Congo. « Gouvernance responsable pour le climat » : l’essai de Roch Régis Bikoua qui interpelle les décideurs

Congo. « Gouvernance responsable pour le climat » : l’essai de Roch Régis Bikoua qui interpelle les décideurs

LIVRES. Dans son combat pour la protection de l’environnement, le Président de l’association Espoir pour l’avenir, l’écrivain Roch Régis BIKOUA publie son troisième livre intitulé La gouvernance responsable pour le climat aux éditions libres-opinions et contenant 15 chapitres illustrant une critique constructive sur la gouvernance climatique mondiale. Dans cette troisième signature, l’écrivain Roch Régis BIKOUA s’interroge sur la crédibilité de la parole politique dans le contexte climatique. Il met en lumière le fossé entre les promesses faites dans les sommets internationaux et la réalité des actions sur le terrain. L’auteur demande de repenser les mécanismes de responsabilité climatique et met en avant l’idée d’un tribunal climatique international, indépendant, pour juger des manquements aux engagements. Et y ajoute le rôle que pourrait jouer la société civile dans le contrôle et le suivi de ces engagements, en renforçant la transparence et la pression publique. Cet essai politique et environnemental est un appel à la prise de conscience mondiale pour le climat. Notons que l’écrivain congolais Roch Régis BIKOUA est auteur de plusieurs publications:

PARUTION. « Élections en Afrique : Entre légitimation et refondation institutionnelle » de Serge Armand Zanzala

PARUTION. « Élections en Afrique : Entre légitimation et refondation institutionnelle » de Serge Armand Zanzala

En vente dans toutes les boutiques en ligne d’Amazon LIVRES. L’écrivain et chercheur Serge Armand Zanzala vient de publier un nouvel ouvrage intitulé Élections en Afrique : Entre légitimation et refondation institutionnelle, paru le 8 mars en édition Kindle. Dans cet essai, l’auteur – également directeur de La Société Littéraire et initiateur du projet Kongo Ya Sika – propose une analyse des enjeux liés aux processus électoraux sur le continent africain. Cette réflexion s’inscrit également dans le prolongement du débat intellectuel lancé par Franklin Nyamsi, qui, à travers sa question provocatrice « Les élections en Afrique : gâchis ou maquillage démocratique ? », invite à une remise en question profonde des fondements mêmes de la démocratie africaine. Cette interrogation, formulée à la lumière des élections présidentielles récentes au Cameroun, en Côte d’Ivoire et en Guinée, met en exergue les tensions et contradictions qui traversent le processus électoral sur le continent. Dans ces pays, les scrutins ont été marqués par des contestations, des accusations de fraudes, des incidents lors des campagnes et des controverses sur la transparence et la crédibilité des résultats. Chaque cas illustre à sa manière la fragilité des institutions et le décalage parfois dramatique entre les promesses de la démocratie et la réalité vécue par les citoyens. Au Cameroun, par exemple, les débats autour de l’équité des conditions de candidature et de l’indépendance du processus électoral ont suscité un questionnement profond sur la légitimité des résultats. En Côte d’Ivoire, la répétition de tensions électorales et les accusations de manipulation des listes électorales ont relancé le débat sur la capacité des institutions à garantir une participation véritablement libre et équitable. En Guinée, le contexte postélectoral a mis en lumière l’impact des pressions politiques et sécuritaires sur la tenue de scrutins crédibles, révélant des défis structurels qui dépassent les enjeux partisans. En dialoguant avec ces réalités et ces interrogations, l’auteur ne se limite pas à une simple dénonciation des dysfonctionnements. Au contraire, il cherche à comprendre les mécanismes, héritages et pratiques qui façonnent ces processus électoraux et à identifier les leviers capables de les réformer en profondeur. L’enjeu est double : il s’agit d’abord de reconnaître les insuffisances et limites des systèmes actuels — hyperprésidentialisme, contrôle des institutions par l’exécutif, influence des dynamiques économiques et sociales sur le vote — puis de proposer des pistes de refondation institutionnelle qui puissent restaurer la crédibilité et la légitimité des élections. Cette approche dépasse la polémique facile et la critique superficielle ; elle vise à construire une vision analytique et constructive, capable d’éclairer les réformes à entreprendre. L’objectif de cette démarche est également de replacer les citoyens au centre du processus démocratique. Trop souvent marginalisés ou confrontés à des institutions incapables d’assurer transparence et responsabilité, les citoyens africains se trouvent dans une position d’observateurs passifs, alors même que leur engagement est essentiel pour la consolidation de la démocratie. En explorant des modèles de gouvernance alternatifs et en réfléchissant à des mécanismes institutionnels durables, l’auteur propose de dépasser les limites de la simple légitimation formelle du pouvoir pour instaurer des processus électoraux réellement au service du peuple.

