La production céréalière mondiale ne suffira pas à répondre aux besoins de consommation

La production céréalière mondiale devrait atteindre cette année un niveau record de 2.800 millions de tonnes (riz usiné compris), indique un nouveau rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Selon les dernières estimations de l’agence onusienne, rendues publiques récemment, la production de céréales devrait bondir de 1,1% par rapport au résultat enregistré en 2020. Mais en dépit du niveau record annoncé, la production céréalière devrait rester en deçà de la consommation mondiale. Elle ne devrait ainsi pas suffire pour répondre aux besoins de consommation prévus pour la campagne de commercialisation 2021-2022, a prévenu l’organisation internationale dans son rapport. «A ce niveau, la production serait toujours inférieure aux besoins de consommation prévus pour 2021‑2022, ce qui entraînerait une diminution des stocks mondiaux », a fait savoir la FAO. Quoi qu’il en soit, et comme l’a expliqué l’organisation, «l’amélioration des perspectives concernant les cultures de blé et de céréales secondaires a fait progresser de 12,1 millions de tonnes (0,4%) les prévisions globales concernant la production mondiale de céréales depuis le précédent rapport qui date de septembre ». Ainsi que l’a relevé la FAO dans son rapport, la plus grande partie de cette hausse est imputable à de meilleures perspectives pour le blé dont la production devrait s’établir à « 776,7 millions de tonnes, soit 7,2 millions de tonnes de plus que le chiffre indiqué en septembre et un niveau identique à celui de la production de 2020 ». Les conditions météorologiques et la diminution des superficies plantées au Canada et en Fédération de Russie ne devraient pas avoir un impact fort sur les perspectives de production du blé, la FAO estimant que « la hausse des rendements prévue en Europe de l’Est et en Australie devrait compenser la baisse de la production à laquelle on s’attend ». Selon les nouvelles prévisions de l’organisation figurant dans le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales, la production mondiale de céréales secondaires devrait atteindre 1.504 millions de tonnes. En ce qui concerne le sorgho, « la production mondiale devrait ainsi atteindre 65,2 millions de tonnes en 2021, soit 7,6% de plus que l’année dernière», a indiqué la FAO précisant que cette révision mensuelle est principalement liée à la hausse des estimations concernant les superficies de sorgho cultivées aux Etats-Unis d’Amérique». En raison de l’amélioration des perspectives de rendement en Australie, «les prévisions concernant la production mondiale d’orge ont été augmentées de 1,9 million de tonnes et atteignent à présent 149,3 millions de tonnes, principalement ». Mais elle reste toutefois toujours inférieure de 6,7% au niveau de 2020. S’agissant de la production du riz, la FAO s’attend à une production mondiale de 50 millions de tonnes. Il s’agit d’un nouveau record attribué principalement au « regain d’optimisme en ce qui concerne les principales cultures en Inde ». Ce, malgré le fait que « les incidences limitées de la sécheresse et des inondations aient tiré vers le haut les perspectives pour la Chine (continentale) et la Thaïlande ». Quant aux prévisions concernant la production mondiale de maïs, qui restent globalement les mêmes, l’agence onusienne table sur 1.192 millions de tonnes, soit 3% de plus que l’année dernière. Précisons que « la révision à la hausse apportée aux prévisions de production aux Etats-Unis d’Amérique, qui s’explique par des rendements meilleurs que prévus dans les Etats de l’est du pays, a été contrebalancée par la baisse des prévisions pour l’Union européenne (UE), où un temps sec dans les pays de l’Est a fait fléchir les perspectives de rendement», a souligné la FAO. Alain Bouithy
Hausse des cours mondiaux des céréales et des huiles végétales en septembre

Les cours mondiaux des produits alimentaires ont maintenu leur tendance haussière pour le deuxième mois consécutif, selon les données publiées par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’indice FAO des prix des produits alimentaires s’est établi en moyenne à 130,0 points en septembre 2021, affichant ainsi une hausse de 1,2% par rapport au mois d’août et 32,8% de plus qu’en septembre 2020, a souligné la FAO dans un récent rapport. L’accroissement de l’indice FAO des prix, qui suit l’évolution mensuelle des prix internationaux des produits alimentaires les plus couramment échangés dans le monde, « est principalement imputable à l’augmentation des prix de la plupart des céréales et des huiles végétales », a expliqué l’agence onusienne relevant que les prix des produits laitiers et du sucre se sont