Kristalina Georgieva, DG du FMI: « les réformes du système du franc CFA constituent une étape essentielle dans la modernisation d’accords entre l’UEMOA et la France»

Kristalina Georgieva, DG du FMI: « les réformes du système du franc CFA constituent une étape essentielle dans la modernisation d’accords entre l’UEMOA et la France»

Les réformes du système du franc CFA annoncées le 21 décembre dernier à Abidjan par les présidents Alassane Ouattara et Emmanuel Macron « constituent une étape essentielle dans la modernisation d’accords de longue date entre l’Union économique et monétaire ouest‑africaine et la France », a estimé la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva. « Les mesures annoncées s’appuient sur le bon bilan de l’UEMOA en matière de conduite de la politique monétaire et de gestion des réserves extérieures », a-t-elle souligné dans une déclaration sur la réforme du franc CFA rendue publique le jour même de l’annonce faite par les chefs de l’Etat ivoirien et français. Kristalina Georgieva a aussi fait remarquer que « ces dernières années, l’UEMOA a enregistré une faible inflation et une croissance économique forte, la situation des finances publiques s’est améliorée et le niveau des réserves de change a augmenté ». Pour la patronne de cette institution de Bretton Woods, « ces réformes maintiennent également d’importants facteurs de stabilité qui ont été fort utiles à la région, dont la parité fixe avec l’euro et la convertibilité illimitée garantie par la France ». Enfin, elle a assuré que l’institution financière internationale « se tient prêt à coopérer avec les autorités régionales en fonction des besoins ainsi qu’à appuyer la mise en œuvre de cette importante initiative. » Martin Kam

Kako Nubukpo: «Un débat va pouvoir s’ouvrir sur la taille de la zone monétaire de l’Eco et sur le régime de change »

Kako Nubukpo: «Un débat va pouvoir s’ouvrir sur la taille de la zone monétaire de l’Eco et sur le régime de change »

Réagissant à la fin prochaine du franc CFA, annoncée le 21 décembre 2019 par le président ivoirien Alassane Ouattara, l’économiste togolais Kako Nubukpo a déclaré que le principal avantage de l’Eco, s’il est « adopté par les 15 Etats de la région, c’est un marché de 350 millions d’habitants ». « Cela va réduire les coûts de transaction, favoriser l’investissement et créer un marché intérieur plus dynamique », a-t-il affirmé dans un entretien accordé à nos confrères de FranceInfo.fr Pour l’économiste togolais, le noyau dur aujourd’hui de l’Eco, ce sont les 8 pays de l’UEMOA, auxquels peuvent s’ajouter demain des pays comme le Ghana, le Liberia, le Cap-Vert, la Guinée-Conakry. Kako Nubukpo poursuit en ajoutant que « la seconde étape sera la négociation avec le Nigeria, ou il faudra mettre un principe de solidarité monétaire et budgétaire ». Cette phase est très importante d’autant plus que « si le Nigeria, qui représente 71% du PIB de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), n’y est pas, on aura un demi-succès », a-t-il expliqué. Qu’à cela ne tienne, « ce qui est nouveau, c’est qu’un débat va pouvoir s’ouvrir entre économistes sur la taille de la zone monétaire de l’Eco et sur le régime de change », a-t-il soutenu. Martin Kam

Ndongo Samba Sylla très « cash » sur RT France: le Franc CFA reste une monnaie coloniale

Ndongo Samba Sylla très « cash » sur RT France: le Franc CFA reste une monnaie coloniale

« C’est Cash » diffusée sur RT France parle du Franc CFA, une monnaie utilisée dans 14 pays africains et qui fait l’objet de nombreuses critiques depuis quelques années. Le Franc CFA peut-il être, aujourd’hui encore, considéré comme une «monnaie coloniale» ? Quels sont les intérêts de la France à son maintien ? Pour aller plus loin sur cette monnaie, créée à l’issue de la Seconde Guerre mondiale lorsque 13 des pays qui l’utilisent étaient encore des colonies françaises, la chaîne russe à travers Olivier Delamarche et Estelle Farge reçoit Ndongo Samba Sylla, économiste et coauteur de «L’arme invisible de la Françafrique, une histoire du Franc CFA».

Sénégal : le candidat aux élections présidentielles, Mr Ousmane Sonko aurait-il raison de vouloir sortir son pays de la zone du Franc CFA ?

Sénégal : le candidat aux élections présidentielles, Mr Ousmane Sonko aurait-il raison de vouloir sortir son pays de la zone du Franc CFA ?

