RDC: le Conseil de sécurité condamne l’offensive menée par le M23 avec le soutien de la Force de défense rwandaise et exige leur retrait immédiat

À l’unanimité de ses membres, le Conseil de sécurité a adopté, (vendredi 21 février, Dnr) une résolution qui « condamne fermement » l’offensive menée par le M23 en République démocratique du Congo (RDC) et les avancées qu’il réalise dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu avec le soutien de la Force de défense rwandaise. Présenté par la France, porte-plume sur le dossier congolais, le texte exige la cessation des hostilités, invite toutes les parties à conclure un cessez-le-feu et appelle au retrait immédiat du M23 et de ses alliés rwandais. Par la résolution 2773 (2025), le Conseil décide que le M23 doit se retirer de Goma, de Bukavu et de toutes les zones contrôlées, et démanteler dans leur intégralité les administrations parallèles illégitimes mises en place sur le territoire de la RDC. Il demande également à la Force de défense rwandaise de cesser de soutenir le M23 et de se retirer immédiatement du territoire de la RDC, sans conditions préalables. Tout en exprimant son appui aux efforts déployés par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine ainsi que par la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour faire cesser les combats, le Conseil demande à ces entités de collaborer étroitement avec la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) concernant l’application du cessez-le-feu. Dans le même temps, le Conseil engage vivement la RDC et le Rwanda à reprendre d’urgence et sans conditions préalables les pourparlers diplomatiques afin de parvenir à un règlement durable et pacifique du conflit. Il réaffirme à cet égard le rôle essentiel que jouent les processus de Luanda et de Nairobi et plaide pour leur harmonisation. Appel à la neutralisation des FDLR et menace de nouvelles sanctions Condamnant par ailleurs l’appui apporté par les forces militaires de la RDC à certains groupes armés, en particulier les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), le Conseil demande qu’il y soit mis fin et que les engagements visant à neutraliser ce groupe soient honorés d’urgence. En outre, il exprime sa volonté d’envisager de nouvelles sanctions contre les personnes qui contribuent à la poursuite du conflit dans l’est de la RDC. Le Conseil demande à toutes les parties d’ouvrir d’urgence des couloirs humanitaires temporaires dans le Nord et le Sud-Kivu pour permettre le réapprovisionnement en articles essentiels et la circulation sans entrave et en toute sécurité des civils, notamment des travailleurs humanitaires. À cette fin, il exige que l’aéroport de Goma soit rouvert immédiatement et que l’aéroport de Kavumu et les points de passage frontaliers restent ouverts pour permettre le passage volontaire et en toute sécurité des civils. Enfin, s’agissant de l’exploitation et du commerce illicites des ressources naturelles dans l’est de la RDC, la résolution invite à redoubler d’efforts pour restreindre l’étiquetage illégal et garantir la transparence et la traçabilité des exportations de minerais. Un texte positif mais tardif pour la RDC, fruit de pressions pour le Rwanda « Ce que vous venez de faire aujourd’hui, c’est ce que nous étions en droit d’attendre du Conseil de sécurité depuis le 26 janvier dernier », a réagi la délégation de la RDC, non sans regretter qu’il ait fallu plus de trois semaines à l’organe pour « réunir l’unanimité ». Dans l’intervalle, la paralysie momentanée du Conseil a « laissé libre cours à la poursuite de l’occupation illégale de territoires de la RDC par le Rwanda et ses supplétifs du M23 », a-t-elle déploré en rappelant le coût humain payé par la population congolaise dans l’est du pays. Elle a cependant remercié tous les membres du Conseil, notamment les A3 (Algérie, Sierra Leone et Somalie) « sans lesquels la résolution n’aurait pu être adoptée par consensus », avant d’appeler à une mise en œuvre du texte sans délai pour stopper cette « aventure militaire ». De son côté, le Rwanda a pris note du vote du Conseil, tout en dénonçant l’intimidation exercée sur les « voix africaines » au sein de l’organe. Condamnant cette pratique, il a dit y déceler la croyance de la RDC selon laquelle « une solution à ce conflit inter-congolais viendra d’acteurs étrangers au continent », même s’ils en sont historiquement responsables. Pour la délégation, toute action ne prenant pas en compte sérieusement les préoccupations sécuritaires du Rwanda ne permettra pas d’aboutir à une solution durable. Elle a ainsi redit que la RDC doit être tenue responsable pour avoir soutenu les FDLR et fait de cette milice génocidaire un allié de ses propres forces. De même, les doléances légitimes des Congolais parlant le kinyarwanda doivent être prises en compte car elles sont la cause profonde de l’existence du M23, a-t-elle ajouté, réaffirmant l’attachement de son pays aux processus de Luanda et de Nairobi. Le Rwanda condamné pour son soutien au M23 De l’avis de la France, le texte adopté « envoie un message clair: il n’y a pas d’issue militaire au conflit dans l’est de la RDC ». L’offensive du M23 soutenue par le Rwanda doit cesser, a-t-elle martelé, appelant à la conclusion d’un accord de cessez-le-feu effectif, inconditionnel et immédiat, suivie d’un retour au dialogue avec l’appui des médiations régionales. Pour cela, « les forces rwandaises doivent se retirer sans délai du territoire congolais » et la MONUSCO doit pouvoir mettre en œuvre son mandat pour le bien des populations civiles sans être entravée dans ses actions et sa liberté de mouvement, a ajouté la délégation porte-plume, selon laquelle une solution politique durable suppose aussi le démantèlement des FDLR. Sur la même ligne, le Royaume-Uni a exhorté les parties à respecter les dispositions de ce texte adopté par consensus, faute de quoi le Conseil devrait « envisager d’autres mesures ». Voyant dans cette résolution une première étape vers la reddition de comptes, les États-Unis ont rappelé que, cette semaine, leur gouvernement a imposé des sanctions à M. James Kabarebe, Ministre rwandais chargé de l’intégration régionale, et à M. Lawrence Kanyuka Kingston, porte-parole du groupe armé, ainsi qu’à deux des entreprises que ce dernier contrôle. Dans cet élan, la délégation américaine a invité les membres du Conseil à envisager l’inscription de
Attaque de l’Iran contre Israël : « Le Moyen-Orient est au bord du gouffre », déclare Guterres au Conseil de sécurité

ACTUALITE. « Le Moyen-Orient est au bord du gouffre », a prévenu le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, dimanche après-midi, consacrée à l’attaque de l’Iran contre Israël la veille. « Les populations de la région sont confrontées au risque réel d’un conflit dévastateur à grande échelle. C’est le moment de désamorcer la situation. L’heure est désormais à la retenue maximale », a dit le chef de l’ONU à l’ouverture de la réunion, qui a été demandée par Israël. Attaques de drones et de missiles Dans la nuit de samedi à dimanche, Téhéran a lancé plus de trois cents drones, missiles de croisière et missiles balistiques sur Israël, en réponse à une attaque aérienne mortelle contre le consulat iranien à Damas, en Syrie, il y a deux semaines, attribuée à Israël par l’Iran. La quasi-totalité de ces drones et missiles ont été interceptés et les dégâts ont été relativement légers. Selon la presse, les Etats-Unis tentent de persuader Israël de ne pas riposter à son tour pour éviter une nouvelle escalade conduisant à une guerre plus large au Moyen-Orient. L’Iran, de son côté, a indiqué qu’il ne frapperait pas davantage à moins d’être attaqué. Samedi soir, le chef de l’ONU António Guterres a condamné « la grave escalade » que représente l’attaque iranienne et appelé« à la cessation immédiate de ces hostilités ». Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Dennis Francis, s’est, de son côté, dit « profondément préoccupé » par la situation et a appelé toutes les parties « à faire preuve de la plus grande retenue pour éviter une nouvelle escalade des tensions dans la région ». Prendre du recul Dimanche, lors de la réunion du Conseil de sécurité, le Secrétaire général a estimé qu’il était « temps de prendre du recul ». « Il est essentiel d’éviter toute action susceptible de conduire à des affrontements militaires majeurs sur plusieurs fronts au Moyen-Orient. Les civils en subissent déjà les conséquences et paient le prix le plus élevé », a-t-il ajouté. Selon lui, « nous avons la