La réduction des coûts de l’électricité et des télécommunications à Djibouti pourrait stimuler la croissance et créer des emplois, selon un rapport de la Banque mondiale

La réduction des coûts de l’électricité et des télécommunications à Djibouti pourrait stimuler la croissance et créer des emplois, selon un rapport de la Banque mondiale

Au cours des vingt dernières années, Djibouti a connu une croissance économique impressionnante, grâce à des investissements stratégiques dans les infrastructures, à sa position géographique avantageuse et à la stabilité politique dans une région instable. Entre 2000 et 2021, le PIB du pays a augmenté en moyenne de 4.4 % par an, ce qui a permis de doubler le revenu réel par habitant, atteignant plus de 3200 USD en 2021. Malgré ces avancées significatives dans la réduction de la pauvreté, passant de 22,3 % en 2013 à 17 % en 2019, le nouveau rapport de la Banque mondiale publié aujourd’hui souligne qu’il reste encore beaucoup à faire pour assurer une répartition équitable des avantages dans l’ensemble de la société. Intitulé « Djibouti au-delà des ports et des bases : une voie vers la prospérité pour tous », le rapport met en lumière le potentiel économique du pays. Cependant, pour exploiter pleinement ce potentiel, Djibouti doit relever plusieurs défis économiques, notamment un marché intérieur limité, des coûts élevés dans le secteur de l’électricité et des télécommunications, une diversification économique restreinte et le défi croissant du changement climatique. Le rapport met en avant l’approche proactive du gouvernement, notamment à travers la « Vision Djibouti 2035 » et le Plan national de développement (PND) pour 2020‑2024. Le gouvernement, conscient du potentiel de croissance future, a ajusté sa stratégie de développement pour aborder les défis structurels liés à l’inclusion sociale, au développement durable, aux infrastructures et à la gouvernance. « Djibouti occupe une position unique, avec des atouts qui peuvent être exploités pour élargir son marché et attirer des investisseurs privés internationaux », a déclaré Stéphane Guimbert, directeur pays de la Banque mondiale pour Djibouti, l’Égypte et le Yémen. « Alors que Djibouti entre dans une nouvelle phase de développement, il est essentiel que le secteur privé soit le moteur de la croissance et que les bénéfices de la croissance soient partagés de manière inclusive, en particulier en faveur des femmes et des jeunes », a-t-il ajouté. Le rapport propose des recommandations politiques visant à accroître les opportunités d’emploi et à réduire la pauvreté. Notamment, la réduction des coûts de l’électricité et des télécommunications pourrait augmenter le PIB réel de 39,1 % d’ici 2030, générer 23 000 emplois et considérablement augmenter les revenus des ménages, tout en réduisant la pauvreté. Il suggère également des investissements ciblés dans le capital humain, notamment en élargissant l’accès à une éducation de qualité, en promouvant la santé et l’alphabétisation des adultes, ainsi qu’en développant des compétences utiles à l’emploi, en particulier dans des secteurs où la main‑d’œuvre prédomine, tels que le tourisme et l’industrie manufacturière. Ces initiatives renforceront les performances sur le marché du travail à Djibouti et favoriseront l’émergence d’un nouveau modèle de croissance bénéficiant à l’ensemble de la population djiboutienne. L’amélioration de l’efficacité et de la gouvernance des entreprises publiques est une étape cruciale pour créer un environnement favorable aux affaires. Le rapport souligne la nécessité d’améliorer les réglementations et les pratiques en matière de concurrence pour attirer davantage d’investissements étrangers et de stimuler le développement des entreprises locales. Le renforcement de la surveillance financière contribuera également à atténuer les risques budgétaires associés aux entreprises publiques. La Banque mondiale à Djibouti Le portefeuille de la Banque mondiale à Djibouti comprend 22 projets, pour un montant total de 458 millions de dollars, financés par les différents guichets l’IDA et des fonds fiduciaires. Ce portefeuille couvre divers secteurs tels que l’éducation, la santé, les filets sociaux, l’énergie, le développement rural et urbain, la modernisation de l’administration publique, le développement numérique, le renforcement de la gouvernance et des infrastructures régionales ainsi que sur le développement du secteur privé. Une attention particulière est accordée aux femmes et aux jeunes.

