Paolo Nespoli : Observer la Terre depuis l’espace est un spectacle incroyable

Paolo Nespoli : Observer la Terre depuis l’espace est un spectacle incroyable

Paolo Nespoli a participé à trois missions spatiales en octobre 2007, décembre 2010 et juillet 2017, cumulant ainsi 313 jours passés dans l’espace. L’ex-astronaute de l’ESA (Agence spatiale européenne) a récemment animé une conférence intitulée « Farsi Spazio » au Théâtre Italia, organisée par l’association culturelle Dante Alighieri de Casablanca en collaboration avec le consulat général d’Italie à Casablanca. Dans cet entretien, il nous livre ses impressions. PAGESAFRIK.COM/LIBE: Vous avez déclaré, durant les premiers jours sur la station spatiale, que la Terre vous manquait. Aujourd’hui, diriez-vous que l’espace vous manque ? Paolo Nespoli : C’est un débat quelque peu psychologique et philosophique, car en tant qu’êtres humains, il est difficile d’affirmer que nous sommes dans un endroit et que nous sommes pleinement heureux d’y être. C’est un peu le fond du débat. Autrement dit, vous êtes satisfait, mais il vous manque toujours quelque chose. Et cela fait partie de la philosophie humaine. Il y a un proverbe qui dit que l’herbe est toujours plus verte de l’autre côté. C’est un peu ça. Donc, paradoxalement, si vous êtes dans l’espace, la Terre vous manque, mais si vous êtes sur Terre, l’espace vous manque. Et c’est vrai, quand j’étais dans l’espace à un moment donné, surtout au début, j’avais l’impression que la Terre me manquait. J’ai donc cherché des choses spéciales que je ne pouvais faire que dans l’espace. Par exemple, regarder la Terre, ce qui est vraiment un spectacle incroyable. À mon retour, notamment durant les premiers jours, l’espace me manquait : cette liberté physique d’évoluer dans l’espace et de se déplacer en trois dimensions malgré le poids et l’attraction terrestre. Donc, j’étais un peu nostalgique de l’espace. Mais quand j’ai ressenti cette nostalgie, j’ai réalisé qu’il valait peut-être mieux me concentrer sur le fait que j’avais réussi à devenir astronaute, que j’avais été dans l’espace, que j’avais volé en navette, que j’avais volé à bord de Soyouz, que j’avais passé 300 jours là-haut, et que je ne pouvais donc pas demander mieux que ça. Et j’aurais dû être heureux comme ça.Alors, j’ai essayé de faire quelque chose qu’on oublie parfois de faire : Plutôt que de se concentrer sur ce qui nous manque, il est préférable de penser à ce que nous avons déjà eu et d’en être satisfaits. Votre parcours est tout à fait unique. Dès le plus jeune âge, vous avez eu cette obsession de devenir astronaute. Bien que vous ayez été recalé à deux reprises, vous avez continué à y croire. D’où tirez-vous cette détermination ? Je ne saurais dire d’où elle émane. C’est peut-être un trait de caractère. Ma mère avait l’habitude de dire que j’étais très têtu. Avec le temps, j’ai réalisé que cette obstination pouvait être bénéfique pour atteindre mes objectifs; en me fournissant l’élan nécessaire pour surmonter des obstacles qui auraient autrement semblé insurmontables, bien que parfois elle puisse être excessive.Savoir discerner entre le moment où cela devient trop et celui où cela peut être utile est ce qui distingue l’intelligence humaine. Mais cette distinction n’est pas toujours évidente. Si vous n’aviez pas réalisé ce rêve, comment pensez-vous que votre vie aurait été ? J’ai envisagé une carrière en ingénierie non pas parce que c’était une exigence pour devenir astronaute, mais parce que j’avais une réelle passion pour ce domaine. Ainsi, j’ai étudié l’ingénierie pendant 10 ans, sachant qu’il était beaucoup plus probable que je devienne ingénieur plutôt qu’astronaute. Si j’ai finalement réalisé mon rêve d’être astronaute, c’était un bonus. J’ai toujours eu un amour pour l’ingénierie et je savais que c’était une voie qui me correspondait, même indépendamment de mes aspirations spatiales. A quel moment avez-vous senti que votre rêve allait cette fois-ci se réaliser ? Quel était le signe distinctif ? Car vous avez rencontré de nombreuses difficultés? Je vais vous raconter une anecdote : lors de la deuxième sélection, les examinateurs m’ont posé une question technique complexe sur le fonctionnement des satellites en laisse à laquelle j’ai répondu. Mais je n’étais pas satisfait de ma réponse. Alors, quand j’ai vu le résultat de la sélection, je me suis dit que c’était peut-être pour cette raison que je n’avais finalement pas été retenu. C’est ainsi que, lors de la troisième sélection, j’ai étudié cette question technique sur les satellites en orbite dans tous les détails. J’étais prêt à répondre en me disant que si on me la posait à nouveau, cette fois-ci j’allais « cartonner ». Lorsque je me suis présenté à la troisième sélection, il y avait une dizaine d’examinateurs. C’était assez impressionnant et angoissant, car c’étaient tous des professeurs très spécialisés chacun dans son domaine. Peut-être pour me rassurer, l’un de ces professeurs m’a demandé quel était mon hobby. J’ai répondu en disant que j’aime la photographie et là j’ai peut-être touché une corde sensible puisqu’on a commencé à parler de photographie. Puis, à un moment donné, j’ai regardé l’horloge, 40 minutes s’étaient écoulées. Alors que la sélection dure normalement 45 minutes, je me suis arrêté et j’ai demandé : quand parlons-nous d’espace ? L’un des professeurs m’a dit :  « Ça va, l’entretien est terminé ». Et je suis sorti en me disant, « j’ai bien étudié cette question des satellites, je la connaissais parfaitement, mais on n’a parlé que de photos ! ». Ce n’était pas une sensation géniale… Cela dit, quelques semaines plus tard, j’ai reçu un télégramme m’informant que j’étais sélectionné. Et quelques mois plus tard, j’ai rencontré un des professeurs qui étaient là, alors je lui ai demandé : « Ce n’est pas pour me plaindre, mais pourquoi m’avez-vous choisi ? » Il m’a dit : « Tout le monde était sûr que vous connaissiez très bien les sujets techniques mais dans cette question de photographie, nous avons un plus qui pouvait apporter des émotions, nous l’avons vu en vous et c’est pour ça qu’on vous a sélectionné ». Justement vous avez pris plusieurs photos lors de votre séjour  à bord  de la station spatiale… La photographie a toujours été une de mes passions depuis mon enfance. Ce n’était donc pas quelque chose de nouveau. Malgré les

