Maroc/Secteur Informel. Plus d’unités, moins de poids économique

En dépit d’une croissance en valeur absolue, la contribution relative du secteur informel à la production nationale a baissé entre 2014 et 2023, selon le Haut-commissariat au plan (HCP). Le chiffre d’affaires annuel du secteur informel est passé de 409,4 à 526,9 milliards de dirhams entre 2014 et 2023, ce qui correspond à une progression de 28,7%, note d’emblée le Haut-commissariat soulignant que cette hausse reste modérée avec un taux de croissance annuel moyen de 2,6%. La part du secteur informel dans la production nationale est passée de 15% en 2014 à 10,9% en 2023 Par ailleurs, selon les résultats de l’Enquête nationale sur les unités de production opérant dans l’informel 2023/2024, «la production informelle a également progressé, atteignant 226,3 milliards de dirhams en 2023, soit une augmentation globale de 22,3%». Cependant, le HCP note qu’en dépit «cette augmentation en valeur absolue, la part du secteur informel dans la production nationale hors agriculture et administration publique est passée de 15% en 2014 à 10,9% en 2023». Bien que sa part ait légèrement diminué, passant de 34,7% en 2014 à 30% en 2023, le commerce demeure le secteur principal dans la structure de la production du secteur informel, poursuit le HCP relevant, en revanche, une progression significative des services qui ont atteint 24% en 2023 contre 18,6% en 2014. Toujours selon le HCP, «le secteur du BTP se maintient de manière stable autour de 18,4%, contre 18,1% en 2014», ajoutant, par ailleurs, que la part de l’industrie dans la production du secteur informel a légèrement reculé, passant de 28,6% à 27,7%. Dans l’industrie, les données recueillies montrent que « l’alimentaire gagne en poids (49,2% en 2023 contre 36,2% en 2014), au détriment du textile et habillement (16% contre 27,7%)», a fait remarquer l’institution relevant que les services sont dominés par le transport (37,2%) et la restauration/hôtellerie (29,4%). Quant au commerce, il reste centré sur le commerce de détail (63,9%), et les travaux de finition renforcent leur place dans le BTP (57,1%). En hausse par rapport à 2014 (103,34 milliards de dirhams), avec un taux de croissance annuel moyen de 3,06%, le secteur informel a généré 138,97 milliards de dirhams de valeur ajoutée en 2023, poursuit le HCP précisant que sa contribution à la valeur ajoutée nationale hors agriculture et administration publique est passée de 16,6% en 2014 à 13,6% en 2023. S’agissant du commerce, il «reste le principal secteur contributeur (38,9% contre 43,1%), en recul, au profit des services (25,6% contre 19,9%) et du BTP (14,8% contre 14,3%) ». L’industrie voit de son côté sa part diminuer de 22,8 % à 20,8%. Enfin, « la valeur ajoutée moyenne du secteur informel par UPI est de 68.499 DH, avec de fortes disparités : les 20% les plus productives concentrent 65,4 % de la valeur ajoutée totale», note le HCP. Alain Bouithy
Maroc. Le secteur informel représente 33,1% de l’emploi hors agriculture

Selon les résultats de l’Enquête nationale sur les unités de production opérant dans l’informel 2023/2024 publiée par le Haut-commissariat au plan (HCP), l’emploi du secteur informel non agricole demeure significatif, représentant un tiers de l’emploi total non agricole. «En 2023, l’emploi dans le secteur informel représente 33,1% de l’emploi non agricole, en baisse de 3,2 points par rapport à 2014», indique le HCP précisant que ce recul est enregistré dans les secteurs de l’industrie et des services (de 37,2% à 29,3% et de 21,5% à 20,6% respectivement). L’institution note, en revanche, une hausse dans le commerce et le BTP (de 68,5% à 69,8% et de 21,4% à 25,3% respectivement). En volume, les données suggèrent que l’emploi du secteur informel est passé de 2,37 à 2,53 millions entre 2014 et 2023, soit 157 000 emplois créés. Toujours selon le HCP, «le commerce concentre 44,1% de l’emploi du secteur informel, suivi des services (28,7%), de l’industrie (15%) et du BTP (12,2%)». L’emploi du secteur informel est majoritairement urbain (77,6%), et la région de Casablanca-Settat en regroupe 23,2%, suivie de Marrakech-Safi (14%) et de Rabat-Salé-Kénitra (12,9%) ». Enfin, le salariat ne représente que 10,4% de l’ensemble de l’emploi du secteur informel. Alain B.