Emmanuel Boundzeki Dongala : la littérature congolaise a sa place aux côtés de la littérature universelle

Emmanuel Boundzeki Dongala : la littérature congolaise a sa place aux côtés de la littérature universelle

La littérature congolaise a toute sa place aux côtés de la littérature universelle, affirme l’écrivain et chimiste Emmanuel Boundzéki Dongala, invité de la Phratrie congolaise, organisée du 28 au 31 octobre 2025 à Brazzaville en République du Congo. « Il n’y a plus rien à dire, c’est reconnu, c’est célébré, et nos écrivains sont traduits dans toutes les langues », a déclaré l’auteur du roman Un fusil dans la main, un poème dans la poche (Paris, Albin Michel, 1973) et du recueil de nouvelles Jazz et Vin de palme (Paris, Hatier, coll. « Monde Noir » no 13, 1982) dans un entretien accordé à La Semaine Africaine En ce qui le concerne, l’auteur, à qui l’on doit Le Feu des origines (Albin Michel, 1987), ajoute qu’il est traduit dans une douzaine de langues. C’est dire que la littérature congolaise occupe ainsi pleinement sa place aux côtés de la littérature universelle. Bien qu’il n’aime pas donner de conseils,Emmanuel Boundzeki Dongala à consenti à en donner aux jeunes qu’il encourage « de lire beaucoup, lire les autres; travailler; travailler; travailler. Quand on a son manuscrit, le relire, le revoir, etc ». L’écrivain qui réside actuellement en France rappelle en outre que « L’inspiration c’est bien, mais c’est juste une petite part, le reste c’est le travail. Si non tout le monde est inspiré, si tu as une idée, et tu ne te mets pas à l’écrire, et bien rien ne sortira, si non, le travail c’est devant ton ordinateur, et devant ta feuille de papier ». Et de conclure: voilà les deux précieux conseils, « beaucoup lire, partager ce que l’on fait avec les autres, et retravailler ses textes, les revoir » A signaler que « La Sonate à Bridgetower« , Arles, Actes Sud, coll. « Domaine français » est le livre le plus récent de Boundzeki Dongala, publié en 2017. Patricia Engali

L’HARMATTAN CONGO. Anthologie de la littérature congolaise d’écriture française (1950-2022)

L’HARMATTAN CONGO. Anthologie de la littérature congolaise d’écriture française (1950-2022)

