La Chine, suite et fin?

La Chine, suite et fin?

TRIBUNE. La croissance chinoise s’est gravement contractée cette année. On l’attendait à 5%, voire 7%, elle est à 3. Pour beaucoup c’est une conjoncture passagère parce que consécutive à la prolongation des mesures COVID en 2022, je n’y crois pas. Que très partiellement si non. Je pense que la Chine a fini sa folle croissance. Elle commence sa stagnation pour décroître après. Le confinement prolongé a des effets sur la croissance chinoise en 2022 oui, mais le rapatriement des chaînes de production de nombreux pays qui ne veulent plus être surpris par des approvisionnement trop éloignés comme ce fut pour les masques, les respirateurs, les gels hydroalcooliques etc durant le Covid, en a eu plus sur ses exportations. La crise d’ado qui a piqué Poutine en agressant l’Ukraine ne peut que renforcer la méfiance de faire assurer sa production dans des pays peu orthodoxes (du genre qui peuvent avoir envie d’envahir Taïwan) et incite de plus bel à relocaliser l’industrie chez soi ou « entre gens bien élevés ». Ainsi les perspectives de reprise des exportations chinoises me semblent compromises à court et moyen termes. En dehors des exportations, la Chine a deux autres leviers pour soutenir son économie. Les infrastructures et la consommation interne. Pour les infrastructures (routes, barrages, logements) la Chine a atteint son maximum il y a plus d’une dizaine d’année. Hu Jintao le décriait déjà. De nombreux projets deviennent des doublons juste pour soutenir les investissements. Il y a de nouvelles autoroutes qui ne servent qu’à gagner moins d’une heure sur une distance normalement parcourue en 5 heures. Des les lignes de TGV entières sont infréquentées ou trop peu, l’État devant les subventionner car pas rentables. C’est la maladie de l’Etat investisseur qui est la première faiblesse économique de ce pays. Qui n’a pas vu ces images de villes nouvelles entières détruites parce que pas assez de ventes d’appartements ? Pourquoi au fait? A cause de la politique de l’enfant unique, la Chine a une pyramide des âges inversée. Trop de vieux (et qui vivent de plus en plus longtemps), peu de jeunes. La question de la retraite la bas c’est quasiment un actif qui doit payer pour 4 personnes. Impossible que cette retraite soit confortable. Alors les vieux épargnent pour leurs vieux jours ou investissent dans le logement. Mais comme il n’y a pas eu suffisamment de naissances durant 45 ans et qu’un couple est héritier de 4 parents, il y a de moins en moins de gens pour occuper ces logements proposés. Le marché s’effondre. La mesure de l’enfant unique a été levé en 2021, mais trop tard. Il faut attendre 25 ans, si les chinois se mettent à faire plus de bébé maintenant, pour que cette nouvelle génération plus nombreuse que l’ancienne entre progressivement sur le marché du travail et reprennent l’avantage démographique. Disons qu’il faut 50 ans pour rétablir les équilibres démographiques. D’ici là, elle n’a pas de marges de manoeuvre pour assurer ses retraites, et trouver du souffle pour la consommation. La démocratie et l’économie moins interventionniste sera certainement son salut, mais elle n’en prend pas le chemin. Je n’ai pas encore cerné quel intérêt économique elle pouvait trouver à mener une guerre, notamment de conquête de Taïwan. Mais à première vue, cela lui desservira parce qu’elle a trop besoin des autres. Et de Taïwan compris. Par Hervé Mahicka

Chine/Économie. Des perspectives encourageantes mieux que la moyenne mondiale

Chine/Économie. Des perspectives encourageantes mieux que la moyenne mondiale

La deuxième puissance économique mondiale devrait mieux se porter en 2023 après une période marquée par l’impact de la pandémie à coronavirus. La croissance chinoise devrait, selon les prévisions des agences de rating ainsi que des Nations Unies, se situer à 4,8%, bien au delà de 1,9%, la moyenne mondiale. Dans la tradition chinoise, le début du nouvel an détermine la suite. 2023, année du Lapin, a effectivement bien commencé sur le plan économique et financier. Dans la province de Hainan, considérée comme lieu de convergence, par excellence, des touristes nationaux, les ventes des produits de 12 boutiques Duty-free ont enregistré 2,57 milliards de yuans RMB pendant le laps temps de vacances, soit une hausse de 20,69%, en comparaison à 2022 et de 329% par rapport à la même période en 2019. Au delà de Hainan, le tourisme a repris dans tout le pays. « 308 millions de chinois ont effectué des voyages touristiques à l’intérieur de leur pays pendant les vacances, générant 375,843 milliards de yuans RMB de revenus liés au tourisme, soit une hausse de 30% par rapport à la même période de l’année précédente « , précise le ministère chinois de la culture et du tourisme. Le marché cinématographique n’est pas en reste:  » Le box- office a enregistré jusqu’ici le deuxième revenu le plus élevé pour les périodes de vacances – 6,758 milliards de yuans RMB, dépassant de 16,5% celui de 2019″. Une résilience économique à toute épreuve L’économie chinoise a bien résisté aux dégâts collatéraux de la pandémie à coronavirus. Il convient de noter que la Chine possède le système industriel le plus complet au monde, avec toutes les catégories industrielles répertoriées dans la classification industrielle des Nations Unies. En plus, avec des infrastructures de classe mondiale, elle dispose d’une solide résilience pour résister à toute épreuve. La fonction de consommation pendant les 7 jours fériés a connu une nette croissance de l’ordre 12,2% par rapport à la fête du printemps 2022. La croissance économique moyenne s’est située à 4,5%, dépassant la moyenne mondiale d’environ 2%. Les agences de rating, y compris le rapport des Nations Unies sur la situation et les perspectives de l’économie mondiale en 2023, publié le 25 janvier, prévoit une croissance chinoise de 4,8%, bien au dessus de la moyenne mondiale de 1,9%. Par A.Ndongo Journaliste économique et financier.