également affermis alors que le sous-indice des prix de la viande est resté stable.Dans le détail, en s’établissant en moyenne à 132,5 points en septembre, l’indice FAO des prix des céréales a progressé de 2,0% par rapport au mois précédent. En raison d’un resserrement des disponibilités exportables dans un contexte de forte demande, les prix mondiaux du blé ont ainsi connu une augmentation de près de 4%, soit un niveau supérieur de pas moins de 41% à celui enregistré il y a un an. Egalement en hausse, les cours internationaux du riz ont affiché une valeur moyenne supérieure de 38% à celle enregistrée l’année dernière à la même période. S’il apparaît que les prix mondiaux du maïs n’ont que modérément progressé (0,3%) au cours du même mois, la FAO a indiqué toutefois que ceux-ci sont restés élevés, à un niveau supérieur de 38% à celui de septembre 2020. A noter que les prix internationaux de l’orge ont, de leur côté, bondi de 2,6%, en raison principalement «d’une demande soutenue, de la baisse des perspectives de production en Fédération de Russie et des gains enregistrés sur d’autres marchés », a fait savoir la FAO dans son rapport. En s’établissant en moyenne à 168,6 points en septembre, l’indice FAO des prix des huiles végétales a progressé de 1,7% par rapport au mois précédent et de près de 60% depuis septembre 2020. Il s’agit du troisième mois consécutif de hausse et du plus haut niveau atteint depuis dix ans. En effet, comme le fait remarquer l’agence des Nations unies, « les prix internationaux de l’huile de palme ont atteint leur plus haut niveau depuis 10 ans, sous l’effet d’une forte demande mondiale à l’importation et de craintes quant aux conséquences du manque de travailleurs migrants sur la production en Malaisie ». Contrairement aux cours internationaux de l’huile de soja et de l’huile de tournesol qui ont accusé un recul en septembre, il ressort dudit rapport que ceux de l’huile de colza se sont nettement appréciés. Avec une valeur moyenne de 117,9 points, soit une hausse de 1,7 point par rapport au mois d’août, l’indice FAO des prix des produits laitiers a progressé de 1,5% depuis le mois d’août.Selon l’organisation, cette progression est due à une demande mondiale à l’importation soutenue et à des « facteurs saisonniers en Europe et en Océanie qui ont tiré vers le haut les cours internationaux de tous les produits laitiers, en particulier le beurre ». S’agissant de l’indice des prix du sucre, le rapport de la FAO indique qu’il s’est établi en moyenne à 121,2 points en septembre, progressant ainsi de 0,5% par rapport au mois précédent et de 53,5% par rapport au même mois de l’année écoulée. Selon les explications de l’agence, cette progression est liée aux conditions météorologiques défavorables et à la hausse des prix de l’éthanol au Brésil, le premier producteur mondial de sucre. En ce qui concerne l’indice FAO des prix de la viande, les données recueillies montrent qu’il s’est établi en moyenne à 115,5 points en septembre. Si son niveau est resté pratiquement identique à celui enregistré au mois précédent, il réalise une progression de 26,3% par rapport au même mois de l’année dernière. Il est à préciser que les cours de la viande d’ovins et de la viande de bovins ont augmenté au cours du mois dernier suite à une offre limitée. En revanche, poursuit la FAO, après neuf mois consécutifs de hausse, les cours de la viande de volaille ont diminué, en raison de l’augmentation du volume de l’offre mondiale. Tout comme ceux de la viande de porcins qui ont reculé, « sous l’effet d’une baisse de la demande à l’importation en Chine et d’une demande interne atone, en particulier en Europe », a expliqué l’organisation. Alain Bouithy
Action mondiale pour le développement vert des produits agricoles spéciaux

UN PAYS/UN PRODUIT PRIORITAIRE. Développer des filières vertes et durables en faveur des produits agricoles spéciaux, aider les petits exploitants et les agriculteurs familiaux à tirer parti de tous les avantages offerts par le marché mondial. Tels sont les objectifs visés par l’Action mondiale pour le développement vert des produits agricoles spéciaux: Un pays – un produit prioritaire. Lancée récemment par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), cette initiative mondiale entend, au bout du compte, « contribuer à la transformation des systèmes agroalimentaires actuels et à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) ». Comme l’a relevé l’agence onusienne dans un communiqué, les produits agricoles spéciaux sont des produits qui présentent des qualités et des caractéristiques particulières liées à un terroir et à un patrimoine culturel. Ils « comprennent tous les types de produits agricoles reconnus (ou susceptibles