« Les escalades successives mènent les peuples du Moyen-Orient tout droit au bord du précipice » – Guterres

Lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité mercredi matin, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré qu’il était « temps de mettre un terme au cycle répugnant d’escalades successives qui mènent les peuples du Moyen-Orient tout droit au bord du précipice », au lendemain de tirs de missiles sur Israël par l’Iran. « Je condamne à nouveau fermement l’attaque massive de missiles menée hier par l’Iran contre Israël », a dit le chef de l’ONU dans un exposé devant les membres du Conseil. Dans une déclaration publiée mardi, le Secrétaire général avait condamné « l’élargissement du conflit au Moyen-Orient, avec ses escalades successives », à Gaza, en Cisjordanie, au Liban et entre Israël et l’Iran. « Cela doit cesser. Nous avons absolument besoin d’un cessez-le-feu », avait-il dit. Mercredi, devant le Conseil de sécurité, il a estimé que « chaque escalade sert de prétexte à la suivante ». « Nous ne devons jamais perdre de vue le lourd tribut que ce conflit croissant fait payer aux civils. Nous ne pouvons pas détourner le regard des violations systématiques du droit international humanitaire. Ce cycle mortel de violences réciproques doit cesser. Le temps presse », a ajouté le chef de l’ONU. Cessez-le-feu à Gaza Il a notamment estimé qu’il était « grand temps d’instaurer un cessez-le-feu immédiat à Gaza, avec la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages, la livraison effective de l’aide humanitaire aux Palestiniens de Gaza et des progrès irréversibles vers une solution à deux États ». Il a aussi jugé qu’il était « grand temps de mettre un terme aux hostilités au Liban, de prendre des mesures concrètes pour mettre en œuvre pleinement les résolutions 1559 et 1701 du Conseil de sécurité, ouvrant la voie à des efforts diplomatiques pour une paix durable ». Le Secrétaire général a déclaré que « de manière paradoxale », les attaques de missiles sur Israël par l’Iran « ne contribuent en rien à soutenir la cause du peuple palestinien ni à réduire ses souffrances ». « Près d’un an s’est écoulé depuis les atroces actes terroristes du Hamas et la prise d’otages du 7 octobre. Depuis octobre dernier, Israël mène à Gaza la campagne militaire la plus meurtrière et la plus destructrice de mes années en tant que Secrétaire général. Les souffrances endurées par le peuple palestinien à Gaza dépassent l’imagination », a-t-il dit. Il a noté que dans le même temps, « la situation en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, continue de se détériorer avec les opérations militaires israéliennes, la construction de colonies, les expulsions, les confiscations de terres et l’intensification des attaques des colons – sapant progressivement toute possibilité de solution à deux États ». « Et, simultanément, les groupes armés palestiniens ont également fait usage de la violence. Le Hamas a continué de lancer des roquettes et, hier encore, 7 Israéliens ont été tués dans une attaque terroriste à Jaffa », a-t-il ajouté. Les Casques bleus de la FINUL restent en poste Au Liban, le chef de l’ONU a souligné que les Casques bleus de la Force intérimaire des Nations Unies (FINUL) « restent en poste » et que « le drapeau de l’ONU continue de flotter malgré la demande d’Israël de se déplacer ». « Je réitère notre profonde gratitude aux membres militaires et civils de notre force de maintien de la paix de l’ONU – la FINUL – et aux pays contributeurs de troupes. La sécurité de tout le personnel de l’ONU doit être assurée », a-t-il ajouté. Il a rappelé que « les civils paient un prix terrible ». Depuis octobre dernier, plus de 1.700 personnes ont été tuées au Liban, dont plus de 100 enfants et 194 femmes. Plus de 346.000 personnes ont été déplacées de chez elles, les estimations du gouvernement portant ce chiffre à un million. Et 128.000 autres personnes, syriennes et libanaises, ont traversé la frontière vers la Syrie. Depuis le 8 octobre, les attaques du Hezbollah contre Israël ont fait 49 morts, et plus de 60.000 personnes ont été déplacées de chez elles. « L’ONU a mobilisé toutes ses capacités pour fournir une aide humanitaire d’urgence au Liban et je demande à la communauté internationale de financer intégralement notre appel », a souligné le Secrétaire général, pour qui il « est absolument essentiel d’éviter une guerre totale au Liban qui aurait des conséquences profondes et dévastatrices ». Les agences humanitaires de l’ONU ont lancé mardi un appel de fonds de 426 millions de dollars pour le Liban afin de soutenir les centaines de milliers de personnes déracinées par les bombardements israéliens dans le cadre de ce qu’Israël a décrit comme une opération terrestre « limitée, localisée et ciblée » au Liban. ONU