Maroc. La croissance de l’économie nationale se modérerait en ce début d’année

Maroc. La croissance de l’économie nationale se modérerait en ce début d’année

L’année 2024 s’ouvre sur des perspectives peu réjouissantes pour l’économie nationale, les dernières statistiques du Haut-Commissariat au plan (HCP) laissant entrevoir un ralentissement du rythme de la croissance au cours du premier trimestre. En effet, « la croissance économique nationale se modérerait au premier trimestre 2024 », a annoncé l’organisme public dans son point de conjoncture du quatrième trimestre 2023. Elle devrait s’établir à +2,4% au premier trimestre 2024, en rythme annuel, au lieu de +3,5% au cours de la même période de l’année antérieure, a-t-il indiqué expliquant que la reprise amorcée en fin 2023 se serait heurtée au retour de la sécheresse automnale. D’après le document, qui fait état de la situation des principaux indicateurs économiques observés pour le troisième trimestre et estimés pour le quatrième trimestre 2023, « le démarrage de la campagne agricole 2023/24 avait été caractérisé par un retard sensible de l’installation des cultures précoces ». En outre, en comparaison avec la même période d’une saison agricole normale, le Haut-Commissariat estime que le déficit pluviométrique des quatre premiers mois de la campagne aurait atteint 53%. L’institution estime toutefois que « la valeur ajoutée agricole pourrait enregistrer une amélioration de 0,5%, en variation annuelle, si les conditions pluviométriques se réajustent au régime d’une saison normale, notamment au cours du premier trimestre 2024 ». Selon les prévisions du HCP, hors agriculture, la croissance se maintiendrait au rythme de 2,9%, portée par la progression continue des activités des secteurs secondaires, notamment les industries chimiques, la fabrication de matériel de transport et l’industrie automobile. De son côté, « la valeur ajoutée des industries extractives poursuivrait son redressement, affichant une augmentation de 9,4% en variation annuelle, au lieu de -11,8% un an auparavant », a poursuivi l’institution notant que l’évolution des services serait plus modérée, tout en conservant une contribution significative à la croissance économique, soit 1,6 point, comparativement à 0,5 point pour le secteur secondaire. La demande intérieure demeurerait le principal moteur de la croissance Fortement ressentie dans les régions rurales en raison de conditions climatiques défavorables, la décélération des revenus impacterait les dépenses des ménages.Le Haut-Commissariat prévoit néanmoins qu’elle serait quelque peu atténuée par l’accroissement des transferts publics, notant qu’en variation annuelle, la consommation des ménages devrait enregistrer une hausse de 1,2% au premier trimestre 2024. Toujours selon les prévisions de l’organisme, « la demande intérieure serait, également, tirée par l’amélioration des dépenses de consommation des administrations publiques, qui devraient, en outre, renforcer leurs investissements durant cette période ». En revanche, dans un contexte de maintien de la hausse des coûts de financement bancaire, les investissements des entreprises non financières ralentiraient au cours de cette même période, ressort-il de son point de conjoncture. S’agissant des échanges extérieurs à l’activité économique, leur contribution demeurerait négative pour le troisième trimestre consécutif, amputant ainsi la croissance économique globale de 1,8 point. La croissance du volume des exportations de biens et services ralentirait à 11,4% au premier trimestre 2024, contre 15,5% au trimestre précédent, en raison du ralentissement des services. Et ce, malgré la solidité de la demande étrangère pour les produits automobiles et la progression continue des exportations de dérivés du phosphate. Quant à celle des importations, elle « resterait soutenue, stimulée par l’amélioration de la demande intérieure et la relance des achats en demi-produits ». L’inflation poursuit son processus de décélération mais peine à retrouver son niveau d’avant 2022  Bine qu’elle se replie, l’inflation globale peine à retrouver son niveau d’avant-2022, a constaté le Haut-Commissariat estimant qu’elle aurait de nouveau diminué, au quatrième trimestre 2023. Sur l’ensemble de l’année 2023, l’inflation aurait atteint +6,1%, après +6,6% en 2022, traduisant principalement le reflux des pressions inflationnistes importées et le maintien des tensions sur les prix des produits alimentaires locaux, sur fond du renchérissement des coûts de production, d’après le HCP. Quant à l’inflation sous-jacente, elle serait passée de +5,8% en 2022 à +5,9% en 2023, en lien avec la progression plus soutenue des prix des services. Alain Bouithy

