fournir des services-conseils et un soutien financier à des entreprises de premier plan dans les secteurs de la fabrication, de l’agro-industrie et des services, et qui ont le potentiel de développer leur impact, leur taille, et leurs opérations à l’échelle régionale ou mondiale « Soutenir la croissance de champions locaux comme Marifala est essentiel pour aider la Guinée à diversifier son économie et à développer l’industrie manufacturière locale, explique Yosuke Kotsuji, Manager en charge de l’agro-industrie pour l’Afrique à IFC. « IFC se réjouit d’aider Marifala à passer à un niveau supérieur de croissance, à créer plus d’emplois et à jouer un rôle majeur dans le secteur de l’ameublement en Guinée et au-delà. » « Grâce au soutien d’IFC, nous sommes prêts à accroître notre capacité de production, à améliorer nos installations et à investir dans de nouvelles technologies pour produire des meubles modernes de haute qualité, déclare Abdoulaye Diallo, le directeur général de Marifala. Ce financement permettra non seulement de dynamiser la fabrication locale de meubles en Guinée, mais il aura aussi un impact positif sur l’emploi et ouvrira de nouvelles perspectives aux travailleurs de notre pays. Nous embauchons et nous formons déjà davantage de personnel plus qualifié, ce qui contribue à renforcer les compétences et les capacités de la main-d’œuvre guinéenne. » Le marché de l’ameublement en Guinée est en plein essor, porté par la croissance de la population urbaine et un secteur immobilier florissant. Toutefois, 75 % du marché actuel repose sur des importations, ce qui signifie souvent de longs délais d’acheminement et des coûts de transport élevés. La hausse de la production locale créera des centaines d’emplois tout au long de la chaîne de valeur et permettra en outre aux consommateurs guinéens d’avoir un plus large choix de produits abordables et de haute qualité, livrés plus rapidement. Outre son soutien financier, IFC fournira des services-conseils en amont pour aider Marifala à évaluer la faisabilité du développement de ses propres concessions forestières et à améliorer ses pratiques de gestion financière. Ces interventions favoriseront la traçabilité et la durabilité de l’approvisionnement en bois massif, conformément aux normes de performance d’IFC et aux critères internationaux de développement durable, ainsi qu’une gestion saine des ressources financières de l’entreprise. Sur ce point en particulier, l’équipe spécialisée d’IFC aidera Marifala à améliorer l’efficacité de ses opérations financières dans des domaines clés, notamment la planification et les rapports financiers, l’utilisation du système de planification des ressources de l’entreprise et la gestion du fonds de roulement. Tout en s’attachant à améliorer le climat des affaires, à renforcer l’accès des micros, petites et moyennes entreprises à des financements, et à soutenir le développement d’un secteur minier durable, IFC accroît aussi ses investissements dans les secteurs de la fabrication et de l’agro-industrie pour soutenir le plan de diversification économique de la Guinée.
Thomas Pellerin : Le secteur du textile marocain doit évoluer et tenir compte des exigences du pacte vert pour l’Europe

Le secteur marocain du textile et de l’habillement doit évoluer pour «tirer parti des possibilités offertes par la restructuration des chaînes logistiques mondiales», selon le responsable régional en charge de l’investissement à la Société financière internationale (IFC), Thomas Pellerin. Il est aussi nécessaire qu’il «tienne compte des exigences que le pacte vert pour l’Europe – un ensemble de mesures visant à engager l’UE sur la voie de la transition écologique – imposera aux produits importés dans l’UE d’ici à 2030», a-t-il estimé dans un entretien accordé à la MAP. Thomas Pellerin fait particulièrement allusion à celles spécifiant que les produits textiles doivent autant que possible être fabriqués à partir de fibres recyclées. Se référant aux données publiées par la Banque mondiale, il a rappelé que «près de 78 milliards de dollars sont nécessaires pour verdir l’industrie marocaine et mobiliser l’investissement, en faveur, entre autres, d’un textile durable et compétitif». Cela représente un investissement annuel de 3,5% du PIB d’ici 2050, a-t-il relevé dans cet entretien assurant au passage que c’est au cœur de la stratégie d’IFC au Maroc». A ce propos, étant donné que l’IFC est la plus grande institution mondiale de développement axée sur le secteur privé dans les pays en développement, le responsable explique que c’est à cette organisation du Groupe de la Banque mondiale qu’incombe d’apporter un accompagnement unique sur trois plans principaux. Le premier plan consiste à jouer un rôle fédérateur pour mobiliser tous les acteurs, domestiques et internationaux. Le second vise à «fournir un appui technique et une expertise sectorielle pour aider l’ensemble du secteur à prendre le train de la circularité». Quant au troisième plan, il implique que l’organisme apporte «un accompagnement financier direct aux leaders du marché – pas uniquement en termes