Maroc. La création d’emplois durables passe par une accélération des réformes du marché du travail

Le FMI réitère ses recommandations ECONOMIE. « La création d’emplois durables reste une priorité urgente » au Maroc, a de nouveau insisté le Fonds monétaire international (FMI) qui appelle à accélérer les réformes du marché du travail pour stimuler l’emploi durable. Cet objectif « requiert un secteur privé plus dynamique, des conditions de concurrence plus équitables entre entités publiques et privées ainsi que des réformes supplémentaires du marché du travail », a estimé l’institution financière internationale, à l’issue des consultations de 2026 au titre de l’article IV et de l’examen à mi-parcours de l’accord relatif à la ligne de crédit modulable accordée au Maroc. L’institution de Bretton Woods réitère ainsi des recommandations qu’elle avait déjà adressées au terme de la mission conduite par Laura Jaramillo, du 29 janvier au 11 février au Maroc. Au terme de son séjour, l’équipe du FMI avait alors appelé à davantage de réformes liées au marché du travail, expliquant que les réformes, la gouvernance, le soutien ciblé et la modernisation des politiques de l’emploi sont les leviers clés pour stimuler l’emploi durable. « Face à l’intensification des tensions géopolitiques et à l’incertitude mondiale, il est essentiel de maintenir des politiques macroéconomiques prudentes, de gérer avec rigueur les risques budgétaires et économiques, d’investir davantage dans le capital humain et de veiller à la mise en œuvre résolue des réformes structurelles pour stimuler une croissance inclusive et la création d’emplois », a réitéré, cette fois-ci, Kenji Okamura, directeur général adjoint et président du conseil d’administration, à la suite des récentes délibérations du conseil d’administration. Rappelons que le taux de chômage a atteint 13% au niveau national en 2025 et qu’il est resté plus élevé parmi les jeunes de 15 à 24 ans (de 36,7% à 37,2%), les diplômés (de 19,6% à 19,1%) et les femmes (de 19,4% à 20,5%), selon le Haut-Commissariat au plan (HCP). Dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail en 2025, l’organisme public ajoute que « le volume du sous-emploi est, de son côté, passé, durant la même période, de 1.082.000 à 1.190.000 personnes au niveau national, de 585.000 à 652.000 en milieu urbain et de 496.000 à 538.000 en milieu rural ». D’après le HCP, le taux de sous-emploi a ainsi augmenté de 10,1% à 10,9% au niveau national, de 8,9% à 9,6% en milieu urbain et de 12,2% à 13,2% en milieu rural. Par ailleurs, l’institution avait également fait état de la hausse de la proportion des primo-demandeurs d’emploi et du chômage de longue durée au cours de cette période. « La part des chômeurs n’ayant jamais travaillé s’est élevée de 49,3% à 52,9% et celle des personnes en situation de chômage depuis un an ou plus de 62,4% à 64,8% », avait-elle souligné ajoutant que la durée moyenne de chômage est passée de 31 mois à 33 mois. Dans un communiqué publié mardi 24 mars, le FMI a toutefois jugé « très favorables » les perspectives de croissance du Maroc compte tenu des « leviers intérieurs solides » sur lesquels elle repose. A ce propos, sous réserve d’un retour à la normale de la production agricole et d’une poursuite des investissements dans les infrastructures avec une participation accrue du secteur privé, l’institution prévoit que « la croissance du PIB réel devrait s’établir à 4,4% pour 2026, 4,5% pour 2027 et 4% à moyen terme ». S’agissant des perspectives de croissance à court terme, l’organisme international affirme qu’elles sont modérées par le conflit en cours au Moyen-Orient, indiquant toutefois que le Maroc subit les effets par le bouleversement des marchés mondiaux des produits de base et la baisse de la demande mondiale dans un contexte général plus incertain. Bien qu’aujourd’hui peu élevée, le FMI s’attend à ce que l’inflation augmente temporairement en cours d’année, notamment en raison de la hausse des prix de l’énergie, avant de s’établir à 2% environ à moyen terme. Aussi, compte tenu de la forte teneur en importations des investissements infrastructurels et du renchérissement des importations de produits de base, le déficit courant devrait se creuser modérément. A noter que le niveau des réserves internationales devrait rester adéquat, assure l’organisme, précisant que «les déficits budgétaires globaux pour 2026 et à moyen terme sont compatibles avec une réduction progressive du ratio dette/PIB à 60,5 % d’ici 2031». Alain Bouithy
FMI : l’économie malienne montre des signes de reprise