d’être reconnus) comme des produits agricoles nationaux ou locaux symboliques qui n’ont pas pleinement bénéficié de programmes de développement agricole et rural dans la même mesure que les cultures de base les plus courantes (le riz, le blé, le maïs, le soja et la pomme de terre, par exemple) », a-t-elle précisé. En plus d’offrir aussi un potentiel considérable quant à leur intégration au sein des échanges commerciaux et des marchés aux niveaux local, régional et mondial, la FAO est en outre persuadée qu’« ils peuvent contribuer de manière significative à la sécurité alimentaire, à une bonne alimentation, aux moyens d’existence des agriculteurs et à la croissance économique, tout en protégeant l’environnement et la biodiversité ». Il se trouve qu’aujourd’hui, les approvisionnements alimentaires mondiaux reposent sur seulement quelques cultures et produits, comme le fait remarquer le directeur général de la FAO, Qu Dongyu. Alors que «la plupart des systèmes agroalimentaires présentent de hauts niveaux d’intrants, exigent une grande quantité de ressources et manquent d’intégration, d’optimisation et d’innovation», a-t-il souligné lors de la cérémonie de lancement soulignant que le but de l’Action mondiale est d’obtenir des résultats importants en faveur de la compétitivité économique, de l’inclusion sociale et du développement durable au niveau national. Dans son communiqué, l’agence assure que la promotion des produits agricoles spéciaux grâce à l’innovation et au développement vert est au cœur de l’Action mondiale. Il en va de même pour « l’aide au développement des petits exploitants et des modèles de production de l’agriculture familiale, lesquels peuvent grandement contribuer à la concrétisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030, en particulier à la réalisation des ODD 1 (pas de pauvreté) et 2 (faim zéro) », a-t-elle estimé. Dans sa communication, le directeur général de la FAO a indiqué que «la transformation des systèmes agroalimentaires débute par l’identification d’une culture ou d’un produit particulier, puis ce produit devient un point d’entrée qui permet de mener de nouvelles actions concrètes et d’obtenir des résultats tangibles en faveur d’une meilleure production, d’une meilleure nutrition, d’un meilleur environnement et d’une meilleure vie pour tous, en ne laissant personne de côté». Abordant la question du succès de l’Action mondiale, Qu Dongyu a déclaré que tout «dépend du soutien collectif, de l’engagement actif et de la contribution vigoureuse de tous les acteurs concernés, dans toutes les régions du monde et dans tous les secteurs». Alain Bouithy
Flambée des cours du sucre, du blé et de l’huile de palme à l’échelle mondiale

Les cours mondiaux des produits alimentaires ont repris de la hauteur en août 2021, après deux mois consécutifs de baisse, selon un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Tiré vers le haut par le sucre, le blé et l’huile de palme, «l’indice FAO des prix des produits alimentaires s’est établi en moyenne à 127,4 points en août, soit une hausse de 3,1% par rapport au mois de juillet et de 32,9% par rapport au même mois en 2020», a indiqué l’institution onusienne. Dans le détail, avec une valeur moyenne de 120,1 points en août, l’indice FAO des prix du sucre a bondi de 9,6% (10,5 points par rapport à juillet), enregistrant ainsi son cinquième mois de hausse consécutive et son niveau le plus haut depuis février 2017. Cette évolution est justifiée par les craintes au sujet des dégâts du gel sur les cultures au Brésil, le premier exportateur mondial de sucre, selon les explications de la FAO. Dans son rapport, l’organisme international affirme toutefois que « de bonnes perspectives de production en Inde et dans l’Union européenne, ainsi que le recul des prix du pétrole brut et l’affaiblissement du réal brésilien, ont atténué cette hausse ». En s’établissant en moyenne à 129,8 points en août, soit 4,3 points de plus qu’au mois de juillet et un niveau supérieur de 30,8 points à celui d’août 2020, l’indice FAO des prix des céréales a progressé de 3,4% par rapport au mois précédent. Soulignons que «la baisse des prévisions concernant les récoltes dans plusieurs des principaux pays exportateurs a fait grimper les prix mondiaux du blé de 8,8% par rapport au mois dernier», comme l’a indiqué l’institution spécialisée des Nations unies notant, en revanche, que les prix du maïs se sont inscrits en baisse de 0,9%, tandis que ceux du riz ont continué sur leur tendance haussière. Avec une moyenne de 165,7 points en août, l’indice FAO des prix des huiles végétales a progressé de 6,7% en raison principalement de la hausse des prix internationaux de l’huile de palme qui retrouve leurs plus hauts