La FAO plaide pour la création d’un mécanisme de financement des importations alimentaires

Face à l’envolée des prix alimentaires résultant de la guerre en Ukraine, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a décidé de prendre le taureau par les cornes. L’agence onusienne a, en effet, appelé récemment à la création d’un mécanisme de financement des importations alimentaires (FIFF) en vue d’aider les pays les plus pauvres à faire face à l’envolée des prix et d’accroître la production et la productivité agricoles mondiales de manière durable. «Alors que la pandémie de Covid-19 mettait déjà à mal les budgets, le conflit en Europe de l’Est a fait grimper l’indice des prix des produits alimentaires de la FAO à un niveau jamais atteint, frappant le plus durement les personnes vulnérables», a constaté la FAO relevant que la hausse des prix des engrais compromet les récoltes futures à l’échelle mondiale. Plus grave encore, les projections de la FAO tendent à montrer que «le conflit pourrait ajouter 13,1 millions de personnes supplémentaires au nombre de celles qui souffrent de la faim entre 2022 et 2026, par rapport au scénario de référence », poursuit la FAO. Pour bien comprendre la préoccupation de l’agence des Nations unies, il est important de rappeler que la Russie et l’Ukraine sont des acteurs importants du marché mondial de l’alimentation. Ces deux pays représentent au moins 30% des importations de blé de près de 50 pays. Et ce n’est pas tout. Comme l’a relevé la FAO dans un communiqué, la Russie compte également parmi les grands exportateurs d’engrais. A titre de rappel, en 2020, le «pays s’est classé au premier rang des exportateurs d’engrais azotés, au deuxième rang des fournisseurs de potassium et au troisième rang des exportateurs d’engrais phosphoreux», a fait savoir l’agence des Nations unies ajoutant que les prix de l’énergie ont également augmenté, principalement en raison des conditions du marché. D’où l’urgence de mettre en place un tel mécanisme dont les interventions seraient strictement fonction des besoins urgents et limitées aux pays à revenu faible et aux pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure qui sont des importateurs nets de produits alimentaires, selon les précisions du directeur général de la FAO, Qu Dongyu. Objet de l’une des six propositions de politique générale rassemblées par la FAO en riposte à la crise, le FIFF est conçu pour accroître la résilience future en demandant aux pays éligibles de s’engager à investir davantage dans des systèmes agroalimentaires durables, a-t-il expliqué dans un message vidéo adressé à une réunion de ministres des Finances et de gouverneurs des banques centrales organisée par le Groupe des 20 à Washington. Dans son message, le DG de la FAO a précisé que ce mécanisme, qui se veut complémentaire de ceux qui existent déjà au sein du système des Nations unies, avait fait l’objet d’essais de mesure de son incidence sur les marchés mondiaux qui s’étaient avérés concluants. Selon Qu Dongyu, le mécanisme qu’il appelle de ses vœux à mettre en place serait facile à administrer et à transposer à plus grande échelle. «Il est grand temps d’œuvrer ensemble à l’éradication de la faim et de la malnutrition dans le monde», a lancé le patron de cette institution internationale créée en 1945 dans l’objectif suprême d’«aider à construire un monde libéré de la faim». Qu Dongyu a, enfin, assuré que les essais de mesure de l’incidence de ce mécanisme amenaient à la conclusion suivante : «Nous devons augmenter la production et la productivité agricoles dans le monde, sans négliger la durabilité». Alain Bouithy
Huiles végétales et produits laitiers tirent les prix vers le haut