Mozambique : BEI Monde et Moza Banco consacrent 20 millions d’EUR à la croissance d’entreprises dirigées par des femmes

Mozambique : BEI Monde et Moza Banco consacrent 20 millions d’EUR à la croissance d’entreprises dirigées par des femmes

Les entrepreneuses du Mozambique accèderont plus facilement à des financements grâce à un prêt de la Banque européenne d’investissement (BEI) de 10 millions d’EUR signé jeudi 21 décembre. Ce financement permettra la mise en place, par Moza Banco, d’une nouvelle ligne de crédit de 20 millions d’EUR ciblant les petites et moyennes entreprises (PME) du pays, souligne la BEI dans un communiqué parvenu à notre Rédaction. « Cette ligne de crédit mettra à disposition des prêts à des conditions avantageuses, en mettant l’accent sur des entreprises détenues ou dirigées par des femmes, employant un nombre important de femmes ou proposant des services spécifiquement à ces dernières », indique l’institution précisant que ce financement sera disponible dans plusieurs secteurs, dont l’industrie manufacturière, les transports, l’agriculture, la santé et les services. Le continent africain compte l’un des pourcentages d’entrepreneuses les plus élevés au monde. Plus des trois quarts des personnes qui travaillent au Mozambique tirent leurs moyens de subsistance d’une petite ou moyenne entreprise, et deux tiers d’entre elles sont des femmes. Thomas Östros, vice-président de la BEI chargé de la diversité et de l’inclusion ainsi que des opérations dans les pays africains : « L’autonomisation économique des femmes est essentielle au développement d’un pays. En investissant dans de petites entreprises dirigées par des femmes au Mozambique, la BEI les aide à accéder aux possibilités économiques, à trouver des moyens de subsistance et à gagner leur indépendance financière. En soutenant ces entreprises, on investit non seulement dans ces femmes, mais aussi dans l’éducation et la santé de leur famille, ainsi que dans l’emploi. La prospérité des femmes profite à la société et à l’économie dans leur ensemble. » Manuel Soares, directeur général de Moza Banco : « Moza Banco croit fermement à la puissance transformatrice du financement de projets qui renforcent le rôle des femmes dans la société, reconnaissant que non seulement cela permet de stimuler le développement économique, mais également de favoriser l’indépendance financière de cet important groupe social. Au Mozambique, tout comme sur l’ensemble du continent africain, les femmes affichent leur volonté grandissante d’occuper des postes de pouvoir et de prendre en main leur parcours de vie. Nous avons la volonté ferme de catalyser le potentiel de ces femmes en facilitant l’accès aux ressources et aux possibilités qui élèvent la position des femmes mozambicaines dans l’économie, tout en favorisant la construction d’une société plus inclusive et plus équitable. » Antonino Maggiore, ambassadeur de l’Union européenne au Mozambique : « La stratégie Global Gateway au Mozambique vise à stimuler les investissements publics et privés afin de créer une croissance durable et des emplois pour la population croissante des jeunes du pays. En conséquence, l’une de ses priorités est de veiller à ce que les PME, en particulier celles dirigées par des femmes, aient davantage accès au financement. L’Union européenne place de grands espoirs dans cette facilité de financement qui devrait permettre d’exploiter pleinement le potentiel du secteur privé au Mozambique. » Les petites entreprises sont un moteur clé de la croissance économique et du développement, apportant des biens, des services, des emplois et des revenus à la communauté locale. Pour prospérer, notamment face aux pressions climatiques et à une économie mondiale inhospitalière, elles ont besoin d’un financement approprié. Cependant, les statistiques montrent que, à l’échelle mondiale, les femmes sont moins susceptibles d’avoir accès aux financements dont elles ont besoin. La facilité de crédit BEI-Moza Banco remédiera à ce déficit de financement au moyen d’outils et de produits financiers ciblant les besoins des entrepreneuses.

