La Fao appelle à lutter contre le travail des enfants dans l’agriculture pendant le COVID-19 et après

La Fao appelle à lutter contre le travail des enfants dans l’agriculture pendant le COVID-19 et après

La FAO a célébré aujourd’hui la Journée mondiale contre le travail des enfants en soulignant le besoin absolu d’intensifier les efforts afin de prévenir une hausse du travail des enfants dans l’agriculture suite aux perturbations que la pandémie du COVID-19 a provoqué, à l’échelle mondiale, au niveau des moyens d’existence, de l’éducation, et des systèmes alimentaires et sanitaires. L’édition de cette année se penche sur les mesures susceptibles de combattre le travail des enfants et notamment grâce à l’aide alimentaire, le soutien aux moyens d’existence, la protection sociale, et les programmes pour la santé et l’éducation qui contribuent à protéger les enfants en leur atténuant les impacts de la pandémie, rappelle l’agence dans un communiqué. La FAO et ses partenaires soutiennent ce type d’initiatives dans le cadre de leurs actions qui visent à garantir des conditions de travail décentes dans les secteurs agricoles. Même avant la pandémie, plus de 70% de la main-d’œuvre infantile – 108 millions de garçons et de filles dans le monde – était employée dans les secteurs agricoles, qui comprennent la pêche et l’aquaculture, la foresterie, l’élevage et les cultures. Le COVID-19 risque d’exacerber cette situation et d’augmenter le nombre d’enfants qui quitteront l’école pour aller travailler. Au moins 320 millions d’enfants n’ont plus accès aux repas scolaires depuis que la crise du COVID-19 a éclaté. À cause des fermetures d’écoles et des difficultés économiques auxquelles les ménages sont confrontés du fait de la pandémie, les enfants risquent d’être mis à contribution dans des conditions de travail dangereuses et inacceptables. Pour sensibiliser le public aux répercussions que cela pourrait avoir et susciter un élan en vue de l’Année internationale de l’élimination du travail des enfants en 2021, la FAO en collaboration avec le Partenariat international de coopération sur le travail des enfants dans l’agriculture (IPCCLA) a organisé un débat intitulé Meant to (l)earn sur le thème de la prévention et de la réduction du travail des enfants dans l’agriculture pendant le COVID-19 et après. Le débat compte avec la participation, entre autres, de l’activiste, réalisatrice libanaise nommée aux Oscars et pluri-récompensée Nadine Labaki et de Molly Namirembe, anciennne enfanant travailleur en Ougand. La modératrice est Valériane Gauthier, la journaliste et présentatrice de France 24. A noter que pour célébrer cette Journée, la FAO a également lancé un nouveau Cadre pour l’élimination du travail des enfants dans l’agriculture qui devra guider l’Organisation et son personnel en vue d’intégrer les mesures de lutte contre le travail des enfants dans les programmes de la FAO à l’échelle locale, régionale et mondiale. Le Cadre aidera aussi les bureaux nationaux à interagir avec les parties prenantes de la FAO, comme les ministères compétents en matière d’agriculture et d’autres ministères et partenaires concernés, en les sensibilisant à l’interconnexion entre le travail des enfants et les domaines de travail de la FAO. Avec CM

La production mondiale de lait et de céréales se révèle résiliente face à la crise pandémique

La production mondiale de lait et de céréales se révèle résiliente face à la crise pandémique