de taille d’investissements mais également en termes de leur capacité d’innovation et de transformation du secteur». Au cours de cet entretien, Thomas Pellerin a affirmé que le secteur du textile est prioritaire pour l’IFC au Maroc et que «l’appui à la transition vers le circulaire s’inscrit directement dans la lignée de nos actions stratégiques d’appui à la décarbonation de l’industrie dans le pays». Plus généralement, le responsable régional en charge de l’investissement à l’IFC affirme que « la relance verte du Maroc est l’un des piliers de la stratégie d’IFC pour le pays». L’occasion pour ce dernier de rappeler qu’un accord de «prêt vert» (une forme de financement qui met à disposition des fonds pour financer des projets verts) de 100 millions d’euros a été signé, en avril dernier, entre l’IFC et l’OCP pour la construction de quatre centrales solaires devant permettre au groupe industriel de réduire son empreinte carbone et d’accroître sa production d’engrais verts. Thomas Pellerin rappelle également qu’en matière de finance durable, l’organisme international a émis en 2017 le premier green bond en devises au Maroc via la Banque Centrale Populaire (BCP) et a soutenu l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) pour la mise en place du guide technique des émissions d’obligations vertes (qui permettent le financement de projets ayant un impact sur le changement climatique et un impact social). Par ailleurs, a-t-il poursuivi, l’«IFC continue d’accompagner le secteur financier en s’associant à Bank Al-Maghrib (BAM) pour développer un cadre sur les risques climatiques et accompagner deux banques marocaines sur ce sujet». Concernant la décarbonation, le responsable note que l’IFC a accordé, en 2020, le premier prêt non souverain à la région de Casablanca pour l’extension de son tramway et pour soutenir la mobilité verte. Il rappelle enfin que l’institution financière a «par ailleurs soutenu l’innovation et les start-up engagées dans la lutte contre le changement climatique avec notre programme d’accompagnement du Cluster Solaire». De l’avis du responsable, l’IFC contribue au développement d’un marché des technologies en faveur du climat au Maroc afin de créer des emplois tout en aidant le pays à atténuer et réduire les risques climatiques. Thomas Pellerin s’est enfin exprimé aussi sur les chantiers en cours au Maroc, précisant que ceux-ci «portent sur le développement d’éco-parcs industriels (notamment dans la région de Tanger), et la promotion de l’efficacité des ressources (resource efficiency) dans le secteur pharmaceutique», a-t-il conclu. Alain Bouithy
Maroc: L’AMMC et IFC élargissent leur collaboration

L’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) et IFC ont signé un nouvel accord de coopération pour le développement de la finance durable sur le marché Marocain. Ledit accord prévoit un élargissement du cadre de référence de la finance durable ainsi que des mesures visant à favoriser l’intégration des facteurs ESG dans les activités financières, notamment d’investissement. Cet accord s’inscrit également dans la continuité du partenariat initié en 2016 entre les deux institutions en vue de la promotion de la finance durable. En effet, IFC a apporté son soutien aux initiatives de l’AMMC en matière de développement de guides pour l’émission des instruments financiers durables tels que les green bonds, les social bonds et les sustainability bonds. En outre, l’AMMC et IFC collaborant également pour renforcer les capacités de l’écosystème du marché des capitaux en matière de reporting ESG grâce notamment à des programmes de formation et le développement d’outils efficaces d’évaluation, de suivi et d’encadrement de ce reporting. Le développement d’un marché des capitaux durable au Maroc fait partie des orientations stratégiques prises par l’AMMC dans le cadre de son plan stratégique 2021 -2023 en cohérence avec les priorités nationales, et permettra de contribuer à une relance économique plus durable et résiliente. « Durant les dernières années, le marché des capitaux marocain a connu des avancées significatives en matière de finance durable grâce aux différentes mesures mises en place par l’AMMC en collaboration avec les différentes parties prenantes. IFC a apporté une valeur ajoutée à plusieurs de ces mesures et l’accord que nous venons de signer permettra de compléter les initiatives déjà mises en place et ce, dans l’objectif d’aligner le marché des capitaux sur le développement durable conformément aux engagements de l’autorité et aux orientations stratégiques nationales », a déclaré Nezha HAYAT, Présidente de l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux. « La collaboration historique entre IFC et l’AMMC a été fructueuse. Le Maroc se positionne aujourd’hui comme un des leaders des marchés des capitaux durables dans les pays émergents », a déclaré Xavier REILLE, directeur d’IFC pour le Maghreb. « Ce nouveau partenariat va contribuer à stimuler les investissements verts domestiques et internationaux en lien avec les objectifs du modèle de développement du Royaume », a-t-il souligné.