Les prix mondiaux des produits alimentaires étaient en hausse au cours du mois de janvier 2022, annonce l’Agence des Nations Unies pour l’aliment et l’agriculture (FAO). En s’établissant en moyenne à 135,7 points le mois dernier, l’Indice FAO des prix des produits alimentaires a enregistré une hausse de 1,1% par rapport à décembre 2021. La progression de cet indice est due «en premier lieu à la hausse de 4,2% en glissement mensuel de l’Indice FAO des prix des huiles végétales, dont la tendance à la baisse enregistrée en décembre s’est inversée et qui a atteint son plus haut niveau historique», a expliqué l’agence onusienne. A en croire la FAO, les cours de toutes les principales huiles ont augmenté également au cours de la même période en raison de la hausse des prix du pétrole brut. Dans son rapport, l’organisation internationale attribue l’évolution «des prix de l’huile de palme en grande partie aux craintes concernant la possible diminution des disponibilités exportables en Indonésie, premier exportateur mondial. La même source explique, par ailleurs, que les prix de l’huile de soja ont pour leur part été soutenus par d’abondants achats à l’importation, en particulier de la part de l’Inde. Quant aux prix de l’huile de colza, ils ont été portés par la poursuite du resserrement de l’offre a poursuivi la FAO notant, en ce qui concernant l’huile de tournesol, que le resserrement de l’offre et la hausse de la demande mondiale à l’importation se sont répercutés sur les cours. Cité dans un communiqué de la FAO, Boubaker Ben-Belhassen, Directeur de la Division des marchés et du commerce de la FAO, estime que «la diminution des disponibilités exportables, qui s’ajoute à d’autres contraintes sur le plan de l’offre, en particulier le manque de main-d’œuvre et les conditions météorologiques défavorables, est en grande partie à l’origine de cette augmentation des prix, qui atteignent un niveau record». En progression de 2,4%, l’Indice FAO des prix des produits laitiers a enregistré sa cinquième hausse mensuelle consécutive, selon l’agence qui précise cependant que les plus fortes hausses étant à mettre au compte sont celles du lait écrémé en poudre et du beurre. Notons que le resserrement des marchés mondiaux des produits laitiers fait suite à la réduction des disponibilités exportables en provenance de l’Europe de l’Ouest, au fait que l’on attende une production en dessous de la moyenne en Océanie dans les mois à venir ainsi qu’aux retards dans le traitement et le transport dus au manque de main‑d’œuvre lié à la covid-19, comme l’a fait savoir la FAO dans son communiqué. Selon la même source, l’Indice FAO des prix des céréales s’est légèrement accru de +0,1% par rapport à décembre 2021 : les prix du maïs à l’exportation ont progressé de 3,8%, ceux du blé ont accusé un recul de 3,1% tandis qu’une hausse mensuelle de 3,1% a été observée au niveau des prix internationaux du riz. Notons que «l’Indice FAO des prix de la viande a légèrement augmenté en janvier, les prix internationaux de la viande de bovins atteignant un niveau record, tandis que les prix de la viande d’ovins et de la volaille se sont assouplis» également, fait savoir l’agence onusienne ajoutant que ceux de la viande de porcins ont légèrement augmenté. En recul de 3,1% par rapport au mois précédent, l’Indice FAO des prix du sucre est le seul sous-indice à afficher une baisse en janvier dernier. En cause : «les perspectives de production favorables dans des pays exportateurs majeurs, l’Inde et la Thaïlande, ainsi que de l’amélioration des précipitations et de la baisse des prix de l’éthanol au Brésil», d’après les explications de la FAO. Alain Bouithy
Les cours mondiaux des produits alimentaires en recul à fin décembre dernier

MAROC. Le gouvernement est-il informé de la baisse des prix des produits alimentaires intervenue récemment à l’échelle internationale? Lui qui avait attribué, pas plus tard qu’en novembre dernier, l’envolée des prix de certains produits de base constatée au niveau national au contexte international. Quoi qu’il en soit, la nouvelle donne rapportée jeudi dernier par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ne devrait pas arranger les affaires du gouvernement. En effet, l’exécutif n’a plus qu’à s’appuyer sur d’autres arguments soutenus par la ministre de l’Economie et des Finances lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, pour justifier ces hausses devenues insupportables pour bien de familles marocaines. Et pour cause : les prix internationaux des huiles végétales et du sucre ont cédé beaucoup de terrain par rapport à leurs niveaux auparavant élevés au cours du dernier mois de l’année 2021, a constaté l’agence onusienne dans un récent rapport. L’évolution des cours de ces deux produits a eu pour conséquence un léger recul des prix mondiaux des produits