Les prix alimentaires mondiaux tirés vers le bas en août

Les prix alimentaires mondiaux tirés vers le bas en août

Les prix internationaux de tous les produits alimentaires sont ressortis en baisse en août 2023, à l’exception du riz et du sucre, a annoncé l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’Indice FAO des prix des produits alimentaires a enregistré une valeur moyenne de 121,4 points en août, traduisant une baisse de 2,6 points (2,1%) par rapport au mois de juillet et un recul de 38,3 points (24,0%) par rapport au pic atteint en mars 2022, a indiqué l’agence onusienne. D’après l’organisation internationale, «ce recul s’explique par la baisse des indices des prix des produits laitiers, des huiles végétales, de la viande et des céréales, tandis que l’indice des prix du sucre a progressé modérément». Dans le détail, l’Indice FAO des prix des huiles végétales a cédé 3,1% en août, contrebalançant ainsi partiellement la nette hausse de 12,1% enregistrée en juillet dernier. « Ce recul s’explique par la baisse des prix mondiaux des huiles de palme, de tournesol, de soja et de colza », a indiqué la FAO soulignant   la chute de près de 8% des prix de l’huile de tournesol au cours du mois, la baisse de ceux de l’huile de soja sous l’effet de l’amélioration des conditions de culture du soja aux Etats-Unis d’Amérique ainsi que le recul modéré  de l’huile de palme. En s’établissant en moyenne à 125,0 points en août, l’Indice FAO des prix des céréales a perdu 0,7% (0,9 point) par rapport à son niveau de juillet et 14,1% (20,6 points) par rapport à celui d’il y a un an. Il est à souligner que, sur fond de hausse saisonnière des disponibilités dans plusieurs des principaux pays exportateurs,  les prix internationaux du blé ont diminué de 3,8% en août tandis que les cours internationaux des céréales secondaires ont reculé de 3,4% suite à une offre mondiale abondante de maïs.  Toujours selon la FAO, les données en relation à cette rubrique montrent à l’inverse que «l’Indice FAO des prix de tous les types de riz a bondi de 9,8% depuis juillet et a atteint son cours nominal le plus élevé depuis 15 ans». Il est important de préciser que «les échanges ont été perturbés à la suite de l’interdiction des exportations de riz blanc Indica mise en place par l’Inde, le premier exportateur mondial de ce produit», comme le souligne l’agence. En affichant une valeur moyenne de 111,3 points durant le même mois, l’Indice FAO des prix des produits laitiers est ressorti en baisse de 4,0% (4,6 points) par rapport à juillet, suite essentiellement à la baisse des cours internationaux du lait entier en poudre. Ainsi que l’a fait savoir l’organisation, « il s’agit de la huitième baisse mensuelle consécutive de l’indice, dont la valeur accuse un retrait de 32,1 points (22,4%) par rapport à celle de l’année dernière au même mois ». En partie en raison d’une activité atone sur le marché due aux vacances d’été en Europe, la FAO a constaté aussi le recul des prix internationaux du beurre et du fromage au cours de cette même période. Après s’être établi en moyenne à 114,6 points, l’Indice FAO des prix de la viande s’est contracté de 3,0% (3,6 points) de moins qu’en juillet et de 5,4% (6,5 points) de moins que sa valeur enregistrée il y a un an. Selon les données relatives à cette rubrique, « les prix mondiaux de la viande d’ovins ont enregistré la plus forte baisse, sous l’effet d’une augmentation des disponibilités exportables, principalement en Australie, et d’un affaiblissement de la demande en Chine ». En progression de 1,3% (1,9 point) par rapport à juillet, l’Indice FAO des prix du sucre a atteint en août une moyenne supérieure de 34,1% (37,7 points) à celle d’il y a un an. « Cette hausse s’explique principalement par les préoccupations accrues que suscitent les répercussions du phénomène El Niño sur les cultures de canne à sucre, ainsi que par des précipitations en dessous de la moyenne en août et la persistance du temps sec en Thaïlande», a indiqué la FAO. L’agence constate toutefois que le volume important de la récolte qui a lieu actuellement au Brésil a limité la pression haussière sur les cours internationaux du sucre, tout comme la baisse des prix de l’éthanol et l’affaiblissement du real brésilien, a-t-elle fait remarquer.  Alain Bouithy