niveaux historiques. Selon les données de la FAO, en août dernier, les cours de l’huile de colza et de l’huile de tournesol ont également enregistré une progression. Les prix de l’huile de colza ont bénéficié d’une forte demande dans l’Union européenne, en raison du resserrement des disponibilités mondiales prévu ; tandis que ceux de tournesol ont évolué du fait des disponibilités exportables limitées dans la région de la mer Noire. S’agissant des cours de la viande et des produits laitiers, les données récoltées montrent qu’ils ont connu des fortunes différentes au cours du mois d’août dernier. «L’indice FAO des prix de la viande a légèrement augmenté en août ». Il s’est ainsi établi en moyenne à 112,5 points, ce qui porte l’indice à 20,3 points (22,0%) de plus que son niveau enregistré l’année dernière, à la même période, a expliqué la FAO. Cette évolution est liée aux importants achats réalisés par la Chine, qui ont soutenu les prix de la viande d’ovins et de la viande de bovins, et à la forte demande à l’importation en Asie de l’Est et au Moyen-Orient qui a, de son côté, tiré les prix de la volaille vers le haut, selon le rapport de l’institution. De sont côté, l’indice FAO des prix des produits laitiers a affiché une valeur moyenne de 112,5 points en août, en légère hausse par rapport à juillet. Ce recul s’explique par la baisse des cours internationaux des laits en poudre due à la faiblesse de la demande mondiale à l’importation et la hausse saisonnière des disponibilités exportables en Océanie qui a plus que compensé l’augmentation des prix du beurre et du fromage, précise-t-on dans ledit rapport. Alain Bouithy
Exploiter le potentiel de l’aquaculture au Cameroun

REPORTAGE. Ganava, un agriculteur du Cameroun, se souvient encore du jour où les insurgés de Boko Haram ont fait irruption dans son village, se sont emparés de sa terre et ont menacé de le tuer, lui et sa famille. « Nous avons été obligés de fuir et de nous cacher dans les montagnes parce que nous avions peur pour nos vies », se rappelle-t-il dans un entretien réalisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Ganava vient de Koza, près de la frontière nigériane, une ville qui se trouve dans une région instable du pays : l’Extrême-Nord. Lui, sa femme et leurs 11 enfants ont trouvé refuge à une centaine de kilomètres, dans la ville de Maroua, où il a acquis de nouvelles compétences dans un domaine inattendu pour lui : l’aquaculture. Il n’est d’ailleurs pas le seul. Très touchés par l’insurrection violente, plus de 400 habitants de la ville de Zileng ont, eux aussi, appris l’aquaculture pour reconstituer leurs moyens de subsistance et reconstruire leur vie. De fait, depuis mars 2019, plus de 3.000 personnes dans tout le pays, y compris des réfugiés et des personnes déplacées dans la région de l’Extrême-Nord, ont pris part à différents projets de la FAO, qui ont été financés par des dons du Fonds central pour les interventions d’urgence et d’Irish Aid. Certes, le Cameroun dispose d’une industrie de la pêche le long de la côte du sud-ouest du pays, mais l’aquaculture est moins importante dans les zones intérieures, où la culture et l’élevage sont des sources de moyens de subsistance plus communes. La FAO travaille avec le Ministère de l’élevage, des pêches et des industries animales du pays, afin de former les agriculteurs et les éleveurs pastoraux à cette activité prometteuse. Du matériel de pêche et une assistance technique complémentaire ont été également fournis dans le cadre des projets. Outre la violence qui règne dans l’Extrême-Nord du pays, le Cameroun est aux prises avec un taux élevé de pauvreté. Les effets conjugués d’un conflit violent, de la faim due à la pauvreté et des chocs climatiques ont forcé des millions de personnes à quitter leur foyer et ont détruit les moyens de subsistance de millions d’autres. Début 2021, on estimait que près de 2,7 millions de personnes au Cameroun étaient en situation d’insécurité alimentaire et qu’il y avait plus de 300.000 personnes déplacées au sein de la région Extrême Nord. La pandémie de Covid-19 s’est ajoutée aux difficultés quotidiennes auxquelles de nombreuses personnes sont confrontées. Élever des poissons et créer une activité économique Certains des déplacés, comme Florence Gasida, étaient auparavant tributaires de la pêche. Florence, une mère célibataire qui a cinq enfants, vient du village de Zebe, qui se trouve aussi dans la région de l’Extrême-Nord, où la pêche a toujours été la principale activité économique. C’est le changement climatique, plutôt que la violence, qui l’a forcée à partir, en raison de ses répercussions sur les stocks de poissons autour de son village. Un projet de la FAO lui permet désormais de