alimentaires en décembre, a relevé la FAO. En effet, l’Indice FAO des prix des produits alimentaires a accusé une baisse de 0,9% par rapport à novembre, affichant une valeur moyenne de 133,7 points en décembre. L’Indice, qui suit l’évolution mensuelle des prix internationaux des produits alimentaires les plus couramment échangés dans le monde, demeure toutefois à un niveau encore supérieur de 23,1% à celui de décembre 2020, a constaté l’organisation internationale assurant que la seule hausse mensuelle enregistrée en décembre est à mettre au compte du sous-indice des produits laitiers. Un réconfort, certainement, pour l’exécutif. «Sur toute l’année 2021, en moyenne annuelle, l’Indice FAO des prix des produits alimentaires s’est établi à 125,7 points, soit pas moins de 28,1% de plus que l’année précédente», a fait savoir la FAO. Dans le détail, l’Indice FAO des prix des huiles végétales a reculé de 3,3% en décembre. Une variation due à l’affaissement des cours de l’huile de palme et de l’huile de tournesol, «car la demande mondiale à l’importation a été faible, ce qui est peut-être lié au fait que l’on se soit inquiété des conséquences de la hausse du nombre de cas de Covid-19». Selon l’organisation, les données recueillies montrent que l’Indice FAO des prix des huiles végétales a atteint son plus haut niveau jamais enregistré sur l’ensemble de l’année. Il a augmenté de 65,8% par rapport à 2020, a-t-elle constaté. Pour rappel, le Conseil de la concurrence avait attribué la hausse des prix des huiles de table à la conjonction de facteurs objectifs liés à la structure du marché lui-même et aux évolutions du marché extérieur duquel il est dépendant. Dans un avis relatif à «l’examen du respect des règles d’une concurrence libre et loyale par les producteurs et importateurs des huiles de table suite aux augmentations des prix de vente constatées sur le marché national», il avait mis l’accent «sur les cours mondiaux des huiles brutes en forte augmentation depuis le début de l’allègement des mesures de confinement liées à la pandémie de Covid-19 et les coûts de matières premières aggravés par la hausse concomitante du prix de l’énergie et du transport», comme l’avait rapporté la MAP. Avant de formuler quelques recommandations sous forme d’observations. En perdant 3,1% depuis novembre, l’Indice FAO des prix du sucre tombe à son niveau le plus bas depuis cinq mois. La FAO justifie ce recul par les craintes quant aux éventuelles répercussions du variant Omicron sur la demande mondiale, de l’affaiblissement du real brésilien et de la baisse des prix de l’éthanol. A noter que sur l’ensemble de l’année 2021, l’Indice FAO des prix du sucre a cependant grimpé de 29,8% par rapport à l’année précédente pour atteindre son plus haut niveau depuis 2016. S’il est resté globalement stable en décembre, il ressort du rapport de l’organisation que sur l’ensemble de l’année 2021 l’Indice FAO des prix de la viande a progressé de 12,7% par rapport à 2020. Quant à l’Indice FAO des prix des produits laitiers, les données montrent qu’il est le seul sous-indice à avoir progressé en décembre ; après avoir gagné 1,8% par rapport au mois précédent. Il faut dire qu’au cours du mois dernier, «les cours internationaux du beurre et du lait en poudre ont augmenté à la suite de la baisse de la production laitière dans l’Europe de l’Ouest et en Océanie. Les prix du fromage ont légèrement reculé, ce qui indique que les producteurs laitiers d’Europe de l’Ouest ont privilégié ce produit», a expliqué la FAO précisant qu’en 2021, la valeur moyenne de l’Indice FAO des prix des produits laitiers a progressé de 16,9% par rapport à 2020. Alain Bouithy
Les ressources en terres et en eau atteignent un niveau de stress critique