La production céréalière mondiale se dirige vers un niveau record en 2023

La production céréalière mondiale se dirige vers un niveau record en 2023

Les nouvelles prévisions de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) indiquent que la production céréalière mondiale devrait atteindre un niveau record en 2023/2024. Selon le dernier bulletin Cereal Supply and Demand Brief, la production céréalière mondiale pour 2023 devrait s’élever à 2.819 millions de tonnes, soit une augmentation de 1,1% par rapport à l’année précédente. «La production céréalière mondiale en 2023 a été augmentée de 5,9 millions de tonnes (0,2%) en juillet par rapport au mois précédent, s’établissant désormais à 2 819 millions de tonnes, soit 1,1% de plus d’une année sur l’autre et atteignant un niveau record», a en effet fait savoir l’agence onusienne. Selon son constat, «la prévision plus élevée reflète presque entièrement de meilleures perspectives pour la production mondiale de blé, désormais fixée à 783,3 millions de tonnes, soutenue par l’amélioration des perspectives dans plusieurs pays, dont le Canada, le Kazakhstan et la Turquie». En dépit de cette évolution, l’agence onusienne prévoit toutefois que la production mondiale de blé devrait toujours chuter de 2,3% en dessous de la production de la saison dernière. D’après le bulletin, publié récemment, «la production mondiale de céréales secondaires pour l’année devrait maintenant augmenter de 2,9% par rapport à 2022 pour atteindre 1.512 millions de tonnes». Fixées à 1.512 millions de tonnes, les prévisions de production mondiale de céréales secondaires en 2023 ont été légèrement abaissées ce mois-ci, alors qu’elles sont toujours supérieures de 2,9% à celles de 2022. Selon la FAO, «la révision à la baisse comprend des révisions à la baisse des prévisions de production de maïs pour les pays d’Afrique de l’Est, en raison de distribution des précipitations qui a réduit les potentiels de rendement». Il faut cependant  noter que ces réductions compensent largement une augmentation des prévisions de production mondiale d’orge, reflétant en grande partie les estimations officielles de la Turquie qui indiquent une récolte plus importante que prévu initialement, a fait remarquer l’organisation. En parallèle, la production mondiale de riz en 2023/24 devrait de son côté augmenter de 1,2% par rapport au niveau réduit de 2022/23, pour atteindre 523,7 millions de tonnes. S’agissant de l’utilisation mondiale de céréales au cours de la campagne à venir, l’agence s’attend à ce qu’elle augmente de 0,9% pour atteindre 2.805 millions de tonnes, sous l’impulsion de l’utilisation accrue prévue de céréales secondaires, en particulier de maïs pour l’alimentation animale. La Fao précise qu’«une révision à la hausse de 2,3 millions de tonnes de l’utilisation du blé, principalement en raison d’une utilisation fourragère plus élevée que prévu, a porté les prévisions d’utilisation totale du blé pour 2023/24 à 783 millions de tonnes, soit 0,3% de plus qu’en 2022/23». A noter que les prévisions de la FAO concernant l’utilisation totale de céréales secondaires en 2023/24 sont pratiquement inchangées depuis juin. Fixées à 1.503 millions de tonnes, elles indiquent toujours une augmentation de 1,6 % par rapport au niveau de 2022/23, avec une augmentation prévue de l’utilisation du maïs, en particulier pour l’alimentation animale, représentant l’essentiel de la croissance. Quant à l’utilisation mondiale de riz en 2023/24, elle « reste prévue à 520 millions de tonnes, essentiellement inchangée par rapport au niveau de 2022/23 », selon l’organisation internationale. En ce qui concerne les stocks céréaliers mondiaux, l’agence onusienne annonce avoir relevé ses prévisions concernant d’ici la fin des saisons 2023/24 à 878 millions de tonnes, soit quelque 2,3% de plus que la saison précédente. La FAO prévoit dès lors que «le ratio stocks céréaliers mondiaux/utilisation resterait inchangé à 30,6%». Ce qui indique des perspectives d’approvisionnement confortables pour la nouvelle saison. Comme le rappelle la FAO dans un communiqué, les dernières prévisions de l’organisation concernant le commerce mondial des céréales en 2023/24 montrent une contraction probable de 0,9% par rapport à 2022/23, avec des volumes de blé en baisse par rapport à des niveaux record. Alain Bouithy