Magnifique concert a cappella du groupe Mezzotono à Casablanca

Magnifique concert a cappella du groupe Mezzotono à Casablanca

Fabio Lepore (ténor), Daniela Desideri (soprano), Tania Pugliese (mezzo-soprano), Marco Di Nunno (baryton) et Andrea Maurelli (basse) du groupe Mezzotono étaient vendredi soir sur la scène du théâtre du Consulat général de l’Italie à la métropole pour une soirée très attendue des Casablancais. Pour sa troisième prestation au Maroc, en 20 ans, l’ensemble italien s’est de nouveau montré à la hauteur de sa réputation en offrant un magnifique concert a cappella dans une salle comble, et totalement conquise. Il n’est nul besoin de rappeler que cette formation vocale, qui aime se définir « Petit orchestre italien sans instruments », a acquis au fil de nombreuses années une grande et riche expérience de la scène saluée à travers le monde. Ce n’est donc pas une surprise si les premières notes du concert, accompagnées d’une reproduction ingénieuse de sons des différents instruments musicaux, ont capté l’attention du public venu nombreux ce soir-là pour écouter des chanteurs pétris de talents qui ont dominé la soirée d’un bout à l’autre avec une certaine aisance. Et, surtout, un brin d’humour qu’a apprécié avec beaucoup d’enthousiasme le public. Un concert original et amusant Il faut dire que le concert, organisé par le Consulat général d’Italie à Casablanca et l’Association culturelle Dante Alighieri, proposait ce soir-là un programme musical aussi bien alléchant que varié, s’adressant à un large éventail de goûts et de styles. Avec au menu des titres tels que Mambo italiano de Bob Merryl, Il Balletto Barese (Gianni Ciardo), Cime Di Rape (Anders Edenroth), Reet Petite Berry Gordon (Jackie Wilson), Meraviglioso (Domenico Modugno), Another Star (Stevie Wonder)… Figuraient également au menu Quando Quando Quando de Tony Renis,  Buonasera Signorina de Fred Buscaglione, Nel Blu Dipinto Di Blu de Domenico Modugno et Guantanamera de José Marti-Julian Orbon. Il est à noter que ce concert inaugurait la saison artistique 2024 de l’association italienne qui « s’annonce riche en manifestations culturelles », comme l’a déclaré sa présidente Mme Marina Sganga Menjour, dans une allocution pour introduire le groupe sur scène. « Le spectacle que nous vous présentons ce soir est un concert a cappella interprété par Mezzotono, un groupe très apprécié en Italie et à l’étranger et dont les cinq chanteurs qui le composent utilisent uniquement leur 5 voix pour produire les sons des différents instruments musicaux », a-t-elle également indiqué. La musique de la formation italienne, qui a reçu plusieurs prix parmi lesquels un Gold diplôme au Festival international de musique a cappella en Autriche et une nomination à Boston pour la catégorie « Best Humor Song », se distingue aussi à travers « une variété de rythmes et un sens comique qui transforme le concert en un spectacle fait d’humour et de musique a cappella », a-t-elle poursuivi. Présent sur la scène italienne et internationale depuis près de deux décennies, le groupe Mezzotono a joué aux côtés d’illustres noms de la culture italienne et presté dans de grands et prestigieux théâtres d’une soixantaine de pays des cinq continents. Sélectionné en 2020 par le ministère italien des Affaires étrangères pour diffuser un message vidéo promouvant la culture italienne dans le monde entier, aux côtés des personnages les plus célèbres de la culture italienne, le groupe vocal est considéré comme celui qui a chanté dans le plus grand nombre de pays au monde. Très impressionné par l’enthousiasme du public marocain, le groupe a affirmé que ce dernier a quelque chose de particulier qui donne du zèle aux chanteurs et à la formation.  Alain Bouithy