Maroc : La hausse des prix a ralenti à 0,7% à fin avril 2025

L’inflation passe sous la barre de 1% L’inflation a nettement ralenti à fin avril 2025, selon les chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP). Comparé au même mois de l’année précédente, elle s’est établie à 0,7%, mais reste sur une tendance haussière pour le quatrième mois consécutif. La hausse des prix a ainsi fortement fléchi au cours du mois dernier, après avoir atteint 2,0% en janvier, 2,6% en février et 1,6% en mars derniers. Notons que l’indice des prix à la consommation (IPC) est repassé sous la barre de 1%, ce qui ne s’était pas produit depuis décembre 2024 où il s’était établi à 0,9%, après avoir des hausses de 0,8% en novembre, 0,7% en octobre et 0,8% en septembre 2024. Le ralentissement de l’inflation enregistré en avril est la « conséquence de la hausse de l’indice des produits alimentaires et de celui des produits non alimentaires de 0,7% », explique l’institution publique dans sa note d’information relative à l’Indice des prix à la consommation (IPC) du mois d’avril 2025 En ce qui concerne les produits non alimentaires, la même source indique les variations vont d’une baisse de 4,0% pour le «Transport» à une hausse de 4,4% pour les «Restaurants et hôtels». A titre de rappel, la hausse enregistrée durant le mois précédent (mars) avait été attribuée à l’augmentation de l’indice des produits alimentaires de 2,2% et de celui des produits non alimentaires de 1,1%. Dans sa précédente note d’information, le Haut-commissariat ajoutait, s’agissant des produits non alimentaires, que les variations allaient d’une baisse de 2,4% pour le «Transport» à une hausse de 3,9% pour les «Restaurants et hôtels». Rappelons également qu’en mars 2025 les variations produits non alimentaires allaient d’une baisse de 2,4% pour le «Transport» à une hausse de 3,9% pour les «Restaurants et hôtels, rapportait l’institution qui justifiait la hausse de l’indice des prix à la consommation (1,6%) par celle de l’indice des produits alimentaires de 2,2% et de celui des produits non alimentaires de 1,1%. En rythme mensuel, le HCP signale que l’indice des prix à la consommation a connu une baisse de 0,3% par rapport au mois précédent suite à la baisse de 0,6% de l’indice des produits alimentaires et de 0,2% de l’indice des produits non alimentaires. D’après les données recueillies, les baisses des produits alimentaires observées entre mars et avril 2025 ont concerné principalement les «Poissons et fruits de mer» (4,5%), les «Viandes» et le «Lait, fromage et œufs» (2,6%), les «Huiles et graisses» (1,0%) et le «Pain et céréales» (0,3%). Il est important de noter que les prix ont augmenté durant la même période de 4,9% pour les «Fruits», de 0,6% pour les «Légumes» et de 0,2% pour le «Café, thé et cacao», ressort-il de la note d’information. En ce qui concerne les produits non alimentaires, la même source indique que la baisse a concerné principalement les prix des «Carburants» qui ont chuté de 3,4%. S’agissant des baisses les plus importantes de l’IPC, les chiffres montrent qu’elles ont été enregistrées à Laâyoune (1,1%), à Beni-Mellal (1,0%), à Kénitra (0,9%), à Agadir et Dakhla (0,8%), à Casablanca et Rabat (0,6%), à Meknès (0,5%) et à Marrakech, Settat et Safi (0,2%). Quant aux hausses enregistrées dans la même période, elles l’ont été à Fès (0,7%), à Tanger (0,5%), à Al-hoceima (0,2%) et à Tétouan (0,1%). A titre de comparaison, rappelons qu’entre février et mars 2025 des hausses avaient été enregistrées à Kenitra et Al-Hoceima avec 0,9%. En revanche, les baisses les plus importantes avaient été enregistrées à Guelmim (1,8%), à Laâyoune (1,5%), à Dakhla (1,1%), à Settat (0,9%), à Errachidia (0,8%), à Safi et Beni-Mellal (0,6%), à Tétouan (0,4%) et à Agadir, Casablanca, Fès, Marrakech, Oujda, Meknès et