TRIBUNE. Nous avons toujours considéré le franc CFA comme notre monnaie nationale. Beaucoup de nos compatriotes ne sont pas au courant de l’histoire de cette devise, que nous avons connu depuis notre tendre enfance. Certains pensent même qu’elle est frappée en Afrique dans les différentes banques centrales disséminées dans nos différentes capitales politiques. Beaucoup de nos compatriotes ignorent tout de cette monnaie. On en parle pas dans nos programmes scolaires dans nos systèmes d’éducation. Pourquoi tant de secrets qui entourent cette monnaie qu’on a toujours considéré comme la nôtre et qu’on utilise tous les jours dans nos échanges nationaux et internationaux ? L’histoire derrière le franc CFA Le franc CFA est né le 26 décembre 1945, jour où la France ratifie les accords de Bretton Woods et procède à sa première déclaration de parité au Fonds monétaire internationale (FMI). Il signifie alors « franc des Colonies Françaises d’Afrique ». Il prendra par la suite la dénomination de « franc de la Communauté Financière Africaine » pour les Etats membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), et « franc de la Coopération Financière en Afrique Centrale » pour les pays membres de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC). Cette monnaie, Le franc CFA est la dénomination de la monnaie commune de 14 pays africains membres de la Zone Franc. Il s’agit des Etats suivants : Le Bénin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo, qui constituent l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), dont l’Institut d’émission est la BCEAO ; Le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad, qui constituent la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), dont l’Institut d’émission est la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC). Cette dernière avec une parité fixe (1FF pour 500 F CFA) est fabriquée dans le Puy-De- Dôme en France. C’est en fait une monnaie étrangère et coloniale. Le Trésor français garantit la valeur externe de ces monnaies – en promettant de prêter des euros aux banques centrales quand elles n’ont plus de devises ; contre cette garantie, la France est représentée dans les instances des banques centrales, la BCEAO et la BEAC, où elle a un droit de veto implicite. Les banques centrales sont en plus tenues de déposer 50% de leurs réserves de change dans un compte spécial du Trésor français, appelé « compte d’opérations » (au lendemain des indépendances, cette proportion était de 100%) qui a un fonctionnement très particulier. Toutes ces règles ont été mises en place pour créer un environnement de « stabilité monétaire » permettant à la France et à ses entreprises de drainer les richesses des pays africains vers elles. Elles restent en vigueur et elles permettent à Paris d’avoir un contrôle non seulement sur la monnaie, mais aussi sur l’économie et la politique. Le franc CFA est un instrument inventé par la France pour faire participer ses colonies africaines à sa reconstruction après la Seconde guerre mondiale. Il est aujourd’hui un pilier du fonctionnement du « pré carré » qu’elle est parvenue à maintenir, malgré les indépendances africaines. Le franc CFA lui donne de nombreux avantages. Il lui permet par exemple d’acheter les matières premières africaines, généralement libellées en dollar, dans sa propre monnaie, ce qui lui évite d’avoir à utiliser ses devises. Le franc CFA donne aussi aux entreprises et produits français des marchés importants et stables. Malgré sa petite taille, la zone franc joue même un rôle de soupape de sécurité pour la France, qui est une puissance déclinante sur le plan économique, comme l’illustrent ses déficits commerciaux vis-à-vis du G8 et de la Chine. Ce n’est qu’en Afrique qu’elle parvient à vraiment tirer son épingle du jeu. Pour beaucoup de grandes entreprises françaises qui profitent de l’environnement offert par la zone Franc, les enjeux sont clairs : l’Afrique ou la mort ! Sur le plan diplomatique, la zone Franc continue de donner à la France un rayonnement international et une influence sans commune mesure avec son poids économique. Si le franc CFA disparaissait, ce serait donc la fin du modèle néocolonial qui a servi de boussole à la politique de la France en Afrique. Cela mettra en péril sa « grandeur » et son « prestige ». Toutefois, une Afrique francophone progressivement libérée de la domination néocoloniale condamnerait à moyen terme la France et ses entreprises évoluant sur le continent à s’adapter à un environnement auquel elles n’ont jamais été préparées. Quand les africains auront compris les méfaits du Franc CFA, ils descendront dans la rue pour exiger leur propre monnaie, disait Pr Agbohou, éminent économiste ivoirien. « Aucun pays ne peut se développer sans l’industrie, or le Franc CFA empêche les pays de la zone Franc de s’industrialiser, afin d’exporter leurs ressources agricoles et minières vers la France », rassure Pr Agbohou. Des ex-colonies françaises, comme le Maroc, la Tunisie, le Cambodge, Le Laos et le Vietnam ont très tôt, compris que le « Franc CFA est plus un frein qu’un levier pour le développement et ont mis en place leurs propres monnaies. Le Maroc est devenu actuellement la sixième puissance économique du continent après avoir battu sa propre monnaie, le Dirham après 1959. Un bénéfice de 400 milliards de dollars de par an pour la France selon Pr Agbohou Mesurant les risques qu’elle encourt, la France acceptera, difficilement, de laisser sauter la « dernière chaine de la chaine de colonisation », qui maintient les ex-colonies françaises dans la servitude. La raison avait été donnée, pour la première fois, par Nicolas Sarkozy, ex-locataire de l’Elysée. « La France quitterait la 7e position pour la 23epuissance économique de l’Europe si les pays francophones abandonnent le Franc CFA » avertissait-il. C’était également au cours d’une interview. Et Angela Merkel, la Chancelière allemande d’enfoncer le clou : « La France vole, chaque année à l’Afrique l’équivalent de 400 milliards de dollars, à travers le compte d’opération ». Un compte dans lequel, nos pays versent la moitié, ou presque, de leurs avoirs extérieurs pour, dit-on, garantir ce que la France appelle la «