En raison de la pandémie du coronavirus (Covid-19), les marchés mondiaux des produits alimentaires devraient demeurer dans l’incertitude pour plusieurs mois encore, a prévenu l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans un récent rapport intitulé « Perspectives de l’alimentation ». Malgré les perturbations causées par la crise sanitaire sur les marchés mondiaux, il apparaît toutefois que, «d’un point de vue mondial, les marchés des produits de l’agriculture se montrent plus résilients que d’autres secteurs face à la pandémie », a constaté le directeur de la Division du commerce et des marchés de la FAO, Boubaker Ben-Belhassen, invitant néanmoins à la vigilance. C’est le cas du lait dont la production mondiale pourrait même connaître une hausse de 0,8% en 2020, selon les prévisions de la FAO qui prévient néanmoins que “les exportations mondiales des produits laitiers devraient subir une contraction de 4%, et la demande d’importations connaître des difficultés”. Comme pour le lait, les premières prévisions des marchés mondiaux pour les céréales sur la période 2020/21 font état d’une situation confortable pour l’offre et la demande. En dépit des incertitudes liées à la pandémie, l’organisation table sur un accroissement de la production mondiale de céréales en 2020 qui “pourrait dépasser de 2,6% le niveau record de l’année dernière”, a estimé l’agence onusienne. Toujours selon les prévisions de l’organisation, “le commerce mondial de céréales en 2020/21 devrait atteindre les 433 millions de tonnes, soit une augmentation de 2,2% (9,4 millions de tonnes) par rapport à 2019/20”. Stimulée par une croissance attendue dans le commerce des principales céréales, la hausse attendue de ce produit alimentaire représenterait un nouveau record, selon la FAO. Concernant le reste des produits alimentaires, il ressort des prévisions de l’agence onusienne qu’ils verront en revanche leur production baisser au cours de la période 2020/21. Ainsi, “la production totale de viande dans le monde devrait diminuer de 1,7% en 2020, à cause des maladies animales, des perturbations sur les marchés dues au Covid-19, et des effets persistants des sécheresses”, a-t-elle annoncé dans un communiqué soulignant toutefois que le commerce international de cette denrée devrait enregistrer une croissance modérée mais nettement plus lente qu’en 2019. Comme l’a souligné la FAO de même source, rappelons que “les cours internationaux de la viande ont chuté de 8,6% depuis janvier 2020 – avec une baisse record pour la viande ovine, suivie par la volaille, le porc et les viandes bovines”. Précisons que ce repli est attribué aux effets des mesures de lutte anti-Covid-19, à la forte baisse de la demande mondiale d’importations et à d’importants volumes invendus de viande. Concernant le poisson, les données analysées montrent que les marchés des produits de la pêche continueront à subir les effets de la pandémie de Covid-19 tout au long de l’année en cours. Les produits frais et les espèces couramment utilisées dans la restauration seront particulièrement touchés par la crise, d’après l’agence relevant que la pandémie devrait affaiblir tout particulièrement la production de crevettes et de saumon. Dans son rapport, la FAO a en outre fait remarquer que “la demande mondiale de crevettes fraîches et surgelées a enregistré une forte baisse tandis que pour la demande de saumon, une baisse d’au moins 15% est prévue en 2020”. S’agissant du sucre, il ressort des prévisions que sa production mondiale en 2019-2020 devrait accuser une baisse “pour la deuxième année consécutive et descendre en dessous du niveau de la consommation mondiale qui avait été prévu”. Si l’on en croit l’organisation, le commerce du sucre devrait connaître une croissance au cours de la même période qui serait soutenue par des prix bas et par la reconstruction des stocks dans certains pays traditionnellement importateurs, a-t-elle fait savoir relevant toutefois que les prévisions d’un déficit de la production mondiale de sucre pour la période 2019/20 n’ont pas fait grand-chose pour aider les cours internationaux du sucre en baisse depuis mi-2017. Quant aux huiles végétales et produits dérivés, l’organisation rappelle que les dernières prévisions 2019/20 de la FAO faisaient état d’“une situation mondiale marquée par une baisse de l’offre et la demande, à cause d’une forte diminution de la production”. Pour ce qui est des prévisions (provisoires) pour 2020/21, il apparaît que “l’offre pourrait rester trop faible par rapport à la demande”, a prévenu la FAO. Alain Bouithy

Les prix des denrées alimentaires poursuivent leur trend baissier à l’échelle mondiale

Les prix des denrées alimentaires poursuivent leur trend baissier à l’échelle mondiale

Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont accusé un recul en avril 2020, poursuivant ainsi leur tendance baissière pour le troisième mois consécutif. L’Indice FAO des prix des produits alimentaires a affiché une moyenne de 165,5 points au cours du mois dernier, équivalant à une baisse de 3,4% par rapport au mois de février et à un recul de près de 10% par rapport au mois de janvier, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Mis à part les prix des céréales, qui n’ont que légèrement diminué, ceux des autres produits, à commencer par celui du sucre, ont connu d’importantes baisses par rapport au mois précédent, a souligné l’agence onusienne relevant que les impacts économiques et logistiques de la pandémie du nouveau coronavirus Covid-19 ont entraîné des réductions importantes de la demande pour plusieurs denrées alimentaires. En effet, l’Indice FAO du prix du sucre a reculé de 14,6% par rapport au mois de mars, atteignant ainsi son plus bas niveau en l’espace de 13 ans. Il s’agit du deuxième mois consécutif de baisse pour ce produit. Cette forte baisse est attribuée à la chute des prix mondiaux du pétrole brut qui « a eu pour effet de réduire la demande pour la canne à sucre destinée à produire de l’éthanol, et de ce fait, influençant la production de sucre et les stocks disponibles à l’exportation », a expliqué la FAO. Dans un communiqué rendu public récemment, l’organisation internationale a constaté que les mesures de confinement prises dans le cadre de la lutte contre la pandémie ont au même moment engendré des pressions à la baisse sur la demande dans de nombreux pays. Selon les données statistiques, l’Indice FAO du prix des huiles végétales a accusé un recul de 5,2% au cours du même mois d’avril, son niveau le plus bas depuis août 2019, suite à la baisse de valeur des huiles de palme, de soja et de colza. Il a ainsi affiché une valeur moyenne de 131,8 points, soit 7,2 points de moins qu’au mois précédent. Pour l’agence onusienne, il ne fait aucun doute que « la baisse de la demande pour le biocarburant a également joué un rôle tout comme la baisse de la demande en provenance du secteur alimentaire et une production plus importante que prévu d’huile de palme en Malaisie, et de soja aux Etats-Unis ». En chute pour le deuxième mois consécutif, l’Indice FAO des prix des produits laitiers a, pour sa part, baissé de 3,6% en avril. Il s’est ainsi établi à 196,2 points en moyenne, ce qui correspond à 7,3 points de moins qu’en mars et 18,8 points (8,8%) de moins que sa valeur d’avril 2019. D’après les analystes de l’agence, les prix du beurre et de la poudre de lait ont enregistré « des chutes vertigineuses face à la hausse des disponibilités à l’exportation et des stocks mais aussi de la faiblesse de la demande pour les importations et de la baisse des ventes aux restaurants dans l’hémisphère nord ». Concernant l’Indice FAO du prix de la viande dont la demande et l’approvisionnement ont été affectés en même temps, les statistiques indiquent qu’il s’est établi en moyenne à 168,8 points. Ce qui traduit une baisse de 4,7 points équivalant à un recul de 2,7% par rapport au mois de mars. Les analystes de la FAO ont en outre constaté que la relance partielle de la demande pour les importations en provenance de Chine s’est avérée insuffisante pour permettre d’équilibrer une chute des importations ailleurs. Par ailleurs, les principaux pays producteurs ont connu des problèmes logistiques et une forte chute de la demande en provenance du secteur alimentaire suite aux mesures de confinement, ont-ils souligné. Pour Upali Galketi Aratchilage, économiste à la FAO, cité dans le communiqué, tout indique que « la fermeture des restaurants et la baisse des revenus des ménages ont entraîné une baisse de la consommation et des pénuries de main-d’œuvre du côté du traitement. Cela a eu un impact sur les systèmes de production des principaux pays producteurs de bétail ». Quant à l’Indice FAO des prix des céréales, il apparaît qu’il a légèrement baissé pour avoisiner les 164 points en moyenne, soit un niveau légèrement inférieur à celui affiché au mois de mars dernier. Mais en dépit de cette baisse, la FAO a affirmé qu’il reste supérieur de près de 4 points (2,4%) à sa valeur du même mois de l’année écoulée, a fait savoir l’agence relevant que les prix mondiaux du blé et du riz ont de leur côté fortement augmenté tandis que ceux du maïs ont fortement chuté. En effet, dans son rapport, l’organisation a constaté que « les prix mondiaux du riz ont augmenté de 7,2% depuis mars, suite aux restrictions temporaires à l’exportation appliquées au Vietnam puis aussitôt annulées ». Tout comme ceux du blé qui « ont augmenté de 2,5% face à des prévisions indiquant que le quota des exportations en Russie serait rapidement atteint ». Alain Bouithy