Maroc. Le CESE plaide pour un investissement de meilleure qualité

Maroc. Le CESE plaide pour un investissement de meilleure qualité

Le rendement de l’investissement en termes de croissance et d’emploi demeure faible au Maroc. Un constat qui n’a visiblement pas échappé au Conseil économique, social et environnemental (CESE). Ce faible rendement « met en évidence l’impérieuse nécessité de promouvoir la qualité et l’efficacité de l’investissement, afin de propulser l’économie vers un palier de croissance plus élevé », a estimé l’institution constitutionnelle dirigée par Ahmed Réda Chami. Propulser l’économie vers un palier de croissance plus élevé C’est en faisant suite à ce constat que le Conseil « s’est penché sur les facteurs structurels et de gouvernance qui pourraient expliquer cette situation sous-optimale », a-t-il expliqué dans son 12ème rapport annuel. Sans omettre de souligner les efforts récents déployés pour accélérer la mise en place de dispositifs visant à promouvoir l’investissement privé, notamment la nouvelle Charte de l’investissement et le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, le CESE a toutefois insisté sur « certains points-clés nécessitant une attention renforcée de la part des pouvoirs publics afin de maximiser les chances de succès de cette réforme ». Selon le document rendu public récemment, « une évaluation rigoureuse des dispositifs mis en œuvre exigera du temps, car elle ne pourra être effectuée qu’après avoir franchi la première étape d’implémentation ». C’est en se basant sur les constats relevés et analyses effectuées que l’institution a formulé un certain nombre de recommandations visant à promouvoir la qualité et l’efficacité de l’investissement et par ricochet de propulser l’économie vers un palier de croissance plus élevé. Dans un premier temps, le Conseil préconise de « garantir un suivi rigoureux de la mise en œuvre des actions prévues, jusqu’au niveau territorial le plus fin », estimant ainsi que des études d’impact basées sur des critères objectifs doivent être faites par une entité indépendante, afin de pouvoir apporter les ajustements nécessaires en temps opportun. L’institution estime aussi nécessaire d’assurer une cohérence et une synergie entre les objectifs et dispositifs de la Charte et ceux du Fonds Mohammed VI pour l’investissement, y compris entre les critères de définition des secteurs et les projets éligibles. Dans son rapport, le CESE recommande également davantage l’implication des représentants des TPME et entrepreneurs individuels dans la formulation et la mise à jour des politiques et mécanismes de promotion de l’investissement. Il appelle en outre « à prévoir des mécanismes d’appui dédiés au niveau de la Charte et du Fonds Mohammed VI pour l’incitation à la structuration et organisation des unités informelles ». L’institution plaide par ailleurs pour une révision du décret d’application de la Charte de l’investissement en y intégrant une prime favorisant le recrutement d’un quota de jeunes talents, similaire à la prime prévue pour encourager l’emploi féminin. Les recommandations du Conseil prévoient également de doter les centres régionaux d’investissement (CRI) de ressources humaines, logistiques et financières suffisantes pour leur permettre d’accomplir efficacement leur rôle. L’amélioration de l’accès aux facteurs de production (coût de l’énergie, foncier adapté aux petits investisseurs, formation du capital humain qualifié, etc.) permettra de réduire davantage les coûts de l’investissement et de la production dans les secteurs ciblés, a également soutenu le Conseil dans ledit rapport. Enfin,  dans une optique de transparence et de lutte contre la corruption, le CESE appelle à accélérer le processus de généralisation de la digitalisation des procédures et à œuvrer pour une application effective et rigoureuse des règles de la concurrence. Alain Bouithy

La croissance continue des FinTechs africaines peut engendrer une plus grande prospérité économique

La croissance continue des FinTechs africaines peut engendrer une plus grande prospérité économique

