Maroc. Les disparités économiques régionales font ressortir des écarts significatifs

Quatre régions ont enregistré des taux de croissance supérieurs à la moyenne nationale au titre de l’année 2021, a indiqué le Haut-Commissariat au plan (HCP) notant que l’économie nationale a enregistré, cette année-là, un PIB en volume de 1244,9 milliards de DH avec une croissance de 8 %. Dans une récente note relative aux comptes régionaux de l’année 2021, l’organisme public précise qu’il s’agit de la région de Fès-Meknès (12,7%), de Béni Mellal-Khénifra (10,4%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (8,7%) et de Marrakech-Safi (8,5%). Quatre régions ont affiché un taux de croissance supérieur à la moyenne nationale (8%), selon le HCP Selon les données publiées par le HCP, «les huit régions restantes ont enregistré des taux de croissance inférieurs à la moyenne nationale (8%); allant de 4,2% dans la région de Guelmim-Oued Noun à 7,9% dans la région de Casablanca-Settat ». S’agissant de la contribution régionale à la création du PIB en valeur, les chiffres montrent en outre qu’aux prix courants, la région de Casablanca-Settat a créé presque un tiers (32,2%) du PIB national au cours de la même année. Toujours selon le HCP, les régions de Rabat-Salé-Kénitra et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima ont créé un peu plus d’un quart (26,4%) de la richesse nationale, avec 15,9% et 10,5% respectivement. Le Haut-Commissariat indique également dans sa note que cinq régions ont généré un autre tiers (33,5%) du PIB, à savoir la région de Fès-Meknès avec 8,2%, la région de Marrakech-Safi avec 7,9%, la région de Souss-Massa avec 6,2%, la région de Béni Mellal-Khénifra avec 5,9% et la région de l’Oriental avec 5,3%. Quant aux trois régions du sud et la région de Drâa-Tafilalet, les chiffres suggèrent qu’elles n’ont contribué qu’à hauteur de 7,7% à la création du PIB en valeur, avec 4,8% et 2,8% respectivement, a fait savoir l’institution relevant ainsi une accentuation des disparités régionales quant à la création de la richesse. Pour preuve, «l’écart absolu moyen (la moyenne des écarts absolus entre le PIB des différentes régions et le PIB régional moyen) est passé de 66,4 milliards de DH en 2020 à 71,8 milliards en 2021», a fait remarquer le HCP dans sa note. Selon le document, qui présente également les dépenses de consommation finale des ménages de l’année 2021 selon la base 2014 des comptes nationaux, les activités primaires (agriculture et pêche) ont constitué 12% du PIB au niveau national en 2021 et leur contribution à la création de la richesse a dépassé, dans la majorité des régions, cette moyenne nationale. Les chiffres montrent en effet que ces activités ont contribué « pour 25,3% au PIB de la région Fès-Meknès, 24,5% au PIB de la région de Drâa-Tafilalet, 18,7% au PIB de la région de Dakhla-Oued-Ed-Dahab, 18,4% au PIB des régions de Béni Mellal-Khénifra et de Souss-Massa, 15,4% au PIB de la région de Marrakech-Safi et 14,3% au PIB de la région de l’Oriental». En revanche, la région de Casablanca-Settat a affiché la part la plus faible avec 4,8%, a indiqué le Haut-Commissariat dans sa note. En ce qui concerne les activités secondaires (industrie manufacturière, mines, électricité, eau, assainissement, gestion des déchets et dépollution, et bâtiment et travaux publics), les données montrent qu’elles ont représenté 25,8% du PIB au niveau national en 2021. Dans sa note, le HCP relève que quatre régions ont affiché des parts supérieures à cette moyenne, à savoir Casablanca-Settat (37,4%), Laâyoune-Sakia El Hamra (34%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (33,3%) et Béni Mellal-Khénifra (29,5%). Quant aux activités tertiaires (services marchands et non marchands), elles ont créé plus de la moitié de la richesse nationale en 2021 (51,9%), selon les données recueillies. Lesquelles montrent que les régions de Guelmim-Oued Noun, Dakhla-Oued-Ed-Dahab, Rabat-Salé–Kénitra et Marrakech-Safi ont présenté «des structures économiques dominées par les activités des services, avec des parts largement supérieures à celle réalisée au niveau national, respectivement de 73,2%, 65,2%, 64% et 67,9% », apprend-on. Des chiffres relatifs aux