Recul attendu de la production mondiale de blé cette année

Recul attendu de la production mondiale de blé cette année

ECONOMIE. « Les dernières prévisions au sujet de la production mondiale de blé en 2023 sont restées quasiment inchangées par rapport aux chiffres précédents publiés en avril », a annoncé récemment l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Selon les prévisions de l’agence onusienne, la production mondiale en 2023 devrait se situer autour de 785 millions de tonnes, atteignant ainsi son deuxième plus haut niveau jamais enregistré. « En Afrique du Nord, la sécheresse a restreint les potentiels de rendements du blé en Algérie, en Tunisie et au Maroc et l’on s’attend à des récoltes en dessous de la moyenne en 2023 », a estimé l’organisation internationale. Au Maroc, la production céréalière devrait atteindre 55,1 millions de quintaux au cours de la campagne 2022/2023 contre 34 millions pendant la campagne précédente, selon les prévisions du ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts. « La production prévisionnelle des trois céréales principales au titre de la campagne agricole 2022/23 est estimée à près de 55,1 millions de quintaux contre 34 millions de quintaux en 2021/22 », a en effet indiqué le Département de l’agriculture. Bien qu’en dessous des 75 millions de quintaux envisagés dans le projet de loi de Finances pour 2023, il s’agit d’une hausse considérable de l’ordre de 62% par rapport à la campagne précédente, a-t-il toutefois fait savoir. D’après la même source, « cette production est issue d’une superficie semée en céréales principales de 3,67 millions d’hectares contre 3,57 millions hectares en 2021/22, soit une hausse de 2,8% ». Par espèce, la production du blé tendre devrait atteindre 29,8 millions de quintaux, celle du blé dur s’établirait à 11,8 millions de quintaux tandis que l’orge se situerait à 13,5 millions de quintaux. Il est à noter que l’Indice FAO des prix des céréales a affiché une valeur moyenne de 136,1 points en avril, à l’échelle mondiale, a indiqué l’Organisation des Nations unies dans son dernier rapport. Ce qui marque « une baisse de 2,4 points (1,7%) depuis mars et un niveau inférieur de 33,5 points (19,8%) à sa valeur d’il y a un an », a indiqué l’agence onusienne. L’organisation internationale affirme toutefois qu’« une baisse mensuelle des prix mondiaux de toutes les principales céréales a compensé une hausse des prix du riz sur la même période ». S’agissant des prix internationaux du blé, la FAO annonce qu’ils ont cédé 2,3% en avril et sont tombés à leur niveau le plus bas depuis juillet 2021, principalement sous l’effet de l’abondance des disponibilités exportables en Fédération de Russie et en Australie. Selon les explications de l’organisation, « les conditions de culture favorables en Europe, ainsi que la conclusion, fin avril, d’un accord permettant aux céréales ukrainiennes de transiter par les pays de l’Union européenne qui avaient imposé des restrictions à l’importation de céréales en provenance d’Ukraine au début du mois, ont également contribué à l’assouplissement général des marchés ». D’après le Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales, les prix mondiaux du maïs ont également accusé une baisse en avril dernier, de 3,2%. Ce recul s’explique, en grande partie, par « la hausse saisonnière des disponibilités en Amérique du Sud, où les récoltes se sont poursuivies et les perspectives favorables laissent envisager une production record au Brésil », a indiqué l’agence. Quant aux autres céréales secondaires, les données recueillies montrent que  « les prix mondiaux de l’orge et du sorgho ont eux aussi fléchi, respectivement de 4,3 et 0,3%, du fait d’une demande mondiale en berne et des répercussions de la faiblesse des marchés internationaux du maïs et du blé », peut-on lire. Dans son rapport, il ressort que les ventes aux acheteurs asiatiques ont fait remonter en revanche les prix internationaux du riz au mois d’avril, « inversant ainsi la tendance à la baisse des cours du riz à l’exportation enregistrée en mars 2023 ». A titre de rappel, l’indice FAO des prix des produits alimentaires a enregistré un léger rebond en avril dernier. Il s’est établi en moyenne à 127,2 points, soit 0,8 point (0,6%) de plus qu’en mars et 31,2 points (19,7%) de moins que sa valeur enregistrée au même mois l’année dernière. Selon les explications de la FAO, ce léger rebond « est dû en premier lieu à une nette hausse de l’indice des prix du sucre, ainsi qu’à une remontée de l’indice des prix de la viande, tandis que les indices des prix des céréales, des produits laitiers et des huiles végétales ont continué à reculer ». Alain Bouithy