Le Covid-19 fait chuter la demande et les prix de l’huile à l’échelle mondiale

Le Covid-19 fait chuter la demande et les prix de l’huile à l’échelle mondiale

Baisse sans grande surprise des principaux cours mondiaux des produits alimentaires à travers le monde. Selon les chiffres publiés par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les prix mondiaux des produits alimentaires ont connu une forte chute au cours du mois de mars dernier. Il s’agit de la deuxième baisse mensuelle consécutive de la valeur de l’Indice synthétisant l’évolution mensuelle des principaux groupes de produits alimentaires. Lequel indice a affiché une moyenne de 172,2 points pendant le mois de mars, soit une baisse de 4,3% depuis février, a annoncé la FAO. A en croire l’agence onusienne, « ce fort recul est essentiellement imputable à une contraction de la demande liée à l’épidémie du coronavirus (Covid-19) », a-t-elle expliqué. Soulignons que le recul des cours observé le mois dernier était plus prononcé s’agissant des prix des huiles végétales et du sucre, a souligné la FAO dans un communiqué rendu public récemment précisant que la baisse la plus marquante a été celle du sucre. Comme le relève le communiqué, « l’Indice FAO du prix du sucre a enregistré la chute la plus importante avec une baisse de 19,1% par rapport au mois précédent ». Il s’est ainsi établi en moyenne à 169,6 points en mars, en baisse de 40,1 points par rapport au mois de février. Selon la FAO, le recul du cours s’explique par « une baisse de la consommation hors domicile liée aux mesures de quarantaine imposées par plusieurs pays et une baisse de la demande en provenance des producteurs d’éthanol en raison de la forte chute des prix du pétrole brut ». Egalement en forte chute, l’Indice FAO du prix des huiles végétales est ressorti en baisse de 12% en un mois, affichant une valeur moyenne de 139,1 points au cours du mois dernier, soit une chute de 19 points en un mois. Il a atteint ainsi son niveau le plus bas depuis octobre 2019. Soulignons que ce recul est attribué essentiellement à « la chute des prix de l’huile de palme, elle-même due à la forte baisse des prix des huiles brutes et minérales » et aux « préoccupations concernant les impacts de la pandémie sur les marchés d’huile végétale à travers le monde ». Il est à noter que les prix des huiles de soja et de colza ont suivi la même tendance au cours du même mois. En effet, « les cours de l’huile de soja ont ressenti les effets d’un niveau de broyage plus élevé que prévu aux Etats-Unis d’Amérique ; (tandis que) ceux de l’huile de colza ont pâti d’une érosion de la demande en agrocarburant dans l’Union européenne », a indiqué la FAO. Après quatre mois consécutifs de hausse, l’Indice FAO des produits laitiers a enregistré un léger recul de 3%, s’établissant ainsi, en moyenne, à 203,5 points en mars, soit une baisse de 6,4 points par rapport au mois de février. Ce recul est dû à la baisse des cotations et de la demande mondiale d’importations pour la poudre de lait écrémé et la poudre de lait entier causée principalement par des perturbations enregistrées au niveau de la chaîne d’approvisionnement des produits laitiers, a fait savoir la FAO dans son communiqué. Et de préciser que cette situation fait suite aux mesures du confinement adoptées par de nombreux pays en vue de lutter contre la propagation du Covid-19. Concernant l’Indice FAO du prix des céréales, il ressort des données statistiques qu’il a baissé de 1,9% depuis février. Ce qui correspond, en moyenne, à 164,6 points en mars (baisse de 3,2 points par rapport au mois de février) et se situe à un niveau proche de celui enregistré en mars de l’année précédente. Toujours à propos des céréales, il est aussi indiqué que les prix mondiaux du blé et du maïs ont baissé au cours de ce même mois de mars, alors que ceux du riz ont, en revanche, augmenté pour le troisième mois consécutif. Avec une valeur moyenne de 176,0 points en mars, en baisse de 1 point, l’Indice FAO des prix de la viande a reculé de 0,6% « en raison de la baisse des cotations internationales pour les viandes ovines et bovines dont les disponibilités à l’exportation sont importantes mais dont les capacités commerciales ont été entravées par des obstacles logistiques », a expliqué la FAO. Alain Bouithy