comptes nationaux de 2021, il ressort par ailleurs que les activités du secteur primaire restent l’apanage d’un nombre limité de régions. En effet, sept régions ont créé plus de quatre cinquièmes de la valeur ajoutée du secteur. Il s’agit des régions de Fès-Meknès, Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat, Marrakech-Safi, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Souss-Massa et Béni Mellal-Khénifra qui ont contribué pour 83,8% à la création de la valeur ajoutée nationale du secteur primaire contre 80,9% en 2020. Concentrées dans les régions de Casablanca-Settat et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, les activités du secteur secondaire ont, pour leur part, participé pour 60,4% à la valeur ajoutée nationale au lieu de 61,7% en 2020. A souligner que 57% de la richesse créée par les activités tertiaires sont imputés aux régions de Casablanca-Settat, de Rabat-Salé-Kénitra et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Notons enfin que les dépenses de consommation finale des ménages (DCFM), au niveau national, ont atteint 751,5 milliards de dirhams et que les régions de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Fès-Meknès ont accaparé un peu plus de la moitié (51,5%) de ces dépenses, avec 25,3%, 14,7% et 11,6%, respectivement. Alain Bouithy
Début d’année encourageant pour Maroc Telecom

Maroc Telecom a rendu public ses résultats consolidés au titre du premier trimestre 2023. Il en ressort que le Groupe a démarré l’année avec de « bons résultats opérationnels », renouant même avec la croissance de son chiffre d’affaires. Une évolution positive justifiée « par sa politique d’investissements et sa volonté de se différencier par la qualité de ses réseaux et de ses services », a indiqué l’opérateur téléphonique dans un communiqué soulignant un contexte international défavorable. Ainsi, au 31 mars 2023, Maroc Telecom a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 9,1 milliards de dirhams, correspondant à une hausse de 3,7% (+1% à taux de change constant). D’après l’opérateur historique, cette progression « est soutenue par les revenus à l’international qui progressent de 7,3% (+1,8% à taux de change constant) ainsi que par les revenus au Maroc qui s’améliorent de 0,6% par rapport à la même période de 2022 ». Il faut dire que l’activité des filiales en Afrique Subsaharienne continue d’être prépondérante dans la performance du Groupe, comme l’a relevé Maroc Telecom dans son communiqué et que « leur apport, avec la mise en œuvre de plans d’optimisation des coûts efficients, donne à Maroc Telecom les moyens nécessaires d’une croissance durable ». Précisons que les activités du Groupe à l’international ont enregistré un chiffre d’affaires de 4,6 milliards de dirhams au terme des trois premiers mois de 2023, bondissant ainsi de 7,3% (+1,8% à taux de change constant). D’après Maroc Telecom, ces activités ont été portées par la croissance de la Data Mobile de 27% (+20% à taux de change constant) et la hausse des activités du Mobile Money de 12% (+7% à taux de change constant). Ajoutons, en outre, qu’hors baisse des terminaisons d’appel, les revenus des filiales ont progressé de 2,1% à taux de change constant au terme de cette même période. Des résultats consolidés, il ressort aussi que le résultat opérationnel avant amortissements (EBITDA) ajusté du Groupe Maroc Telecom a progressé de 2,6% (+0,3% à taux de change constant) pour atteindre 4.637 millions de dirhams, en raison notamment de l’impact favorable de la baisse des tarifs de terminaisons d’appel Mobile dans certaines filiales et de la maîtrise des coûts opérationnels. A rappeler que la marge d’EBITDA s’est maintenue au niveau élevé de 51%, a indiqué le Groupe dont la base clients atteint désormais plus de 75 millions. Quant au résultat opérationnel (EBITA) ajusté, le Groupe Maroc Telecom annonce qu’il s’est de son côté établi à 2.890 millions de dirhams à fin mars, traduisant une hausse de 2,7% (+0,5% à taux de change constant) en lien avec l’amélioration de l’EBITDA, soulignant que la marge d’exploitation ajustée s’est élevée à 31,8%. En ce qui concerne le résultat net part du Groupe au premier trimestre 2023, celui-ci est ressorti en hausse