Tanger (0,3%). En parallèle, les baisses des produits alimentaires avaient concerné principalement les «Viandes» (4,7%), le «Lait, fromage et œufs» (2,0%), les «Huiles et graisses» (1,4%), les «Poissons et fruits de mer» (0,3%) et les «Eaux minérales, boissons rafraichissantes, jus de fruits et de légumes» (0,2%). A l’inverse, les prix avaient augmenté de 4,9% pour les «Légumes» et de 1,7% pour les «Fruits». Pour les produits non alimentaires, la baisse a concerné principalement les prix des «Carburants» avec 1,8%. Il est important de noter qu’à fin avril 2025, l’indicateur d’inflation sous-jacente est ressorti en baisse de 0,2% sur un mois et en hausse de 1,2% sur une année. Bouithy Alain
Maroc/Recul de la pauvreté multidimensionnelle : Les disparités territoriales ont la vie dure

En dépit de très fortes disparités régionales persistantes, la pauvreté multidimensionnelle a fortement diminué au Maroc au cours de la dernière décennie. Selon le Haut-commissariat au plan (HCP), qui en fait l’annonce, la part de la population en situation de pauvreté est passée de 11,9% à 6,8% à l’échelle nationale. « Toutes les régions du Royaume ont enregistré une baisse du taux de pauvreté multidimensionnelle au cours de la dernière décennie, avec des reculs particulièrement nets dans les zones initialement les plus touchées », indique l’institution publique dans une synthèse de son étude intitulée «Cartographie de la pauvreté multidimentionnelle: Paysage territorial et dynamique». D’après les résultats de cette étude, qui s’appuie sur les données des recensements généraux de la population et de l’habitat de 2014 et 2024, «en valeur absolue, le nombre de personnes concernées a diminué d’environ 4 millions à 2,5 millions. Parallèlement, l’intensité de la pauvreté, mesurée par le pourcentage moyen des privations subies par les pauvres, s’est légèrement atténuée, de 38,1% à 36,7%», précise l’institution. Combinant ces deux baisses, l’indice de la pauvreté multidimensionnelle, qui extrapole ces privations à l’ensemble de la population marocaine, a été quasiment divisé par deux, reculant de 4,5% à 2,5% sur la décennie, ressort-il de la dernière actualisation de son rapport. Précisons que les données recueillies montrent que les baisses les plus marquées ont concerné Marrakech-Safi (–7,9 points de pourcentage), Béni Mellal-Khénifra (–7,5 points), Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (–6,8 points) et Drâa-Tafilalet (-6,7 points), toutes caractérisées en 2014 par des niveaux élevés de pauvreté. Il ressort, en revanche, des mêmes chiffres que les diminutions sont restées modestes dans les régions du Sud et les grandes régions urbaines, où les taux étaient déjà bas: –0,9 point à Laâyoune-Sakia El Hamra, –2 points à Dakhla-Oued Ed Dahab, –2,4 points à Casablanca-Settat et -3,4 points à Rabat-Salé-Kénitra. Par ailleurs, l’analyse des données révèle qu’en 2024, six régions affichent encore un taux de pauvreté multidimensionnelle supérieur à la moyenne nationale (6,8%), avec des pics à Béni Mellal-Khénifra (9,8 %) et Fès-Meknès (9,0%), tandis que Laâyoune-Sakia El Hamra (2,4%) et Dakhla-Oued Ed-Dahab (2,5%) affichent les taux les plus faibles. Elles suggèrent en outre que cinq régions concentrent à elles seules près de 70% des personnes pauvres: Fès-Meknès (16,2% des pauvres), Marrakech-Safi (15,7%), Casablanca-Settat (13,5%), Rabat-Salé-Kénitra (11,9%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (11,5%). Un autre enseignement de cette étude, c’est que la vulnérabilité à la pauvreté reste également fortement marquée par des disparités régionales. Deux régions affichent des taux à deux chiffres: Drâa-Tafilalet, avec un taux de vulnérabilité de 11,8%, et Marrakech-Safi (11,5%). Trois autres régions dépassent la moyenne nationale (8,1%): Fès-Meknès (9,1%), Béni Mellal-Khénifra (9%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (8,8%). A elles seules, ces cinq régions concentrent près de 60% de la population en situation de vulnérabilité, soit environ 1,7 million de personnes. En dépit du recul net de la pauvreté au niveau provincial, l’étude fait état de poches de précarité persistantes à l’échelle des 75 provinces et préfectures du Royaume. En effet, dans les territoires déjà quasiment épargnés par la pauvreté en 2014 (grandes villes et provinces du Sud), l’évolution est restée marginale : Casablanca (-0,3 point de pourcentage), Rabat (-0,5 point), Laâyoune (-0,6 point) et Mohammédia (-0,8 point). A l’inverse, «les provinces initialement les plus démunies ont connu des baisses spectaculaires de la pauvreté: Azilal (-16,7 points de pourcentage), suivie de Chichaoua (-14,8 points), Essaouira (-13,8 points), Figuig (-12,5 points), Fahs-Anjra (-12,4 points), Chefchaouen (-12,4 points), Youssoufia (-11,8 points), Midelt (-11,5 points), Al Haouz (-11 points), Assa-Zag (-10,9 points) et Guercif (-10,3 points) », fait remarquer le HCP. Malgré des améliorations enregistrées ici et là, la géographie provinciale de la pauvreté demeure contrastée en 2024, révèle l’étude notant que deux provinces rurales affichent encore des taux de pauvreté élevés, supérieurs à 20%: Figuig (24,1%) et Taounate (21,1%). Pire, «cinq provinces enregistrent des taux plus de deux fois supérieurs à la moyenne nationale: Azilal (17%), Chichaoua (15,1%), Essaouira (14,8%), Taza (14,4%) et Ouezzane (13,6%)», comme le souligne le HCP précisant qu’à elles seules, ces provinces concentrent environ 20% de l’ensemble des personnes en situation de pauvreté multidimensionnelle. Enfin, au niveau communal, il apparaît que les politiques de ciblage territorial ont porté leurs fruits. Ainsi, entre 2014 et 2024, une tendance générale à la baisse du taux de pauvreté multidimensionnelle a été observée à ce niveau. D’après le Haut-commissariat, «cette amélioration concerne 93,8% des communes du Royaume, avec une dynamique plus marquée en milieu rural (95,5% des communes) qu’en milieu urbain (88,4%)». Il est important de préciser que les réductions les plus marquées ont été observées dans les localités (communes rurales, arrondissements, municipalités, centres urbains) qui présentaient les taux de pauvreté les plus élevés en 2014. Alain Bouithy
Maroc: Le HCP lance une nouvelle enquête sur la famille

Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) lance les travaux de collecte de l’Enquête nationale sur la famille 2025, qui se dérouleront sur le terrain jusqu’à fin septembre de la même année. Menée auprès d’un échantillon de 14 000 ménages, représentatif des milieux urbain et rural ainsi que de l’ensemble des régions du Royaume, cette enquête intervient trente années après la première édition réalisée en 1995. Cette opération statistique vise à collecter des données sur la structure, l’organisation et les dynamiques des familles marocaines. Elle permettra de mieux comprendre les transformations que connaît la famille au Maroc, d’évaluer leurs répercussions sur les comportements démographiques, sociaux-économiques et culturels de la population, et de fournir une base de données intégrées pour mieux appuyer l’élaboration de politiques publiques dans les domaines du développement social, de la solidarité intergénérationnelle, de l’éducation, du logement et de l’égalité des chances. Engagé à assurer la confidentialité des données personnelles recueillies, le HCP appelle à une forte adhésion des ménages qui seront sollicités pour la réussite de cette opération nationale, dont les résultats contribueront à une meilleure compréhension des réalités familiales au Maroc et à un appui à l’élaboration de politiques familiales répondant aux besoins concrets de la population.