Attaque de l’Iran contre Israël : « Le Moyen-Orient est au bord du gouffre », déclare Guterres au Conseil de sécurité

ACTUALITE. « Le Moyen-Orient est au bord du gouffre », a prévenu le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, dimanche après-midi, consacrée à l’attaque de l’Iran contre Israël la veille. « Les populations de la région sont confrontées au risque réel d’un conflit dévastateur à grande échelle. C’est le moment de désamorcer la situation. L’heure est désormais à la retenue maximale », a dit le chef de l’ONU à l’ouverture de la réunion, qui a été demandée par Israël. Attaques de drones et de missiles Dans la nuit de samedi à dimanche, Téhéran a lancé plus de trois cents drones, missiles de croisière et missiles balistiques sur Israël, en réponse à une attaque aérienne mortelle contre le consulat iranien à Damas, en Syrie, il y a deux semaines, attribuée à Israël par l’Iran. La quasi-totalité de ces drones et missiles ont été interceptés et les dégâts ont été relativement légers. Selon la presse, les Etats-Unis tentent de persuader Israël de ne pas riposter à son tour pour éviter une nouvelle escalade conduisant à une guerre plus large au Moyen-Orient. L’Iran, de son côté, a indiqué qu’il ne frapperait pas davantage à moins d’être attaqué. Samedi soir, le chef de l’ONU António Guterres a condamné « la grave escalade » que représente l’attaque iranienne et appelé« à la cessation immédiate de ces hostilités ». Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Dennis Francis, s’est, de son côté, dit « profondément préoccupé » par la situation et a appelé toutes les parties « à faire preuve de la plus grande retenue pour éviter une nouvelle escalade des tensions dans la région ». Prendre du recul Dimanche, lors de la réunion du Conseil de sécurité, le Secrétaire général a estimé qu’il était « temps de prendre du recul ». « Il est essentiel d’éviter toute action susceptible de conduire à des affrontements militaires majeurs sur plusieurs fronts au Moyen-Orient. Les civils en subissent déjà les conséquences et paient le prix le plus élevé », a-t-il ajouté. Selon lui, « nous avons la responsabilité commune d’impliquer activement toutes les parties concernées pour empêcher une nouvelle escalade ». Il a rappelé que « comme le stipule la Déclaration sur les relations amicales de 1970, les actes de représailles impliquant le recours à la force sont interdits par le droit international ». Le Secrétaire général a estimé que la communauté internationale a également la responsabilité commune « d’assurer un cessez-le-feu humanitaire immédiat à Gaza, la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages et l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire ». Elle a aussi « la responsabilité commune de mettre fin à la violence en Cisjordanie occupée, de désamorcer la situation le long de la Ligne bleue (entre le Liban et Israël) et de rétablir la sécurité de la navigation en mer Rouge ». Désamorcer la situation Dimanche, le chef des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a également condamné l’attaque de l’Iran contre Israël. « Ces attaques de missiles et de drones risquaient de causer des dommages importants au-delà des cibles militaires et de mettre en danger les civils. Cela ne fait qu’alimenter le feu dans toute la région. Je rappelle à toutes les parties leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme », a dit M. Türk dans un message à la presse. Il s’est dit profondément inquiet du coût potentiel en termes humanitaires et de droits de l’homme si cette escalade conduit à un conflit plus large au Moyen-Orient. « J’exhorte toutes les parties à prendre des mesures pour désamorcer la situation et j’appelle les États tiers, en particulier ceux qui ont de l’influence, à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour garantir qu’il n’y ait pas de nouvelle détérioration d’une situation déjà extrêmement précaire », a-t-il dit.