Amélioration de la situation sécuritaire et la reprise attendue de la production d’or ECONOMIE. « L’économie malienne se redresse après des difficultés survenues à la fin de 2025, dans un contexte d’amélioration de la situation sécuritaire et de reprise de la production aurifère», a constaté le Fonds monétaire international (FMI). Selon la direction du FMI, qui a approuvé, le 18 mars 2026, la seconde et dernière revue du programme de référence du pays, « la poursuite de l’amélioration de la situation sécuritaire et la reprise attendue de la production d’or, devrait contribuer à renforcer l’économie en 2026 ». Approuvé en mars 2025, le programme de référence vise à assurer la viabilité des finances publiques, à renforcer la gouvernance et la gestion des finances publiques et à protéger les plus vulnérables, a rappelé l’institution de Bretton Woods. Dans un communiqué, l’organisme international rapporte que l’activité économique en 2025 a été affectée par la baisse de la production d’or et les perturbations de l’approvisionnement en carburant au quatrième trimestre à la suite d’attaques terroristes. De l’avis des experts du Fonds, à l’avenir, les mesures visant à rétablir l’approvisionnement en carburant et à améliorer davantage la sécurité ainsi que le remboursement des arriérés intérieurs et la résolution du différend minier devraient soutenir le raffermissement de la croissance en 2026. Quant à l’inflation, elle reste inférieure à 3 %, tout comme en 2026, selon les estimations du FMI. Dans son rapport, l’institution a jugé « robuste » la mise en œuvre du programme de référence. Et pour cause : « tous les objectifs quantitatifs et indicatifs de la deuxième revue (dépenses sociales prioritaires, recettes fiscales nettes, arriérés intérieurs et extérieurs et déficit budgétaire primaire) ont été atteints et les résultats ont été supérieurs aux attentes dans certains cas », a-t-elle fait savoir ajoutant que tous les repères structurels ont été atteints, notamment la digitalisation des recettes fiscales, l’interconnectivité de l’administration fiscale et l’élaboration d’un plan d’action lié au recensement des comptes publics. Alors que la politique budgétaire demeure appropriée, le Fonds a estimé qu’« une gestion prudente des recettes exceptionnelles potentielles est nécessaire dans un contexte de cours élevés de l’or ». Sachant que la hausse des prix de l’or et du lithium pourrait générer des recettes supplémentaires, « une gestion transparente et prudente, guidée par un point d’ancrage budgétaire non minier, contribuera à éviter les politiques procycliques », a-t-il estimé. De l’avis de l’institution, le maintien d’une politique budgétaire prudente reste essentiel pour préserver la viabilité, d’autant plus que « le coût élevé de l’emprunt et les importants besoins de développement et de sécurité continuent de limiter l’espace budgétaire ». Enfin, elle estime que les priorités de réformes devraient comprendre : l’élargissement de l’assiette fiscale, le renforcement des administrations fiscales et douanières, l’amélioration de la gestion des finances publiques, la réduction de la vulnérabilité des entreprises publiques et la préservation de l’espace nécessaire à l’investissement public et à la protection des ménages vulnérables. Martin Kam
Maroc. Le FMI appelle à davantage de réformes liées au marché du travail

La création d’emplois durables demeure une priorité pressante au Maroc ECONOMIE. «La création d’emplois durables demeure une priorité pressante», a affirmé le Fonds monétaire international (FMI) dont une mission a séjourné du 29 janvier au 11 février au Maroc. A la tête de l’équipe du FMI, Laura Jaramillo a estimé qu’en plus de constituer un défi majeur pour le pays, la création d’emplois durables « nécessite des réformes favorisant un secteur privé plus dynamique et une meilleure réactivité du marché du travail ». Le contexte est tel que l’institution financière internationale a appelé à un climat des affaires plus propice, un secteur privé plus dynamique, et davantage de réformes liées au marché du travail. «L’accélération des réformes des établissements et entreprises publics visant à améliorer leur performance et leur gouvernance est essentielle pour accroître la concurrence et garantir la neutralité du marché entre les entreprises publiques et privées», a déclaré Laura Jaramillo qui s’est entretenue avec les autorités nationales dans le cadre des consultations au titre de l’article IV pour l’année 2026. Des mesures complémentaires pour combler l’inadéquation des compétences Dans sa déclaration, la cheffe de mission du FMI a relevé les efforts fournis pour mieux cibler le soutien financier et technique accordé