Etats-Unis : la sénatrice Jeanne Shaheen qualifie d’illégale la rétention de fonds de sécurité nationale par le président Trump

WASHINGTON. « La tentative du président Trump d’annuler un financement de 4,9 milliards de dollars que le Congrès a déjà approuvé et que le président lui-même a promulgué est illégale et dangereuse », selon la sénatrice américaine Jeanne Shaheen (D-NH), membre de la commission des affaires étrangères du Sénat. « En refusant de dépenser ces fonds, le président Trump rend l’Amérique moins sûre et moins prospère », a-t-elle estimé dans une déclaration en réponse à la tentative du président américain d’annuler ce financement. Pour la sénatrice Jeanne Shaheen, le président Trump « sape les efforts de lutte contre le terrorisme en Afrique, bloque les programmes de renforcement de la démocratie et de lutte contre la corruption et met fin aux initiatives de sécurité alimentaire et d’agriculture qui profitent aux entreprises américaines ». Et de rappeler qu’«alors que les États-Unis se retirent, la République populaire de Chine accélère ses investissements et se définit comme le partenaire politique et économique le plus fiable ». « C’est le Congrès, et non le président, qui décide de la manière dont l’argent des contribuables est dépensé. Cette prise de pouvoir inconstitutionnelle est une fin de course illégale autour du Congrès et devrait être catégoriquement rejetée par le Congrès des deux côtés de l’allée », a-t-elle conclu. Adrien Thyg
Niger : Les militaires américains basés à Niamey ont définitivement quitté le pays

Les militaires américains installés à la Base aérienne 101 de Niamey ont totalement et définitivement quitté le Niger, a appris l’ANP d’un communiqué de la Commission mixte de désengagement, créée dans le cadre du retrait annoncé des troupes américaines du Niger. En effet, selon cette Commission, le processus de désengagement des troupes américaines du Niger, amorcé le 19 Mai 2024, s’est achevé à la Base aérienne 101 de Niamey dans la nuit du dimanche 7 au lundi 8 Juillet 2024 avec le départ des derniers soldats américains et l’ensemble de leurs équipements. Au total, 776 militaires américains et 1593 tonnes de matériels et équipements militaires ont été concernés. La cérémonie couronnant la fin de ce processus s’est déroulée en présence du Chef d’Etat-major des Armées du Niger, le Général de Brigade Moussa Salaou Barmou, et de l’Ambassadrice des Etats-Unis au Niger Mme Kathleen Fitz Gibbon et plusieurs membres de la Commission mixte de désengagement. Dans le communiqué conjoint signé par le Chef d’Etat-major de l’Armée de Terre du Niger, le Colonel-major Maman Sani Kiaou, et le Général Kenneth Ekman du Département de la Défense des Etats-Unis d’Amérique, les deux parties se sont félicitées de la fin de la phase de Niamey « avant la date prévue et sans aucune complication ». Pour ce qui reste de la phase de la Base aérienne 201 d’Agadez, « les responsables nigériens et américains sont résolus à assurer un retrait sûr, ordonné et responsable d’ici le 15 Septembre 2024 », note le communiqué qui rappelle, en outre, l’engagement des deux parties « à garantir la protection et la sécurité des forces américaines durant ce processus ». Le communiqué a, enfin, reconnu « les sacrifices communs consentis par les forces armées des deux nations » tout le long du processus. ANP
Au Niger, des soldats russes installés dans une base hébergeant l’armée américaine
Des soldats russes ont pris leurs quartiers dans une base de Niamey qui héberge également l’armée américaine, a déclaré à Reuters et Associated Press (AP) un responsable américain, vendredi 3 mai, alors que la junte au pouvoir au Niger a demandé le départ des troupes américaines déployées dans le pays. Le régime militaire du Niger, issu d’un coup d’Etat perpétré le 26 juillet 2023, a dénoncé en mars l’accord de coopération militaire en vigueur avec les Etats-Unis, estimant que la présence des forces américaines, déployées dans le cadre de la lutte antidjihadiste, était désormais « illégale ». Washington a accepté à la mi-avril de retirer du pays ses soldats et annoncé envoyer une délégation à Niamey pour s’accorder sur les détails de ce retrait… Lire la suite sur Le MondeAfrique
Le Rwanda s’inquiète de l’ambiguïté qu’il perçoit de la part des Etats-Unis vis-à-vis des victimes du génocide de 1994