L’Afrique est l’un des marchés FinTech à la croissance la plus rapide, avec des prévisions de revenus multipliés par 13 pour atteindre 65 milliards de dollars d’ici 2030. Outre l’opportunité de revenus, les FinTechs jouent un rôle important dans le développement de l’économie de la région et l’amélioration de la vie des Africains en révolutionnant le secteur financier. Deux nouveaux rapports du Boston Consulting Group (BCG), en collaboration avec Elevandi, mettent en évidence la meilleure façon de faire progresser l’inclusion financière sur le continent et explorent le développement de l’industrie FinTech et la manière de libérer tout son potentiel complet. Le premier rapport, Driving Financial Inclusion in Africa, décrit l’évolution de l’inclusion financière en Afrique depuis la création de M-PESA au Kenya en 2007. Bien que certaines grandes économies (Afrique du Sud, Kenya, Ouganda et Ghana) aient réalisé des progrès significatifs en matière d’inclusion financière, il reste encore un long chemin à parcourir et une opportunité significative qui soutient l’investissement continu dans les FinTechs africaines. “La première vague de FinTechs, portée par l’argent mobile et les solutions de paiement, a déjà permis un changement radical dans l’inclusion financière et la confiance dans les solutions numériques. Une deuxième vague de FinTechs avec une offre de produits plus large peut maintenant tirer parti des plateformes créées pour accéder à une population plus large et accélérer encore l’inclusion financière », déclare Caio Anteghini, associé au BCG, Johannesburg. Le rapport explique également les différents modèles économiques dans lesquels les FinTechs peuvent prospérer dans ce contexte. Alors que nombre d’entre elles bouleversent le secteur financier, plusieurs opportunités de collaboration entre les acteurs traditionnels et les FinTechs existent. 40% des FinTechs africaines se concentrent sur la digitalisation des institutions financières existantes plutôt que sur la concurrence contre ces dernières. Promouvoir l’inclusion financière Le rapport suggère que les paiements et les prêts seront les moteurs de la poursuite de l’inclusion financière et les principaux domaines d’investissement dans les années à venir. Les FinTechs de paiement ont été les premiers acteurs, représentant 45% des entreprises avant 2013. Ce segment n’a pas encore atteint son plein potentiel en continuant à résoudre des points critiques pour l’Afrique tels que l’inclusion financière et le coût élevé des transactions. Le prêt se joindra à la croissance centrée autour de la microfinance, un grand facilitateur de l’inclusion financière. Le rapport propose quatre stratégies gagnantes pour les FinTechs et le soutien approprié que les gouvernements pourraient fournir pour leur permettre de prospérer. « Les décideurs politiques peuvent être un énorme catalyseur pour l’industrie FinTech en développant l’infrastructure et un environnement réglementaire favorable, » déclare Pat Patel, directeur exécutif d’Elevandi. En ce qui concerne les applications spécifiques pour améliorer l’inclusion financière, ils peuvent soutenir davantage les avancées en agissant dans quatre domaines : des campagnes de sensibilisation pour augmenter la littératie, le soutien institutionnel et l’investissement, et le lancement de plates-formes de partage de données pour jeter les bases de plates-formes. Le déblocage de financements facilitera également les progrès en matière d’inclusion financière. » Dans le deuxième rapport, Unlocking the FinTech Potential in Africa, BCG et Elevandi examinent les avantages que les FinTech ont apportés à l’Afrique et les modèles d’affaires que les FinTech et les investisseurs doivent créer pour développer leurs activités. Près de la moitié des 1 000 FinTechs en Afrique ont été fondées au cours des six dernières années. Cumulativement, elles ont levé environ 6 milliards de dollars en financement en actions depuis 2000, avec un taux de croissance annuel composé (TCAC) incroyable de 57% contre 27% pour le reste du globe. En même temps, l’écosystème FinTech africain est encore naissant, avec environ 80% des tours de financement depuis 2018 en phase d’amorçage ou au stade de l’angel investing. « Cela montre que le marché africain est déjà un écosystème attractif pour les nouveaux entrants qui cherchent à se tailler une part du segment non desservi ou insuffisamment desservi. Cependant, pour continuer à attirer de nouveaux entrants, les FinTechs doivent être en mesure de se développer à travers l’Afrique, et ne pas seulement exister dans des marchés en silos, » ajoute Patel. Les FinTechs actuelles sont fortement centrées sur les plus grandes économies africaines, avec environ 63 % de toutes les entreprises situées en Afrique du Sud, au Nigeria, au Kenya et en Égypte, et près de 80 % des financements allant vers ces marchés. Pour réussir à franchir les frontières, les entreprises devront investir dans la compréhension de la réglementation, obtenir les licences appropriées, probablement adapter leur modèle d’entreprise et développer une équipe sur le terrain pour exécuter avec succès leur proposition de valeur sur le nouveau marché. La grande population non bancarisée et sous-bancarisée, l’accélération de la pénétration mobile et internet, ainsi que le besoin d’inclusion financière présentent une excellente opportunité pour les FinTechs.