Une éclaircie qui ne profite toujours pas aux ménages marocains

Une éclaircie qui ne profite toujours pas aux ménages marocains

L’indice de référence des prix internationaux a baissé pour le onzième mois consécutif, selon la FAO Les prix des produits alimentaires continuent à baisser à l’échelle mondiale, bien que de façon marginale, a indiqué récemment l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Un constat qui ne s’applique pas au Maroc où la baisse des prix des produits alimentaires – dernier cheval de bataille du gouvernement – se fait au compte-gouttes, à un rythme beaucoup trop lent aux yeux de nombreux ménages. Il faut dire qu’en dépit des initiatives annoncées pour enrayer la spirale de la hausse des prix, l’inflation reste sur toutes les lèvres et les rares et timides baisses enregistrées au niveau de quelques produits ne satisfont toujours pas les Marocains, à la proche du jeûne. Rappelons que l’indice des prix à la consommation a enregistré une hausse de 8,9% en janvier 2023 en raison de la hausse de l’indice des produits alimentaires de 16,8% et de celui des produits non alimentaires de 3,9%, comme l’a relevé en février dernier le Haut-commissariat au plan (HCP). Pour les produits non alimentaires, les variations vont d’une hausse de 0,4% pour la «Santé» à 9,6% pour  le «Transport», avait ajouté l’institution publique dans sa note d’information relative à l’indice des prix à la consommation (IPC) du mois de janvier 2023. Quoi qu’il en soit, et selon l’agence onusienne basée à Rome, en février 2023, l’indice de référence des prix internationaux des produits alimentaires a reculé pour le onzième mois consécutif. En s’établissant en moyenne à 129,8 points au titre du mois dernier, l’indice FAO des prix des produits alimentaires a en effet enregistré une baisse modérée de 0,6% par rapport à janvier. Il affiche ainsi un niveau inférieur de 18,7% au pic qu’il avait atteint en mars 2022, souligne la FAO dans un communiqué. D’après l’organisation spécialisée du système des Nations unies, créée en 1945 à Québec,  «le recul de l’indice s’explique par la baisse des cours des huiles végétales et des produits laitiers, qui a plus que contrebalancé la nette hausse des prix du sucre ». Dans le détail, les données recueillies montrent que l’indice FAO des prix des céréales est resté à peu près stable par rapport à janvier. Ainsi que le précise l’agence, «les prix internationaux du blé ont légèrement progressé pendant le mois, car la forte concurrence entre les pays exportateurs a fait contrepoids aux craintes suscitées par le temps sec aux Etats-Unis d’Amérique et à la forte demande de l’Australie ». Suite au ralentissement de l’activité commerciale observé dans la plupart des principaux pays exportateurs d’Asie, les prix internationaux du riz se sont tassés de 1%  au cours de la même période, a-t-elle noté. Commentant l’évolution de l’indice FAO des prix des huiles végétales, la FAO fait remarquer que les prix mondiaux des huiles de palme, de soja, de tournesol et de colza ont tous fléchi durant le deuxième mois de l’année. Du coup, l’indice a perdu 3,2% par rapport à janvier. En ce qui concerne l’indice FAO des prix des produits laitiers, les données suggèrent qu’il a reculé de 2,7% au cours du mois et que les plus fortes baisses étaient à mettre au compte du beurre et du lait écrémé en poudre. Quant à l’indice FAO des prix de la viande, l’agence onusienne annonce qu’il a  affiché quasiment le même niveau qu’au premier mois de l’année en cours. D’après son analyse, malgré les épidémies de grippe aviaire qui sévissent dans plusieurs des principaux pays producteurs, « les prix mondiaux de la volaille ont continué de diminuer dans un contexte de disponibilités exportables abondantes, tandis que les prix internationaux de la viande porcine ont progressé, principalement en raison des craintes que suscite le resserrement des disponibilités exportables en Europe ». Soulignons enfin que l’indice FAO des prix du sucre a bondi de 6,9% par rapport à janvier atteignant son plus haut niveau depuis six ans. Une évolution qui intervient suite à la révision à la baisse apportée aux prévisions de production de l’Inde pour 2022-2023, ainsi qu’à la baisse des prix internationaux du pétrole et de l’éthanol au Brésil, selon les explications de l’organisation. Alain Bouithy