Les pressions exercées sur les ressources en terres et en eau s’accentuent et atteignent un niveau critique, prévient l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui dresse dans un nouveau rapport un constat alarmant. Selon le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, les pressions que subissent les écosystèmes sol, terre et eau se sont beaucoup intensifiées et nombre d’entre eux sont aujourd’hui soumis à un niveau de stress critique. L’état des ressources en terres et en eau s’étant déjà fortement dégradé au cours de la décennie écoulée, cette situation inquiète l’agence onusienne qui a vite fait de tirer la sonnette d’alarme dans ce rapport de synthèse intitulé «L’Etat des ressources en terres et en eau pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde: des systèmes au bord de la rupture». Selon les constations relevées dans ce rapport rendu public récemment, la dégradation anthropique des sols touche désormais 34% des terres agricoles (1.660 millions d’hectares) et, alors que plus de 95% de notre alimentation est produite dans la terre, les possibilités d’extension de la surface productive sont limitées. Autres constats : outre le recul de 20% de l’utilisation des terres par habitant entre 2000 et 2017, «les zones urbaines représentent moins de 0,5% de la surface terrestre, mais la croissance rapide des villes a eu une influence majeure sur les ressources en terres et en eau, polluant et grignotant des terres agricoles de grande qualité et d’importance capitale pour la productivité et la sécurité alimentaire». Il sied de noter, par ailleurs, que «la rareté de l’eau menace la sécurité alimentaire et le développement durable à l’échelle mondiale et met en danger 3,2 milliards de personnes qui vivent dans des régions agricoles», comme l’a souligné ledit document. Pour le responsable de la FAO, «il ne fait aucun doute que notre sécurité alimentaire future dépendra de la protection accordée à nos ressources en terres, en sols et en eau», a-t-il souligné dans l’avant-propos du rapport. Bien que les modèles de production agroalimentaire actuels ne sont pas durables, Qu Dongyu a toutefois estimé que les systèmes agroalimentaires pouvaient néanmoins jouer un rôle majeur dans l’allégement de cette pression et dans la concrétisation des objectifs liés au climat et au développement. Ainsi que le relèvent les auteurs de ce rapport, sans changement de cap, la production des 50% de nourriture en plus dont on aura besoin pourrait supposer une hausse des prélèvements d’eau destinés à l’agriculture pouvant aller jusqu’à 35%. Ce qui est préoccupant d’autant plus qu’une telle augmentation pourrait entraîner des catastrophes écologiques, accentuer les rivalités autour des ressources et favoriser l’apparition de nouveaux problèmes et conflits sociaux, a prévenu l’organisation internationale. Quoi qu’il en soit, la FAO affirme qu’il existe des solutions à portée de main.Etant donné que les ressources en terres arables et en eau douce sont limitées, l’agence estime qu’il est indispensable de développer rapidement la technologie et l’innovation. «Nous devons renforcer l’architecture numérique dont nous avons besoin pour proposer au secteur agricole des solutions élémentaires fondées sur des données, des informations et des éléments scientifiques, qui s’appuient pleinement sur les technologies numériques et qui protègent contre les risques climatiques», a-t-elle expliqué. L’autre solution envisagée concerne la gouvernance relative aux terres et à l’eau qui, selon la FAO, «doit être plus inclusive et plus modulable pour pouvoir servir les intérêts de millions de petits exploitants, de femmes, de jeunes et de personnes autochtones». Lesquels, a-t-elle rappelé, sont les plus vulnérables face aux dangers climatiques et aux risques socioéconomiques et les plus exposés à l’insécurité alimentaire. Pour l’agence onusienne, «il faut davantage de planification intégrée à tous les niveaux, et les investissements dans l’agriculture doivent être réorientés vers la production de gains sociaux et environnementaux». Avant de poursuivre, la FOA rappelle que des systèmes agroalimentaires résilients ne peuvent reposer que sur des ressources durables en sols, en terres et en eau.En conséquence, selon l’organisation, «l’utilisation rationnelle de ces ressources conditionne donc la concrétisation des objectifs d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à ses effets». A titre d’exemple, la FAO note «qu’une utilisation judicieuse des sols pourrait permettre, à elle seule, de séquestrer un tiers des émissions de gaz à effet de serre qui proviennent des terres agricoles». Alain Bouithy
Hausse marquée des prix des céréales et des produits laitiers à l’échelle mondiale