Guterres appelle à la reforme des institutions financières mondiales « dépassées, dysfonctionnelles et injustes »

Les institutions financières actuelles ne parviennent pas à soutenir les pays qui en ont le plus besoin. Pour le chef de l’ONU, qui s’exprimait à l’ouverture du Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, le système actuel est « dépassé, dysfonctionnel, et injuste ». Lors de ce sommet qui se tient à Paris les 22 et 23 juin, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a estimé que l’architecture financière internationale « a failli à sa mission de fournir un filet de sécurité global aux pays en développement ». Ces institutions, notamment la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), créées il y a bientôt 80 ans, ne sont « plus à même de répondre au besoin du XXIème siècle ». Il a pris l’exemple des droits de tirage spéciaux alloués par le FMI en 2021. Les pays de l’Union européenne ont reçu 160 milliards, contre 34 pour les pays africains. Autrement dit « un citoyen européen a perçu en moyenne 13 fois plus qu’un citoyen africain ». Le système actuel perpétue et aggrave même les inégalités M. Guterres a appelé à de nombreuses réformes, notamment l’allègement de la dette. A ce jour, 52 pays sont en défaut de paiement ou s’en rapprochent dangereusement. Il plaide pour la création d’un mécanisme d’allègement de la dette prévoyant des suspensions de paiements, des durées de prêt plus longues et des taux plus bas. « De nombreux dirigeants sont confrontés à un choix cornélien : assurer le service de leur dette ou subvenir aux besoins de leurs populations (…). Beaucoup de pays africains dépensent aujourd’hui plus d’argent pour rembourser leurs dettes que pour les soins de santé », a poursuivi le chef de l’ONU. Il a appelé à un nouveau « Bretton Woods », lieu où a été pensé en 1944 la régulation des finances internationales et où a été décidé la création du FMI et de la Banque mondiale. L’immobilisme n’est pas une option Le Secrétaire général des Nations Unies a proposé un Plan de relance des Objectifs de développement durable à hauteur de 500 milliards de dollars par an. Il a suggéré que les dirigeants mondiaux acceptent d’étendre le financement d’urgence aux pays qui en ont besoin en réacheminant, à plus grande échelle, les droits de tirage spéciaux (DTS) inutilisés et en utilisant d’autres mécanismes novateurs pour accroître la liquidité mondiale. Les dirigeants mondiaux peuvent également mettre en place un mécanisme d’émission automatique de DTS en temps de crise et les distribuer en fonction des besoins. Ils peuvent aussi donner un prix au carbone et mettre fin aux subventions accordées aux combustibles fossiles pour les réaffecter à des usages plus durables et plus productifs. « Nous pouvons le faire dès maintenant et faire un pas de géant vers plus de justice ». Pour le chef de l’ONU, « l’immobilisme n’est pas une option ». Sciences Po accueille António Guterres Le chef de l’ONU a partagé son point de vue sur l’état des affaires mondiales plus tard dans la journée dans la capitale française, recevant un accueil chaleureux à la célèbre École des affaires internationales de Paris, Sciences Po. Dans un discours et en répondant aux questions des étudiants, il a présenté des idées pour transformer le multilatéralisme afin de l’adapter aux défis mondiaux d’aujourd’hui. ONU
Les Etats-Unis reviennent dans l’Accord de Paris sur le climat : Guterres salue « un jour d’espoir »
CHANGEMENT CLIMATIQUE. Les États-Unis ont officiellement rejoint vendredi 19 février l’Accord de Paris sur le climat qui vise à limiter le réchauffement climatique. « C’est un jour d’espoir », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors d’un événement marquant ce retour organisé par l’Association des Nations Unies des Etats-Unis (UNA-USA). Quelques heures après avoir prêté serment le 20 janvier, le nouveau Président américain Joe Biden a signé un décret entamant le processus de 30 jours permettant aux États-Unis de revenir dans l’Accord de Paris. Les États-Unis avaient officiellement quitté l’accord à la fin de l’année dernière, à la suite d’une décision de l’ancien Président Donald Trump. « Aujourd’hui est un jour d’espoir, alors que les États-Unis rejoignent officiellement l’Accord de Paris. C’est une bonne nouvelle pour les États-Unis – et pour le monde », a déclaré le chef de l’ONU lors d’une discussion animée par la Présidente de la Fondation des Nations Unies, Elizabeth Cousens, à laquelle participait l’Envoyé