responsabilité commune d’impliquer activement toutes les parties concernées pour empêcher une nouvelle escalade ». Il a rappelé que « comme le stipule la Déclaration sur les relations amicales de 1970, les actes de représailles impliquant le recours à la force sont interdits par le droit international ». Le Secrétaire général a estimé que la communauté internationale a également la responsabilité commune « d’assurer un cessez-le-feu humanitaire immédiat à Gaza, la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages et l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire ». Elle a aussi « la responsabilité commune de mettre fin à la violence en Cisjordanie occupée, de désamorcer la situation le long de la Ligne bleue (entre le Liban et Israël) et de rétablir la sécurité de la navigation en mer Rouge ». Désamorcer la situation Dimanche, le chef des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a également condamné l’attaque de l’Iran contre Israël. « Ces attaques de missiles et de drones risquaient de causer des dommages importants au-delà des cibles militaires et de mettre en danger les civils. Cela ne fait qu’alimenter le feu dans toute la région. Je rappelle à toutes les parties leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme », a dit M. Türk dans un message à la presse. Il s’est dit profondément inquiet du coût potentiel en termes humanitaires et de droits de l’homme si cette escalade conduit à un conflit plus large au Moyen-Orient. « J’exhorte toutes les parties à prendre des mesures pour désamorcer la situation et j’appelle les États tiers, en particulier ceux qui ont de l’influence, à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour garantir qu’il n’y ait pas de nouvelle détérioration d’une situation déjà extrêmement précaire », a-t-il dit.
Jeunesse_RDC : Yves Bunkulu a ouvert la première session du Dialogue intergénérationnel sur les Résolutions 2250 et 1325 du Conseil de sécurité jeudi à Kinshasa
Ce jeudi 11 avril 2024, le Ministre de la Jeunesse, Initiation à la Citoyenneté et Cohésion Nationale, Yves Bunkulu Zola a participé à la première session du Dialogue Intergénérationnel axé sur les Résolutions sœurs, organisé par le Secrétariat Technique National de l’implémentation de la Résolution 2250 du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur la Jeunesse, la paix et la sécurité en collaboration avec le Secrétariat Technique Permanent de la mise en œuvre de la Résolution 1325 sur la Femme, la paix et la sécurité. Dans son intervention, le Ministre Yves Bunkulu a exprimé sa joie de prendre part à cette dialogue intergénérationnel entre les acteurs de la résolution 2250 de l’ONU sur la paix, jeunesse et sécurité, ainsi que ceux de la résolution 1325 sur la paix, femme et sécurité. Il a fait savoir que ces assises ont été organisées pour reconnaître l’importance cruciale de la participation des jeunes et des femmes dans le processus de consolidation de la paix et de prévention des conflits. Les résolutions 2250 et 1325 de l’ONU soulignent le rôle central que ces deux groupes doivent jouer dans la construction d’un monde plus juste, plus équitable et plus pacifique. Il a relevé que les jeunes et les femmes représentent souvent des segments de la population les plus touchés par les conflits armés, la violence et l’instabilité. Il est donc essentiel a-t-il déclaré de promouvoir un dialogue intergénérationnel inclusif, où les expériences, les perspectives et les idées des jeunes et des femmes sont pleinement prises en compte. « C’est en travaillant ensemble, main dans la main, que nous pourrons construire un avenir meilleur pour tous ». « Les jeunes sont les leaders de demain et les femmes sont les piliers de nos communautés. Leur engagement, leur créativité et leur détermination sont des atouts précieux pour la résolution des conflits et la construction de la paix. Il est temps de leur donner la place qui leur revient et de les soutenir dans leurs actions pour un monde plus sûr et plus inclusif », a soutenu le patron de la jeunesse, le Dr Yves Bunkulu Zola. Pour clore, il a invité à saisir cette occasion unique pour dialoguer, échanger et collaborer en vue de renforcer la participation des jeunes et des femmes dans les processus de paix et de sécurité.