La surpêche en forte diminution en Méditerranée et en mer Noire

La surpêche en forte diminution en Méditerranée et en mer Noire

Les ressources halieutiques restent sous forte tension en Méditerranée et en mer Noire, malgré la forte diminution de la surpêche dans la région, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). «La surpêche en Méditerranée et en mer Noire a fortement baissé au cours de la décennie écoulée, mais l’exploitation de la plupart des espèces commerciales est loin d’être durable », a indiqué la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM) de l’agence onusienne dans un récent rapport sur La situation des pêches en Méditerranée et en mer Noire. Les auteurs de ce rapport se réjouissent de ce que l’exploitation excessive dans la région a particulièrement baissé en ce qui concerne les espèces essentielles faisant l’objet de plans de gestion multilatéraux. En effet, « bien que la plupart des principales espèces commerciales ne soient pas encore exploitées de manière durable, presque la totalité d’entre elles connaissent une baisse de la pression de pêche et sont actuellement à des niveaux inférieurs à la moyenne régionale », a noté la FAO dans son rapport. Selon l’organisation internationale, il a été « constaté une diminution notable de la surpêche des stocks de merlu européen en Méditerranée, de turbot en mer Noire et de sole commune en mer Adriatique, qui sont actuellement soumis à un ou plusieurs plans de gestion, et certaines de ces espèces montrent déjà des signes de reconstitution de la biomasse ». La CGPM dont l’objectif principal est de veiller à la préservation et à l’utilisation durable des ressources marines biologiques ainsi qu’au développement durable de l’aquaculture constate cependant que 73% des espèces commerciales sont encore surexploitées. Par ailleurs, et quoique moins forte que dans le passé, la pression de pêche «reste le double de ce qui est considéré comme durable», a déploré la CGPM qui a mis en œuvre 10 plans de gestion pluriannuels des pêches visant des stocks prioritaires et concernant près de 7.000 bateaux. Rappelons à ce propos que cette même Commission a également créé 10 zones de pêche réglementée en vue de réduire l’exploitation de stocks et d’écosystèmes d’eaux profondes sur plus de 1,7 million de kilomètres carrés de la Méditerranée et de la mer Noire et d’en améliorer la conservation. «La Méditerranée et la mer Noire comptent parmi les régions de pêche les plus surexploitées au monde, mais nous y observons également un fort engagement dans la gestion efficace des ressources ces dernières années», se veut toutefois rassurant Manuel Barange, directeur de la Division des pêches et de l’aquaculture de la FAO. Et ce dernier de soutenir : «Une transformation bleue du secteur des pêches est le seul moyen de garantir que cette filière continue à soutenir la production alimentaire et les moyens de subsistance des générations actuelles et futures.» A titre de rappel, la pêche en Méditerranée et en mer Noire génère chaque année 2,9 milliards d’USD de recettes et occupe un demi-million de travailleurs tout au long de la chaîne de valeur, selon les estimations. D’après toujours les estimations des experts, en moyenne, dans la région, un habitant sur 1.000 est un pêcheur sur le littoral et, dans certaines zones côtières, ce chiffre peut être jusqu’à dix fois supérieur. Il a été cependant observé que la main-d’œuvre vieillit. Comme l’a relevé l’organisation dans un communiqué synthétisant ledit rapport, « en 2020, plus de la moitié des marins-pêcheurs étaient âgés de plus de 40 ans et 10% seulement avaient moins de 25 ans ». Cette tendance s’accentue, d’après les dernières données du rapport. A noter également que « la pêche artisanale représente 82% des navires et 59% des emplois. Elle fait également travailler le plus grand nombre de jeunes, mais les petits pêcheurs gagnent en général moins de la moitié du salaire des marins-pêcheurs de la flottille industrielle». Alain Bouithy