Maroc/Moral des ménages. Un regain de confiance de façade

53% des ménages s’attendent plutôt à une dégradation du niveau de vie Le moral des ménages s’est légèrement amélioré au premier trimestre de 2025, comparé aussi bien au trimestre précédent qu’au même trimestre de l’année 2024, selon le Haut-commissariat au plan (HCP). Il s’agit du deuxième trimestre consécutif de hausse du moral des ménages, après une quasi stabilité observée au troisième trimestre 2024. D’après l’institution publique, chargée de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, « l’’indice de confiance des ménages (ICM) s’est établi à 46,6 points, au lieu de 46,5 points enregistrés le trimestre précédent et 45,3 points une année auparavant ». A titre de rappel, au quatrième trimestre de 2024, l’ICM s’était établit à 46,5 points, au lieu de 46,2 points enregistrés le trimestre précédent et 44,3 points le même trimestre de l’année précédente, traduisant ainsi un léger regain de confiance. Cette légère amélioration du moral des ménages n’est que de façade. En effet, malgré ce regain, au premier trimestre de 2025, « 80,9% des ménages déclarent une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, 14,7% un maintien au même niveau et 4,4% une amélioration », révèlent les résultats de l’enquête de conjoncture auprès des ménages. Selon le Haut-commissariat, le solde d’opinion relatif à cet indicateur s’est établi à moins 76,5 points au premier trimestre dernier, contre moins 76,2 points au trimestre précédent et moins 78,1 points au même trimestre de l’année passée. Alors que les ménages se disent légèrement confiants au premier trimestre, 53% des ménages s’attendent à une dégradation du niveau de vie au cours des 12 prochains mois, 40,3% à un maintien au même niveau et 6,7% à une amélioration. En conséquence, « le solde d’opinion sur l’évolution future du niveau de vie est resté négatif à moins 46,3 points, contre moins 46,1 points au trimestre précédent et moins 47,3 points au même trimestre de l’année passée », a fait savoir l’institution. Bien que les perceptions soient moins négatives, l’enquête montre en outre que les craintes des ménages concernant l’évolution du chômage continuent de marquer les esprits; puisque 80,6% des ménages sondés déclarent s’attendre à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois, contre 7,2% qui anticipent une baisse et 12,2% une stagnation. Dans ce cas également, le solde d’opinion relatif à cet indicateur est resté négatif à moins 73,4 points, contre moins 77,2 points au trimestre précédent et moins 77,5 points au même trimestre de l’année passée, selon le HCP. Sans grande surprise, l’enquête a par ailleurs révélé que « 80,1% des ménages considèrent que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables, contre 8,1% qui pensent le contraire ». Les données suggèrent ainsi que le solde d’opinion relatif à cet indicateur s’est établi à moins 72 points, contre moins 71,9 points au trimestre précédent et moins 72,9 points au même trimestre de l’année passée. Rappelons toutefois que « 55,8% des ménages estiment que leurs revenus couvrent leurs dépenses, 42% déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne et 2,2% affirment épargner une partie de leur revenu ». A moins 39,8 points, contre moins 38,9 points un trimestre auparavant et moins 40,6 points une année auparavant, le solde d’opinion relatif à la situation financière actuelle des ménages est resté négatif. A noter également que 53,3% contre 4% des ménages considèrent que l’évolution de leur situation financière s’est dégradée au cours des 12 derniers mois. « Cette