Les effets du COVID-19 sur l’alimentation et l’agriculture à l’échelle mondiale

Les effets du COVID-19 sur l’alimentation et l’agriculture à l’échelle mondiale

«A l’heure où le virus se propage et où les cas augmentent, et alors que de nouvelles mesures sont prises pour endiguer sa diffusion, le système alimentaire mondial va subir un bouleversement et une mise à l’épreuve dans les prochaines semaines et les prochains mois », a annoncé l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). «Nous risquons une crise alimentaire imminente si des mesures ne sont pas prises rapidement pour protéger les plus vulnérables, préserver les chaînes d’approvisionnement alimentaire mondiales et atténuer les effets de la pandémie sur l’ensemble du système alimentaire», a prévenu l’agence onusienne. Selon l’organisation internationale, « la fermeture des frontières, les mesures de quarantaine et les perturbations des marchés, des chaînes d’approvisionnement et des échanges commerciaux pourraient restreindre l’accès des populations à des ressources alimentaires suffisantes, diverses et nutritives, en particulier dans les pays durement touchés par le virus ou déjà touchés par des niveaux élevés d’insécurité alimentaire ». A en croire la FAO, la communauté internationale doit s’attendre à des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement alimentaire à partir des mois d’avril et de mai. Ainsi qu’elle l’explique sur son site Internet, « les restrictions de mouvements, ainsi que les réactions de défiance des travailleurs, peuvent empêcher les agriculteurs de faire leur travail et les transformateurs de denrées alimentaires – qui manipulent la grande majorité des produits agricoles – de les transformer ». Autre situation à craindre : la pénurie d’engrais, de médicaments vétérinaires et d’autres intrants qui pourrait affecter la production agricole, selon elle. Ce n’est pas tout, puisqu’il faut également s’attendre à ce que « les fermetures de restaurants et les achats moins fréquents dans les épiceries diminuent la demande de produits frais et de produits de la pêche, ce qui affecte les producteurs et les fournisseurs», avertit de même source l’agence affirmant que les petits exploitants agricoles seront particulièrement vulnérables. En outre, les mesures limitant la circulation notamment «des travailleurs saisonniers pourraient avoir des effets sur la production agricole et, par conséquent, impacter les prix sur les marchés à l’échelle mondiale».Par ailleurs, «les mesures destinées à garantir des conditions sanitaires acceptables dans les usines des produits alimentaires pourraient, quant à elles, entraîner un ralentissement de la production». Pour ceux qui n’auraient pas encore pris la mesure de la menace, la FAO rappelle que «la demande alimentaire dans les pays les plus pauvres est particulièrement liée aux revenus, de sorte qu’une perte des sources possibles de revenus pourrait avoir des effets sur la consommation». Mais en dépit de toutes ces menaces qui pèsent à la fois sur les vies et les moyens de subsistance des populations, à l’échelle mondiale, la FAO se veut toutefois rassurante. En effet, elle soutient que, «pour l’instant, les perturbations sont minimes car les approvisionnements en produits alimentaires ont été adéquats et les marchés sont restés stables ». L’agence estime, en outre, que « le niveau des stocks mondiaux de céréales est encore bon et les prévisions sur les récoltes du blé et les principales cultures sont positives pour 2020 ». Par ailleurs, en dépit du fléchissement de la production alimentaire pour les denrées de grande valeur (par exemple les fruits et les légumes) qui aurait probablement déjà eu lieu, la FAO affirme qu’« il n’est pas encore perceptible car il est attribué aux mesures d’endiguement et aux perturbations de la filière ». L’organisation appelle toutefois à la prudence. Et pour cause, si le moment n’est pour l’instant pas à la panique du fait qu’« au niveau mondial, il y a assez de nourriture pour tout le monde », elle exhorte les décideurs politiques du monde entier à « veiller à ne pas répéter les erreurs commises lors de la crise alimentaire de 2007-2008 et à ne pas transformer cette crise sanitaire en une crise alimentaire tout à fait évitable». Car, comme elle le souligne, «nous savons que la maladie finira par se résorber mais nous ne savons pas combien de temps cela prendra». Alain Bouithy

Tendance à la hausse des produits alimentaires à l’échelle mondiale: Quel impact sur la caisse de compensation ? (Maroc)

Tendance à la hausse des produits alimentaires à l’échelle mondiale: Quel impact sur la caisse de compensation ? (Maroc)

