Le Tchad va intégrer le genre et le changement climatique dans ses programmes scolaires

Le Tchad va intégrer le genre et le changement climatique dans ses programmes scolaires

Un nouveau manuel intégrant le genre et le changement climatique dans les programmes scolaires verra bientôt le jour au Tchad. C’est ce qui ressort d’un atelier de validation clé pour l’avenir de l’éducation, organisé du 15 au 17 mars 2025, à Mailaou (80 km au sud de la capitale N’Djamena), avec le soutien financier du Groupe de la Banque africaine de développement. « L’intégration du genre dans l’éducation permet de promouvoir l’égalité des chances et d’assurer à chaque élève, quel que soit son sexe et sa catégorie sociale, un accès équitable au savoir. Parallèlement, le changement climatique constitue un défi mondial dont les conséquences se font déjà sentir. Former les jeunes générations à ces enjeux est donc une nécessité pour bâtir une société plus résiliente et inclusive », a salué Aboubakar Assidick Tchoroma, ministre de l’Éducation nationale et de la Promotion civique. Organisé dans le cadre du Projet d’éducation des filles et d’alphabétisation des femmes (PEFAF), l’atelier a réuni une trentaine de participants issus du ministère de l’Éducation nationale et de la Promotion civique, du ministère de la Femme et de l’Enfance, du ministère de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, des représentants de la société civile et des experts en pédagogie. Les thématiques du genre et du changement climatique « bien que distincts, sont intimement liés et leur prise en compte dans notre système éducatif est essentielle pour préparer nos élèves à devenir des citoyens responsables et éclairés », a déclaré Ali Moussa Bedei, le coordonnateur par intérim du projet. Avant l’atelier de validation, un travail préliminaire d’actualisation des programmes a été mené en août 2024, rassemblant des experts de divers horizons. Ils avaient travaillé distinctement à la prise en compte du genre et à l’intégration des enjeux climatiques dans les curricula. À l’issue de ces travaux, un premier projet de manuel avait été adopté. M. Tchoroma, a salué une avancée majeure qui intervient pendant le « mois de la femme » : « L’éducation d’aujourd’hui doit impérativement répondre aux défis liés aux inégalités de genre et à la crise climatique. Les anciens curricula doivent évoluer pour préparer les jeunes à devenir des citoyens responsables, conscients des questions environnementales et engagés dans la promotion de l’équité ». Cette initiative, marque une étape importante dans l’évolution du système éducatif tchadien et confirme la volonté des autorités de faire de l’éducation un levier de développement durable et d’égalité des chances, a ajouté le ministre. Le Projet d’éducation des filles et d’alphabétisation des femmes vise à promouvoir l’égalité et l’équité dans l’accès à une éducation de qualité pour les filles et à une alphabétisation fonctionnelle pour les femmes en vue d’améliorer la qualité de vie de la population tchadienne. Il contribuera à l’accroissement de l’offre scolaire aux niveaux moyen et secondaire général et technique et à la scolarisation des filles. Le projet vise notamment à réhabiliter le complexe scolaire d’Amriguébé à N’Djaména et à construire un nouveau lycée féminin à Massakory Hadjer Lamis.

Les « Profils genre pays » de la Banque africaine de développement révèlent des progrès dans la lutte contre la discrimination fondée sur le genre aux Comores, en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud et aux Seychelles

Les « Profils genre pays » de la Banque africaine de développement révèlent des progrès dans la lutte contre la discrimination fondée sur le genre aux Comores, en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud et aux Seychelles

Les rapports de la Banque africaine de développement sur les Comores, la République démocratique du Congo, le Soudan du Sud et les Seychelles montrent des progrès dans la lutte contre la discrimination fondée sur le genre — malgré des taux de progression inégaux — et fournissent de nouvelles données pour aider à élaborer des politiques visant à accélérer l’égalité entre les genres. Les « Profils genre pays » du Groupe de la Banque africaine de développement évaluent l’état de l’égalité des genres dans chaque pays et fournissent des recommandations concrètes sur les actions à mener. Préparés en collaboration avec les pays membres régionaux de la Banque, les organisations de la société civile et les partenaires au développement, dont ONU Femmes et l’Union européenne, ce sont des guides de référence pour renforcer la prise en compte de la dimension de genre dans les interventions de développement, améliorer l’égalité des genres et favoriser l’autonomisation des femmes. « Nous ne pouvons améliorer que ce que nous connaissons, et ce que nous connaissons est ce que nous mesurons. Les données que nous recueillons grâce aux Profils genre pays constituent un outil de développement essentiel pour améliorer la conception, la mise en œuvre et le suivi des politiques et des actions fondées sur des données probantes », a déclaré Basil Jones, coordinateur de programmes et de politiques genre de la Banque. Malgré les progrès réalisés, les profils montrent que la pauvreté touche les femmes de manière disproportionnée. La pandémie de Covid-19, associée à l’impact des crises mondiales, en particulier sur la sécurité alimentaire, a aggravé les inégalités de genre, en particulier la violence fondée sur le genre. Voici quelques points saillants des profils : Depuis 2020, la Banque a publié plus d’une vingtaine de « Profils genre pays ». Les dernières publications s’inscrivent dans le cadre du déploiement de la stratégie de la Banque en matière d’égalité de genres pour la période 2021-2025, intitulée « Investir dans les femmes africaines pour accélérer la croissance inclusive. » En 2023, la Banque a également publié des profils pour le Rwanda, la Zambie, la Tanzanie (Zanzibar), le Ghana et le Nigéria.