Franc CFA et intégration économique africaine : la chronique de Louis Keumayou

Franc CFA et intégration économique africaine : la chronique de Louis Keumayou

Pour RT France, Louis Keumayou dresse un tableau économique et politique du franc CFA, revenant sur son histoire, et son actualité récente en Afrique et en France. Il évoque les nouveaux projets de monnaie unique visant à résoudre les problème de compétitivité de la zone du franc CFA. Chronique diffusée mercredi 29 sur la chaîne russe d’information internationale.

Kemi Seba à Lionel Zinsou: Pourquoi la France ne se désengage pas du Franc Cfa, si cette monnaie ne sert pas un minimum ses intérêts!

Kemi Seba à Lionel Zinsou: Pourquoi la France ne se désengage pas du Franc Cfa, si cette monnaie ne sert pas un minimum ses intérêts!

Si le Franc CFA n’était pas une monnaie à laquelle les autorités françaises tenaient, on ne l’entendrait pas plus de 60 ans après les Indépendances. C’est en substance ce qu’a déclaré Kemi Seba lors d’un débat avec Lionel Zinsou, défenseur du Franc CFA et conseiller du Président français Emmanuel Macron. «Pourquoi la France ne se désengage pas du Franc Cfa, si cette monnaie ne sert pas un minimum ses intérêts », s’est interrogé le leader du front anti CFA et président de l’ONG Urgences Panafricanistes. S’adressant à une assistance composée essentiellement de jeunes, l’activiste qui jure n’avoir aucune ambition politique a estimé que « nous devons être capables de nous faire entendre par rapport au mépris de certaines institutions qui nous disent vos questions de souveraineté monétaire ne sont que des questions émotives ». Ancien Premier ministre béninois et actuel président de Terra Nova, Lionel Zinsou a de son côté affirmé que les pays de la zone cfa ont le pouvoir monétaire et que le Franc CFA, en plus d’être une monnaie commune, est un facteur d’intégration considérable. « Il est notre mécanisme le plus puissant d’intégration. On peut le rebaptiser, on peut le détacher de ses origines historiques, mais faire très attention à conserver le caractère de monnaie commune qui permet de faciliter les échanges dans notre ensemble », a-t-il lancé. De son point de vue, « le Franc CFA ne pose aucun problème de souveraineté. Et pour cause, « les chefs d’Etat décident des taux d’intérêt, de l’utilisation pour le financement de l’économie du village de la masse monétaire, de la politique vis-à-vis des banques et du financement de l’économie, des taux d’intérêt ainsi que de la nomination des dirigeants », a soutenu Lionel Zinsou. A l’entendre, si les chefs d’Etats de la zone exercent 100% de leur souveraineté monétaire, il se trouve qu’il reste des éléments de folklore qui n’ont aucune importance économique mais qui sont en train de prendre une importance politique. Une allusion à « la gestion microscopique, parce que ça concerne les sommes très faibles d’une partie des réserves de change dans un compte à la Banque de France ». Selon lui, ce compte d’opération avec le Trésor français ne servirait à rien. « En 70 ans de régime de Franc cfa, il a servi de fournir des devises à la zone franc qui était en crise de liquidité pendant 14 mois ». Ainsi, a-t-il soutenu, ce compte d’opération serait inactif et que « la gestion d’une fraction des réserves à la Banque de France, c’est quelque chose à quoi on peut mettre fin du jour au lendemain, il ne se passera rien » Il a toutefois reconnu qu’en revanche, « ça blesse beaucoup l’idée qu’on ne saurait pas capables de gérer nos réserves de change. C’est une réforme d’une simplicité biblique qui ne pose aucun problème à la banque centrale européenne ou à la France » Des arguments qui n’ont visiblement pas convaincu l’activiste Kemi Seba qui, en guise de de réponse, s’est interrogé en ces termes : « avez-vous déjà vu un gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale ou de l’Ouest avoir un droit de veto à l’intérieur de la Banque de France ? Est-ce que le directeur de la Banque du Tchad a le droit de pouvoir mettre son droit de veto à la Banque de France?» La réponse du public: « Non! » « Quand il n’y aura plus de représentants de ces banques là dans nos régions, on pourra déjà parler un petit peu plus de souveraineté ». Aussi, si le compte d’opérations est anecdotique « ça n’aurait pas pendant 70 ans été un compte qui existe jusqu’à preuve du contraire, a-t-il conclu. Extrait du débat, ci-dessous:

Idriss Déby Itno sur le Franc CFA : C’est à nous de gérer notre monnaie avec notre banque centrale.