Le blé et les produits laitiers continuent à tirer l’Indice FAO des prix des produits alimentaires au cours du mois de novembre, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En novembre, et en raison de la forte demande de blé et de produits laitiers, les cours des produits alimentaires à l’échelle mondiale ont maintenu leur tendance haussière pour le quatrième mois consécutif, a en effet noté l’agence onusienne dans un rapport publié jeudi 2. « L’indice FAO des prix des produits alimentaires s’est établi en moyenne à 134,4 points, soit son niveau le plus haut depuis juin 2011, et gagne ainsi 1,2% par rapport à octobre 2021 », a relevé la FAO précisant qu’il s’agit de la quatrième hausse mensuelle consécutive de la valeur de l’indice, qui était supérieur de 27,3% à sa valeur de novembre 2020. En partie responsable de la hausse globale constatée en novembre, l’Indice FAO des prix des produits laitiers s’est accru de 3,4% par rapport au mois précédent et de 19,1% par rapport au même mois un an auparavant, enregistrant respectivement une valeur moyenne de 125,5, points de 125,5 points et un niveau supérieur de 20,2 points. Dans son rapport, l’organisation internationale constate que « la forte demande mondiale à l’importation s’est maintenue dans les cas du beurre et du lait en poudre », les acheteurs ayant cherché à s’assurer un approvisionnement à court terme en prévision du resserrement des marchés. Sous l’effet de la hausse de la demande et des retards dans les expéditions qui ont perturbé les ventes des fournisseurs mondiaux, les cours du fromage sont, pour leur part, légèrement ressortis en hausse, a ajouté la FAO. En s’établissant en moyenne à 141,5 points en novembre dernier, l’Indice FAO des prix des céréales a gagné 3,1% par rapport au mois précédent et 23,2% par rapport à la même période l’année dernière. Dans son rapport, la FAO fait aussi état d’une forte demande sur fond de resserrement des disponibilités, en particulier en blé de qualité supérieure chez les principaux exportateurs. Ce qui «a continué de tirer vers le haut les prix du blé, qui progressent pour le cinquième mois de suite et atteignent leur plus haut niveau depuis mai 2011», a-t-elle fait savoir. Selon la même source, les prix à l’exportation du maïs sont de leur côté légèrement ressortis en hausse. Ils ont été « soutenus par des ventes dynamiques en Argentine, au Brésil et en Ukraine, tandis que la pression saisonnière sur l’offre a fait plafonner les prix des exportations en provenance des Etats-Unis d’Amérique », a expliqué l’organisation. Quant aux prix internationaux du riz, le rapport de l’institution internationale révèle qu’ils sont restés globalement stables du fait de la progression des récoltes chez plusieurs fournisseurs d’Asie et d’une demande à l’importation éparse. L’autre hausse ayant marqué le mois de novembre est celle du sucre. En effet, avec une valeur moyenne de 120,7 points en novembre, l’Indice FAO des prix du sucre était plus élevé de 1,4% par rapport à octobre et de près de 40% par rapport à novembre 2020. Cette évolution s’explique principalement par la hausse des prix de l’éthanol « qui a favorisé un accroissement de l’utilisation de canne à sucre dans la production d’éthanol au Brésil, le premier exportateur de sucre dans le monde ». Il est à souligner que les prix mondiaux du sucre ont également bénéficié d’un renforcement de la demande mondiale à l’importation provoqué par la baisse des prix du fret, comme l’a relevé la FAO dans son rapport. En ce qui concerne les prix de la viande et des huiles végétales, il ressort dudit rapport qu’ils ont baissé modérément depuis le mois dernier. En effet, selon les données récoltées par l’organisation, l’Indice FAO des prix de la viande a fléchi de 0,9% en s’établissant en moyenne à 109,8 points, sous l’effet de la diminution des achats de viande de porc en Chine. Il s’agit de sa quatrième baisse mensuelle consécutive, a précisé la FAO soulignant que les prix de la viande ovine ont aussi connu une forte chute à la suite de l’accroissement des disponibilités exportables en Australie tandis que ceux de la viande de bovins et de la chair de volaille sont restés dans l’ensemble stables. Quant à l’Indice FAO des prix des huiles végétales, il ressort du même document qu’il a reculé de 0,3% (184,6 points) après avoir atteint un niveau record en octobre, suite à la baisse des cours des huiles de soja et de colza ainsi que du pétrole brut. Selon les données recueillies par la FAO, ceux de l’huile de palme se sont pour leur part maintenus, confirmant ainsi leur bonne tenue au cours du mois dernier. Alain Bouithy
