Congo. Non à la révision opportuniste de la Constitution – oui à la stabilité, et à la responsabilité républicaine

TRIBUNE. À l’approche de l’élection présidentielle de mars 2026, certains cercles agitent l’idée d’une révision de la Constitution du 25 octobre 2015, invoquant les prétendus dysfonctionnements du quinquennat. Cette manœuvre, présentée comme un ajustement institutionnel, ressemble en réalité à un calcul politique. Depuis la sortie médiatique de Denis Christel Sassou Nguesso, ministre de la Coopération internationale et de la Promotion du Partenariat Public-Privé, des voix issues de certaines officines plaident pour la création d’un poste de vice-président, à l’image du modèle sud-africain. Mais peut-on comparer mécaniquement nos réalités politiques à celles de Afrique du Sud sans tenir compte de notre propre trajectoire institutionnelle ? Ne nous y trompons pas : derrière l’argument institutionnel se joue une guerre d’influence. La bataille des clans est ouverte. Chacun aiguise ses stratégies, non pour renforcer la République, mais pour consolider ses positions en vue des échéances à venir. La présidentielle de 2026 et les législatives de 2027 se préparent dès aujourd’hui dans les états-majors politiques, où l’enjeu réel est la recomposition du pouvoir. Le mandat 2026-2031 s’annonce comme un tournant historique. Selon la Constitution en vigueur, il serait le dernier du Président Denis Sassou Nguesso. La question de la succession devient donc centrale. Dans un contexte de rivalités exacerbées, imposer un dauphin relèverait de l’équilibrisme politique. Chaque clan aspire à l’après-Sassou, et la tension pourrait s’intensifier à mesure que l’échéance approche. Dans ces conditions, ouvrir le chantier d’une révision constitutionnelle pour créer un poste de vice-président serait perçu par beaucoup comme une manœuvre de repositionnement stratégique plutôt qu’une réforme d’intérêt national. Le peuple congolais, éprouvé par un mandat 2021-2026 jugé difficile, attend des réponses concrètes à ses préoccupations sociales, économiques et institutionnelles — non une reconfiguration opportuniste du sommet de l’État. Si changement il doit y avoir, qu’il soit profond, structurant et consensuel. Qu’il ouvre la voie à une République renouvelée, portée par de nouvelles énergies, une gouvernance apaisée et une vision claire pour l’avenir du Congo. La stabilité institutionnelle ne peut être sacrifiée sur l’autel des ambitions personnelles. L’histoire nous enseigne que l’évolution est nécessaire, mais qu’elle doit servir l’intérêt général, non les stratégies de clans. L’heure est à la responsabilité, à la lucidité et au courage politique. Qui vivra verra. Fait à Orléans, le 24 février 2026 Evrard NANGHO Le Patriote Engagé
Congo : entourloupes gouvernementales

TRIBUNE. On croyait qu’après la polémique récurrente depuis 2023 autour de l’organisation des séminaires, des fêtes, la rumeur du projet de révision de la constitution du 25 octobre 2015 précédée du décret d’émiettement des collectivités locales, le premier ministre Anatole Collinet Makosso (ACM) et son mentor rectifieraient le tir avec la crise généralisée que traverse le Congo. Grosse erreur, le peuple est encore dupé, chasser le naturel, il revient au galop ! Un fin observateur de la politique congolaise interrogé sur la gouvernance actuelle du Congo déclare, « ACM confond beaucoup de choses, dont les époques où il négociait des – mindélés – pour valider la mascarade électorale de M. Sassou et faire l’image de ce dernier ». La toute dernière gesticulation esbroufienne, c’est la tenue d’un séminaire franco-congolais-chinois organisé du 9 au 10 mai à Brazzaville avec la complicité des tiers alors que le Congo est pratiquement en cessation de paiement et les populations en profonde détresse. Qu’est-ce que cette énième distinction de pacificateur apporte-t-elle à M. Sassou à défaut de – l’enfumer – ou de piller le trésor public puisque la politique extérieure française se conjugue avec de nouveaux paradigmes ? Étant donné que ACM et sa bande ignorent la définition de la paix, nous les renvoyons au livre « Pour l’Afrique » de Denis Sassou Nguesso où ce dernier déclare : «… La paix, que les peuples du monde entier appellent de leurs vœux, ne saurait se limiter à l’absence de guerre, ni au seul dialogue entre les grands. En effet, la paix signifie aussi la possibilité et la capacité pour nos sociétés et nos économies d’assurer pour chaque être humain la satisfaction sans cesse accrue de ses besoins fondamentaux ». L’autre absurdité que le commun des mortels ne comprend pas, c’est le fait de créer des nouveaux départements pour faire une surenchère dont la décentralisation n’a pas besoin, si ce n’est pour des buts inavoués. Les collectivités, les séminaires et les fêtes, gouffre à milliards de fcfa, laissent pantois les Congolais qui se demandent quelle mouche a encore piqué le pouvoir pour se permettre tant de faste. 