LIVRES. En deux tomes, Bexelant Cyr Emiland Mouassa Ibhenguet  cite presque la majorité des écrivains de son pays, de la génération de Jean Malonga à celle de Sony Labou Tansi, génération qui a donné le goût de l’écriture à la génération actuelle. S’il faut citer tous les écrivains que l’on « rencontre » dans cette anthologie en deux tomes, nous pouvons faire une lecture répétitive de certaines anthologies déjà publiées au sujet de la littérature congolaise. Il faut reconnaitre que le Congo est un pays d’écriture. Les éditions L’Harmattan, sur la quatrième couverture de ces deux tomes, nous rappelle une idée que nous semblons ignorer : « En effet, depuis la fin des années 30, l’écriture n’a cessé d’occuper une place prépondérante auprès de l’élite intellectuelle congolaise ». Aussi, il faut attendre les années 50 pour se confronter au premier roman congolais. Et c’est le doyen Jean Malonga qui va ouvrir le chemin du roman en écrivant Cœur d’Aryenne et La légende de MPfoumou ma Mazono, le pays étant encore dans le berceau colonial où la langue française est enseignée aux enfants du pays. Avec la présentation de 414 auteurs accompagnés d’environ 433 œuvres et articles, l’œuvre de Bexelant Cyr Emiland Mouassa Ibhenguet vient, une fois de plus, révéler la grandeur et la fécondité de la littérature congolaise, tous genres confondus. Après quelques ouvrages de référence tels la première Anthologie de la littérature congolaise d’expression française, édition CLE de Jean Baptiste Tati Loutard, la Nouvelle anthologie de la littérature congolaise, édition Hatier de Jean Baptiste Tati Loutard et Philippe Makita, le Dictionnaire des œuvres littéraires congolaises, édition Paari et La poésie congolaise en mouvement, édition Langlois Cécile de Noël Kodia-Ramata. Avec ce travail de bénédictin que vient de réaliser Bexalant Cyr Emiland Mouassa Ibhenguet, on peut affirmer, sans ambages, que la littérature congolaise est en perpétuel mouvement ;  se remarquent au sein de la nouvelle génération quelques talents d’une qualité indéniable, surtout au niveau de la poésie et du roman. Noël Kodia-Ramata Bexalant Cyr Emiland Mouassa Ibhenguet, Anthologie de la littérature congolaise d’écriture française (1050-2022),édition L’Harmattan, Paris, 2024

Congo/Culture : Yeux d’escargot de l’écrivain Daniel Isaac Itoua reçoit le Grand prix international Johannh Brand 2024

Congo/Culture : Yeux d’escargot de l’écrivain Daniel Isaac Itoua reçoit le Grand prix international Johannh Brand 2024

LIVRES. Le poète et anthropologue congolais, Daniel Isaac Itoua, a reçu le Grand prix international Johannh Brand 2024 pour son œuvre littéraire « Yeux d’escargot, Bruissements de la forêt de Tsakosso » décerné par le Réseau d’associations winners (RAW). Avec cette nouvelle distinction, Daniel Isaac Itoua se réjouit et se félicite du fait que ses œuvres sont maintenant accessibles et adhèrent l’assentiment des lecteurs. « Je me rends compte que les gens commencent à me lire ». A travers cet ouvrage, Daniel Isaac Itoua, amoureux de la nature et attaché à sa forêt de Tsakosso renvoie à son biotope naturel. Il invite les lectrices et lecteurs à aimer la nature, non seulement parce que les animaux sont d’une symbolique importante, mais aussi parce que l’Homme, selon lui, est lié à son environnement. « Dans Yeux d’escargot, Bruissements de la forêt de Tsakosso, j’ai fait de la poésie…Mes poèmes sont des poèmes anthropologiques, rien à voir avoir le style universitaire, pour donner ce que nous pensons de la pensée africaine ». a déclaré Daniel Isaac Itoua. Par ailleurs, il a lancé un appel pour une nouvelle perception des œuvres littéraires en valorisant nos propres cultures : « Nous devons changer ce que nous avons comme logiciel. Le logiciel des universités, il faut le casser. Donc nous devons apporter les méthodes africaines dans le nouveau message », a clamé l’auteur.  « La poésie que j’ai écrite, c’est la poésie de l’Afrique », a conclu Daniel Isaac Itoua. « Yeux d’escargot, Bruissements de la forêt de Tsakosso » est une œuvre littéraire polyphonique et novatrice. Véritable cocktail mêlant poèmes, chants, proverbes et maximes. Il contribue au renouveau scripturaire. Révélation d’un désir de création et d’objectivation, ce livre est un humanisme littéraire et culturel. Cet ouvrage dénonce du népotisme, de l’ethnocentrisme, du chauvinisme, la contribution à mettre à mal les violences de l’histoire comme l’autocratie, la dictature, l’oppression, la stigmatisation des dérives d’un dépérissement démocratique à l’heure de l’internet… Quid sur Daniel Isaac Itoua Natif de la République du Congo, Daniel Isaac Itoua est un écrivain disposant d’une œuvre qui s’imprègne des traditions mbôsi et gangulu. Il est connu comme poète et anthropologue. Il est l’auteur des œuvres comme : instruments de musique traditionnelle des Mbôsi du Congo, secrets et applications (L’Harmattan, 2014), Et si le Kiebe-Kiebe vous était conté ? Tradition initiatique du Congo-Brazzaville (L’Harmattan, 2018) ; Chants de l’horloge du temps humain (La Doxa, 2017) et Du cœur de l’arbre (Edilivre, 2020). Wilfrid Lawilla. D.