Sénégal: Makhtar Diop nommé directeur général et vice-président exécutif d’IFC

Le président du Groupe de la Banque mondiale David Malpass a annoncé le 18 février dernier la nomination de Makhtar Diop au poste de directeur général et vice-président exécutif de la Société financière internationale (IFC), dont la mission est de promouvoir l’expansion économique et améliorer les conditions de vie des populations en favorisant l’essor du secteur privé dans les pays en développement. « Makhtar Diop a à son actif une expérience approfondie dans les domaines du développement et de la finance et une carrière marquée par un leadership énergique et le sens du service vis-à-vis des pays en développement, tant dans le secteur public que dans le privé, indique M. Malpass. Il apportera à IFC des compétences qui aideront le Groupe de la Banque mondiale à poursuivre avec célérité son action dans la lutte contre la crise mondiale et à continuer d’œuvrer en faveur d’une relance verte, résiliente et inclusive. Nous avons besoin d’un environnement porteur et d’entreprises florissantes afin d’attirer des investissements, créer des emplois et favoriser le déploiement d’une électricité bas carbone et de transports propres, de l’eau potable, des infrastructures et des services numériques, et pour contribuer plus largement à l’ensemble des progrès de développement essentiels à notre mission de réduction de la pauvreté et de prospérité partagée. » M. Diop aura pour tâches principales d’approfondir et stimuler la stratégie « 3.0 » d’IFC, dont l’objectif est de favoriser la création de nouveaux marchés et mobiliser des capitaux privés à grande échelle, et de mettre en œuvre les engagements pris au titre du programme d’augmentation du capital d’IFC, qui comprennent notamment une hausse des investissements pour le climat et pour l’égalité hommes-femmes et un soutien accru aux pays en situation de fragilité, conflit et violence. Il aura également pour mission de renforcer les liens entre IFC, la BIRD/IDA et la MIGA, en contribuant ainsi à l’accélération des efforts déployés par le Groupe de la Banque mondiale en vue de stimuler le développement de ses pays clients. La stratégie 3.0 d’IFC consiste notamment à agir davantage en amont, c’est-à-dire en intervenant à un stade plus précoce du processus de développement des projets afin de créer les conditions qui permettent de mobiliser des solutions auprès du secteur privé et de défricher de nouvelles possibilités d’investissement. Elle prévoit également d’étendre l’impact d’IFC dans les pays les plus pauvres et les plus fragiles, avec l’objectif de tripler ses investissements annuels pour son propre compte dans ces pays. Ancien ministre de l’Économie et des Finances du Sénégal, M. Diop est actuellement vice-président de la Banque mondiale pour les Infrastructures et dirige à ce titre les actions menées par l’institution pour mettre en place des infrastructures efficaces dans les économies émergentes et en développement, au service d’une croissance sans exclus et durable. Dans le cadre de ces fonctions, il supervise les activités stratégiques de la Banque mondiale dans les secteurs de l’énergie, du transport et du développement numérique, ainsi que ses initiatives visant à accroître l’offre de services d’infrastructures de qualité au moyen de partenariats public-privé. Il avait occupé auparavant pendant six ans le poste de vice-président de la Banque mondiale pour la Région Afrique, qui a mené sous sa direction une expansion majeure de ses activités, avec des engagements d’un montant record de 70 milliards de dollars. Ardent défenseur de l’Afrique et du développement durable, il a notamment été à la tête des efforts destinés à accroître l’accès à des sources d’énergie durable à un coût abordable et à promouvoir un environnement propice à l’innovation et à l’adoption des nouvelles technologies. M. Diop a été directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Brésil et, auparavant, pour le Kenya, l’Érythrée et la Somalie. Il a commencé sa carrière dans le secteur bancaire et possède une grande maîtrise de l’interface public/privé ainsi qu’une expérience directe des réformes structurelles en soutien au secteur privé, acquise notamment dans le cadre de ses fonctions de ministre de l’Économie et des Finances du Sénégal. Ancien économiste au Fonds monétaire international (FMI), il a également dirigé le département Finances, secteur privé et infrastructure de la Région Amérique latine et Caraïbes de la Banque mondiale. Reconnu pour son leadership dans le domaine du développement, M. Diop a été désigné comme l’un des 100 Africains les plus influents du monde. Il s’est vu décerner en 2015 le prestigieux prix Regents’ Lectureship Award de l’université de Californie (Berkeley). Il est diplômé en économie et en finance. Sa nomination prendra effet au 1er mars 2021.