L’activité manufacturière ralentit à l’échelle mondiale

L’activité manufacturière ralentit à l’échelle mondiale

Dans un contexte de ralentissement amorcé au quatrième trimestre de 2022, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a décidé de revoir à la baisse ses projections pour la croissance du commerce mondial des marchandises en 2023. Compte tenu du ralentissement mondial de l’activité manufacturière, « le volume du commerce mondial des marchandises devrait augmenter de 0,8% cette année, soit moins de la moitié de l’augmentation de 1,7% prévue en avril », a estimé l’institution dans la version mise à jour de ses « Perspectives et statistiques du commerce mondial ». Pour la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, « le ralentissement projeté du commerce pour 2023 est préoccupant, en raison des conséquences négatives pour le niveau de vie des populations du monde entier ». Elle estime que « la fragmentation économique mondiale ne ferait qu’aggraver ces difficultés, et c’est pourquoi les membres doivent saisir l’occasion de renforcer le cadre commercial mondial en évitant le protectionnisme et en promouvant une économie mondiale plus résiliente et plus inclusive », a-t-elle déclaré. L’organisation internationale, qui définit les règles régissant les échanges mondiaux, affirme toutefois que « la croissance de 3,3% projetée pour 2024 reste quasiment inchangée par rapport à l’estimation précédente ». D’après les nouvelles projections de l’OMC contenues dans son nouveau rapport « Perspectives et statistiques du commerce mondial », le PIB réel mondial devrait augmenter aux taux de change du marché de 2,6% en 2023 et de 2,5% en 2024. Ledit rapport nous apprend également que le commerce mondial et la production ont brusquement ralenti au quatrième trimestre de 2022, en raison des effets d’une inflation persistante et d’une politique monétaire plus stricte ressentis aux Etats-Unis, dans l’Union européenne et ailleurs, « tandis que les difficultés du marché immobilier en Chine empêchaient une reprise plus forte après la COVID-19 ». Ces problématiques auxquelles s’ajoutent les conséquences de la guerre en Ukraine ont assombri les perspectives commerciales, a constaté l’institution chargée de régler les conflits commerciaux entre Etats membres craignant que le ralentissement soit de vaste portée et touche un grand nombre de pays et un large éventail de marchandises. Quoi qu’il en soit, « la croissance du commerce devrait reprendre l’année prochaine, tandis que la croissance du PIB devrait rester lente mais stable », a-telle affirmé. Selon les nouvelles prévisions de l’OMC, les secteurs les plus sensibles aux cycles économiques devraient se stabiliser et rebondir grâce à une inflation modérée et à des taux d’intérêt en baisse. L’organisation prévient toutefois que les quelques signes de fragmentation des chaînes d’approvisionnement que l’on perçoit pourraient menacer les perspectives relativement positives pour 2024. Pour preuve, « la part des biens intermédiaires dans le commerce mondial, un indicateur de l’activité des chaînes d’approvisionnement, est tombée à 48,5% au premier semestre de 2023, contre 51% en moyenne au cours des trois années précédentes ». L’autre exemple concerne la part des partenaires bilatéraux asiatiques dans le commerce des parties et accessoires des États-Unis, un sous-ensemble clé des intrants intermédiaires, qui est tombée à 38% au premier semestre de 2023, contre 43% à la même période en 2022. Face au ralentissement attendu du commerce et à la fragmentation économique mondiale, il y a fort à parier que « l’économie mondiale, en particulier pour ce qui est des pays pauvres, aura du mal à se remettre sans un système commercial multilatéral qui soit stable, ouvert, prévisible, fondé sur des règles et équitable », a prévenu Ngozi Okonjo-Iweala. « Nous repérons effectivement dans les données certains signes de fragmentation des échanges liés aux tensions géopolitiques », a fait savoir l’économiste en chef de l’OMC, Ralph Ossa, estimant fort heureusement qu’il n’y a pas encore de démondialisation plus large. « Les données semblent indiquer que les marchandises continuent d’être produites sur des chaînes d’approvisionnement complexes, mais que l’expansion de ces chaînes a stagné, du moins à court terme », a-t-il noté assurant que la croissance positive des exportations et des importations devrait reprendre en 2024, tout en appelant à « rester vigilants ». A noter que, si les prévisions ne portent pas sur le commerce mondial des services commerciaux, l’OMC fait toutefois remarquer que « les données préliminaires montrent que la croissance du secteur pourrait être plus modérée après la forte reprise des transports et des voyages l’année dernière ». Alain Bouithy