9 sur 10 répondants interrogés dans ce pays déclarent qu’ils n’ont jamais autant souffert. Pas d’électricité, pas d’eau, des infrastructures routières désuètes sinon quasi inexistantes, des hôpitaux non équipés, les centres hospitaliers devenus des mouroirs avec des plateaux techniques désagrégés, et les retraités laissés pour compte avec plusieurs mois d’impayés (la pension du mois d’avril est toujours attendue), les étudiants aux abois, pour ne citer que cela. En 2021, ACM avait pris l’engagement de payer désormais les pensions régulièrement, mais finalement c’est de la poudre de perlimpinpin qu’il avait aspergée sur le visage des retraités. Quelle reconnaissance et quelle considération les pouvoirs publics doivent-ils à ceux qui ont construit la République ! On a l’impression que l’État se paye la tête des retraités pour jouir impunément des sommes qui auraient pu leur être versées. La folie du gâchis et de la gabegie a gagné tout l’appareil d’État qui se met à vouloir augmenter le nombre de parlementaires et d’autres pour saigner davantage le Trésor public quand on sait que les budgets de transferts posent problèmes. La preuve, les parlementaires, le personnel de l’université, du Centre Hospitalier Universitaire, du laboratoire national, des collectivités locales peinent à percevoir leurs émoluments et le solde de plusieurs mois d’arriérés de salaires. Qu’est-ce qui fait courir ACM et Cie ? Selon les chiffres publiés et l’exposé fait par la ministre Ingrid Ebouka Babakas et son équipe au mois de mars 2024 en commission à l’assemblée nationale, le PND est droit dans le mur. En effet, sur 396 projets programmés dans le PND, seuls 30 sont en cours et Dieu seul sait s’ils connaîtront un aboutissement heureux. Les autres projets glissés dans le sac du Partenariat public privé PPP ne décollent pas à cause du mauvais climat des affaires suscité par l’insécurité et de la boulimie des dignitaires qui réclameraient 30% de rétrocommissions prélude le démarrage des activités. De plus, les taxes superflues plombent le commerce local exercé par le citoyen lambda. Les séminaires, les formations, les échanges, les réorganisations des collectivités locales ne sont pas mauvais en soi s’ils participent à l’émergence du pays, à l’avenir harmonieux et au bien-être des peuples comme nous le voyons dans d’autres pays africains moins riches que le Congo, où les responsables au haut niveau se préoccupent véritablement de leurs populations en les dotant des moyens techniques pour les encourager aux activités agropastorales. Nous ne citerons pour exemple que le Burkina Faso, le Niger, la Côte d’Ivoire (qui a fait une démonstration de vive voix à Sassou) des performances réalisées par ce pays que M. Sassou avait cadeauté 70 milliards de fcfa du contribuable, le Mali, le Sénégal, la Mauritanie, le Gabon, le Bénin où poussent plusieurs unités de productions avec l’accent mis sur le patriotisme. Mais, au Congo, les dirigeants par manque de vision et de patriotisme bradent des terres entières pour ne pas dire des territoires eu égard à la superficie totale donnée aux Rwandais. Le pays va à vau-l’eau, sa souveraineté est foulée aux pieds. L’État se délite, le Congo ne devient que l’ombre de lui-même. Des pans entiers d’activités réservées au pouvoir régalien sont assurés par des corps étrangers : la confection des uniformes de l’armée, la fabrication des pains des militaires, l’accaparement par des exploitants douteux de la société nationale d’eau qui alimente tous les ménages privatisée… Plus de 90 % des personnes interrogées arrivent à la conclusion selon laquelle, les décideurs de l’État sont des incompétents et sont des congolais « piratés », cupides jusqu’à la moelle épinière. Il faut mettre dans le compte la personne véreuse qui a conseillé à ACM d’organiser un séminaire dont le but est simplement de se faire des poches et celles qui ont abandonné leur job pour aller au mariage à Oyo où se gaspille l’argent du trésor public. Départements émiettés ou pas, de nombreux congolais que nous avons contactés sont déterminés à récupérer leurs