aux TPME, à travers la Charte d’investissement, les Centres régionaux d’investissement et le Fonds Mohammed VI pour l’investissement ainsi que la nouvelle Charte TPME, insistant toutefois sur «un suivi étroit des résultats en matière d’emploi». Prenant note de la mise en œuvre continue de la «Feuille de route pour l’emploi 2030», qui propose un cadre visant à réduire le chômage à travers la modernisation des politiques actives du marché du travail et un soutien renforcé aux jeunes non diplômés, elle a souligné toutefois l’importance de poursuivre les efforts et d’en assurer l’efficacité, notamment par «des mesures complémentaires pour combler l’inadéquation des compétences» par rapport aux besoins du marché. De l’avis des experts de l’organisme international ayant séjourné au Royaume, les réformes, la gouvernance, le soutien ciblé et la modernisation des politiques de l’emploi sont les leviers clés pour stimuler l’emploi durable. A titre de rappel, le taux de chômage s’est situé à 13% au niveau national, de 16,9% à 16,4% en milieu urbain et de 6,8% à 6,6% en milieu rural, selon les statistiques relatives à la situation du marché du travail en 2025 publiés en début du mois de février par Haut-commissariat au plan (HCP). D’après ces chiffres, « il reste plus élevé parmi les jeunes de 15 à 24 ans (de 36,7% à 37,2%), les diplômés (de 19,6% à 19,1%) et les femmes (de 19,4% à 20,5%) ». En d’autres termes, la situation demeure critique pour ces catégories. Dans sa note d’information, synthétisant ces différentes évolutions, l’institution publique estime que «le taux de sous-emploi a augmenté de 10,1% à 10,9% au niveau national, de 8,9% à 9,6% en milieu urbain et de 12,2% à 13,2% en milieu rural». En effet, durant la même période, l’organisme constate que le volume du sous-emploi est passé de 1.082.000 à 1.190.000 personnes au niveau national, de 585.000 à 652.000 en milieu urbain et de 496.000 à 538.000 en milieu rural. Il est à rappeler qu’au cours de cette période, le chômage a été marqué par la hausse de la proportion des primo-demandeurs d’emploi et du chômage de longue durée, selon la même source. Les chiffres montrent que «la part des chômeurs n’ayant jamais travaillé s’est élevée de 49,3% à 52,9% et celle des personnes en situation de chômage depuis un an ou plus de 62,4% à 64,8%», a fait savoir l’institution précisant que la durée moyenne de chômage est passée de 31 mois à 33 mois. Alain Bouithy
ECONOMIE. Kristalina Georgieva : «Il incombe à chaque pays de mettre ses affaires en ordre»

Face à des perspectives de croissance faible et d’endettement élevé Les perspectives de l’économie mondiale restent moroses, en dépit de la résilience dont elle a fait preuve face aux chocs qui se sont succédé ces dernières années, selon la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva. «Nous continuons de faire face à des perspectives de croissance faible et d’endettement élevé», a-t-elle affirmé dans un récent rapport annuel du FMI intitulé «Cap sur la croissance en période d’incertitude». D’après la DG de l’institution financière internationale, «la prévision de croissance mondiale à cinq ans s’établit à environ 3%, bien en deçà de l’expansion moyenne d’après-guerre de 3,7%». Dans ce contexte, Kristalina Georgieva estime que «les pays membres du FMI traversent des difficultés considérables» et qu’«il leur faut notamment préserver la stabilité macroéconomique et financière tout en assurant la viabilité de la dette, remédier aux déséquilibres entre pays et améliorer les perspectives de croissance». Elle prévient cependant que la réalisation de ces objectifs exige des mesures urgentes et de grande envergure. Aussi, s’il revient aux pouvoirs publics d’intervenir en premier lieu au niveau national, la patronne du Fonds soutient qu’il incombe à chaque pays de mettre ses affaires en ordre. La patronne du FMI se dit toutefois confiante quant à la capacité des autorités nationales à «stimuler la productivité et renforcer la croissance intérieure, rétablir les marges de manœuvre budgétaires nécessaires à des investissements indispensables et en prévision de futurs chocs, renforcer la stabilité financière et accroître leur résilience», estimant qu’à l’échelle internationale, les pays doivent rechercher des solutions concertées à leurs défis économiques communs. Dans ce rapport, Kristalina Georgieva rappelle un contexte économique mondial en pleine mutation depuis une année, marqué par de profonds changements: du passage au numérique à l’intelligence artificielle, en passant par les transitions démographiques. Et d’ajouter: «En outre, les politiques économiques connaissent