Maroc. L’économie nationale enregistre une croissance de 2,3%

Maroc. L’économie nationale enregistre une croissance de 2,3%

L’économie nationale a enregistré une amélioration au titre du deuxième trimestre 2023 par rapport à la même période de l’année dernière, selon les données publiées par le Haut-commissariat au plan (HCP). En effet, d’après les résultats de l’arrêté des comptes nationaux du deuxième trimestre 2023 que vient de rendre public le HCP, la croissance de l’économie nationale s’est améliorée de 2,3% au deuxième trimestre 2023. Rappelons qu’elle était de 2,2% durant le même trimestre de l’année précédente. La demande intérieure affiche une baisse de 0,2% après un recul de 1,6% durant la même période de l’année 2022, selon le HCP « Tirée par la demande extérieure, cette croissance a été réalisée dans un contexte de forte inflation et d’une amélioration de la capacité de financement de l’économie nationale », a indiqué le Haut-commissariat dans une note d’information. Ainsi, après une forte baisse de 13,5% durant le deuxième trimestre de l’année 2022, la valeur ajoutée du secteur primaire en volume, corrigée des variations saisonnières, est ressortie en hausse de 6% durant la même période en 2023. Pour le HCP, « cette évolution s’explique par la hausse de l’activité de l’agriculture de 6,3% au lieu d’une baisse de 13,5% une année auparavant et de celle de la pêche de 0,5% au lieu d’une baisse de 14,6% ». Dans sa note d’information, le Haut-commissariat a en revanche fait état de la baisse de la valeur ajoutée du  secteur secondaire de 2,8% au lieu d’une hausse de 0,1% durant le deuxième trimestre de l’année précédente. Selon les explications de l’organisme chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, cette décélération provient de la baisse des valeurs ajoutées de l’industrie d’extraction de 9,4% au lieu d’une baisse de 7,5% ; du bâtiment et travaux publics de 2,8% au lieu d’une baisse de 1% ; des industries de transformation de 2,1% au lieu d’une hausse de 1,8% ainsi que de la hausse de celle de l’électricité et eau de 1,4% au lieu d’une baisse de 1,5%. Il ressort en outre des données du HCP que « la valeur ajoutée du secteur tertiaire, de son côté, a enregistré un ralentissement de son taux d’accroissement passant de 6,2% le même trimestre de l’année précédente à 4,4% ». Toujours selon l’institution, la VA de ce secteur a été marquée par la hausse de 2,3% des activités des Services immobiliers au lieu de 1,4% et par le ralentissement de celles     de l’hébergement et la restauration à 31,2% au lieu de 57,9%; du transport et entreposage à 5,3% au lieu de 7,2%; des services de l’éducation, de la santé et action sociale à 5,1% au lieu de 6,1% ainsi que des services rendus par l’administration publique générale et la sécurité sociale à 4,8% au lieu de 5,3%. Elle traduit également le ralentissement des activités de la recherche et développement et des services rendus aux entreprises à 2,2% au lieu de 6,6%; de l’information et la communication à 2% au lieu de 3,9% ; des services financiers et assurances à 1,2% au lieu de 6,6% ainsi que du commerce et réparation de véhicules à 1% au lieu de 1,5%, a fait savoir le HCP. Au final, le Haut-commissariat en déduit que la valeur ajoutée des activités non agricoles a connu un net ralentissement à 2,1% durant le deuxième trimestre 2023 au lieu de 4% le même trimestre de l’année précédente. C’est ainsi que, « tenant compte de la baisse de 0,4% des impôts sur les produits nets des subventions, le produit intérieur brut (PIB) en volume a enregistré une hausse de 2,3% durant le deuxième trimestre 2023 au lieu de 2,2% une année auparavant », a-t-il ainsi noté. A souligner que le PIB, aux prix courants, a connu une augmentation de 6,8% durant le deuxième trimestre 2023 au lieu de 4,9% le même trimestre de l’année passée, selon le HCP qui indique, de ce fait, que la hausse du niveau général des prix a été de 4,5% au lieu de 2,7% une année auparavant. L’institution explique, en outre, que le PIB national a connu une hausse de 4,3% en 2022 dégageant une hausse du niveau général des prix de 3,1% au lieu de 2,4% en 2021. Analysant l’évolution de la demande intérieure, le HCP constate qu’elle continue à enregistrer des baisses de son taux d’accroissement en affichant une baisse de 0,2% au deuxième trimestre 2023 après une baisse de 1,6% la même période de l’année 2022, avec une contribution négative à la croissance économique nationale de 0,2 point. Ainsi, poursuit le Haut-commissariat, « l’investissement brut continue à enregistrer des baisses de son taux d’accroissement en affichant un recul de 3,1%  au deuxième trimestre 2023 après une baisse de 8,4% le même trimestre de l’année précédente, avec une contribution négative à la croissance de 1,1 point ». Dans sa note, le HCP révèle en revanche que les dépenses de consommation finale des ménages ont connu une hausse de 0,4% au lieu de 0,3%, avec une contribution à la croissance de 0,2 point. Tout comme la consommation finale des administrations publiques qui a connu une hausse de 3,1% au lieu de 4,9%, avec une contribution à la croissance de 0,6 point. Alain Bouithy