de 1,8% (+0,9% à taux de change constant) par rapport au premier trimestre de l’année précédente ; tandis que les flux nets de trésorerie opérationnels (CFFO) ajustés se sont établis à 3.400 millions de dirhams, en hausse de 7,9% (+5,8% à taux de change constant) par rapport à la même période de 2022. Au niveau national, il est important d’indiquer que les activités du Groupe ont affiché une légère croissance (+0,6%) pour atteindre 4.783 millions de dirhams, suite essentiellement à la hausse de la Data Fixe (+7,2%). L’EBITDA ajusté s’est élevé à 2.626 millions de dirhams, en hausse de 0,5% par rapport à la même période de l’année précédente. Stable sur un an, la marge d’EBITDA s’est établie au niveau élevé de 54,9%. En croissance de 0,7%, l’EBITA ajusté est ressorti à 1.753 millions de dirhams, grâce notamment à la hausse de l’EBITDA, alors que sa marge s’est établie à 36,7%, affichant une stabilité par rapport à 2022. A noter qu’à fin mars 2023, les flux nets de trésorerie opérationnels ajustés se sont améliorés de 7,4% pour atteindre 2.061 millions de dirhams et que le parc Mobile comptait 19,2 millions de clients, avec un parc postpayé en hausse de 2,5% sur un an. Le chiffre d’affaires Mobile a progressé de 0,6% par rapport à la même période de l’année précédente, tandis que l’ARPU mixte du premier trimestre 2023 s’est élevé à 45,7 dirhams, traduisant une amélioration de 1,8% sur un an. Quant parc Fixe, il s’est établi à près de 1,9 million de lignes à fin mars 2023, a indiqué le Groupe précisant que l’essor du parc FTTH (+45%) a compensé en grande partie la baisse du parc de clients ADSL. Enfin, les activités Fixe et Internet ont généré un chiffre d’affaires de 2,4 milliards de dirhams, accusant ainsi une légère baisse de 0,3% par rapport à 2022. La croissance de la Data Fixe (+7,2%) a toutefois compensé la baisse de la Voix. Alain Bouithy
Maroc. Les ventes du secteur automobile poursuivent leur croissance

Les exportations automobiles ont poursuivi leur croissance à fin janvier 2023, contribuant fortement encore une fois l’équilibre de la balance commerciale en début de cette année. En effet, selon les données publiées récemment par l’Office des changes, elles ont affiché une augmentation de 44,8% correspondant à +3,09 milliards de dirhams (MMDH) à fin janvier 2023. De ces données, il ressort que les ventes du secteur automobile se sont établies à 10,00 MMDH à fin janvier 2023 au lieu de 6,91 MMDH à la même période de l’année 2022. « Cette évolution fait suite à la hausse des ventes des principaux segments du secteur, à savoir le segment de la construction (+48,4% ou +1,27 MMDH), celui du câblage (+51% ou +1,19 MMDH) et celui de l’intérieur véhicules et sièges (+26,6% ou +159MDH) », a expliqué l’Office des changes dans ses indicateurs mensuels des échanges extérieurs du mois de janvier 2023. Globalement, à fin janvier 2023, les exportations de marchandises ont atteint 32,63 MMDH contre 31,49 MMDH un an auparavant, soit une hausse de 3,6% (+1,14 MMDH). Comme nous l’avons relevé dans un précédent article, faisant état de la hausse de 10,6% du déficit commercial du Maroc à fin janvier, cet accroissement a concerné la majorité des secteurs, essentiellement, le secteur de l’automobile, celui de l’électronique et électricité et celui du textile et cuir, a précisé l’Office dans ses indicateurs mensuels des échanges extérieurs de janvier dernier. A titre de comparaison, au terme de l’année 2022, les exportations de biens avaient progressé de 29,4% (+96,70 MMDH) s’élevant à 426,10 MMDH contre 329,40 MMDH un an auparavant. Précisons que le secteur automobile s’était positionné en tant que deuxième meilleur secteur exportateur derrière les phosphates et dérivés. En effet, comme l’avait relevé l’Office des changes dans ses indicateurs mensuels des échanges extérieurs de 2022, cet accroissement avait concerné les exportations de la totalité des secteurs, à leur tête, les phosphates et dérivés, le secteur de l’automobile et celui de l’agriculture et agroalimentaire. D’après les chiffres d’alors, les ventes du secteur automobile s’étaient élevées à 111,29 MMDH au terme de l’année écoulée affichant un accroissement de 33% correspondant à +27,60 MMDH. Selon