Le Conseil de sécurité adopte une résolution exigeant un cessez-le-feu immédiat à Gaza

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté lundi une résolution dans laquelle il exige un cessez-le-feu immédiat à Gaza pendant le mois de Ramadan, la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages et souligne la nécessité urgente « d’élargir le flux » d’aide vers l’enclave palestinienne. Le texte présenté par les 10 membres non permanents du Conseil a reçu 14 votes pour et une abstention (Etats-Unis). Les cinq membres permanents du Conseil sont : Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et France. Dans la résolution, les membres du Conseil de sécurité se déclarent « profondément préoccupés par la situation humanitaire catastrophique qui règne dans la bande de Gaza » et prennent note de l’action diplomatique en cours menée par l’Égypte, les États-Unis et le Qatar, « visant à parvenir à la cessation des hostilités, à obtenir la libération des otages et à accroître la fourniture et la distribution de l’aide humanitaire ». Dans ce contexte, la résolution du Conseil adoptée lundi « exige un cessez-le-feu humanitaire immédiat pendant le mois du Ramadan qui soit respecté par toutes les parties et mène à un cessez-le-feu durable ». Lever les entraves à la fourniture de l’aide Elle « exige également la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages et la garantie d’un accès humanitaire pour répondre à leurs besoins médicaux et autres besoins humanitaires, et exige en outre des parties qu’elles respectent les obligations que leur impose le droit international à l’égard de toutes les personnes qu’elles détiennent ». Les membres du Conseil insistent enfin « sur la nécessité urgente d’étendre l’acheminement de l’aide humanitaire aux civils et de renforcer la protection des civils dans l’ensemble de la bande de Gaza » et « exigent à nouveau la levée de toutes les entraves à la fourniture d’une aide humanitaire à grande échelle ». Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est félicité de l’adoption de cette résolution. « Le Conseil de sécurité vient d’approuver une résolution très attendue sur Gaza, exigeant un cessez-le-feu immédiat et la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages. Cette résolution doit être mise en œuvre. Un échec serait impardonnable », a-t-il écrit dans un message publié sur la plateforme X. Le chef de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est également félicité de l’adoption de cette résolution et a appelé à « sa mise en œuvre immédiate ». Vendredi, la Russie et la Chine avaient opposé leur veto à un projet de résolution présenté par les Etats-Unis jugeant impératif un « cessez-le-feu immédiat et durable » à Gaza. Ce projet de résolution avait reçu 11 votes pour, trois votes contre (Algérie, Chine, Russie) et une abstention (Guyana). Réactions des Etats-Unis et de la France Après le vote lundi, l’Ambassadrice et représentante permanente des États-Unis, Linda Thomas-Greenfield, a exhorté les membres du Conseil à préciser clairement qu’un cessez-le-feu aurait pu intervenir « il y a des mois » si le Hamas avait été prêt à libérer les otages, accusant le groupe extrémiste de jeter des obstacles sur le chemin de la paix. « Aujourd’hui, ma demande aux membres de ce Conseil… est de s’exprimer et d’exiger sans équivoque que le Hamas accepte l’accord sur la table » », a-t-elle dit. De son côté, l’Ambassadeur et représentant permanent de la France, Nicolas de Rivière, a déclaré que « l’adoption de cette résolution démontre que le Conseil de sécurité peut encore agir lorsque tous ses membres font les efforts nécessaires pour s’acquitter de leur mandat ». « Le silence du Conseil de sécurité sur Gaza devenait assourdissant, il est grand temps désormais que le Conseil contribue enfin à trouver une solution à cette crise », a-t-il poursuivi. « Après le Ramadan, qui se termine dans deux semaines, [le Conseil] devra établir un cessez-le-feu permanent », a ajouté l’Ambassadeur, soulignant également l’importance de la solution à deux États (Israël et Palestine). Réactions d’Israël et de la Palestine Riyad Mansour, Observateur permanent de l’État observateur de Palestine, a noté qu’il avait fallu six mois, avec plus de 100.000 Palestiniens tués et mutilés, pour finalement exiger un cessez-le-feu immédiat. Les Palestiniens de Gaza vivent dans un contexte de famine et nombre d’entre eux sont enterrés sous les décombres de leurs propres maisons, a-t-il dit. « Leur épreuve doit prendre fin, et elle doit prendre fin immédiatement, maintenant ». Gilad Erdan, Ambassadeur et représentant permanent d’Israël, a dénoncé le fait que « malheureusement, aujourd’hui encore, ce Conseil a refusé de condamner le massacre du 7 octobre ». « C’est une honte », a-t-il dit. M. Erdan a noté en outre qu’au cours des 18 dernières années, le Hamas a lancé des attaques incessantes contre des civils israéliens. « Des milliers et des milliers de roquettes et de missiles aveugles contre des civils », a-t-il souligné.