spécial des Etats-Unis pour le climat, John Kerry, dans le cadre du Global Engagement Summit organisé par UNA-USA. « L’Accord de Paris est une réalisation historique. Mais les engagements pris jusqu’à présent ne suffisent pas. Et même ces engagements ne sont pas respectés », a ajouté le Secrétaire général, notant que les six années depuis la signature de l’accord en 2015 ont été les six années les plus chaudes jamais enregistrées. « Si nous ne changeons pas de cap, nous pourrions faire face à une augmentation catastrophique de la température de plus de 3 degrés Celsius ce siècle », a-t-il ajouté. Pour António Guterres, l’année 2021 est cruciale, avec notamment la Conférence des Nations Unies sur le climat, la COP26,qui doit être organisée à Glasgow (Royaume-Uni) en novembre. « Les gouvernements prendront des décisions qui détermineront l’avenir des personnes et de la planète », a-t-il affirmé. Selon lui, les États-Unis, avec tous les membres du G20, qui rassemble les 20 principales puissances économiques mondiales, ont un rôle décisif dans la réalisation de trois objectifs principaux. Trois objectifs pour les Nations Unies Le premier objectif des Nations Unies cette année est de créer une coalition véritablement mondiale pour des émissions nettes nulles d’ici 2050. Au cours de l’année écoulée, des pays représentant 70% de l’économie mondiale et 65% des émissions mondiales de dioxyde de carbone se sont engagés à atteindre un zéro net. « J’espère que les États-Unis rejoindront officiellement cette coalition très bientôt, comme promis par le Président Biden, et présenteront leur plan concret pour atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050 », a dit M. Guterres. Le deuxième objectif est de réaliser « des progrès exponentiels en matière de réduction des émissions » de gaz à effet de serre. « Nous attendons de tous les gouvernements qu’ils présentent des contributions déterminées au niveau national plus ambitieuses, concrètes et crédibles pour les dix prochaines années, d’ici la COP26 en novembre », a dit le Secrétaire général. Le troisième objectif est de saisir l’opportunité de la sortie de la pandémie de Covid-19 pour reconstruire « plus fort et mieux ». « Pour ce faire, nous devons investir dans une économie verte qui aidera à guérir la planète et ses habitants, et à créer des emplois bien rémunérés et stables pour assurer une prospérité plus équitable et durable », a-t-il dit. Selon António Guterres, il faut éliminer progressivement le charbon ; soutenir une transition juste, avec des formations et des opportunités pour les personnes dont l’emploi sera impacté ; cesser d’investir dans des projets de combustibles fossiles « qui ruinent la santé des gens, détruisent la biodiversité et contribuent à la catastrophe climatique » ; et déplacer la charge fiscale du revenu vers le carbone ; des consommateurs aux pollueurs. Le chef de l’ONU a également jugé nécessaire de combler le déficit de financement en soutenant les pays qui subissent les effets dévastateurs de la crise climatique. Il a exhorté tous les pays du G7 (groupe de pays industrialisés) à produire des résultats concrets en matière de financement lors de leur sommet de juin. « Ceux qui ne l’ont pas déjà fait doivent s’engager à doubler leur financement climatique. Tous les pays développés doivent honorer l’engagement de verser 100 milliards de dollars par an aux pays en développement. Je demande également à tous les donateurs de s’engager à augmenter la part du financement climatique allouée à l’adaptation, pour atteindre 50% pour cent », a-t-il ajouté, demandant également à toutes les institutions financières et banques d’aligner leurs investissements sur l’accord de Paris d’ici 2024. « Je compte sur les États-Unis, avec tous les autres membres du G20, pour se rallier à ces trois objectifs principaux et s’engager dans les négociations internationales qui seront nécessaires au succès de la COP26 », a conclu le Secrétaire général. Dans une déclaration publiée vendredi, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a rappelé que l’Accord de Paris était « un cadre d’action mondial sans précédent ». « Maintenant, aussi important que notre adhésion à l’Accord en 2016 et aussi important que notre réintégration aujourd’hui, ce que nous ferons dans les semaines, les mois et les années à venir est encore plus important », a ajouté le Secrétaire d’Etat américain, se disant impatient de travailler avec le reste du monde pour lutter contre le changement climatique.