des transformations majeures de nature à reconfigurer les échanges commerciaux et les flux de capitaux au niveau mondial». Quoi qu’il en soit, «le FMI continuera de soutenir ses pays membres», s’adaptera, si nécessaire, pour aider les pays à traverser cette période difficile et à remédier aux déséquilibres dont ils pâtissent, a-t-elle assuré. Dans son rapport, le Fonds affirme que le contexte actuel exige clarté, détermination et coordination. «Si l’économie mondiale a fait preuve d’une remarquable résilience ces cinq dernières années, les tensions commerciales se sont fortement accentuées depuis la publication du précédent Rapport annuel, et l’incertitude entourant les politiques économiques s’est accrue», fait-il remarquer. De l’avis des experts du FMI, les autorités sont en butte à un durcissement des conditions financières et à un surcroît de volatilité sur les marchés, et les chocs survenus ces dernières années ont épuisé leurs marges de manœuvre. En conséquence, les décideurs doivent rapidement s’atteler à trois priorités essentielles.L’institution estime qu’ils doivent en premier apaiser les tensions commerciales et corriger les déséquilibres qui y contribuent. Elle les invite à «faire respecter des règles équitables, d’éviter de mettre en œuvre des politiques génératrices de distorsions pour s’arroger un avantage concurrentiel, et de s’abstenir de prendre des mesures de nature à entraver les échanges commerciaux». La deuxième priorité consiste à agir collectivement pour préserver la stabilité économique et financière, en mettant leurs propres affaires en ordre en procédant de manière réaliste à des plans d’ajustement crédibles. Quant au troisième axe prioritaire, il «consiste à accélérer les réformes propices à la croissance, afin de rehausser la productivité et le potentiel de production», a indiqué le Fonds. L’institution appelle les pays à privilégier les politiques intérieures et les réformes structurelles des marchés du travail, des biens et des produits financiers, tout en continuant à faire preuve de rigueur sur le plan réglementaire. Alain Bouithy
Mali: une croissance de 5% attendue en 2025, portée par le lithium et l’agriculture (FMI)

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de 5% au Mali en 2025, soutenue par la performance de l’agriculture, le démarrage de l’exploitation du lithium et la progression des services, selon un communiqué publié jeudi soir à l’issue d’une mission du FMI à Bamako. Malgré un contexte difficile marqué par l’insécurité, des inondations et la baisse de l’aide extérieure, le FMI salue la résilience de l’économie malienne, dont la croissance était estimée à 4,7% sur les deux dernières années. La première mine de lithium, exploitée par une entreprise chinoise dans le sud du pays, a été inaugurée fin 2024, alors que la seconde, portée par un opérateur britannique, doit prochainement entrer en production, renforçant ainsi les perspectives de croissance. Le FMI met, par ailleurs, en garde contre les effets négatifs de la réduction de l’aide internationale et des perturbations dans le secteur aurifère, tout en appelant à des réformes structurelles pour préserver la stabilité macroéconomique, réduire les incertitudes et renforcer la transparence. MAP
Economie algérienne: le FMI alerte sur d’importatntes vulnérabilités budgétaires

Les perspectives à court terme de l’économie algérienne restent globalement positives malgré l’incertitude à l’échelle mondiale, mais les vulnérabilités budgétaires sont importantes, selon le Fonds monétaire international (FMI). Des perspectives portées par une reprise progressive de la production d’hydrocarbures grâce à la levée graduelle des mesures de réduction de la production décidée par l’OPEP+, ce qui devrait soutenir la croissance en 2025, tandis que l’inflation resterait modérée, a indiqué une mission du FMI, dirigée par M. Charalambos Tsangarides, qui s’est rendue à Alger du 16 au 30 juin. « Toutefois, la montée des tensions budgétaires pose des problèmes importants de financement et, si elle se prolonge, entraînera une augmentation de la dette publique à moyen terme », a-t-elle prévenu ajoutant que l’incertitude mondiale persistante et la volatilité des cours des hydrocarbures devraient freiner les exportations et l’investissement. Ce qui devrait contribuer à creuser le déficit courant en 2025. D’après l’institution financière internationale, les perspectives économiques sont exposées à plusieurs risques, principalement dus à la volatilité des prix des hydrocarbures dans un contexte de politiques commerciales instables et de tensions géopolitiques, et à des déficits