Congo. Un grand homme de lettres : 15 ans après sa disparition

Congo. Un grand homme de lettres : 15 ans après sa disparition

Un grand homme de lettres venait de nous quitter il y a 15 ans, plus précisément le 4 juillet 2009. Jean Baptiste Tati Loutard, le guide de mes premiers pas littéraires. Jean Baptiste Tati Loutard, mon professeur de littérature à l’Université Marien Ngouabi. Jean baptiste Tati Loutard, mon président à l’Union nationale des écrivains et artistes congolais (UNEAC). Jean Baptiste Tati Loutard, un homme de culture que jamais je n’oublierai. I. Souvenirs, souvenirs Difficile de témoigner pour un doyen que l’on a connu dès ses premiers pas dans la création littéraire. Dès les années 70 quand je te présente mon premier recueil de poèmes « Métamorphoses », tu me reçois dans ton bureau de travail quand tu exerces les fonctions de doyen de la fac des lettres à l’Université de Brazzaville qui deviendra par la suite Université Marien Ngouabi. A la fin de notre discussion, tu me dis curieusement que j’imite la poésie de Senghor et tu cites un vers de celui-ci. Timide et marqué par ta simplicité, je ne sais que te répondre. Je n’avais jamais la poésie de ce dernier et je le ferai après cette remarque. J’avais tellement lu tes textes, surtout « Poèmes de la mer » ; « Racines congolaises « et « L’Envers du soleil » que mon ami Léopold PindyMamansono, en publiant mes premiers poèmes dans sa « Nouvelle génération de poètes congolais » en 1984 y notera, à propos de ma modeste poésie ce qui suit : « De fait, tout le recueil de Noël Kodia-Ramata est bâti, de point de vue architectural, sur le modèle des « Racines congolaises » et de « l’Envers du soleil » de son maître J.B. Tati Loutard. Même les thèmes abordés se répercutent comme les échos loutardiens de « Poèmes de la mer » et des « Normes du temps ». En me relisant, j’avais découvert que PindyMamansono avait effectivement raison car la mer que j’avais découverte enfant dans les bras de ma grand-mère maternelle, était encore vivante en moi. Cette dernière avait fui le vacarme des locomotives de Marchand, aujourd’hui Missafou pour le bercement de l’océan Atlantique. Depuis mes années d’université, nous ne nous sommes jamais quittés, même pendant ta traversée du désert de 1992 à 1997. Tu me recevais chez toi dans le quartier de la Cathédrale comme un membre de la famille. J’ai adhéré à l’UNEAC grâce à toi. J’ai eu à lire toutes tes œuvres poétiques et narratives car tu m’avais découvert critique littéraire et m’avais dédicacé toutes tes ouvrages en dehors du « Masque du chacal » sorti au moment où je ne me trouvais plus à Brazzaville. Je t’ai fait une grande surprise en publiant une étude critique sur ton œuvre, intitulé « Mer et écriture chez Tati Loutard, de la poésie à la prose » en 2006, chose qui n’avait jamais été faite par un compatriote. La première ébauche de ce travail fut « regardée » par le docteur TchichelleTchivéla qui m’encouragea dans mon projet. Quand il le fallait, je ne manquais pas de vous faire découvrir, toi et ton œuvre, par