gagner sa vie grâce à l’aquaculture. « Grâce à la formation et au soutien de la FAO, je peux désormais élever des poissons moi-même et vendre mes produits pour me créer de meilleures conditions de vie », affirme-t-elle. « Je sais maintenant gérer une exploitation aquacole et veiller à la bonne santé de mes poissons ». La FAO a dispensé à des femmes et à des hommes des formations et leur a également fourni des aliments pour poissons. « C’est grâce à de telles initiatives que les habitants de la région ont découvert les avantages de l’aquaculture, comment élever leurs propres poissons et, donc, comment contribuer à la réduction de l’insécurité alimentaire », affirme Fulbert Haiba-Daliwa, le spécialiste de l’aquaculture de la FAO qui dirige le projet. « La FAO aide également le gouvernement en transmettant différentes techniques de production halieutique dans le cadre de séminaires de formation et lors de la supervision des producteurs ». Grâce à l’aide des donateurs, la FAO s’est concentrée sur l’amélioration de la sécurité alimentaire à court terme et le renforcement des capacités et de la résilience à long terme, qui sont nécessaires. Depuis le début du projet, les aquaculteurs ont produit près de 1.700 kilos de poisson frais. La FAO a également formé des femmes à des techniques de transformation, notamment des techniques de séchage du poisson, afin de minimiser les pertes alimentaires. « L’idée est de transmettre aux personnes des compétences et des connaissances qui leur permettront d’être résilients face aux difficultés économiques, sociales et écologiques qui pourraient se présenter à l’avenir », affirme M. Haiba-Daliwa. Renforcer la sécurité alimentaire dans la région Le projet ne consistait pas seulement à promouvoir l’aquaculture. En associant l’aquaculture et la culture maraîchère, les agriculteurs ont pu utiliser des techniques novatrices consistant à utiliser l’eau de leurs bassins d’élevage pour irriguer leurs cultures et minimiser l’utilisation d’engrais chimiques. Les communautés ont également bénéficié de semences agricoles de qualité et de pompes motorisées pour le drainage des eaux. Plus de 500 potagers et 20 exploitations aquacoles ont été également créés dans la région, avec l’aide de la FAO. « Nous constatons que les compétences acquises et les ressources mises à notre disposition ont des retombées bénéfiques. Le soutien de la FAO et du Gouvernement n’a jamais fait défaut et nous leur en sommes reconnaissants », affirme Siddi Yankabe, Président de la communauté de Zileng. « À l’avenir, nous souhaitons investir dans la diversification de notre production de poisson. Nous voulons que Zileng soit, pour les communautés avoisinantes, un véritable exemple de développement qui passe par la sécurité alimentaire ». Selon Audun Lem, Directeur adjoint du Département des pêches et de l’aquaculture de la FAO, l’Afrique subsaharienne dispose d’un fort potentiel en matière d’aquaculture. « Non seulement l’aquaculture offre des emplois et protège les moyens de subsistance, mais elle fournit également des aliments et des micronutriments vitaux dans une région où la consommation de poisson est bien en-dessous de la moyenne mondiale. De
Sept milliards d’arbres hors forêt ont été recensés pour la première fois en Afrique grâce aux données d’une nouvelle enquête

ENVIRONNEMENT. Une initiative de collecte et d’analyse de données conduite par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et la Commission de l’Union africaine (CUA) a permis de mettre en évidence, entre autres, la présence de sept milliards d’arbres hors forêt qui n’avaient encore jamais été recensés. L’enquête, première représentation homogène de l’utilisation des terres en Afrique, fait ressortir l’existence de davantage de forêts et de terres arables par rapport à ce qui avait été relevé précédemment. La FAO et la CUA ont présenté (mardi 13 juillet, dnr) les résultats de l’initiative relative aux données ouvertes sur l’environnement, le secteur agricole et les terres en Afrique (Africa Open DEAL), qui fait de l’Afrique le premier continent ayant achevé la collecte de données numériques fiables, complètes et harmonisées sur l’utilisation des terres et leurs changements d’affectation. Ces résultats fournissent un instantané détaillé de la situation du continent, à partir de 300 000 lieux d’échantillonnage pris en compte entre 2018 et 2020. «L’initiative Africa Open DEAL montre que la science et l’innovation peuvent offrir des solutions concrètes et que la collaboration et la mise en commun de l’expérience acquise donnent d’excellents résultats. Elle soutient la transition vers des systèmes agroalimentaires plus efficaces, plus inclusifs, plus résilients et plus durables qui