Le président rwandais Paul Kagame a exprimé lundi sa profonde inquiétude face à l’incapacité des Etats-Unis à qualifier le massacre de 1994 de génocide contre le peuple tutsi. La critique de M. Kagame fait suite à un message du secrétaire d’Etat américain Antony Blinken concernant la commémoration du génocide. Dans son message posté sur X, M. Blinken a déclaré que « Nous pleurons les milliers de Tutsis, de Hutus, de Twas et d’autres qui ont perdu la vie au cours de ces 100 jours de violence indicible ». De nombreux Rwandais ont critiqué le secrétaire d’Etat pour ne pas avoir reconnu spécifiquement que le génocide qui visait les Tutsis. Lors d’une conférence de presse tenue lundi à Kigali, la capitale du Rwanda, M. Kagame a souligné que la question avait été abordée avec l’ancien président américain Bill Clinton, qui avait dirigé une délégation lors du 30e anniversaire du génocide organisé dimanche à Kigali. La controverse sur la manière de caractériser le génocide découle d’allégations selon lesquelles l’Armée patriotique rwandaise, le groupe rebelle qui a mis fin au génocide, a perpétré des meurtres de vengeance pendant et après le génocide. M. Kagame avait précédemment rejeté ces allégations. Le président rwandais a dit penser être parvenu à un accord avec les autorités américaines vers 2014 pour qu’elles évitent toute critique à l’occasion de l’anniversaire du génocide. « Il y a 365 jours dans une année. Donnez-nous ce jour, le 7 avril, et vous aurez le reste, 364 jours, pour nous blâmer chaque jour pour tout ce que vous n’aimez pas chez nous », a souligné M. Kagame. Lors de son discours de commémoration dimanche, M. Kagame a indiqué que les Rwandais ne comprendraient jamais pourquoi les pays restent intentionnellement vagues sur les personnes visées par le génocide, qualifiant cette attitude de forme de déni et de crime en soi. « Le Rwanda s’y opposera toujours », a-t-il ajouté. Le Rwanda a entamé dimanche une semaine de deuil national et 100 jours de commémoration pour marquer le 30e anniversaire du génocide de 1994 contre les Tutsis, au cours duquel plus d’un million de personnes ont été tuées, selon le gouvernement rwandais.
Etats-Unis : bonne résilience de l’économie, selon la DEPF

L’économie américaine montre une bonne résilience, grâce à un marché d’emploi et des dépenses de consommation robustes, a indiqué la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère marocain de l’Economie et des Finances. L’impact du resserrement monétaire sur l’économie semble moindre que prévu, a-t-elle souligné dans sa note de conjoncture du mois de mars 2024 (N°325). Ainsi, l’OCDE a relevé sa prévision de croissance du PIB américain à 2,1% en 2024 contre 1,5% prévu en novembre. Toutefois, les perspectives de croissance pourraient être freinées par une persistance d’inflation et de taux d’intérêt élevés ou une escalade des tensions géopolitiques. Au quatrième trimestre 2023, le PIB a confirmé sa forte expansion (3,2% après 4,9% au T3, en rythme annualisé), soutenu par la consommation privée, les dépenses publiques et les exportations. Les derniers indicateurs conjoncturels laissent augurer une poursuite de la croissance au premier trimestre 2024. Ainsi, l’indice PMI1 composite (52,5 en février après 52,0 en janvier) signale une accélération de la reprise de l’activité du secteur privé, avec une expansion continue des services (52,3 après 52,5) et un fort rebond du secteur manufacturier (52,2 après 50,7). De même, les ventes de détail ont marqué une hausse en février (+0,6% contre -1,1% en janvier), malgré le repli de la confiancedes consommateurs, comme le montre l’indice du Michigan (76,5 en mars contre 76,9 en février et 79,0 en janvier). Le marché du travail reste encore solide. L’économie américaine a créé 275 000 emplois nets en février après 229 000 en janvier, contre une moyenne mensuelle de 251 au cours de l’année 2023. Toutefois, le taux de chômage a augmenté de 0,2 point à 3,9%en février, son plus haut niveau depuis janvier 2022. Le salaire horaire moyen a poursuivi sa hausse à un rythme ralenti en février (+0,1% sur un mois et +4,3%sur un an). L’inflation globale demeure encore élevée (3,2% en février après 3,1% en janvier). L’inflation sous-jacente s’est atténuée légèrement (3,8% après 3,9%).Dans ce contexte, la Fed a maintenu en mars ses taux directeurs dans une fourchette de 5,25% à 5,50%, leur plus haut niveau depuis 22 ans. Elle a réitéré ses plans d’abaisser ses taux de 75 pb en 2024, tout en prévoyant une croissance économique de 2,1% en 2024 et une inflation de 2,6% en fin d’année (PCE). 1 Les indices PMI (Purchasing Managers’Index), établis à partir d’enquêtes mensuelles, fournissent des indications avancées sur l’activité du secteur privé. Une valeur > 50 indique une expansion et une valeur < 50 indique une contraction.