ces données, cette hausse avait concerné les ventes du segment de la construction (+40%), celles du segment du câblage (+28,9%) et dans une moindre mesure celles du segment de l’intérieur véhicules et sièges (+3,7%), avait commenté l‘organisme public dans ses indicateurs mensuels des échanges extérieurs de 2022. Alain Bouithy Recul des ventes de voitures neuves au Maroc En baisse de 10,56 % par rapport à la même période de 2022, les ventes globales des voitures neuves au Maroc se sont établies à 23.197 unités à fin février dernier, a constaté l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM). Selon les statistiques mensuelles, par segment, le nombre des nouvelles immatriculations de véhicules particuliers (VP) s’est élevé à 21.282 unités au titre des deux premiers mois de cette année, en repli de 7,77%, alors que celui de véhicules utilitaires légers (VUL) s’est chiffré à 1.915 unités (-33,07%), rapporte la MAP. Avec une part de marché de 22,97%, soit 4.888 unités écoulées à fin février 2023, la marque Dacia domine le segment des VP, indique la même source. Elle est suivie par Renault qui a écoulé 3.615 unités (part de marché de 16,99%) et de Hyundai (3.009 unités et 14,14% de part de marché). D’après les chiffres publiés par l’AIVAM, pour ce qui est du segment VUL, Renault a écoulé 369 unités (19,27% de part de marché), devant DFSK qui a vendu 335 véhicules (17,49% de part de marché) et Fiat avec 267 unités (13,94% de part de marché), poursuit-on. Pour ce qui est du premium, il en ressort que la marque Audi a écoulé 588 unités, soit une part de marché de 2,76%, devant Mercedes (504 unités et une part de 2,37%) et BMW (414 véhicules et une part de 1,95%) ; tandis que Porsche a écoulé 60 unités, avec une part de marché de 0,28%, alors que les ventes de Jaguar ont atteint 19 voitures (0,09%). A.B
Gita Gopinath: La Guinée reste exposée à un risque modéré de surendettement

Le Fonds monétaire international (FMI) annonce qu’il approuvé jeudi 22 décembre un décaissement d’environ 71 millions de dollars, en faveur de la Guinée, au titre du nouveau guichet de financement des ripostes aux chocs alimentaires de la facilité de crédit rapide. Validé par le conseil d’administration du FMI, ce nouveau décaissement vise à « aider la Guinée à répondre aux besoins urgents de financement de la balance des paiements qui découlent de la crise alimentaire mondiale », a indiqué le FMI qui vient d’achever les consultations au titre de l’article IV avec ce pays dont la croissance devrait atteindre 4,7 % en 2022 et 5,6 % en 2023, tirée par la vigueur persistante du secteur minier. Il faut dire que l’insécurité alimentaire s’est considérablement aggravée dans le pays en raison du choc sur les prix internationaux des denrées alimentaires et des engrais, comme l’a relevé le Fonds. En effet, selon l’édition 2022 du rapport mondial des Nations Unies sur les crises alimentaires ( Global Report on Food Crises), « la Guinée enregistre une crise alimentaire majeure, une grande part de sa population souffrant d’insécurité alimentaire aiguë et d’une malnutrition croissante », a indiqué le FMI notant que le redressement vacillant du secteur non minier au sortir de la pandémie constitue aussi un problème pour les Guinéens. Selon Mme Gita Gopinath, première directrice générale adjointe du FMI, « ’insécurité alimentaire chronique de la Guinée s’est considérablement aggravée en 2022 en raison du choc international sur les prix des denrées alimentaires et des engrais, menaçant ainsi la fragile reprise du secteur non minier après la pandémie ». La situation est telle qu’avec la hausse des prix des carburants, elle estime que les résultats sur le plan extérieur se sont probablement dégradés en 2022, entraînant une couverture des réserves de change inférieure au niveau souhaitable. Selon elle, l’inflation reste élevée, en partie à cause des prix des denrées alimentaires. Ainsi, « une aide financière d’urgence au titre du nouveau guichet « chocs alimentaires » de la FCR contribuerait à répondre aux besoins urgents de financement de la balance des paiements et à atténuer les effets du choc alimentaire », a soutenu Mme Gita Gopinath. Elle est persuadée que « la mobilisation des