budgétaires persistants qui mettent en péril la viabilité de la dette et renforcent l’interdépendance financière entre l’État, les entreprises publiques et les banques publiques. Qu’à cela ne tienne, le Fonds affirme que les perspectives économiques à moyen terme s’amélioreraient si des réformes de diversification de l’économie étaient soutenues, et si le Plan d’Action des autorités et des réformes structurelles étaient mis en œuvre. Afin de préserver la stabilité macrofinancière et d’atténuer les risques à court terme dans un contexte mondial volatil, la mission recommande un rééquilibrage budgétaire progressif mais mis en œuvre dans les meilleurs délais. Selon elle, la politique monétaire doit rester guidée par la conjoncture économique et fermement centrée sur son objectif d’inflation, tout en surveillant étroitement l’évolution du secteur financier. Le FMI estime, par ailleurs, qu’une plus grande flexibilité du taux de change renforcera la capacité de l’économie à absorber les chocs extérieurs dans un contexte de volatilité accrue des cours des hydrocarbures et d’incertitude à l’échelle mondiale. « Parmi les priorités de réforme à moyen terme figurent l’amélioration de la soutenabilité des finances publiques, le renforcement des cadres opérationnels de la politique monétaire et financière, et la poursuite des réformes structurelles visant à stimuler l’investissement privé, la croissance inclusive et la création d’emplois », a estimé M. Tsangarides. D’après le Fonds, l’activité économique a ralenti de 4,1 % en 2023 à 3,6 % en 2024 tandis que l’activité hors hydrocarbures est restée dynamique, avec une croissance de 4,2 %. De son côté, sous l’effet d’une baisse de la production d’hydrocarbures et des prix du gaz, le solde courant est devenu déficitaire en 2024 . A noter que les réserves de change sont restées conséquentes, s’établissant à 67,8 milliards de dollars, couvrant environ 14 mois d’importations; alors que l’inflation a fortement diminué, passant d’une moyenne annuelle de 9,3 % en 2023 à 4 % en 2024, principalement sous l’effet d’une progression plus faible des prix des denrées alimentaires, mais l’inflation hors énergie et alimentation a également reculé. Quant à la politique monétaire, elle est restée accommodante au premier semestre de 2025. En raison de la baisse des recettes d’hydrocarbures et de la hausse des salaires et des dépenses d’investissement, le déficit budgétaire s’est considérablement creusé en 2024 pour atteindre 13,9 % du PIB. Il devrait rester élevé en 2025, selon les prévisions de l’institution. Martin Kam
Wenjie Chen : « L’économie malienne a fait preuve d’une certaine résilience, malgré les crises auxquelles le pays fait face »

« L’économie malienne a fait preuve d’une certaine résilience, malgré les crises auxquelles le pays fait face », a déclaré Mme Wenjie Chen, à l’issue d’une mission de consultation du Fonds monétaire international (FMI) qu’elle a conduite à Bamako du 9 au 13 juin 2025. D’après les services du FMI, la croissance économique est estimée à 4,7 % en 2024, sans changement depuis 2023, en raison d’une combinaison de facteurs, dont une crise de l’électricité, des inondations et une baisse de la production aurifère. L’équipe du FMI, qui a eu des entretiens avec les autorités et d’autres parties prenantes sur l’évolution récente de l’économie, note que le déficit budgétaire de l’Etat a été ramené à 2,6 % du PIB en 2024, grâce à une forte mobilisation des recettes, à des paiements exceptionnels effectués par des sociétés minières et de télécommunication et à une maîtrise plus stricte des dépenses courantes dans un contexte de financements limités. De l’avis de l’institution financière internationnale, « le resserrement des conditions de financement au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et l’absence d’aide budgétaire extérieure ont entraîné des coûts d’emprunt élevés pour l’État ». Selon les prévision du FMI, en dépit de la baisse de production résultant de la fermeture de la plus grande mine d’or et des risques, la croissance du PIB réel devrait atteindre 5,0 % en 2025. Elle devrait rebondir pour atteindre 5,4 % en 2026, sous réserve de la reprise de l’intégralité des activités minières; tandis que le déficit budgétaire devrait atteindre 3,4 % en 2025, en partie sous l’effet des dépenses publiques destinées à atténuer les répercussions des inondations. Cependant, les perspectives demeurent incertaines et les risques de révision à la baisse sont considérables. Pour Mme Wenjie Chen, « la politique budgétaire devrait donner la priorité à la viabilité des finances publiques, notamment en se