La FAO revoit à la baisse ses prévisions de production céréalière mondiale pour 2022

La FAO revoit à la baisse ses prévisions de production céréalière mondiale pour 2022

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) annonce qu’elle a encore revu à la baisse ses prévisions concernant la production mondiale de céréales en 2022. Il ressort ainsi de son dernier Bulletin sur l’offre et la demande de céréales que ses prévisions de production céréalière mondiale pour 2022 s’établissent à présent à  2.756 millions de tonnes. Ce qui correspond à un recul de 2% par rapport à 2021. «Les prévisions de la FAO concernant la production mondiale de céréales en 2022 ont été réduites de 7,2 millions de tonnes ce mois-ci et s’établissent à présent à 2.756 millions de tonnes, soit une baisse de 2% (57 millions de tonnes) en glissement annuel», a en effet souligné l’organisation. Après analyse, il apparaît que « la production mondiale de céréales a progressé en moyenne de 56 millions de tonnes par an ces trois dernières années », a noté la FOA. Selon les explications de l’agence onusienne, « cette diminution tient en grande partie aux perspectives pessimistes quant à la production de maïs en Ukraine, où le coût des opérations d’après-récolte est devenu prohibitif à cause de la guerre ». Dans son rapport, publié récemment, la FAO annonce également avoir revu à la baisse ses prévisions relatives à la production mondiale de blé pour l’année  qui s’achève, relevant toutefois que le chiffre nouvellement calculé de 781,2 millions de tonnes resterait quand même un record. «La production mondiale de blé prévue en 2022 a été abaissée de 2,7 millions de tonnes ce mois-ci et descend à 781,2 millions de tonnes, mais elle devrait tout de même atteindre un niveau record», a souligné la FAO. L’organisation internationale est cependant persuade que «la production mondiale de riz devrait baisser de 2,4% par rapport à l’année précédente, où elle avait marqué un record historique». Elle devrait s’établir globalement à 512,8 millions de tonnes (en équivalent riz usiné), a-t-elle annoncé estimant que «ce niveau est légèrement supérieur à ce que l’on prévoyait en novembre, en grande partie parce que les résultats sont meilleurs que prévu à Madagascar et que des révisions sans précédent ont été apportées aux données de production pour la Malaisie, la République bolivarienne du Venezuela et la République démocratique du Congo ». En ce qui concerne la production mondiale de céréales secondaires, la FAO l’établit à 1.462 millions de tonnes en 2022, compte tenu de l’ajustement à la baisse de 5 millions de tonnes apporté aux prévisions, ce qui représenterait un recul de 3,1% par rapport au résultat de 2021. D’après l’institution spécialisée, « pour ce qui est de l’avenir, les emblavages de blé d’hiver pour 2023 démarrent dans un contexte d’inquiétude quant au caractère abordable des principaux intrants agricoles et aux conditions météorologiques défavorables aux Etats-Unis d’Amérique et dans la Fédération de Russie, quoique la perspective d’un bon prix du produit récolté puisse contribuer à maintenir une superficie cultivée supérieure à la moyenne au niveau mondial ». Comme elle le relève dans son rapport, dans l’hémisphère Sud, les céréales secondaires sont en cours d’emblavage et les prévisions officielles au Brésil indiquent que la superficie cultivée devrait atteindre un chiffre record pour le maïs. Toujours selon les prévisions de la FAO, l’utilisation mondiale de céréales en 2022-2023 devrait atteindre 2.777 millions de tonnes, soit un niveau presque identique à ce qui était prévu le mois dernier et un fléchissement de 0,7% (21 millions de tonnes) par rapport à 2021-2022. Il est important de noter que « les prévisions concernant l’utilisation totale de céréales secondaires en 2022-2023 ont été légèrement revues à la baisse (-1,2 million de tonnes) par rapport aux prévisions précédentes datant de novembre et s’établissent à 1.484 millions de tonnes, ce qui représenterait une baisse de 1,3% par rapport à la campagne précédente». Selon les explications de l’agence onusienne, la baisse prévue résulte principalement de «la contraction attendue de l’utilisation dans l’alimentation animale, en particulier du maïs, mais aussi de l’orge et du sorgho, et de l’utilisation du maïs à des fins industrielles». Alain Bouithy