Le Conseil de sécurité rejette à nouveau deux projets de résolution sur Gaza

Le Conseil de sécurité a rejeté mercredi deux projets de résolution sur Gaza, l’un présenté par les Etats-Unis et l’autre présenté par la Russie, aggravant l’impasse dans laquelle se trouve le Conseil sur une réponse unifiée pour résoudre la crise à Gaza et en Israël. Le premier projet de résolution présenté par les Etats-Unis et qui appelait à des pauses humanitaires à Gaza, a été rejeté en raison des vetos de la Russie et de la Chine. Le texte a reçu 10 votes en faveur (Albanie, Equateur, Etats-Unis, France, Gabon, Ghana, Japon, Malte, Royaume Uni et Suisse), 3 votes contre (Chine, Russie et Emirats arabes unis) et 2 abstentions (Brésil, Mozambique). Les cinq membres permanents du Conseil (Chine, Etats-Unis, France, Royaume Uni et Russie) disposent d’un droit de veto. Le Conseil de sécurité a examiné ensuite un autre projet de résolution appelant à un cessez-le-feu à Gaza, cette fois-ci présenté par la Russie. Ce texte n’a pas réuni suffisamment de votes en faveur. Il y a eu 4 votes pour (Chine, Gabon, Russie et Emirats arabes unis), 2 votes contre (Etats-Unis et Royaume Uni) et 9 abstentions (Albanie, Brésil, Equateur, France, Ghana, Japon, Malte, Mozambique et Suisse). Pour qu’une résolution soit adoptée, elle doit être soutenue par au moins neuf membres du Conseil. Différences entre les deux textes Les deux projets de résolution formulées de manière similaire auraient appelé à un « cessez-le-feu humanitaire » ou à des « pauses humanitaires » pour permettre l’acheminement en toute sécurité de l’aide aux civils désespérés de l’enclave palestinienne. Les deux textes condamnaient les attaques terroristes du Hamas contre des civils israéliens le 7 octobre et appelaient à une action pour faire face à l’aggravation de la crise humanitaire dans la bande de Gaza, où le carburant devrait manquer d’ici quelques heures pour les hôpitaux et autres services essentiels, selon les agences de l’ONU sur le terrain. Les principales différences dans les textes comprenaient une mention spécifique dans la proposition soutenue par les États-Unis du droit inhérent des États à l’autodéfense, et un appel dans le texte présenté par la Russie à l’annulation immédiate par les forces israéliennes de l’ordre d’évacuation des civils vers le sud de Gaza. Deux précédents projets de résolution rejetés Lundi 16 octobre, un précédent projet de résolution présenté par la Russie appelant à un « cessez-le-feu humanitaire immédiat » a été rejeté au Conseil, parce qu’il ne mentionnait pas explicitement le Hamas. Le mercredi 18 octobre, les États-Unis ont opposé leur veto à un texte présenté par le Brésil qui appelait à des « pauses humanitaires » pour fournir de l’aide à des millions de personnes dans la bande de Gaza. Les Etats-Unis ont reproché au texte de ne pas mentionner le droit d’Israël de se défendre. Mardi, le Conseil a tenu un débat public sur le conflit, au cours duquel les ministres de plusieurs États membres ont souligné la nécessité de répondre de toute urgence à la grave crise humanitaire à Gaza et ont appelé à la fin des intenses bombardements israéliens qui font payer un lourd tribut aux civils palestiniens. Les militants du Hamas continuent également de tirer des roquettes sur Israël depuis l’enclave palestinienne assiégée. Eli Cohen, ministre des Affaires étrangères d’Israël, a défendu les actions de son pays à Gaza lors du débat du Conseil, soulignant qu’Israël n’avait « pas choisi cette guerre » et que sa réponse à l’attaque surprise du 7 octobre était la destruction totale du Hamas.