Baisse prévue des stocks mondiaux de céréales en 2022

Les stocks mondiaux de céréales devraient légèrement se contracter à la clôture des campagnes de 2022, selon les dernières prévisions de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publiées récemment. En effet, malgré une production mondiale de céréales record prévue en 2021 et une révision à la hausse de 1,7 million de tonnes depuis octobre, ils « devraient céder 0,8% par rapport à leurs niveaux d’ouverture, pour s’établir à 819 millions de tonnes », a estimé l’agence onusienne dans son dernier rapport. « Le rapport stocks/utilisation de céréales au niveau mondial devrait légèrement reculer. Il passerait de 29,4% en 2020-2021 à 28,5% en 2021‑2022 », a poursuivi l’organisation internationale notant toutefois que le niveau reste relativement élevé du point de vue historique. Dans le détail, les stocks mondiaux de blé devraient s’établir à 282 millions de tonnes à la fin des campagnes de 2022, accusant ainsi un recul de 2,2% par rapport à leur niveau d’ouverture, selon le Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales qui estime, par ailleurs, que l’utilisation globale de ce produit devrait dépasser la production mondiale. D’après les projections de l’organisation des Nations Unies, la diminution prévue des stocks mondiaux de blé concernerait surtout les principaux pays exportateurs, en particulier le Canada, les États-Unis d’Amérique et la Fédération de Russie, où les perspectives de récolte se sont affaiblies. En ce qui concerne les stocks mondiaux de céréales secondaires, et compte tenu de la révision à la hausse de 3,0 millions de tonnes apportée le mois dernier, l’agence onusienne estime qu’ils devraient pour leur part rester proches de leurs niveaux d’ouverture. S’agissant des stocks de maïs, les dernières prévisions de la FAO pour la même période annoncent une hausse principalement en Chine et aux États-Unis d’Amérique qui devrait contrebalancer les prélèvements prévus sur les stocks d’orge. Quant aux stocks mondiaux de riz à la clôture de la campagne de commercialisation 2021-2022, les estimations de l’organisation internationale prévoient qu’ils atteindraient 187,6 millions de tonnes. Ce qui correspondant à «une hausse de 0,3% par rapport à leurs niveaux d’ouverture records et 900 000 tonnes de plus qu’escompté auparavant», a-t-elle fait savoir. A en croire la FAO, «ce niveau devrait être suffisant pour répondre à la hausse prévue de l’utilisation mondiale de riz et permettrait de maintenir le rapport stocks-utilisation à un niveau confortable de près de 36%». Selon les estimations de l’agence, les prévisions de la FAO concernant la production mondiale de céréales en 2021 ont été réduites de 6,7 millions de tonnes depuis le rapport précédent datant d’octobre. Ainsi qu’il a été relevé en début de ce mois, ces prévisions s’établissent à présent à 2.793 millions de tonnes, soit un niveau encore supérieur de 0,8% (21,5 millions de tonnes) à celui de 2020 et un nouveau record. Il est à préciser que la plus grande partie de la baisse enregistrée en octobre dernier «découle d’un recul des prévisions concernant la production mondiale de blé, qui s’établissent à présent à 771 millions de tonnes, soit un recul de 6,2 millions de tonnes par rapport à octobre et un niveau inférieur de 0,8% à celui de l’année dernière», souligne la FAO. Dans son rapport, l’organisation explique que la révision à la baisse apportée au cours du mois dernier «est due à l’abaissement des estimations concernant la production de cette année aux Etats-Unis d’Amérique, en République islamique d’Iran et en Turquie». Notons que les prévisions concernant la production mondiale de céréales secondaires ont de leur côté été revues à la hausse. Alain Bouithy
Record attendu des dépenses mondiales d’importations alimentaires en 2021