permettent d’améliorer la production, la nutrition, l’environnement et les conditions de vie de tous», a déclaré le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu, dans son message vidéo lors de la manifestation en ligne. Les résultats annoncés aujourd’hui indiquent aussi que l’aire continentale couverte par l’initiative de la Grande muraille verte du Sahara et du Sahel compte 393 millions d’hectares de terres susceptibles d’être restaurés et que 350 millions d’hectares de terres agricoles sont cultivés en Afrique, soit deux fois plus que dans l’Union européenne. Les résultats font ressortir d’impressionnantes possibilités de gestion de l’environnement, du secteur agricole et de l’utilisation des terres en Afrique, ainsi que de meilleures capacités des pays en ce qui concerne le suivi des évolutions et la conduite d’analyses qui permettent d’éclairer la production durable, les interventions de remise en état et l’action pour le climat. Les participants à la manifestation organisée aujourd’hui ont aussi eu l’occasion d’en savoir plus sur les moyens que les pays utilisent pour localiser les aires sujettes au déboisement, l’empiétement de zones d’habitation sur des terres agricoles ou des prairies et la disparition de milieux humides. «Cette collaboration […] prouve que nous pouvons encore inverser la tendance et restaurer les terres dégradées à des fins d’utilisation agricole, par exemple grâce à l’agroforesterie, que nous pouvons encore endiguer la désertification et lutter contre le changement climatique et, par-dessus tout et contre toute attente, que nous pouvons encore redonner espoir à l’humanité», a déclaré Mme Josefa Sacko, Commissaire de l’Union africaine chargée de l’agriculture, du développement rural, de l’économie bleue et de l’environnement durable. La collecte de données environnementales panafricaines donne lieu à des connaissances prometteuses. La FAO et la CUA, avec le soutien de l’Agence panafricaine de la Grande muraille verte, la Communauté de développement de l’Afrique australe (CDAA) et 30 pays africains, ont coordonné la collecte de données à une échelle jamais vue auparavant dans les domaines de l’agriculture, de l’environnement et de l’utilisation des terres. Des analystes ont été formés à l’exploitation de Collect Earth, outil en libre accès mis au point par la FAO avec le soutien de Google. Plus de 100 paramètres ont été collectés dans chaque lieu d’échantillonnage, d’une superficie de 0,5 hectare environ, notamment quant au nombre d’arbres et aux terres agricoles, feux incontrôlés et infrastructures existantes. Les données ont été analysées afin de mettre en relief le changement d’affectation des terres ces vingt dernières années et les possibilités de restauration au niveau national pour chaque pays. L’imagerie à très haute résolution a permis aux analystes d’examiner des endroits difficiles d’accès et d’y découvrir la présence de sept milliards d’arbres non recensés précédemment. «Les données de l’Africa Open DEAL indiquent que 350 millions d’hectares de terres agricoles sont cultivés en Afrique, soit deux fois plus que dans l’Union européenne. Dès lors, pourquoi devrions-nous encore parler de la pérennisation de la faim en Afrique? Nous disposons maintenant de nouvelles informations fiables que nous devons exploiter dans le cadre de notre lutte contre la faim sur le continent», a déclaré M. Abebe Haile-Gabriel, Sous-Directeur général de la FAO et Représentant régional pour l’Afrique. Plus grande marge d’action grâce à l’utilisation des technologies géospatiales Les nouvelles technologies géospatiales numériques ouvrent des perspectives très intéressantes aux utilisateurs des données et offrent un accès libre aux données relatives à l’observation de la Terre et au climat, ainsi qu’à des capacités gratuites de calcul. Les données et les informations de l’Africa Open DEAL sont intégrées à la plateforme géospatiale de l’Initiative Main dans la main de la FAO et sont mises à la disposition de tous sur le site EarthMap.org. Les informations factuelles reposent sur les données de base de la Grande muraille verte, qui a permis de produire des connaissances incomparables et des données biophysiques de référence dans le cadre du programme Action contre la désertification. «La fiabilité du concept de l’Africa Open DEAL est profondément ancrée dans le modèle de restauration à grande échelle proposé par la FAO pour soutenir la Grande muraille verte», a déclaré M. Moctar Sacande, qui coordonne le programme Action contre la désertification à la FAO. L’initiative Africa Open DEAL a pu être mise en place grâce à des partenariats avec l’Union européenne, l’Allemagne et la Turquie, qui ont notamment apporté leur appui financier.