perception reste ainsi négative, avec un solde d’opinion de moins 49,3 points, contre moins 47,7 points au trimestre précédent et moins 52,7 points au même trimestre de l’année passée », a fait remarquer l’institution. Toujours selon l’enquête, 14,6% des ménages s’attendent à une amélioration de leur situation financière au cours des 12 prochains mois, contre 31% qui prévoient sa dégradation et 54,4% un maintien au même niveau. En conséquence, « le solde d’opinion relatif à cet indicateur s’établit à moins 16,4 points, contre moins 16,3 points au trimestre précédent et moins 13,4 points au même trimestre de l’année passée », a-t-elle déduit. Alain Bouithy
Maroc. L’inflation se poursuit dans les rayons alimentaires en mars 2025

L’indice des prix à la consommation (IPC) a conservé sa tendance haussière à fin mars 2025. Selon le Haut-commissariat au plan (HCP), comparé au même mois de l’année précédente, il a enregistré une hausse de 1,6% au cours du mois dernier. Cette évolution est la « conséquence de la hausse de l’indice des produits alimentaires de 2,2% et de celui des produits non alimentaires de 1,1% », a expliqué l’institution publique dans sa note d’information relative à l’Indice des prix à la consommation (IPC) du mois de mars 2025. A titre de rappel, l’indice des prix à la consommation avait enregistré une hausse de 2,6% au cours du mois de février 2025 suite à l’augmentation de l’indice des produits alimentaires de 4,6% et de celui des produits non alimentaires de 1,2%. D’après les données recueillies par le Haut-commissariat, pour les produits non alimentaires, les variations vont d’une baisse de 2,4% pour le «Transport» à une hausse de 3,9% pour les «Restaurants et hôtels». A titre de comparaison, dans sa note d’information relative à l’IPC du mois précédent (février 2025), pour les produits non alimentaires, les variations allaient d’une baisse de 1,7% pour le «Transport» à une hausse de 3,7% pour les «Restaurants et hôtels». En glissement mensuel, l’indice des prix à la consommation a connu une baisse de 0,3% par rapport au mois précédent. D’après les explications de l’institution, « cette variation est le résultat de la baisse de 0,7% de l’indice des produits alimentaires et de la stagnation de l’indice des produits non alimentaires ». Il est à noter que les baisses des produits alimentaires observées entre février et mars 2025 ont concerné principalement les «Viandes» (4,7%), le «Lait, fromage et œufs» (2,0%), les «Huiles et graisses» (1,4%), les «Poissons et fruits de mer» (0,3%) et les «Eaux minérales, boissons rafraîchissantes, jus de fruits et de légumes» (0,2%). Le Haut-commissariat a, en revanche, noté que les prix ont augmenté de 4,9% pour les «Légumes» et de 1,7% pour les «Fruits». Pour les produits non alimentaires, la baisse a concerné principalement les prix des «Carburants» avec 1,8%. Les données montrent que les baisses les plus importantes de l’IPC ont été enregistrées à Guelmim (1,8%), à Laâyoune (1,5%), à Dakhla (1,1%), à Settat (0,9%), à Errachidia (0,8%), à Safi et Béni-Mellal (0,6%), à Tétouan (0,4%) et à Agadir, Casablanca, Fès, Marrakech, Oujda, Meknès et Tanger (0,3%). Il apparaît en revanche que des hausses ont été enregistrées à Kénitra et Al-Hoceima avec 0,9%. Au final, « l’indicateur d’inflation sous-jacente aurait connu au cours du mois de mars 2025 une baisse de 0,6% par rapport au mois de février 2025 et une hausse de 1,5% par rapport au mois de mars 2024 », a conclu le HCP. Alain Bouithy
Maroc. L’économique nationale a progressé de 4,2% au premier trimestre 2025