Niger: les autorités dénoncent les accords de coopération militaire avec les Etats-Unis
Le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) du Niger a décidé ce samedi, « en toute responsabilité, de dénoncer avec effet immédiat », l’accord relatif au statut du personnel militaire des Etats-Unis et des employés civils du département américain de la Défense sur le territoire nigérien, a annoncé dans un communiqué le porte-parole du CNSP, le colonel major Abdourahamane Amadou, à la télévision publique nigérienne. Une délégation américaine composée de la secrétaire d’Etat américaine adjointe aux Affaires africaines, cheffe de mission, Molly Phee, du Dr Celeste Wallander, sous-secrétaire à la Défense pour les affaires de sécurité internationales, et du commandant en chef de l’Africom, le général Michael Langly, a eu une séance de travail avec le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine, entouré des membres du gouvernement et du CNSP, les 12, 13 et 14 mars derniers, à Niamey. Selon le porte-parole du CNSP, sur le choix des partenaires diplomatiques, stratégiques et militaires, le gouvernement du Niger regrette la volonté de la délégation américaine de dénier au peuple nigérien souverain, le droit de choisir ses partenaires et les types de partenariat à même de l’aider à lutter véritablement contre le terrorisme, alors même que les Etats-Unis ont décidé unilatéralement de suspendre toute coopération entre les deux pays. Aussi, le gouvernement du Niger dénonce-t-il « avec force l’attitude condescendante assortie de la menace de représailles de la part de la délégation américaine vis-à-vis du gouvernement nigérien ». « Cette attitude est de nature à saper la qualité de nos relations séculaires et miner la confiance entre nos deux gouvernements, déjà entamé par les événements du 19 octobre dernier, » a-t-il annoncé. S’agissant des cas précis de la Fédération de Russie et de la République Islamique d’Iran, deux pays avec lesquels le Niger entretient des relations diplomatiques depuis plusieurs décennies, M. Amadou a indiqué que « le gouvernement tient à porter à la connaissance du peuple nigérien et de tous les peuples de la communauté internationale, qu’il n’a jamais signé d’accord secret avec ses pays partenaires. » Tous les accords signés par le Niger depuis l’avènement du CNSP, respectent le droit international et les règles de transparence, indique le communiqué. « C’est pourquoi, le gouvernement du Niger rejette les allégations mensongères de la cheffe de la délégation américaine, consistant à soutenir qu’il aurait signé un accord secret avec la République Islamique d’Iran. Cette approche cynique, habituellement utilisée par les Etats-Unis pour discréditer, diaboliser et justifier leur menace contre les Etats, n’est pas sans rappeler l’exemple de la seconde guerre d’Irak, » a-t-il rappelé. Quant à la Fédération de Russie, le porte-parole du CNSP a déclaré qu’il s’agit « d’un partenaire avec lequel le Niger traite d’Etat à Etat, conformément aux accords de coopération militaire signés avec les gouvernements antérieurs pour acquérir le matériel militaire nécessaire à sa lutte contre le terrorisme qui a fait des milliers d’innocentes victimes nigériennes, sous l’œil indifférent d’une bonne partie de la communauté internationale. » Concernant la coopération entre les deux pays, en particulier la coopération militaire et la lutte contre le terrorisme, « la présence américaine sur le territoire de la République du Niger est illégale, et viole toutes les règles constitutionnelles et démocratiques qui voudraient que le peuple souverain, notamment à travers ses représentants élus, soient consultés pour l’installation d’une armée étrangère sur le territoire national. Ainsi c’est par simple note verbale du 6 juillet 2012, que la partie américaine a unilatéralement imposé au Niger un accord relatif aux statut du personnel militaire des Etats-Unis, et des employés civils du département américain de la Défense sur le territoire de la République du Niger, » a-t-il fait savoir. Car, cet accord est non seulement profondément injuste dans son fond, mais également ne répond pas aux aspirations et aux intérêts du peuple nigérien pour des raisons objectives, car il contraint le Niger à payer des factures liées aux taxes des avions militaires américains dont ces derniers doivent normalement s’acquitter et qui coûtent des milliers de milliards de FCFA aux contribuables nigériens ; ensuite, les autorités nigériennes compétentes n’ont aucune information militaire menée en provenance des forces américaines au Niger, et ignorent jusqu’aux effectifs civils et militaires, ainsi que les matériels américains déployés sur le sol nigérien. Enfin, l’armée américaine n’a aucune obligation selon l’accord d’accéder aux demandes nigériennes d’appuis contre les groupes terroristes qui « assassinent nos vaillantes FDS (forces de défense et de sécurité) et massacrent nos laborieuses populations ». Par ailleurs, depuis quelques semaines, le gouvernement nigérien a constaté des activités illégales de survols de son territoire par des aéronefs américains, qui amènent à s’interroger sur la sincérité de leur partenariat et la pertinence du maintien de l’accord de coopération imposée par note verbale. Il a ajouté qu’une correspondance diplomatique serait adressée à la partie américaine à cet effet. Il faut rappeler que cette dénonciation des accords de coopération militaire avec les Etats-Unis intervient après celle de ceux avec la France, dans plusieurs domaines de sécurité et de défense, suite au coup d’Etat du 26 juillet dernier.