Les dépenses mondiales d’importations alimentaires devraient atteindre un niveau record en 2021, a annoncé l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). «Les échanges mondiaux de produits alimentaires se sont accélérés et sont sur le point d’atteindre leur plus haut niveau jamais enregistré tant en volume qu’en valeur», a estimé l’agence onusienne dans son rapport semestriel sur les Perspectives de l’alimentation mondiale publié récemment. Selon les estimations de l’organisation internationale, les dépenses mondiales d’importations alimentaires devraient s’élever à plus de 1.750 milliards d’USD, soit une augmentation de 14% par rapport à l’année précédente et 12% de plus que ce qui était prévu en juin 2021. L’augmentation des dépenses d’importations alimentaires à l’échelle mondiale « s’explique par la hausse des prix des denrées alimentaires échangées dans le monde et par le triplement des coûts du fret », a indiqué la FAO dans la dernière édition de sa publication semestrielle. D’après le document, qui se penche sur les facteurs de la hausse des prix des produits alimentaires, du fret et des intrants agricoles, les régions en développement représentent 40% du total des dépenses globales d’importations alimentaires. Selon les prévisions de l’organisation onusienne, cette année, les dépenses devraient connaître un accroissement de 20% dans ces régions par rapport à 2020. En raison de la hausse des prix, plus que de l’accroissement des volumes importés, l’agence affirme qu’une croissance encore plus importante est attendue dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier. Des récentes observations de la FAO, il ressort que « les régions en développement font face à une nette progression des prix des aliments de base, notamment les céréales, les graisses animales, les huiles végétales et les graines oléagineuses, tandis que ce sont les aliments à valeur élevée, notamment les fruits et légumes, les produits de la pêche et les boissons, qui sont les principaux responsables des hausses enregistrées dans les régions développées ». Si les perspectives concernant la production mondiale des principales céréales restent solides, du fait des récoltes records attendues de maïs et de riz en 2021, tout porte à croire que l’utilisation de céréales pour la consommation humaine et l’alimentation animale devrait croître plus rapidement, a fait savoir la FAO soulignant que les premières prévisions concernant la campagne 2021-2022 indiquent une certaine amélioration de l’offre globale de graines oléagineuses et de leurs produits dérivés. Bien qu’elle devrait rester en deçà de la consommation mondiale, la production mondiale de sucre en 2021-2022 devrait rebondir après trois années de contraction, tandis que les échanges mondiaux devraient accuser un léger recul. En ce qui concerne la viande, l’organisation prévoit un accroissement de la production mondiale en 2021, précisant qu’« un ralentissement de la croissance des échanges mondiaux de viande est possible, compte tenu de la baisse des importations prévue dans les premières régions importatrices, en particulier l’Asie et l’Europe ». A noter que la production mondiale de lait devrait progresser cette année, tout comme les échanges mondiaux de produits laitiers. Dans son rapport, la FAO constate toutefois que le taux de croissance des importations a connu un fléchissement au cours de ces derniers mois. « En raison de la hausse de la production intérieure et de la faiblesse de la demande des consommateurs », a-t-elle expliqué. Quant à la production de la pêche et de l’aquaculture, le rapport de l’organisation onusienne table sur une augmentation de 2,0% par rapport à son niveau de 2020, estimant que la nouvelle dynamique du marché devrait perdurer sur le long terme. En dépit des coûts élevés du fret et des retards logistiques, il ressort dudit rapport que les échanges de poisson sont ressortis en hausse. Alain Bouithy
Les cours mondiaux des huiles végétales atteignent un niveau inédit

