
Les perspectives à court terme de l’économie algérienne restent globalement positives malgré l’incertitude à l’échelle mondiale, mais les vulnérabilités budgétaires sont importantes, selon le Fonds monétaire international (FMI).
Des perspectives portées par une reprise progressive de la production d’hydrocarbures grâce à la levée graduelle des mesures de réduction de la production décidée par l’OPEP+, ce qui devrait soutenir la croissance en 2025, tandis que l’inflation resterait modérée, a indiqué une mission du FMI, dirigée par M. Charalambos Tsangarides, qui s’est rendue à Alger du 16 au 30 juin.
« Toutefois, la montée des tensions budgétaires pose des problèmes importants de financement et, si elle se prolonge, entraînera une augmentation de la dette publique à moyen terme », a-t-elle prévenu ajoutant que l’incertitude mondiale persistante et la volatilité des cours des hydrocarbures devraient freiner les exportations et l’investissement. Ce qui devrait contribuer à creuser le déficit courant en 2025.
D’après l’institution financière internationale, les perspectives économiques sont exposées à plusieurs risques, principalement dus à la volatilité des prix des hydrocarbures dans un contexte de politiques commerciales instables et de tensions géopolitiques, et à des déficits budgétaires persistants qui mettent en péril la viabilité de la dette et renforcent l’interdépendance financière entre l’État, les entreprises publiques et les banques publiques.
Qu’à cela ne tienne, le Fonds affirme que les perspectives économiques à moyen terme s’amélioreraient si des réformes de diversification de l’économie étaient soutenues, et si le Plan d’Action des autorités et des réformes structurelles étaient mis en œuvre.
Afin de préserver la stabilité macrofinancière et d’atténuer les risques à court terme dans un contexte mondial volatil, la mission recommande un rééquilibrage budgétaire progressif mais mis en œuvre dans les meilleurs délais. Selon elle, la politique monétaire doit rester guidée par la conjoncture économique et fermement centrée sur son objectif d’inflation, tout en surveillant étroitement l’évolution du secteur financier.
Le FMI estime, par ailleurs, qu’une plus grande flexibilité du taux de change renforcera la capacité de l’économie à absorber les chocs extérieurs dans un contexte de volatilité accrue des cours des hydrocarbures et d’incertitude à l’échelle mondiale.
« Parmi les priorités de réforme à moyen terme figurent l’amélioration de la soutenabilité des finances publiques, le renforcement des cadres opérationnels de la politique monétaire et financière, et la poursuite des réformes structurelles visant à stimuler l’investissement privé, la croissance inclusive et la création d’emplois », a estimé M. Tsangarides.
D’après le Fonds, l’activité économique a ralenti de 4,1 % en 2023 à 3,6 % en 2024 tandis que l’activité hors hydrocarbures est restée dynamique, avec une croissance de 4,2 %. De son côté, sous l’effet d’une baisse de la production d’hydrocarbures et des prix du gaz, le solde courant est devenu déficitaire en 2024 .
A noter que les réserves de change sont restées conséquentes, s’établissant à 67,8 milliards de dollars, couvrant environ 14 mois d’importations; alors que l’inflation a fortement diminué, passant d’une moyenne annuelle de 9,3 % en 2023 à 4 % en 2024, principalement sous l’effet d’une progression plus faible des prix des denrées alimentaires, mais l’inflation hors énergie et alimentation a également reculé.
Quant à la politique monétaire, elle est restée accommodante au premier semestre de 2025. En raison de la baisse des recettes d’hydrocarbures et de la hausse des salaires et des dépenses d’investissement, le déficit budgétaire s’est considérablement creusé en 2024 pour atteindre 13,9 % du PIB. Il devrait rester élevé en 2025, selon les prévisions de l’institution.
Martin Kam
Journaliste au sein de notre rédaction depuis 2012.