Envolée alarmante des dépenses d’importations alimentaires à l’échelle mondiale

Envolée alarmante des dépenses d’importations alimentaires à l’échelle mondiale

Les dépenses d’importations alimentaires connaissent une évolution alarmante à l’échelle mondiale, s’inquiète l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans un nouveau rapport sur les Perspectives de l’alimentation. Selon les experts de l’agence onusienne, elles devraient atteindre près de 2 000 milliards d’USD en 2022, soit un niveau supérieur à celui attendu. «Il s’agirait d’un pic historique et d’une augmentation de 10% par rapport au niveau record atteint en 2021», a indiqué la FAO qui justifie cette évolution par la hausse des coûts. Mais à en croire l’organisation, «le rythme de cette augmentation devrait ralentir face à la hausse des prix des denrées alimentaires et à la dépréciation des monnaies par rapport au dollar des Etats-Unis», selon ses nouvelles prévisions présentées dans ce document rendu public récemment. Comme l’a relevé la FAO dans son rapport, qui présente les évolutions du commerce des denrées alimentaires par groupes d’aliments, ces deux facteurs pèsent sur le pouvoir d’achat des pays importateurs et donc sur les volumes de produits alimentaires importés. Précisons que «l’augmentation de la facture tient en majeure partie aux pays à revenu élevé, principalement en raison de prix mondiaux plus importants, et les volumes devraient également croître», d’après les explications de l’agence. Selon elle, les groupes de pays vulnérables sur le plan économique ressentent davantage les effets de la hausse des prix. Par exemple, la facture totale des importations alimentaires des pays à faible revenu devrait rester presque inchangée alors que les volumes importés devraient reculer de 10%, signe que l’accessibilité devient de plus en plus un enjeu pour ces pays», a expliqué la FAO. Pour l’organisation, il y a de quoi s’inquiéter, d’autant plus que «ce sont des signes alarmants du point de vue de la sécurité alimentaire, car ils indiquent que les importateurs ont du mal à financer ces coûts internationaux toujours plus élevés, ce qui annonce peut-être la fin de leur résilience face à la hausse des prix internationaux», comme cela a été précisé dans le rapport de la Division des marchés et du commerce de la FAO. Il faut dire que les différences déjà constatées risquent de s’accentuer, étant donné que les pays à revenu élevé continuent d’importer des produits alimentaires de toutes sortes, alors que les régions en développement privilégient de plus en plus les aliments de base, préviennent les auteurs dudit rapport. Fort heureusement, le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé la création d’un guichet «chocs alimentaires», qui s’inspire largement de la proposition de la FAO en faveur d’un mécanisme de financement des importations alimentaires, s’est réjouie l’agence onusienne. Cette «mesure importante permettra d’alléger le fardeau que l’envolée du coût des importations alimentaires fait peser sur les pays à faible revenu», a-t-elle expliqué. Des prévisions contenues dans les Perspectives de l’alimentation, il ressort également que la facture mondiale des importations d’intrants devrait augmenter pour s’établir à 424 milliards d’USD en 2022, en raison de la hausse des coûts des importations d’énergie et d’engrais. Ce qui correspond à une progression de 48% par rapport à 2021 et de 112% par rapport à 2020. A propos de ces deux intrants, la FAO précise qu’ils représentent une part particulièrement importante de la facture des importations et exercent une pression sur les comptes courants des pays à revenu faible et des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Ainsi, pour la FAO, «certains pays pourraient devoir réduire l’utilisation d’intrants, ce qui entraînerait presque inévitablement un repli de la productivité agricole et des disponibilités alimentaires nationales». Car, assure-t-elle les retombées négatives sur la production agricole et la sécurité alimentaire à l’échelle mondiale devraient continuer de se faire sentir en 2023. Alain Bouithy