Les cours des produits alimentaires continuent de grimper à l’échelle mondiale. Selon les données recueillies par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ils ont atteint le niveau le plus haut de ces dix dernières années. Après trois mois consécutifs de hausse, l’indice des prix des produits alimentaires se situait en octobre à son plus haut niveau depuis juillet 2011, a annoncé l’agence onusienne dans un nouveau rapport précisant qu’il s’est établi en moyenne à 133,2 points en octobre, soit 3% (ou 3,9 points) de plus qu’en septembre. Cette hausse est « principalement due à la solidité constante des prix mondiaux des huiles végétales et des céréales », a expliqué l’organisation internationale de même source. Notons à ce propos qu’avec une hausse de 9,6% en octobre, l’Indice FAO des prix des huiles végétales a atteint son plus haut niveau jamais enregistré, suite à l’affermissement des cours des huiles de palme, de soja, de tournesol et de colza. Il s’est en effet établi en moyenne à 184,8 points en octobre, gagnant ainsi 16,3 points par rapport au mois dernier. En progression pour le quatrième mois consécutif, la hausse des prix de l’huile de palme « est largement due à des craintes qui persistent quant à la production limitée en Malaisie, où l’on manque actuellement de travailleurs migrants », selon l’agence des Nations unies. A noter que les cours de l’huile de colza sont restés solides en raison principalement du resserrement prolongé de l’offre et de la demande mondiales. De son côté, « l’Indice FAO des prix des céréales a affiché une valeur moyenne de 137,1 points en octobre, soit 4,3 points (3,2%) de plus qu’en septembre et 25,1 points (22,4%) de plus que son niveau enregistré il y a un an », a indiqué l’organisation précisant que les cours internationaux de toutes les principales céréales ont progressé par rapport au mois précédent. La progression de cet indice provient de l’augmentation des prix mondiaux du blé de 5% qui ont continué de grimper pour le quatrième mois consécutif pour atteindre un niveau supérieur de 38,3% à celui qu’ils affichaient il y a un an, soit leur plus haut niveau depuis novembre 2012. Cette évolution survient «dans un contexte de resserrement des disponibilités mondiales dû à une baisse des récoltes dans les principaux pays exportateurs, notamment le Canada, les États-Unis d’Amérique et la Fédération de Russie», comme le précise la FAO. Dans son rapport, l’organisation internationale s’est également intéressée à l’évolution en octobre dernier des cours mondiaux des produits laitiers, de la viande et du sucre. Il ressort ainsi que l’Indice FAO des prix des produits laitiers a affiché une valeur moyenne de 120,7 points en octobre, correspondant à une hausse de 2,6 points (2,2%) par rapport au mois de septembre et un niveau supérieur de 16,2 points (15,5%) à celui enregistré au même mois un an auparavant. A en croire l’agence, cette évolution a été soutenue par « une demande à l’importation mondiale dans l’ensemble plus forte pour le beurre, le lait écrémé en poudre et le lait entier en poudre, en raison des efforts consentis par les acheteurs pour trouver des disponibilités, afin de constituer des stocks ». L’offre des principaux pays producteurs étant suffisante pour satisfaire la demande mondiale à l’importation, ledit rapport indique que les prix du fromage sont en revanche restés globalement stables au cours du mois dernier. En cédant 0,7% par rapport à sa valeur révisée de septembre, l’Indice FAO des prix de la viande a affiché son troisième recul mensuel consécutif. En effet, il s’est établi en moyenne à 112,1 points en octobre, soit 0,8 point (0,7%) de moins que sa valeur révisée de septembre. Selon la FAO, et en raison respectivement de la diminution des achats en Chine et d’un fort recul des cours des disponibilités en provenance du Brésil, les cours internationaux de la viande de porcins et de la viande de bovins ont baissé en octobre dernier. L’organisation note, en revanche, que « les cours de la viande de volaille et de la viande d’ovins ont augmenté, sous l’impulsion d’une forte demande mondiale et du faible accroissement de la production ». Quant à l’Indice FAO des prix du sucre, il a affiché une valeur moyenne de 119,1 points en octobre, perdant ainsi 1,8% (2,1 points) depuis septembre. Après six hausses mensuelles consécutives, l’indice accuse une baisse qui « s’explique principalement par une demande à l’importation mondiale limitée et par des perspectives de disponibilités exportables abondantes en Inde et en Thaïlande, ainsi que par la dépréciation du real brésilien par rapport au dollar américain», selon la FAO. Alain Bouithy