Bénin : 230 millions de dollars pour soutenir la croissance et la résilience sociale et climatique

Bénin : 230 millions de dollars pour soutenir la croissance et la résilience sociale et climatique

La Banque mondiale a approuvé (récemment, dnr) un financement de 230 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA) pour aider le gouvernement du Bénin à renforcer la croissance tirée par le secteur privé, stimuler la collecte des recettes nationales, et renforcer la résilience sociale et climatique. Cette première opération d’appui des politiques de développement est destinée à soutenir des réformes favorables à une croissance inclusive, résiliente et tirée par le secteur privé. Le programme repose sur trois piliers. Le premier pilier soutient la mise en place d’un nouveau cadre de partenariat public-privé (PPP), la création d’un nouvel écosystème pour le développement des micros, petites et moyennes entreprises, et l’amélioration du climat d’investissement. Le deuxième appuie des réformes pour stimuler la collecte des recettes nationales, en créant un espace fiscal nécessaire à l’investissement public et à la viabilité de la dette. Le troisième cible des réformes destinées à une résilience sociale et climatique accrue, à travers notamment une couverture médicale subventionnée aux personnes pauvres, une protection sociale adaptative, et un renforcement de la gestion des risques de catastrophes, « Le Bénin, en dépit des chocs externes enregistrés ces dernières années, est sur une bonne trajectoire de croissance. Il est essentiel pour le pays de poursuivre les réformes transformationnelles pour maintenir ses performances de croissance et améliorer les conditions de vie des populations vulnérables,» souligne Nestor Coffi, responsable des opérations de la Banque mondiale pour le Bénin. « Ce financement permettra au Bénin des réformes pour reconstruire l’espace budgétaire, faciliter les investissements créateurs d’emplois par le secteur privé, et renforcer la résilience sociale et climatique. » Le Bénin se classe 152e sur 181 pays en matière de vulnérabilité climatique extrême. L’augmentation de la fréquence des inondations a de lourdes conséquences sur la population et le secteur agricole. Son taux d’érosion côtière, l’un des plus élevés du golfe de Guinée, menaçant plus de 50 % de la population vivant dans la région côtière, les infrastructures clés existantes et l’activité économique. Afin d’aider le Bénin à mieux se préparer financièrement à répondre aux besoins immédiats des catastrophes naturelles, ce nouveau financement inclut une option de tirage différé en cas de catastrophe (Cat DDO) de 80 millions de dollars pouvant être entièrement ou partiellement décaissée en cas de catastrophe naturelle ou de situation d’urgence de santé publique. L’adoption d’une nouvelle loi sur les PPP et la mise en œuvre des mesures d’accompagnement faciliteront la participation du secteur privé aux projets publics et contribueront à attirer les investisseurs privés pour mettre en œuvre des projets de partenariat public-privé. L’augmentation de la mobilisation des capitaux privés devrait également contribuer à répondre aux besoins de financement de la lutte contre le changement climatique. Cette opération a été conçue en alignement avec le Plan d’action du gouvernement béninois 2021-2026. Le programme de réformes soutient le programme de développement vert, résilient et inclusif en renforçant l’adaptation et la résilience du pays au changement climatique grâce à l’amélioration des pratiques de prévention, de préparation et de réponse aux chocs climatiques. Il aide le gouvernement à être mieux préparé financièrement en cas de besoins immédiats d’une catastrophe naturelle.