rapprochant du plafond de déficit budgétaire de 3 % fixé par l’UEMOA ». Selon elle, les principales priorités consistent notamment à accroître les recettes intérieures en élargissant l’assiette fiscale, y compris celles provenant du secteur minier, et à renforcer les administrations fiscale et douanière. Le Fonds exhorte, en outre, les autorités à s’attacher à améliorer l’efficience des dépenses, tout en préservant l’investissement public et les ménages vulnérables. Pour libérer le potentiel de croissance du Mali, l’institution estime « essentiel de réduire l’incertitude entourant les politiques intérieures et de faire avancer les réformes structurelles. Il est essentiel de poursuivre l’amélioration la gouvernance budgétaire et la gestion des finances publiques, de remédier à la vulnérabilité des entreprises publiques et de renforcer leur surveillance, en particulier la Société d’électricité Énergie du Mali ». Enfin, pour attirer l’investissement étranger, elle plaide pour le renforcement des cadres réglementaires transparents. Martin Kam
République Centrafricaine : Le FMI approuve un décaissement de 58 millions de dollars, malgré des « résultats mitigés »

Le Fonds monétaire international (FMI) annonce avoir approuvé mercredi 4 juin un décaissement de 58 millions de dollars en faveur de la République Centrafricaine, malgré des « résultats mitigés » et des « risques baissiers considérables ». Pour l’institution financière internationale, ce décaissement vise à « l’aider à répondre à ses besoins persistants de financement de la balance des paiements tout en maintenant les dépenses prioritaires consacrées aux services publics de base ». Selon les projections du FMI, l’activité économique devrait croître de 3 % en 2025, contre 1,9 % en 2024, sous l’effet de la hausse de la consommation d’énergie, du redressement des activités minières, des projets d’infrastructures et de l’amélioration de la sécurité. L’inflation devrait de son côté reculer d’ici à fin 2025, en partie grâce à la baisse des prix à la pompe intervenue en mai 2025. L’institution juge cependant important « de resserrer la politique budgétaire pour adresser l’accentuation de la vulnérabilité liée à la dette publique », estimant que le déficit primaire intérieur serait ramené à 2,1 % du PIB en 2025, contre 4,9 % en 2024, en supposant un soutien politique fort en faveur des mesures convenues en matière d’administration fiscale et la conformité des obligations fiscales. Elle estime en outre essentiel de mieux maîtriser les dépenses dans un contexte d’élections et de réductions de l’aide humanitaire. L’autre recommandation concerne la réforme du marché des carburants qui demeure essentielle pour la stabilisation macroéconomique et la croissance à la fois durable et inclusive de la RCA. De l’avis du FMI, Bangui devrait accélérer l’audit de l’approvisionnement de carburants pour étayer les réformes des prix et remédier aux inefficiences persistantes. D’après l’organisation, en dépit des récentes hausses de l’offre et baisses de prix, « les prix à la pompe restent élevés en raison des importations coûteuses et opaques. Une utilisation transparente du don récent de diesel et un audit approfondi des coûts et des marges pourraient contribuer à renforcer la concurrence, à améliorer l’efficience de l’offre et à accroître les recettes fiscales ». « La République centrafricaine a réaffirmé sa détermination à mettre en œuvre les réformes structurelles dans le cadre de l’accord au titre de la FEC, malgré une fragilité profondément enracinée et une grande incertitude. Le soutien financier et technique des partenaires au développement reste essentiel pour que le programme soit un succès, ce qui permettra de surmonter les capacités faibles et la volatilité des recettes, ainsi que d’atténuer les besoins humanitaires », a déclaré M. Kenji Okamura, directeur général adjoint et président par intérim. Pour ce dernier, » il est essentiel de renforcer le respect des obligations fiscales et les contrôles fiscaux pour accroître les recettes, mais il faut un fort soutien politique. Il est également essentiel d’accélérer l’audit de l’approvisionnement de carburants pour remédier aux inefficiences et permettre de nouvelles réductions des prix à la pompe », ajoutant par ailleurs que le bon fonctionnement du marché des carburants est essentiel à la stabilité budgétaire et macroéconomique. Il estime, enfin, que « l’amélioration de la gouvernance renforcera les efforts de gestion des finances publiques » et appelle à « mettre en service rapidement le système de déclaration de patrimoine pour maintenir l’aide des donateurs ». Martin Kam