recettes intérieures, notamment celles tirées du secteur minier, et l’amélioration de la qualité des dépenses contribueront à dégager des marges pour investir dans les infrastructures, l’éducation et la protection sociale, ce qui bénéficiera tant au potentiel de croissance de la Guinée qu’à la viabilité de sa dette ». Sachant que la Guinée reste exposée à un risque modéré de surendettement et que sa marge de manœuvre reste limitée pour contracter de nouveaux emprunts, Mme Gita Gopinath pense qu’ »il sera crucial de veiller à ce que les nouveaux emprunts soient concessionnels dans la mesure du possible, d’exploiter les sources de financement intérieures, de renforcer la capacité de gestion de la dette et d’améliorer celle des investissements publics pour préserver la viabilité de la dette à moyen terme ». Aussi, « face à l’inflation, il est indispensable de continuer d’appliquer une politique monétaire stricte et de maintenir les prêts de la banque centrale à l’État en deçà des limites prévues », a-t-elle poursuivi estimant en outre que l’élaboration d’un nouvel indice des prix à la consommation englobant l’ensemble du pays est une bonne chose et que la banque centrale devra commencer à l’utiliser de façon progressive, conformément aux bonnes pratiques. Mme Gita Gopinath est par ailleurs convaincue que « la diversification économique sera indispensable pour entretenir la croissance et la rendre plus résiliente et inclusive », soulignant qu’il est prioritaire d’assurer une bonne exécution du projet d’exploitation du gisement de fer de Simandou, tout en remédiant aux lacunes sur le plan de la gouvernance. A ce propos, la directrice générale adjointe du FMI soutient que « la mise en œuvre des recommandations issues de l’évaluation des sauvegardes de 2021, le renforcement de la gouvernance et des dispositifs anticorruption et l’amélioration du régime de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme constitueront des avancées bienvenues ». Adrien Thyg
Maroc/DEPF : Poursuite de la croissance de la valeur des exportations de phosphates et dérivés à fin octobre

L’indice de production du secteur extractif a poursuivi son repli au troisième trimestre 2022, enregistrant une baisse de 19% après -15,6% au T2-2022 et -10,1% au T1-2022. L’évolution du troisième trimestre s’explique par le retrait de l’indice de production des produits divers des industries extractives de 19,7%, atténué par une hausse de celui des minerais métalliques de 1,9%. Au terme des neuf premiers mois de 2022, l’indice de production du secteur extractif a reculé en moyenne de 14,9%, au lieu d’une hausse de 3,6% un an auparavant. Parallèlement, la production de phosphate roche s’est réduite de 16,1% à fin septembre 2022, après une augmentation de 3,3% l’année dernière. La baisse enregistrée de la production de phosphates et dérivés, serait liée, en partie, à la baisse du volume de la demande internationale de ces produits, dans un contexte d’offre impacté par le conflit russo-ukrainien et la baisse des exportations chinoises. Cette situation aurait généré une forte hausse des prix de ces produits. Ce renchérissement généralisé des prix des produits de phosphates et dérivés demeure important par rapport aux prix observés l’année précédente et ce, malgré un ralentissement de la hausse des prix des dérivés de phosphates, au troisième trimestre 2022, sous l’effet d’une baisse significative du prix du soufre. L’augmentation importante de prix a largement compensé le retrait de la demande, en volume permettant au chiffre d’affaires du groupe OCP d’atteindre 89,5 milliards de dirhams au terme des neufs premiers mois de 2022, en hausse de 55%. Cette hausse est due à l’accroissement du chiffre d’affaires de la roche de 74% et de celui des engrais de 68%. A fin octobre 2022, les exportations du secteur de phosphates et dérivés poursuivent leur croissance en valeur (+63,0% au lieu de +47,8% un an auparavant). Elles ont ainsi dépassé, pour la première fois, la barre des 100 milliards de dirhams. Cette performance fait suite au raffermissement des expéditions des dérivés de phosphates de 63,9% (après +52,8%) et de phosphate roche de 56,1%, (après +18%), particulièrement sous un effet prix.