Mali : le Conseil de sécurité met fin au mandat de la MINUSMA

Le Conseil de sécurité a adopté vendredi une résolution par laquelle il met fin au mandat de la Mission des Nations Unies au Mali, la MINUSMA, à compter du 30 juin 2023, et ordonne son retrait d’ici le 31 décembre 2023. Le texte, présenté par la France, a été adopté à l’unanimité de ses quinze membres. Le Conseil, tout en constatant que la situation au Mali continue de menacer la paix et la sécurité internationales, note que, dans une lettre adressée au Président du Conseil de sécurité, le Gouvernement de transition malien a demandé le retrait sans délai de la MINUSMA. Hommage aux Casques bleus qui ont perdu la vie La Mission est déployée depuis 2013 et les membres du Conseil ont loué les efforts deployés depuis dix ans par la MINUSMA et son personnel pour accomplir les tâches de la Mission, rendant hommage aux membres du personnel qui ont perdu leur vie dans l’accomplissement de leur mission et exprimant toute sa gratitude aux pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police pour leur contribution et leur adhésion aux travaux de la MINUSMA. Le Conseil s’est par ailleurs félicité que le Gouvernement de transition malien se soit engagé à mener à terme la transition politique, à assurer la tenue d’une élection présidentielle libre et régulière en février 2024 et à garantir le rétablissement de l’ordre constitutionnel avant mars 2024. Dans le texte de sa résolution, le Conseil prie la MINUSMA, à compter du 1er juillet 2023, « de commencer immédiatement, la cessation de ses opérations et le transfert de ses tâches ainsi que la réduction et le retrait de son personnel, de façon organisée et en toute sécurité, avec pour objectif que le processus soit achevé le 31 décembre 2023, en étroite consultation avec le Gouvernement de transition malien et en coordination avec les pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police ». Le Conseil décide également que, jusqu’au 30 septembre 2023, sans préjudice de la responsabilité première des autorités maliennes et de concert avec elles, et agissant dans les limites de ses moyens et de ses capacités dans son voisinage immédiat, « la MINUSMA est autorisée à répondre aux menaces imminentes de violence contre des civils et à contribuer à l’acheminement en toute sécurité de l’aide humanitaire sous la direction de civils ». Liquidation de la MINUSMA à partir du 1er janvier 2024 Il décide aussi que jusqu’au 31 décembre 2023, la MINUSMA est autorisée à assumer les fonctions définies suivantes, dans la limite de ses capacités et dans sa zone d’opérations au Mali, de concert avec le Gouvernement de transition malien et avec sa coopération : Le Conseil décide en outre que la liquidation de la MINUSMA commencera le 1er janvier 2024 et décide également d’autoriser, pendant la durée de cette liquidation, le maintien d’une unité de garde composée d’effectifs existants de la Mission, afin de protéger le personnel, les installations et les biens de la Mission. Guterres rappelle l’importance de l’accord de paix de 2015 Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a pris note de la décision du Conseil de mettre fin au mandat de la Mission à compter du 30 juin 2023 et d’ordonner son retrait d’ici le 31 décembre 2023, suite à la demande du Gouvernement de transition du Mali. Il a rappelé l’importance de l’Accord de 2015 pour la paix et la réconciliation au Mali et a exhorté toutes les parties signataires à continuer d’honorer le cessez-le-feu alors que la MINUSMA se retire. « Il appelle à la pleine coopération du Gouvernement de transition pour un retrait ordonné et en toute sécurité du personnel et des biens de la Mission dans les mois à venir, rappelant l’engagement du Mali à respecter l’Accord sur le statut des forces jusqu’au départ du dernier élément de la Mission », a dit son porte-parole adjoint, Farhan Haq, dans une déclaration à la presse. Le chef de l’ONU a réitéré sa profonde gratitude au personnel des Nations Unies et a rendu hommage aux 309 membres du personnel de la MINUSMA qui ont perdu la vie au service de la paix pendant les 10 années de déploiement de la mission au Mali. Il a remercié tous les partenaires qui ont continué à soutenir la MINUSMA dans la mise en œuvre de son mandat. « Le Secrétaire général réaffirme la solidarité des Nations Unies avec le peuple et les autorités du Mali pour toutes les épreuves que leur pays a subies. Il continuera de dialoguer avec le Gouvernement de transition du Mali sur la meilleure façon de servir les intérêts du peuple malien en coopération avec l’équipe de pays des Nations Unies au Mali, le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) et d’autres partenaires », a dit son porte-parole.