Idriss Déby Itno sur le Franc CFA : C’est à nous de gérer notre monnaie avec notre banque centrale.

Dans un entretien accordé à RFI, TV5 Monde et au quotidien Le Monde, le président tchadien Idriss Déby Itno s’est clairement exprimé sur l’avenir du franc CFA, lequel est régi par une convention entre la France et les pays africains qui a été faite au lendemain des indépendances. A la question faut-il mettre un terme au franc CFA ? Le chef de l’Etat tchadien a déclaré que le président Hollande était ouvert à une renégociation. Avant d’estimer qu’« il appartient maintenant aux chefs d’Etat africains, comme je le pense, de renégocier cette convention qui nous lie à une monnaie qui n’est pas la nôtre avec une parité fixe ». Interrogé dans le cadre de l’émission «Internationales» (RFI-TV5-Le Monde), il a ajouté que « le seul intérêt du franc CFA, c’est d’avoir 14 pays avec une monnaie commune. Il faut que les 14 pays restent regroupés et qu’ils renégocient pour que le Trésor français ne nous gère plus ». Pour Idriss Déby Itno, « c’est à nous de gérer notre monnaie avec notre banque centrale », signalant qu’« au niveau du conseil d’administration de notre banque centrale, nous avons trois Français qui siègent avec le droit de véto ». Et de s’interroger en ces termes: « où est alors la souveraineté monétaire ? Comment voulez-vous que l’Afrique se construise ? » Le président va jusqu’à confier aux journalistes français que « nos collègues d’Afrique anglophone, lusophone, arabophone nous disent que si nous connaissons aujourd’hui des malheurs, c’est à cause de vous, francophones ».

Requiem pour le Franc CFA

Requiem pour le Franc CFA

Soixante ans après sa création, les pays de la CEDEAO, Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest, ont porté le premier coup de massue au franc cfa. En effet, les représentants des 15 pays membres de cette organisation viennent de signer deux accords à Dakar au Sénégal, à travers lesquels par l’émission prochaine d’une monnaie unique indépendante ils comptent mettre définitivement leur zone sur la voie du développement. Crée en 1945 sous l’appellation Colonies Françaises d’Afrique, le système du Cfa, désormais appelé Communauté Financière Africaine, est basé sur quatre principes qui alimentent toujours la polémique. Parmi ceux-ci, la centralisation des réserves de change au Trésor public français. Pour bon nombre d’économistes, l’application de ce principe dépouille les pays africains de leurs recettes pour approvisionner les comptes d’opérations au Trésor public français. La France rémunérant au passage les banques centrales en intérêts, tout en se servant considérablement par des placements privés, les bénéfices se comptant en milliards d’euros sur la durée. Et, Nicolas Agbohou, auteur de l’ouvrage Le Franc cfa et l’Euro contre l’Afrique, considère même que ce principe est une escroquerie morale et financière et que ces comptes auraient une origine nazie. De plus, dans son livre Histoires des faits économiques contemporains, Maurice Niveau rapporte le sentiment français concernant la technique des comptes d’opérations, qui en réalité était une escroquerie pourfendue par les français eux-mêmes. Pour lui, la France exploite l’Afrique comme elle l’a été par les nazis. Pour autant, si la décision de la CEDEAO dont font aussi partie des pays n’ayant pas le cfa comme monnaie est appréciable, un pessimisme semble perceptible chez certains. Ils estiment que l’absence de date pour la mise en circulation de ladite monnaie, la mauvaise perception de la concurrence qui sera faite au dollar et à l’euro ou encore la volonté de conservation du pouvoir par certains chefs d’états qui passe, habituellement, par l’indispensable onction occidentale, peuvent être parmi tant d’autres, les pesanteurs qui pourraient venir prononcer l’oraison funèbre du rêve monétaire tant attendu. Quoiqu’il en soit, si jadis la question du franc cfa était un sujet tabou, les discussions de ces derniers temps et la décision de la CEDEAO, attestent que ces pays africains ont résolument opté pour une indépendance monétaire. Cette aspiration est justifiée dans la mesure ou, non seulement la monnaie joue un rôle primordial dans l’ensemble des processus et des relations par lesquels une communauté se constitue en autorité souveraine, mais également, parce qu’elle est avant tout un élément de souveraineté tellement sérieux, qu’on ne peut se permettre de la laisser entre les mains d’autrui.