Les stocks mondiaux de céréales devraient enregistrer leur première hausse depuis 2017-2018

Les stocks mondiaux de céréales devraient s’accroître pour la première fois depuis 2017 2018, a annoncé l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Après une importante révision à la hausse,«les stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes de 2021-2022 enregistrent leur première hausse par rapport à leurs niveaux d’ouverture depuis 2017-2018», a indiqué la FAO dans son dernier Bulletin sur l’offre et la demande de céréales paru le 8 juillet. Ainsi, et selon les prévisions de l’agence onusienne, ils devraient atteindre 836 millions de tonnes, ce qui correspond à une progression de 2,4% par rapport au niveau relativement restreint de l’année dernière. Dans son rapport, l’organisme international précise que « la plus grande partie de la révision à la hausse apportée aux stocks mondiaux de céréales ce mois-ci est à mettre au compte de l’accroissement des stocks de maïs prévu en Chine ». Selon la même source, les prévisions de la FAO concernant la production mondiale de céréales en 2021 laissent apparaître une hausse de 1,7%, soit 47,8 millions de tonnes, par rapport au niveau de 2020. Pour l’agence onusienne, cette évolution constituerait un nouveau niveau record de la production. L’agence a toutefois précisé que « les prévisions de la FAO concernant la production mondiale de céréales en 2021 ont été légèrement revues à la baisse et s’établissent à présent à 2.817 millions de tonnes ». En ce qui concerne la production mondiale de céréales secondaires, la FAO indique avoir revu à la baisse ses prévisions à 1.513 millions de tonnes, soit 3 millions de tonnes de moins que ce qui était prévu le mois dernier. Dans son rapport, l’institution souligne que «la plus grande partie de ce fléchissement attendu au niveau mondial s’explique par l’abaissement important des prévisions concernant la production de maïs au Brésil, où des périodes prolongées de temps sec ont tiré vers le bas les perspectives de rendement». Dans le dernier Bulletin sur l’offre et la demande de céréales, il est précisé que la production mondiale de blé en 2021 a été abaissée de 1 million de tonnes et s’établit maintenant à 784,7 millions de tonnes. Il n’empêche qu’«elle reste encore en hausse de 1,2%% en glissement annuel, car le temps sec au Proche-Orient a fait reculer les perspectives de rendement», a fait savoir l’agence relevant, en revanche que les prévisions concernant la production mondiale de riz en 2021 ont pour leur part été légèrement revues à la hausse depuis juin. En effet,selon les prévisions de la FAO, la récolte de riz devrait enregistrer un record de 519,5 millions de tonnes, soit une hausse de 1% par rapport à 2020. En ce qui concerne l’utilisation mondiale de céréales en 2021-2022, « les prévisions ont été réduites de 15 millions de tonnes par rapport au mois précédent et descendent à 2.810 millions de tonnes ». Il est important de souligner que ce volume demeure encore supérieur de 1,5% à celui de la campagne 2020-2021, comme l’a relevé la FAO dans son rapport précisant en outre que la révision à la baisse de ses prévisions « s’explique en grande partie par un recul plus important que prévu de l’utilisation du maïs dans l’alimentation animale en Chine ». Quant aux échanges mondiaux de céréales en 2021 2022, il ressort des dernières prévisions de la FAO qu’ils ont été légèrement relevées depuis juin et se situent à présent au niveau record de 472 millions de tonnes. Dans son analyse, l’agence onusienne lie sa démarche principalement aux « importants achats que devrait réaliser la Chine, qui pourraient porter les échanges mondiaux de maïs à des niveaux record ». Pour rappel, l’Indice FAO des prix des céréales a enregistré une baisse de 2,6% depuis mai, mais reste encore en hausse de 33,8% par rapport à son niveau de juin 2020. Ainsi que nous l’avions souligné dans une de nos éditions précédentes, il a affiché une valeur moyenne de 129,4 points en juin 2021, ce qui s’est traduit par un recul de 3,5 points par rapport à mai. Alain Bouithy
Flambée des prix des huiles végétales, du sucre et des céréales