Maroc. Le HCP s’attend à une croissance de 1,4% au quatrième trimestre

La croissance de l’économie nationale devrait s’établir à +1,4% au quatrième trimestre 2022, selon les récentes projections du Haut-commissariat au plan (HCP) qui prévoit un recul de 15,8% de la valeur ajoutée agricole, en rythme annuel. «Avec une hausse de l’activité hors agriculture de 3,3%, la croissance de l’économie nationale s’établirait à +1,4% au quatrième trimestre 2022», a indiqué l’organisme public dans sa note de conjoncture du troisième trimestre 2022 et perspectives pour le quatrième trimestre. Au troisième trimestre 2022, le Haut-commissariat annonce que l’activité économique nationale aurait progressé de 1,8% au lieu de 2% au trimestre précédent, dans un contexte de repli de 15,2% de la valeur ajoutée agricole. Dans sa note de conjoncture, le HCP note qu’«hors agriculture, l’activité aurait légèrement ralenti, affichant un accroissement de 3,7%, au lieu de 4,2% un trimestre plus tôt, attribuable, en grande partie, à la décélération de la valeur ajoutée des branches secondaires». Selon la même source, au troisième trimestre 2022, les volumes des exportations et des importations nationales de biens et services auraient affiché des hausses de 20,1% et 21,9% respectivement, en variations annuelles. Portée par un affermissement de 6,8% de la consommation des administrations publiques, la demande intérieure aurait de son côté continué de soutenir la croissance économique, a indiqué le HCP. La consommation des ménages, en volume, se serait pour sa part accrue de 2,9%, contribuant pour environ +1,7 point à la croissance globale du PIB. Ce, en dépit de l’accélération des prix à la consommation, notamment ceux de l’alimentaire. Au cours de la même période, les prix à la consommation se seraient accélérés passant de +6,3% au trimestre précédent à 7,8% au troisième trimestre, et +1,4% au cours de la même période de 2021. Des explications du HCP, il ressort que «cette progression serait due à une envolée de 13% des prix des produits alimentaires et à un accroissement de 4,5% de ceux des produits non alimentaires». Selon le HCP, et malgré le recul des cours internationaux de certaines matières premières amorcé en juillet 2022, «les tensions sur les prix des produits importés se seraient maintenues, dans un contexte d’appréciation du dollar». Ce qui a pour conséquence d’entraîner des niveaux plus élevés des prix intérieurs, en particulier ceux de l’alimentation et des carburants. «Au troisième trimestre 2022, les pressions inflationnistes importées auraient porté la contribution des prix des produits hors frais à 3,8 points et de l’énergie à 1,5 point, soit près de 70% de la hausse de l’indice global », a-t-il déduit. Alain Bouithy
La Banque mondiale soutient le Projet de développement économique du Nord-Est marocain

La Banque mondiale a approuvé jeudi 23 juin un prêt de 250 millions de dollars en faveur du Projet de développement économique du Nord-Est marocain. Ce financement contribuera à améliorer la connectivité des transports et à favoriser la croissance du secteur privé dans ce territoire, notamment autour du développement du complexe industrialo-portuaire de Nador West Med (NWM). Le Nord-Est du Maroc présente des défis, mais aussi des opportunités considérables. La région pâtit de son isolement géographique, des catastrophes naturelles, des aléas climatiques, de l’épuisement des ressources minérales, du sous-développement du tissu industriel et du poids du secteur informel. Mesurant le potentiel inexploité de la région, les autorités marocaines mettent en œuvre un important plan d’investissement dans les infrastructures, notamment le développement du complexe NWM, qui prévoit un port en eau profonde et une zone industrielle, ainsi que des interventions visant à améliorer l’environnement économique de la région. Le nouveau projet de la Banque mondiale vient soutenir cette initiative et contribuer à la concrétisation des efforts de développement territorial. « Ce projet, en ligne avec les réformes du Nouveau modèle de développement, permettra d’enclencher le processus de développement territorial et de réduire les disparités géographiques dans l’objectif d’un développement territorial durable et résilient, tout en renforçant la compétitivité. Il vise à promouvoir une plus grande prospérité pour la région en créant des conditions favorables à la création d’emplois par le secteur privé et en ouvrant des perspectives d’inclusion