l’intermédiaire de la presse internationale comme le magazine panafricain « Afrique Education » dont tu admirais la rubrique « Arts et Lettres ». . Voici bientôt moult années que j’ai quitté le pays pour un travail littéraire au bord de la Seine. Notre dernière « rencontre » se situe autour de ton message de félicitations pour la publication de « Mer et écriture ». J’ai aussi fait comme toi en passant de la poésie au roman avec « Les Enfants de la guerre » et « Un journal blanc sous le soleil de l’équateur ». .. Beaucoup de compatriotes écriront sur toi, sur ton œuvre, mais je reste toujours accroché à ta biographie romancée de Joël Planque, sans oublier les réflexions pertinentes de M. et Mme Chemain de l’Université de Nice sur ton œuvre et la préface de mon ami Boniface Mongo Mboussa qui ouvre « Mer et écriture ». Mais après des visions occidentales de ton œuvre, il fallait une autre présentation de celle-ci faite avec un regard du pays, et nous l’avions réalisée, Mongo Mboussa et moi. Je ferme la boîte de mes souvenirs (il y en a tellement trop) avec ces lignes prémonitoires des « Nouvelles chroniques congolaises » quand tu écrivais: « Molangui était dans le sommeil comme un noyer au fond d’un puits. La mort pouvait passer le prendre sans craindre la moindre résistance ». Et quand je me rappelle encore que tu devrais préfacer notre « Dictionnaire des œuvres congolaises » en chantier. Hélas ! Mais le professeur Jacques Chevrier que tu connaissais bien avait accepté de le faire. Paix à ton âme ! II. Le dernier roman de J.B. Tati Loutard Deuxième roman de J.B. Tati Loutard après « Le Récit de la mort », « Le Masque de chacal » publié à Présence africaine en 2006, apparaît comme un autre pan de la réalité sociopolitique du Congo esquissé déjà dans les précédentes proses narratives. Et il n’est pas étonnant de voir Dozock rimer avec Touazock du « Récit de la mort ». De la prose loutardienne, on remarque que ce sont les personnages du terroir qui sont partout omniprésents dans toutes les histoires qui nous sont rapportées. Même s’ils ont pris de l’âge, des « Chroniques congolaises » au « Masque du chacal ». Dozock, ce journaliste incompris et qui décide d’œuvrer pour la liberté de presse, se voit bousculer par les réalités sociopolitiques de son pays. Plus près de nous, les personnages de Tati Loutard évoquent le « quotidien d’aujourd’hui » avec toute son effervescence qui définit ce que nous vivons et ce que nous avions vécu à peine. A la Maison de la Télévision où il est pris à partie par son directeur qui soutient le nouveau régime, Dozock se voit désavoué moralement. Il pense même à démissionner de son travail. Mais le repos, à lui imposé par son chef pour avoir soit disant mal présenter son journal télévisé, le pousse à opter pour une véritable presse démocratique. Et le soutien qu’il a de la part de « Reports sans frontières » quand on va l’incarcérer, ne fera que fortifier sa volonté. Ainsi, il se propose de créer son journal après sa mise à pied. Alors, il se voit comme accompagné par le « masque du