Les cours mondiaux des produits alimentaires n’affichent toujours pas de changement de tendance. Bien que la production mondiale de céréales soit en voie d’atteindre un nouveau record, ils ont enregistré leur plus forte hausse mensuelle depuis plus d’une décennie. «L’Indice FAO des prix des produits alimentaires s’est établi en moyenne à 127,1 points en mai, soit 4,8% de plus qu’en avril et 39,7 de plus qu’en mai 2020», a indiqué l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) notant qu’il a atteint son plus haut niveau depuis septembre 2011 et ne se situe plus qu’à 7,6% de son record historique en valeur nominale. En effet, selon les précisions de la FAO, «la hausse enregistrée en mai est la plus forte progression mensuelle de l’indice depuis octobre 2010. Il s’agit également de la douzième hausse mensuelle consécutive de la valeur de l’indice, qui atteint son niveau le plus haut depuis septembre 2011 et s’établit à seulement 7,6% de son niveau record, 137,6 points, enregistré en février 2011». La hausse de l’indice, qui suit l’évolution mensuelle des prix internationaux des produits alimentaires les plus couramment échangés, s’explique par l’envolée des prix des huiles végétales, du sucre et des céréales, a indiqué l’agence onusienne soulignant également le raffermissement des prix de la viande et des produits laitiers. En effet, sous l’effet principalement de la hausse des cours des huiles de palme, de soja et de colza, l’Indice FAO des prix des huiles végétales a grimpé de 7,8% en mai. Il s’est ainsi établi en moyenne à 174,7 points en mai, soit un gain de 12,7 points par rapport au mois précédent qui marque sa douzième hausse mensuelle consécutive, a souligné l’organisation. «L’augmentation des prix de l’huile de palme s’explique par la faible croissance de la production dans les pays d’Asie du Sud-Est, tandis que la forte demande mondiale prévue, en particulier dans le secteur de l’agrogazole, a tiré les prix de l’huile de soja vers le haut», selon l’agence des Nations unies. Même si les exportations abondantes de l’Inde ont contribué à atténuer la flambée, l’Indice FAO des prix du sucre s’est établi en moyenne à 106,7 points en mai, correspondant à une hausse de 6,8% (6,8 points) par rapport à avril. Cette évolution est « principalement imputable à des retards de récolte et à des craintes concernant une baisse des rendements des cultures au Brésil, le premier exportateur mondial de sucre», a expliqué l’organisation. Egalement en hausse, l’Indice FAO des prix des céréales a progressé de 6% par rapport au mois d’avril et 36,6% par rapport à sa valeur de mai 2020, en raison d’une hausse des prix internationaux du maïs, qui enregistrent une valeur moyenne supérieure de 89,9% à celle de mai 2020. En raison principalement de l’amélioration des perspectives de production aux Etats-Unis d’Amérique, il apparaît cependant que «les prix du maïs ont commencé à reculer à la fin du mois de mai», a constaté la FAO. Tout comme ceux du blé qui ont progressé en moyenne de 6,8% par rapport à avril, alors que les cours du riz sont restés stables. En ce qui concerne l’Indice FAO des prix de la viande, les données recueillies par l’agence montrent qu’il a progressé de 2,2% (2,3 points) par rapport à avril. Et pour cause : les cours de tous les types de viande ont connu une augmentation « en raison de l’accélération des achats à l’importation en Chine, ainsi que de la hausse de la demande interne de viande de volaille et de viande de porcins dans les principales régions de production ». Quant à l’Indice FAO des prix des produits laitiers, les chiffres de l’agence onusienne font état d’une hausse mensuelle de 1,8%, affichant une valeur moyenne supérieure de 28% à celle de l’année dernière à la même période. A en croire la FAO, « cette hausse est due à la vigueur de la demande à l’importation de lait écrémé en poudre et de lait entier en poudre », a-t-elle relevé notant que les prix du beurre ont de leur côté reculé pour la première fois depuis près d’un an, sous l’effet de l’augmentation des disponibilités exportables en Nouvelle-Zélande. Alain Bouithy