Burkina. Coopération avec les Etats-Unis : en fin de mission, l’ambassadeur fait le point et évoque les perspectives avec le Chef de l’Etat

Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim TRAORE a reçu en audience, vendredi après-midi, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique, Sandra Clark, en fin de mission dans notre pays. La diplomate américaine est venue faire le point de la coopération entre son pays et le Burkina Faso. « C’était un honneur pour moi d’être ambassadeur des Etats-Unis au Burkina Faso », a dit Sandra Clark qui termine son séjour au Burkina Faso en tant qu’ambassadeur. En termes de perspectives, la diplomate américaine a soutenu qu’il existe une base solide pour continuer la coopération « parce que les liens entre le peuple burkinabè et le peuple américain sont forts », a-t-elle précisé. Sandra Clark a indiqué que cette coopération doit se poursuivre et se renforcer dans les domaines de la santé, de l’agriculture, de la culture, de l’éducation, de la diplomatie et du développement. Les Etats-Unis entendent être un partenaire du Burkina Faso pour relever ces défis en s’appuyant sur les atouts de notre pays. Elle a rappelé que la situation sécuritaire est difficile, mais « nous continuons notre engagement dans le secteur humanitaire et le développement de la coopération dans plusieurs domaines ». L’ambassadeur américaine dit avoir été impressionnée par la résilience du peuple burkinabè, la tradition de cohésion sociale, de tolérance et de dialogue qui sont un atout pour le pays surtout dans le contexte actuel. « Je vois un avenir paisible pour le Burkina Faso », a conclu la diplomate, parlant de la situation sécuritaire.
Retour des Etats-Unis à l’UNESCO : très large soutien des Etats membres

Les 193 Etats membres de l’UNESCO, réunis en Conférence générale extraordinaire, ont approuvé vendredi à une très large majorité la proposition soumise par les Etats-Unis pour réintégrer l’Organisation. Le 8 juin 2023, les Etats-Unis ont adressé une lettre à la Directrice générale de l’UNESCO, proposant de réintégrer l’Organisation dès le mois de juillet sur la base d’une proposition financière concrète, incluant l’engagement à rembourser leurs arriérés estimés à 619M$. Les 193 Etats membres de l’UNESCO se sont réunis à partir de jeudi en session extraordinaire de la Conférence générale pour examiner cette proposition. Vendredi après-midi, ils ont adopté à une très large majorité la proposition américaine. Toutes les conditions sont à présent réunies pour un retour plein et entier des Etats-Unis à l’UNESCO courant juillet. (132 votes pour, 10 votes contre) Un budget renforcé pour mettre en œuvre son mandat Les Etats-Unis financeront l’équivalent de 22% du budget ordinaire de l’Organisation. S’y ajouteront le paiement progressif de leurs arriérés et, dès 2023, des contributions volontaires pour financer des programmes dédiés notamment à l’accès à l’éducation en Afrique, la mémoire de la Shoah et la protection des journalistes. L’UNESCO bénéficiera ainsi d’un budget renforcé pour mettre en œuvre ses programmes pour l’éducation, la culture, les sciences et l’information. Elle pourra accentuer son action pour l’Afrique et l’égalité des genres, ses deux priorités stratégiques. Un retour qui souligne la centralité de l’UNESCO Elue à la tête de l’Organisation en novembre 2017, Audrey Azoulay a conduit des médiations permettant d’apaiser les tensions politiques et de trouver des consensus sur les sujets les plus sensibles, comme le Moyen-Orient. Elle a également réformé l’Organisation pour la rendre plus efficace. L’UNESCO a ainsi pu lancer de nouvelles initiatives lui permettant de se saisir pleinement des défis contemporains – tels que l’éthique de l’intelligence artificielle et la protection des océans. Elle a également renoué avec les campagnes emblématiques de terrain – à l’image de la reconstruction de la vieille ville de Mossoul en Irak – conformément à ses ambitions historiques. Dans le courrier adressé à la Directrice générale de l’UNESCO début juin, les Etats-Unis font référence à ces réformes et à ces initiatives parmi les raisons de leur retour.