ONU: Bamako ne veut plus de la France comme «plume» des résolutions sur le Mali au Conseil de sécurité
Le Mali a demandé au Conseil de sécurité de relever la France de ses fonctions à l’ONU de coordinateur-rédacteur des résolutions sur la Minusma ou sur le régime des sanctions concernant le pays. Depuis décembre 2012 et l’inscription du Mali à l’agenda du Conseil, Paris occupe officiellement cette fonction de « plume » parmi les quinze membres. Bamako a émis cette nouvelle requête estimant qu’en août 2022, son espace aérien avait été violé par des avions de l’armée française. Une accusation déboutée côté français en arguant de l’existence d’accords bilatéraux. Ce n’est pas la première fois que Bamako saisit le Conseil de sécurité en mettant ce prétexte en avant. Mais c’est la première fois que le ministre des Affaires étrangères Diop demande carrément à ce que la France soit dessaisie de sa fonction de « plume » sur les dossiers maliens au Conseil… Lire la suite sur RFI
Le Conseil de sécurité veut relancer les efforts de lutte contre la piraterie dans le golfe de Guinée
Dix ans après l’adoption de sa dernière résolution sur les actes de piraterie et les vols à main armée commis dans le golfe de Guinée, le Conseil de sécurité, à l’initiative du Ghana et de la Norvège, a souhaité mardi relancer les efforts régionaux et nationaux de lutte contre ce fléau. Par la résolution 2634 (2022) adoptée à l’unanimité de ses 15 membres, le Conseil a condamné énergiquement les actes de piraterie et les vols à main armée en mer, notamment les assassinats, enlèvements et prises d’otages commis dans le golfe de Guinée. Si le Conseil de sécurité souligne que c’est au premier chef aux États du golfe de Guinée qu’il incombe de lutter contre la piraterie et les vols à main armée en mer, il demande à tous les États de la région d’ériger ces actes en infractions pénales dans leur droit interne et d’ouvrir des enquêtes sur leurs auteurs, de les poursuivre et de les extrader. Il demande également que soient traduits en justice « quiconque encourage, finance ou facilite intentionnellement de tels actes, y compris les cerveaux des réseaux criminels de piraterie ». En outre, les États Membres de la région sont priés d’agir sans tarder, à l’échelle nationale et régionale et avec le concours de la communauté internationale, pour faire appliquer des stratégies nationales de sécurité maritime, notamment un cadre juridique harmonisé visant à prévenir et réprimer les actes de piraterie et les vols à main armée en mer. Renforcer la coopération Le Conseil de sécurité engage aussi les organisations régionales et le mécanisme Échange d’informations concernant le domaine maritime-Golfe de Guinée à renforcer la coopération relative à la sûreté et à la sécurité maritimes dans le golfe de Guinée et à poursuivre la mise en place du dispositif de Yaoundé. Il exhorte en outre les États Membres et les organisations internationales compétentes à aider les États de la région, ainsi que les organisations régionales et sous-régionales, à veiller à ce que les mesures nécessaires soient prises pour empêcher que les produits d’actes de piraterie et de vols à main armée commis en mer contribuent au financement du terrorisme en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale et dans le Sahel. Avant le vote, le Ghana a présenté le texte en soulignant que l’insécurité maritime sape le développement des économies côtières de la région, laquelle est en outre aux prises à la recrudescence connexe du terrorisme et des coups d’État. Le représentant a par ailleurs indiqué que la résolution découlait d’un processus de négociation qui a débuté en janvier, processus au cours duquel, a-t-il assuré, les préoccupations de toutes les délégations ont été prises en compte. Les compromis ont permis de conserver le libellé et d’atteindre le consensus, a-t-il précisé, avant de souligner que les dispositions du texte « ne s’appliquent que pour le golfe de Guinée ».