Alors qu’elle n’est déjà plus en odeur de sainteté parmi les donneurs d’ordre publics, la Caisse de compensation pourrait bientôt subir leur ire vengeresse du fait que sa charge risque d’être entraînée vers le haut par l’augmentation des cours mondiaux de certains des produits qu’elle soutient. Selon l’Organisation mondiale des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ces cours ont, en effet, poursuivi leur tendance haussière au cours du mois de janvier dernier. « L’indice FAO des prix des produits alimentaires a affiché une moyenne de 182,7 points au cours de ce mois, soit 0,7% de plus qu’en décembre et 11,3% de plus que l’année dernière à la même période», a relevé l’agence onusienne notant que les huiles végétales et le blé ont pesé le plus dans cet indice synthétisant l’évolution des cotations des denrées alimentaires. A l’exception de la viande dont la courbe des prix ressort en baisse de 4,0%, après onze mois de hausse, toutes les autres denrées ont connu une augmentation à l’échelle mondiale. C’est le cas notamment du sucre et des céréales, deux produits subventionnés au Maroc par la Caisse de compensation. Selon l’agence, l’indice FAO des prix du sucre a enregistré une hausse de 5,5%, en raison des prévisions d’une baisse de la quantité de sucre produite dans plusieurs des principaux pays producteurs. A en croire la FAO, cette hausse « a été atténuée par la faiblesse persistante de la monnaie brésilienne et par la baisse récente des cours du pétrole brut, qui a eu un impact sur la demande en canne à sucre utilisée dans la production d’éthanol ». Au niveau du Maroc, rappelons que la loi de Finances 2020 a prévu une enveloppe de 13,640 milliards de dirhams au titre de la compensation, destinée à soutenir les prix du gaz butane, du sucre et de la farine nationale de blé tendre. Soulignons également que l’année 2019 a été marquée par une fluctuation du prix du sucre. En effet, selon la Caisse de compensation « le prix du sucre brut s’est affiché à son plus haut niveau le mois de décembre 2019 soit 318 dollars la tonne, enregistrant ainsi une augmentation de 5% par rapport au mois de novembre de cette année, et une hausse de 6% comparé au même mois de l’année 2018 ». Dans son bulletin d’information de décembre 2019 (N°10), l’institution publique, créée en 1941 et relevant du ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, avait, à cet égard, noté que « la moyenne annuelle des cours du sucre sur les marchés internationaux a enregistré une hausse de 1% comparativement à l’année 2018». Poursuivant son analyse, la Caisse de compensation ajoutait : l’évolution de la charge du sucre aussi bien en volume qu’en valeur, relative aux onze mois de l’année 2019 comparée à la même période de l’année 2018, n’a pas connu de changement. Au final, « la charge de compensation du sucre relative à cette période s’est élevée à 3.159 millions de dirhams, contre 3.171 millions de dirhams pour la même période en 2018 », avait souligné l’institution précisant que la subvention forfaitaire du sucre par kilogramme est figée au niveau de 2,8 DH/kg. Dans une synthèse de son rapport sur la compensation au titre de l’année 2020, la Direction du budget relevant du ministère de l’Economie a relevé qu’hormis une légère reprise en 2016, « le cours moyen du sucre brut s’est inscrit dans une baisse prolongée au titre de ces dernières années en passant d’un pic de 661 $/T en 2011 à 379 $/T en 2017, 293 $/T en 2018, et 291 $/T au titre de la période janvier-septembre 2019 ». Il ressort dudit document qu’au cours de cette même période, « le cours du sucre brut a fluctué entre 261 $/T et 321 $/T, enregistrant une moyenne de 291 $/T, contre 298 $/T au titre de la même période de l’année précédente ». Et le ministère de l’Economie de déduire que « le taux de couverture de la consommation par la production nationale est passé de 20% en 2012 à 49% en 2016, puis est prévu de s’établir à 49% en 2019 ». A l’instar de l’ensemble des principales céréales dont les cours internationaux ont progressé de 2,9% au mois de janvier, les prix du blé ont enregistré la plus forte hausse. Cette forte hausse s’explique par « l’accélération des achats de plusieurs pays dans un contexte de ralentissement des expéditions en France, où les ports étaient en grève, et l’annonce d’une possible mise en place de quotas à l’exportation jusqu’au 30 juin 2020 en Fédération de Russie, en raison de prix intérieurs élevés », a indiqué la FAO. Du côté de notre ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, il ressort de la synthèse dudit rapport qu’« en 2018, la charge de compensation du blé tendre et de la farine s’est située à hauteur de 1501 MDH ». La note indiquait également que « la reconduction du contingent de la farine nationale de blé tendre (FNBT) de 6,5 millions de quintaux a permis de préserver pratiquement le même niveau de la subvention de la FNBT (1003 MDH) ». Plus généralement, le document avait relevé que « le cours du blé tendre sur le marché international a enregistré une moyenne de 189 $/T au cours la période janvier-septembre 2019 pour la référence du blé tendre d’origine française », précisant qu’il s’agit de la 5ème année consécutive où le cours moyen du blé tendre est inférieur à 200 $/T, alors qu’il avait enregistré plus que 300 $/T en 2011, 2012 et presque autant en 2013. Un fait qui commence à pointer le bout de son nez, les précipitations ne semblent pas être au rendez-vous de ce début d’année que tout le monde considère comme important pour la bonne tenue de la céréaliculture nationale. Ce qui sera annonciateur, si la situation se maintient en l’état d’ici mars prochain, d’une ruée vers les importations aussi importante que celle des mauvaises années