économique. Le développement des compétences des habitants, en particulier les femmes et les jeunes des zones rurales, permettra de renforcer les capacités locales et la cohésion sociale », indique Jesko Hentschel, Directeur pays Maghreb et Malte pour la Banque mondiale. Le projet est constitué de trois composantes principales : le renforcement d’une approche intégrée du développement territorial dans la région du Nord-Est, le développement du secteur privé et l’amélioration des infrastructures routières. Le projet financera l’élaboration d’une feuille de route pour les investissements prioritaires, la remise en état de 500 kilomètres de routes rurales et le renforcement des compétences de 5 000 jeunes travailleurs, en ciblant plus particulièrement les femmes et les jeunes en milieu rural. Il accompagnera par ailleurs les réformes visant à accroître les investissements privés de 30 millions de dollars dans la région et à réhabiliter 170 kilomètres de routes principales. « En soutenant un meilleur aménagement du territoire, le renforcement des qualifications de la main-d’œuvre, le développement du secteur privé local et les investissements dans les infrastructures de transport, ce projet va stimuler le potentiel économique du Nord-Est marocain et améliorer le climat général des investissements », précise Anne-Cécile Souhaid, spécialiste senior des transports à la Banque mondiale et responsable du projet.
Alors que la croissance ralentit, Madagascar a besoin d’un nouvel élan de réformes pour redresser la barre

La dernière note de Perspectives économiques de Madagascar avertit que l’économie est confrontée à de nouvelles menaces suite à de nouveaux épisodes de COVID- 19 (coronavirus), à une série d’événements climatiques extrêmes et aux retombées du conflit en Ukraine au début de 2022. Après une reprise économique amorcée en 2021, ces chocs devraient entraîner un ralentissement de la croissance à 2,6 % en 2022, contre 4,4 % en 2021. Dans ce contexte, le taux de pauvreté restera proche de 81 %. Selon le rapport : Perspectives économiques de Madagascar : Surmonter la tempête, la crise en Ukraine devrait avoir un impact notable sur l’évolution économique à Madagascar, en raison du ralentissement de la demande des partenaires commerciaux et de la hausse des prix du pétrole qui devrait entraîner une détérioration de la balance commerciale et des pressions croissantes sur les finances publiques. Au-delà des facteurs conjoncturels, le déclin de l’investissement privé depuis le début de la crise constituerait un frein supplémentaire pour le potentiel de croissance. Dans ce contexte, la croissance devrait atteindre 4,2 % en 2023 et 4,6 % en 2024, les contraintes structurelles et une demande extérieure affaiblie faisant obstacle à une reprise plus rapide. « Face à de nouveaux chocs et incertitudes, Madagascar doit plus que jamais entreprendre des réformes audacieuses pour accélérer la croissance et renforcer sa résilience », a déclaré Idah Z. Pswarayi-Riddihough, Directrice des opérations de la Banque mondiale pour les Comores, Madagascar, Maurice et le Mozambique. « C’est une nécessité pour réduire la pauvreté dans les années à venir et d’éviter un retard croissant par rapport aux pays pairs. » Plusieurs priorités sont mises en avant comme particulièrement urgentes dans cette note de Perspectives économiques, notamment : (i) une stratégie claire pour accélérer la vaccination des personnes vivant en situation de vulnérabilité, dans les zones urbaines et touristiques ; (ii) la restauration des services publics essentiels et des infrastructures de connectivité suite aux récents chocs climatiques ; (iii) des mesures fortes visant à réduire l’insécurité alimentaire et à stimuler la production agricole nationale; (iv) des réformes de la tarification du carburant et de l’électricité ; (v) un nouvel élan pour stimuler l’accès au haut débit et aux services numériques ; et (vi) davantage de transparence et de redevabilité dans le secteur public. Ce rapport souligne également l’importance d’améliorer les performances des écoles publiques suite à la détérioration continue des résultats d’apprentissage ces dernières années. Basé sur de nouveaux résultats analytiques, le rapport suggère une nouvelle approche pour améliorer les performances comprenant des mesures renforçant la sélection et l’évaluation des enseignants, la gestion des salaires et des subventions scolaires, le mécanisme de recours et la participation des communautés locales.