Congo : la France déjouerait un virage vers les BRICS ?( lecture en 4 minutes)

Congo : la France déjouerait un virage vers les BRICS ?( lecture en 4 minutes)

PARLONS-EN. L’hypothèse d’un réalignement stratégique du Congo vers la Russie et la Chine se précise. Des sources concordantes révèlent que l’épée de Damoclès est toujours suspendue sur la tête du général de division Guy Blanchard Okoï, chef d’État-major général (CEMG) des Forces armées congolaises (FAC), qui devrait être mis en difficulté. Paris, de son côté, détiendrait des leviers subtils pour contrer ce basculement, sans recourir à une confrontation ouverte. Le pouvoir congolais a des racines françaises et tout remonte aux années 1970. Denis Sassou, alors capitaine, est approché par le Service de Défense et de Contre-Espionnage (SDECE) français – ancêtre de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE), éclaboussée en 2025 par ses opérations contre l’Alliance des États du Sahel (AES). L’objectif : neutraliser le président radical Marien Ngouabi.En 1976, Albin Chalandon, DG d’Elf Aquitaine, joue les intermédiaires avec ses réseaux issus du SDECE post-de Gaulle. Sassou, ministre de l’Intérieur et de la Défense depuis 1975, grimpe les échelons grâce à l’État-major spécial révolutionnaire. Le capitaine Emmanuel Ngouélondélé, directeur des services secrets du Congo et proche des Batékés, facilite les liens via feu Omar Bongo, hôte clé des bases françaises en Afrique et de la Françafrique.Porté par Elf Aquitaine, le minidef Sassou Denis indexé précédemment d’avoir assassiné Ngouabi, renverse le 5 février 1979, Yhombi Opangault : les vannes du pétrole s’ouvrent, l’argent coule, et le colonel Yves Ollivier s’installe durablement à l’état-major de Sassou. De Lissouba à Mokoko : Paris corrige ses « fils » En 1997, Elf récidive. Le professeur Pascal Lissouba, au pouvoir depuis 1992, est évincé pour avoir défié ses bienfaiteurs – nourris depuis 1963. La compagnie aurait financé mercenaires tchadiens, angolais, Hutu-Power et supplétifs zaïrois (DSP) : M. Sassou revient aux affaires avec plus de 400 000 morts dans les mains. Ce chiffre donné par l’expert Eric Dénécé n’a jamais été contesté. En 2016, François Hollande sacrifie un autre « fils », le général Jean-Marie Michel Mokoko (J3M). Mais l’ivresse des nouveaux riches déborde : hubris face à des exigences françaises de rigueur. Aujourd’hui, la tentation d’un pivot vers la Russie irrite Paris. Son atout maître ? Une élite congolaise formée, socialisée et ancrée en France, relais indéfectible entre Brazzaville et l’Occident. Okoï, comme J3M, en est le pilier – Paris ne compte pas le lâcher sans frapper même si, Jean Dominique Okemba suspecté de monter la cabale contre les officiers généraux Okoï et Nianga via Aline Lonzaniabeka est sur la liste des succesibles reconnu par l’occident. Dans cette configuration, la colonelle Aline charge Okoi au lieu de M. Sassou qui a pris le décret de la nommé et de la casser de son grade selon les prérogatives qui lui sont dévolus (article 88 de la constitution de la République du Congo) : ledit décret qui casse le grade du colonele au soldat 2è classe (décret n°2025-478 du 26 décembre 2025, publié au Journal officiel de la République du Congo de la 68e année, n°4, p.78, du 22 janvier 2026 ). La diversion du colonele Aline et Cie pour enfoncer les généraux devant les problèmes économiques qui frappent le Congo ne convainc pas les dépêches des services des renseignements occidentaux et des journaux qui accusent la France de vouloir renverser des dirigeants africains. Ce que les officiers Sassou, Lonzaniabeka et JDO cachent La rivalité Russie-Chine s’intensifie dans la profondeur économique et discrétion politique de PékinL’alerte récente du Service de renseignement extérieur russe (SVR) et des médias comme Voi.id, lanouvelletribune.info, etc., cristallisent les enjeux. Elles exposent la fracture géopolitique et rend tout basculement risqué. Les offres russe et chinoise divergent profondément, filtrées par l’élite congolaise occidentalisée. Pékin mise sur l’essentiel – infrastructures, énergie, numérique, prêts rapides, contrats bilatéraux sans ingérence idéologique. Cela flatte la souveraineté de M. Sassou. Mais l’administration congolaise, peu rodée, peine à gérer ces engagements complexes. Les élites françaises y voient efficacité sans filet : garanties juridiques faibles, opacité et vulnérabilité macroéconomique. La Chine apporte du concret, pas de bouclier réputationnel occidental.( A suivre) Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