L’inflation aurait atteint +2,2% au lieu de +0,7% un trimestre plus tôt, selon le HCP Après avoir enregistré une croissance plus modérée à la fin de l’année 2024, le Produit intérieur brut (PIB) du Maroc aurait progressé de 4,2% au premier trimestre 2025, en variation annuelle, selon les estimations du Haut-Commissariat au plan (HCP). Cette hausse du PIB aurait marqué l’ensemble des branches d’activité, notamment les services et les industries extractives, a indiqué l’institution publique dans sa « Note de conjoncture du quatrième trimestre 2024 et perspectives pour les premier et deuxième trimestres 2025 ». « L’économie nationale aurait connu un regain d’activité au premier trimestre 2025, avec une hausse prévue de 4,2% de la valeur ajoutée hors agriculture, en variation annuelle », ressort-il de sa dernière note de conjoncture. Toujours selon le Haut-Commissariat, la dynamique de la demande intérieure serait restée soutenue. Sous l’effet d’un sensible ralentissement des importations et d’une faible dynamique des exportations, l’apport fortement négatif des échanges extérieurs se serait réduit à -1,1 points. D’après les données recueillies, les services marchands, notamment ceux de l’hébergement, les industries extractives et les activités de construction auraient tiré la croissance, avec une progression de leurs valeurs ajoutées de 13,2%, 6,7% et 6,4% respectivement en variations annuelles. Davantage dépendante des impulsions du commerce extérieur, l’activité manufacturière aurait connu, de son côté, une modération de sa croissance avec une réduction de 0,2 point de sa contribution à la croissance économique, selon les estimations du HCP. Compte tenu d’un redressement de 3,1% des activités agricoles, l’institution en déduit que « le produit intérieur brut aurait augmenté de 4,2% au premier trimestre 2025, en variation annuelle ». En ce qui concerne la demande des ménages, elle serait restée le socle de cette performance, a-t-elle fait savoir. D’après le HCP, « l’amélioration des revenus liée aux mesures socio-fiscales, notamment les augmentations des salaires dans le secteur privé et les administrations publiques et la révision à la baisse de l’impôt sur le revenu, aurait stimulé une hausse de leurs dépenses de consommation de 4,5%, malgré une reprise des prix à la consommation ». Au premier trimestre 2025, l’inflation aurait atteint +2,2% au lieu de +0,7% un trimestre plus tôt, relève, par ailleurs, l’institution dans sa note de conjoncture qui justifie cette évolution par l’augmentation de 3,7% des prix des produits alimentaires et de 1,1% de ceux des produits non alimentaires. Dans sa dernière note, il est indiqué que « l’accélération de l’inflation alimentaire aurait été le fait du renchérissement des prix de l’alimentation de base ». Parmi les hausses qui auraient contribué de manière significative à cette reprise, le Haut-Commissariat cite, en particulier, celles des viandes, persistantes depuis plus de quatre trimestres (+1 point) et des poissons frais (+0,2 point) ainsi que des légumes frais (+0,1 point de contribution). Toujours selon l’institution, cette tendance aurait été également renforcée par les ajustements tarifaires, notamment sur le tabac (+2,9% en janvier). Principalement tirés par l’augmentation de 1% des prix de l’énergie, après -1,1% au trimestre précédent, les prix des produits non-alimentaires auraient affiché une progression modérée au cours de la même période. Enfin, « la composante sous-jacente de l’inflation aurait, pour sa part, légèrement ralenti à 2,3%, après +2,5%, reflétant une moindre dynamique des prix des produits manufacturés ». Alain Bouithy