Nouvelle baisse des estimations de la production céréalière mondiale pour 2022

Nouvelle baisse des estimations de la production céréalière mondiale pour 2022

Dans son dernier Bulletin sur l’offre et la demande de céréales, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a annoncé une nouvelle baisse des estimations de la production céréalière mondiale pour 2022. Selon l’agence onusienne, les estimations s’établissent à présent à 2.768 millions de tonnes, ce qui correspond à 1,7% en dessous du chiffre réalisé en 2021. En raison principalement des conditions météorologiques défavorables pour les cultures aux États-Unis d’Amérique, les nouvelles estimations relèvent que la production mondiale de céréales secondaires devrait atteindre 1.468 millions de tonnes, soit un recul de 2,8% en glissement annuel. D’après les projections de la FAO, rendues publiques récemment, «la production mondiale de riz devrait s’établir à 512,8 millions de tonnes, soit un chiffre en recul de 2,4% par rapport au niveau record atteint en 2021, mais qui reste encore au-dessus de la moyenne». Les experts de l’organisation internationale sont persuadés que la révision à la baisse de la production rizicole depuis septembre est le résultat de la sécheresse de l’été et des fortes températures en Chine, auxquelles se sont ajoutées des inondations au Pakistan. Il est à rappeler que la FAO a relevé ses prévisions concernant la production mondiale de blé pour les porter à 787,2 millions de tonnes au titre du mois de septembre dernier. Cette évolution correspond à « une progression de 1% par rapport à l’année précédente, avec un nouveau record en perspective, à la faveur de rendements supérieurs aux attentes dans l’Union européenne et en Fédération de Russie », a souligné l’agence onusienne. En ce qui concerne l’utilisation mondiale de céréales en 2022-2023, tout porte à croire qu’elle devrait s’établir à 2.784 millions de tonnes, soit un niveau inférieur de 0,5% à celui de 2021-2022, imputable principalement à une moindre utilisation dans l’alimentation animale. S’agissant des stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes de 2023, et selon les projections de l’organisation, elles devraient se contracter de 1,6% par rapport à leurs niveaux d’ouverture, pour s’établir à 848 millions de tonnes. La FAO annonce concrètement s’attendre «à un léger recul du rapport stocks/utilisation de céréales au niveau mondial qui, après avoir été de 31% l’année précédente, tomberait à 29,7% en 2022-2023, soit un niveau encore relativement élevé au regard des antécédents». Il est à noter que les projections font état d’une baisse des échanges mondiaux de céréales de 2,4% en 2022-2023 (juillet-juin) par rapport à la campagne de commercialisation précédente, a annoncé l’agence ajoutant qu’elles laissent entrevoir des contractions des échanges pour toutes les céréales principales. Pour ses experts, les conséquences de la guerre en Ukraine et la vigueur du dollar américain figurent parmi les facteurs contribuant à ce recul. A titre de rappel, en septembre, l’Indice FAO des prix des céréales a progressé de 1,5% par rapport au mois d’août. Selon les données recueillies par la FAO au titre du mois dernier, les prix internationaux du blé ont enregistré un rebond de 2,2%, sous l’effet de préoccupations concernant l’état des cultures en Argentine et aux Etats-Unis  où prédomine un temps sec. Mais à en croire l’organisation, « cette progression a aussi pour causes le rythme rapide des exportations de l’Union européenne, qui se double d’une forte demande interne, et l’incertitude accrue qui pèse sur le prolongement de l’initiative céréalière de la mer Noire au-delà du mois de novembre ». A rappeler que les prix mondiaux du maïs n’ont de leur côté quasiment pas bougé, la vigueur du dollar ayant permis de contrebalancer la pression exercée par la contraction des perspectives d’approvisionnement, alors que les prévisions de production ont encore été revues à la baisse aux Etats-Unis  et dans l’Union européenne. Quant à l’Indice FAO des prix de tous les types de riz, il « a progressé de 2,2%, en grande partie en raison des changements apportés par l’Inde à sa politique d’exportation », a constaté l’agence onusienne. Alain Bouithy