Forces Armées Congolaises : Basile Boka promu au grade de général de brigade

Forces Armées Congolaises : Basile Boka promu au grade de général de brigade

Nommé par décret présidentiel, le 8 janvier 2024, au grade de général de brigade des forces armées congolaises (FAC), le commandant de la garde républicaine, Basile Boka, a porté son galon, ce 21 mars 2024. L’acte a été accompli par le général d’armée, Denis Sassou-N’Guesso qui a patronné la cérémonie militaire au palais des congrès à Brazzaville. L’esplanade du palais des congrès de Brazzaville a été choisi pour accueillir cette cérémonie de prise d’armes et de port d’insigne de grade. La cérémonie a débuté par le passage en revue des troupes par le chef de l’Etat. Le décret portant promotion d’officier général des forces armées congolaises a été par la suite rendu par le colonel major de police, Jean Bernard Okoko Isso, directeur général de l’administration et des ressources humaines au ministère de l’intérieur, de la décentralisation et du développement local. Le moment solennel de cette cérémonie est intervenu après la lecture de ce décret quand le président de la République a fait porter l’insigne du grade à l’heureux promu, Basile Boka. Né en 1964 dans le département de la Cuvette, Basile Boka a été commandant de la zone militaire de défense n°8 dans le département du Pool, en novembre 2016 et commandant de la garde républicaine en janvier 2023. Il est chevalier, officier et commandeur dans l’ordre du mérite congolais. Selon l’ordre de passage, la parade militaire qui a bouclé la cérémonie a commencé par le passage du commandement de l’ensemble des troupes, sous la supervision du commandant de la zone militaire de défense n° 9. Le défilé a été clôturé par le passage des troupes para-commandos, avec leur pas lent et rythmé. Il convient de signaler que les conditions météorologiques ont contribué à la bonne tenue de cette cérémonie. En effet, la pluie qui a arrosé la ville de Brazzaville en matinée a permis aux troupes de garder défiler dans la fraicheur. Wilfrid Lawilla D.

Congo: Deuxième session de formation de parachutistes et de plieurs par des instructeurs français

Congo: Deuxième session de formation de parachutistes et de plieurs par des instructeurs français