Rabat: hommage posthume à l’écrivain congolais Henri Lopes

Rabat: hommage posthume à l’écrivain congolais Henri Lopes

Le Laboratoire Langue, Littérature, Arts et Cultures de la Faculté des lettres et des sciences humaines de Rabat (FLSHR) a organisé, mardi, une journée d’études en hommage à Henri Lopes, homme de lettres, diplomate et ancien premier-ministre congolais, qui a marqué par ses écrits la littérature africaine contemporaine. Auteur d’une douzaine d’ouvrages littéraires, dont son célèbre « Le Pleurer-rire » (Présence africaine, 1982) et « Ma grand-mère bantoue et mes ancêtres les Gaulois » (Gallimard, 2003), Henri Lopes, a livré à travers ses écrits sa théorie de métissage et son identité triple à la fois originelle, internationale et personnelle. « La littérature francophone qui nous réunit aujourd’hui autour de la figure marquante que fut et restera l’écrivain congolais Henri Lopes (1937-2023) est la preuve tangible que la langue française est passée, depuis, entre d’autres mains et qu’elle a désormais ses grands classiques », a souligné la doyenne par intérim de la FLSHR, Leila Mounir, notant que cette journée d’études est une occasion de lire Henir Lopes pour se rendre compte de l’idiome de l’écrivain au sein de la langue standard. De son côté, le chef de département de langue et de littérature française, Hassan Moustir, a indiqué que cette journée d’études, organisée en hommage à Henri Lopes, figure culturelle et politique disparu en 2023, s’inscrit dans le cadre d’un nouveau cycle baptisé « Lire et relire ». « Cet hommage vise à faire découvrir nos classiques africains à notre public marocain notamment estudiantin pour porter son regard vers l’intérieur du continent sur des auteurs ayant des accents critiques ou parfois esthétiques très marqués comme celui de Henri Lopes », a expliqué dans une déclaration à la MAP, M. Moustir, également directeur du Laboratoire Langues, Littérature, Arts et Cultures. Il a affirmé que Henri Lopes était un écrivain qui s’est démarqué de la négritude en abordant l’identité dans son rapport avec autrui sous l’angle de la complexité, mettant en relief son apport sur le plan esthétique et fondamental à travers son chef-d’œuvre « Le Pleurer-rire » où l’auteur a donné l’illustration pertinente de son appropriation de la langue française pliée à ses exigences expressives propres. Pour sa part, Bouazza Benachir, enseignant-chercheur, a soutenu que Henri Lopes a opéré une nouvelle discursivité dans la manière de présenter, d’écrire et de penser l’Afrique, relevant que la pensée lopésienne s’est façonnée au fil du temps à travers ses connexions avec le mouvement culturel de la négritude et sa corrélation avec le mouvement new-yorkais de Harlem Renaissance, pour s’affirmer par la suite comme « une autre manière de narrer, de penser et de mettre en récit l’Afrique ». Au programme de cette journée d’études, qui a rassemblé d’éminents chercheurs marocains, africains et internationaux, figurent des interventions autour de la pensée et des contributions de l’auteur, dont « Henri Lopes: littérature et pensée », « Entre l’authenticité et la métamorphose: Henri Lopes à la recherche contrasté des Afriques », « Henri Lopes: Métaphysique des nuances », « Vers une exploration des frontières linguistiques et culturelles dans +Le chercheur d’Afriques+ d’Henri Lopes » et « Les Tribaliques: enracinement dans la négritude ou dépassement ». Né en 1937 à Léopoldville (actuelle Kinshasa) dans un pays sous domination coloniale belge, Henri Lopes a mené une carrière politique très dense entre postes de ministre, de diplomate et de premier ministre. En tant qu’écrivain, Henri Lopes a été l’une des figures emblématiques de la littérature africaine moderne. Décédé à à Suresnes (région parisienne) à l’âge de 86 ans, Henri Lopes laisse à la postérité une oeuvre littéraire riche et variée, dont « Tribaliques », « La nouvelle romance », « Le Chercheur d’Afriques », « Une enfant de Poto-Poto » et le « Méridional ».

Académie française: l’écrivain congolais Emmanuel Dongala reçoit le Grand-Prix Hervé Deluen 2023

Académie française: l’écrivain congolais Emmanuel Dongala reçoit le Grand-Prix Hervé Deluen 2023

DISTINCTION. L’écrivain congolais Emmanuel Boundzeki Dongala a reçu le Grand-Prix Hervé Deluen 2023 de l’Académie française. Le Grand Prix Hervé Deluen est un prix annuel créé en 2007 et destiné à récompenser « toute personne ou toute institution qui contribue efficacement à la défense et à la promotion du français comme langue internationale », comme le rappelle l’Académie française. Natif d’Alindao en République Centrafricaine (RCA), d’un père congolais et d’une mère centrafricaine, le romancier et nouvelliste congolais a signé plusieurs grandes œuvres reconnues à l’échelle internationale. Parmi ses chefs-œuvre : « Un fusil dans la main, un poème dans la poche » (1974, Prix Ladislas-Dormandi), « Le Feu des origines » (1988, Prix Charles Oulmont – Fondation de France et Grand Prix Littéraire de l’Afrique Noire), « Les petits garçons naissent aussi des étoiles » (1998, Prix RFI-Témoin du Monde 1998), « Photo de groupe au bord du fleuve » (2010, Prix Virilo et Prix Mokanda en 2013) et « Photo de groupe au bord du fleuve » (2011, Prix Ahmadou-Kourouma), entre autres. Doté d’une enveloppe de 25 mille euros, le Prix Hervé Deluen devient le Grand Prix Hervé Deluen en 2015. Adrien Thyg