La surpêche du thon et la pollution baissent à l'échelle mondiale

La surpêche du thon et la pollution baissent à l'échelle mondiale

Le Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a annoncé qu’un programme quinquennal, estimé à 50 millions de dollars, a permis de faire d’énormes progrès en matière de protection de la biodiversité des eaux internationales en renforçant la protection de différentes espèces marines, comme les tortues de mer et les thons. Financé par le Fonds pour l’environnement Mondial (FEM) et développé par la FAO et ses partenaires, le Programme ZHJN des Océans communs concerne les zones marines hors juridiction nationale (ZHJN) – aussi appelées eaux internationales – qui recouvrent 40% de la planète et représentent environ 95 pour cent du volume des océans. ainsi que le rappelle la Directrice générale adjointe de la FAO chargée du climat et des ressources naturelles, Maria Helena Semedo, dans un communiqué, « assurer des eaux internationales saines et préserver la richesse de leur biodiversité ont longtemps été des défis pour ces zones marines qui ne relèvent de la responsabilité d’aucun pays ». « Le Programme a rassemblé un partenariat à la fois large et unique pour affronter ce défi à travers la promotion d’une gestion durable des ressources halieutiques et des pratiques écosystémiques, et il a donné d’excellents résultats. Nous espérons développer ultérieurement cette initiative afin de continuer à protéger notre diversité marine et contribuer aux objectifs mondiaux et aux attentes du Programme pour le développement durable à l’horizon 2030 et du Cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 », a-t-elle ajouté. Selon les résultats du Programme FAO-FEM, sur les 13 principaux stocks de thon destiné au commerce, huit ne font plus l’objet d’une surpêche En effet, entre 2014 et 2019, le nombre des plus gros stocks de thon faisant l’objet d’une surpêche est passé de 13 à cinq. Ce qui signifie que huit stocks de poisson sont désormais en train de se reproduire et atteindront un niveau salutaire, a indiqué l’agence onusienne expliquant que pour y parvenir, le Programme ZHJN des Océans communs a réuni des experts et des spécialistes des pêches chargés d’élaborer des stratégies et des procédures de récolte du thon durables et transparentes, en s’appuyant sur des exercices de simulation informatique. Ce n’est qu’à partir de là, ils ont pu définir et appliquer des règles de limitation pour un pêche au thon plus durable, a relevé la FAO dans un communiqué rappelant que chaque année, quelque 6 millions d’espèces de thon sont pêchées dans le monde et que la valeur annuelle de ces échanges s’élève à près de 12 milliards d’USD. Selon le Fonds, des modifications dans le matériel de pêche ainsi que des formations sur les techniques pour protéger les espèces menacées ont contribué à sauver des mammifères marins, en particulier les dauphins et les tortures de mer. Ainsi, entre 2013 et 2018, par exemple, la mortalité des mammifères marins qui sont restés emprisonnés dans les filets des bateaux de pêche pakistanais dans le nord de la mer d’Oman a baissé de 98 pour cent – passant de 12 000 en 2013 à moins de 200 en 2018, a-t-il souligné de même source. A noter que la diminution de la capture accidentelle a également été possible grâce à des dispositifs de concentration de poissons (DCP), utilisés pour attirer les poissons, qui sont plus respectueux. Selon l’agence avant la création du Programme, il n’existait pas de lignes directrices pour les DCP dans les océans Atlantique, Indien, Pacifique ou à l’ouest et au centre de l’océan Pacifique. c’est dans en mais en 2019 qu’ils ont tous été dotés de lignes directrices pour les DCP et que le Programme a créé et testé des modèles de DCP non-emprisonnants et respectueux des océans, permettant de mener des ateliers avec plus de 2 500 pêcheurs de 22 pays sur les techniques de réduction des captures accidentelles. Soulignons que des études sont en cours sur l’utilisation de matériaux biodégradables dans les DCP afin de réduire encore davantage la pollution marine due au plastic. Enfin, entre 2014 et 2019, la FAAO a indiqué que le Programme a contribué à la création et à la protection d’écosystèmes marins vulnérables dans 18 nouvelles zones – espèces locales et espèces de haute mer comme les coraux et les éponges. Par conséquent ces zones ont été fermées à la pêche. Adrien Thyg avec CM