Du 2 au 14 septembre 2019, les Eléments français au Gabon (EFG) ont conduit une session de formation aux techniques aéroportées (TAP) au profit des parachutistes et de plieurs des Forces armées congolaises. L’opération, qui s’inscrit dans le cadre de la coopération opérationnelle entre les Eléments français au Gabon et les Forces armées congolaises, intervient après une première session tenue du 15 au 27 juin 2019. « Quinze instructeurs français ont constitué le détachement d’instruction opérationnel (DIO) qui avait pour objectif de préparer les militaires au brevet de parachutiste et de former des chefs de groupe de saut, ainsi que des plieurs de parachutes, avec le soutien de l’armée de l’air congolaise », selon un communiqué publié par l’Ambassade de France au Congo. « Après une instruction théorique de trois jours, 29 soldats du Groupement para commando (GPC) de Brazzaville et 39 du 102ème Bataillon aéroporté (BAP) de Pointe-Noire, ont accompli six sauts en automatique à partir d’hélicoptères, à 400 mètres d’altitude », indique le document. Au cours de ces exercices, la même source affirme que les chuteurs opérationnels du GPC ont pu se perfectionner en effectuant des sauts à ouverture commandée en chute libre à plus de 3 000 mètres. Ce, grâce à la présence d’instructeurs spécialisés détachés pour cette session. Par ailleurs, et dans le but de rendre autonome les unités aéroportées, la note explique que le DIO a formé cinq plieurs de parachutes, estimant ainsi les EFG auront participé à la formation de 140 parachutistes et de 13 plieurs au cours de cette année. Soulignons que cette séquence de formation s’est achevée le 12 septembre par une cérémonie solennelle qui a vu les nouveaux brevetés rejoindre la grande famille des parachutistes congolais. « A l’issue de la cérémonie, le Colonel Commandant le GPC, l’Attaché de Défense, ainsi que les instructeurs français et leurs anciens, ont remis les insignes aux nouveaux brevetés », conclue le communiqué. Adrien Thyg

Interview : Aline Olga Lonzaniabeka : «J’ai simplement voulu inciter les femmes à venir à l’armée ».

Interview : Aline Olga Lonzaniabeka : «J’ai simplement voulu inciter les femmes à venir à l’armée ».

