RDC/Rwanda. Processus de Doha : Paul Kagame n’a pas totalement tort

LIBRES PROPOS. Dans un entretien accordé à Al-Jazeera, le président Paul Kagame soutient que c’est Félix Tshisekedi — et non le Rwanda — qui a contourné les processus et initiatives africains de paix de Luanda pour se tourner d’abord vers le Qatar, puis vers les États-Unis.

Cette déclaration vient conforter l’analyse que j’avais formulée à l’époque et aide à comprendre pourquoi la médiation angolaise a fini par se retirer. J’expliquais que Tshisekedi s’était tourné vers le Qatar parce qu’il était isolé au niveau sous-régional et ne semblait plus faire confiance à la médiation angolaise.

Selon Kagame, « l’espoir » de Tshisekedi « était de pouvoir manipuler, soit le processus au Qatar, soit le processus ici à Washington, en sa faveur, parce qu’il considère que la RDC est trop grande, trop importante, que le monde entier convoite une part de ce qu’elle possède, et qu’il suffirait qu’il paie et manipule les gens pour obtenir le résultat qu’il voulait. »

On peut ne pas porter le président rwandais dans son cœur, mais ses propos ne sont pas entièrement sans fondement. Lors d’échanges que j’ai eus avec des membres du pouvoir congolais impliqués dans les discussions avec les Américains et les Rwandais, il m’a été très clairement indiqué que le président Tshisekedi comptait faire des minerais critiques de la RDC une monnaie d’échange.

Kinshasa n’avait, pour ainsi dire, rien d’autre à mettre sur la table. L’objectif immédiat était de freiner la progression du M23 pour sécuriser le régime. Les effets de cette approche court-termiste, aujourd’hui, se passent de commentaire.

Par Patrick Mbeko

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