Les prix des produits alimentaires poursuivent leur trend haussier à l’échelle mondiale

Les prix des produits alimentaires poursuivent leur trend haussier à l’échelle mondiale

Les prix des produits alimentaires ont poursuivi leur tendance haussière au cours du mois de décembre 2019, si l’on en croit l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Selon l’agence spécialisée du système des Nations unies, ils ont augmenté pour le troisième mois consécutif, « alors qu’une forte reprise des prix des huiles végétales a fait grimper l’indice de la FAO des prix des produits alimentaires à son niveau le plus élevé des cinq dernières années », a-t-elle relevé. En effet, il ressort des chiffres publiés récemment par l’organisation que l’indice de la FAO des prix des produits alimentaires a atteint en moyenne 181,7 points au cours de ce mois, ce qui correspond à une hausse de 2,5% depuis novembre et le niveau le plus élevé depuis décembre 2014, a-t-elle souligné. « Pour l’ensemble de l’année 2019, l’indice, qui indique les variations mensuelles des prix internationaux des produits alimentaires, a atteint en moyenne 171,5 points, soit environ 1,8% de plus qu’en 2018 et toutefois 25% de moins que son taux record de 2011 », a relevé l’agence FAO dans un communiqué. A souligner que l’indice de la FAO des prix des produits alimentaires a connu un accroissement de 9,4% depuis novembre, représentant ainsi une hausse pour le sixième mois consécutif. Selon les explications de l’agence onusienne, « la dernière hausse a une fois de plus été guidée par les prix de l’huile de palme, encouragée à la fois par une forte demande, surtout dans le secteur des biocarburants, et par l’inquiétude face à la contraction des approvisionnements ». La FAO a toutefois précisé qu’en dépit de la hausse de décembre, qui a également touché les huiles de soja, de tournesol et de colza, les chiffres analysés montrent que « le sous-indice des huiles végétales a atteint au cours de 2019 sa moyenne annuelle la plus basse depuis 2007 ». En détail, l’organisation a noté que l’indice de la FAO du prix du sucre a augmenté de 4,8% depuis novembre, en raison notamment de « l’augmentation des prix du pétrole brut qui a encouragé les raffineries de sucre à recourir davantage à la canne à sucre pour la production d’éthanol, avec pour effet de réduire la disponibilité du sucre sur le marché mondial », a-t-elle expliqué. En ce qui concerne l’évolution de l’indice de la FAO des prix des produits laitiers, les données statistiques font état d’une hausse de 3,3% ce mois-ci, « soutenue par le prix du fromage qui a augmenté de près de 8% malgré la réduction des disponibilités à l’exportation depuis l’Union européenne etl’Océanie ». S’agissant des variations observées au niveau de l’indice de la FAO des prix des céréales, les conclusions des analyses de l’agence onusienne montrent qu’il a affiché une hausse de 1,4%. L’accroissement de l’indice serait « essentiellement guidé par le prix du blé et ce, malgré la demande croissante d’importation depuis la Chine et les problèmes logistiques que la France a connus du fait des incessantes manifestations dans le pays », a soutenu la FAO relevant toutefois que les cotations des prix du maïs et du riz sont restées globalement stables au cours de cette période. Quant à l’indice de la FAO des prix de la viande, il a atteint en moyenne 191,6 points en décembre, soit un niveau plutôt stable par rapport à sa valeur révisée en novembre, a-t-on fait remarquer dans le communiqué. Selon la même source, le sous-indice a clôturé l’année avec 18% de plus qu’en décembre de l’année 2018, « du fait de la hausse des cotations de la viande de porc provoquée à la fois par la forte demande d’importation de la part de l’Asie et par la demande interne d’avant les fêtes de la part de l’Union européenne et du Brésil ». Alain Bouithy