Au cours de la cérémonie de présentation dédicace organisée, le 3 janvier 2018 à Brazzaville, l’auteure-officier des Forces Armées Congolaises (FAC), le lieutenant-colonel Aline Olga Lonzaniabeka avait expliqué que ce livre était le fruit d’une réflexion, de son expérience dans l’armée en tant que militaire et qu’elle l’avait écrit pour inciter les femmes à venir à l’armée. Elle a accepté de répondre aux questions de Pagaesafrik.info. Pagesafrik.info : Qui êtes-vous en réalité ? Aline Olga Lonzaniabeka : Je suis le lieutenant-colonel Aline Olga Lonzaniabeka. Je fais partie des Forces Armées Congolaises (FAC). Je viens de publier un essai intitulé «La femme congolaise et la défense de la nation» aux éditions Hemar à Brazzaville. C’est mon premier livre mais d’autres vont suivre. Pagesafrik.info : Pourquoi avoir choisi le livre comme support de communication alors qu’il y a des voies comme les séminaires, les conférences et autres ? A.O. Lonzaniabeka : J’ai choisi le livre parce qu’il va partout. Il dure longtemps et peut traverser les siècles. C’est la base première et à travers lui, on peut cumuler avec les interviews. Pagesafrik.info : N’est-ce pas un simple désir de visibilité ? A.O. Lonzaniabeka : Je ne le pense pas parce que je suis déjà suffisamment connue. Cela fait plus de vingt ans depuis que je suis dans l’armée. Plusieurs personnes me connaissent comme un officier des Forces Armées Congolaises. Je passe aux médias. Lors de mes soutenances et lorsque je porte graduellement les galons aussi. Non, je ne le pense pas. Je n’ai pas seulement voulu me faire connaitre et me rendre visible. En écrivant ce livre, j’ai simplement voulu inciter les femmes à venir à l’armée. Je ne cesse de dire que je suis venue à l’armée par contrainte. Ce sont mes parents qui m’ont forcée. Je ne voulais pas. J’avais moi-même une autre idée de l’armée mais j’ai fini par découvrir que c’est un autre monde. J’ai découvert qu’on pouvait s’y épanouir et qu’il a des compétences dans l’armée. Je me suis rendue compte que mon idée était fausse et voilà pourquoi, en écrivant ce livre, j’ai voulu faire honneur à la femme-soldat de qui il se dit tout et rien. Je rappelle que je ne voulais pas être soldat. Je le suis devenue et j’ai appris à l’être. J’ai appris à aimer ma condition de femme-soldat. Pagesafrik.info : Est-ce la vraie raison de ce livre ? A.O. Lonzaniabeka : Oui. Pour pousser les femmes à rejoindre les rangs des Forces Armées Congolaises, à ne pas avoir peur du métier des armes mais au contraire, à avoir des diplômes et à y venir. L’armée n’est pas un refuge pour les femmes ratées qui n’ont pas terminé leurs études. Il ne faut pas non plus penser que les parents ont raté leur éducation et que c’est pour cela qu’elles sont allées dans l’armée. Non, ce n’est pas cela. L’armée est un endroit pour les femmes à la tête bien faite et pleine. J’ai également voulu pousser la hiérarchie à avoir un double regard sur la femme-soldat. Pagesafrik.info : Comment avez-vous apprécié le reproche qui vous a été fait de n’avoir pas suffisamment parlé du harcèlement sexuel le jour de la présentation de votre livre ? A.O. Lonzaniabeka : Je l’ai fait volontairement. J’ai été brève ce jour-là parce que je l’ai voulu. Vous savez que ce sont des sujets très sensibles. Ce problème ne touche pas seulement les femmes des Forces Armées Congolaises, il concerne toutes les femmes de toutes les sphères professionnelles, les administrations tant publiques que les sociétés privées, les écoles, les Universités, ce n’est pas une chose catégorisée uniquement au sein de l’armée. Je reconnais que nous vivons des situations de harcèlement, des choses incroyables. Mais est-il possible d’en parler aussi librement et dans n’importe quel milieu ? Je m’interroge. Je réponds que je ne le pense pas. Ce sont des sujets qui peuvent être débattus dans des milieux autorisés. A ce propos, la ministre de la promotion de la femme, Mme Nefer Bertille Ingani qui organise des descentes d’échanges avec les femmes. Elle parle des violences faites à la femme, du harcèlement sexuel et des viols. Elle fait ce travail en collaboration avec la police pour tenter de réduire sinon d’éradiquer ce genre de chose. Elle pousse même les femmes à la dénonciation. Je solliciterai son assistance et sa présence lorsque je ferai les descentes dans les lieux précités. Pagesafrik.info : Comment entendez-vous accompagner votre livre lorsqu’on sait que publier un livre est une chose mais en faire la promotion en est une autre ? A.O. Lonzaniabeka : Le livre est en effet sur le marché. Nous avons dans un premier temps fait la présentation-dédicace, le 3 janvier 2018 à Brazzaville. Nous allons ensuite procéder par de petits séminaires, des descentes dans les Universités là où se trouvent les jeunes femmes diplômées qui pourront, avec leur bagage intellectuel, se tourner vers l’armée. L’académie militaire Marien Ngouabi est une Université militaire qui accueille les détenteurs d’une licence ou d’un Baccalauréat plus deux (Bac+2). Nous n’oublions pas les descentes les descentes dans les casernes militaires où se trouvent plusieurs femmes soldats, des femmes sous-officiers et des femmes officiers pour leur donner beaucoup de force et de courage pour mieux s’impliquer et se hisser dans leur vie professionnelle. Pagesafrik.info : A qui sont destinées les suggestions dans votre livre ? A votre hiérarchie ou à la société ? A.O. Lonzaniabeka : Les suggestions que je fais concerne la hiérarchie et la hiérarchie, ce sont le ministre de la défense, le Chef d’Etat-Major Général et pourquoi pas le Chef suprême des armées qui est Son Excellence monsieur le Président de la République. Nous faisons des suggestions pour que la hiérarchie s’attèle à améliorer de plus belle les conditions des femmes dans l’armée. Je sais qu’elle le fait déjà dans les fonctions, avec des formations, des stages et des promotions. Elle nous met à l’aise mais la perfection est toujours une quête permanente. Il y a encore beaucoup à faire pour