Les évacuations sanitaires, un business lucratif au Congo Brazzaville

PARLONS-EN. Le rapport de la Cour des comptes et de discipline budgétaire de 2022 laisse les Congolais pontois face aux révélations concernant les évacuations sanitaires. Une grande disparité existe entre certains privilégiés de la République et le bas peuple. En effet, l’analyse documentaire de la Direction générale des soins et services de santé révèle qu’un montant de 2641 milliards de F CFA (4 milliards d’euros) a été décaissé en 2022 pour les soins extérieurs au profit de 176 malades (sur les 6 millions de Congolais) atteints de divers pathologies, contre 3146 milliards de F CFA (environ 5 milliards d’euros) en 2021, soit une baisse de 1059 milliards de F CFA ( 1,7 milliards d’euros) par rapport à l’année 2022. Malgré cela, la Cour des comptes encourage le Gouvernement à poursuivre la construction des différents centres hospitaliers et à les doter de plateaux techniques, ainsi qu’à continuer à former des spécialistes dans différents domaines. Ces chiffres nous donnent du tournis lorsque nous voyons l’état actuel du CHUB, le plus grand centre hospitalier du Congo. Les évacuations sanitaires sont un vrai business lucratif pour certains cadres du « Trésor public » et du « ministère de la Santé ». Entre 10% à 20% sont exigés pour tout décaissement d’argent au trésor. Pendant ce temps, nos hôpitaux manquent de tout et les Congolais meurent comme des chiens. Les Congolais vivent une vraie discrimination de la part de nos dirigeants et aux antipodes de la Constitution. Tous les Congolais ne sont pas égaux et certains sont privilégiés notamment les 176 personnes qui bénéficient des évacuations sanitaires au détriment des autres (Article 15 de la constitution du 25 octobre 2015). Comment peut-on affirmer que: » L’Etat est garant de la santé publique. » ( Article 36 de la constitution) s’il existe une micro-Republique des privilégiés ? Il sied de rappeler que les efforts du Gouvernement sont à minima dans la construction des nouveaux centres hospitaliers, de l’équipement des plateaux techniques modernes, enfin dans la formation des cadres spécialisés de santé. Il est impératif d’augmenter le salaire de tous les personnels du corps hospitaliers afin d’arrêter cette hémorragie dans notre système de santé défaillant. C’est une aubaine d’interpeller » la Commission Santé, Affaires sociales, famille et genre » de l’Assemblée nationale, dirigée par l’honorable Virginie Euphrasie DOLAMA, afin qu’elle encadre les évacuations sanitaires et fasse pression au Gouvernement pour mettre en œuvre une vraie politique sanitaire au bénéfice de tous les Congolais. » Le scandale est souvent pire que le péché « . Fait à Limoges, le 16 Février 2026 Evrard NANGHO Le Patriote Engagé
Le business lucratif des opposants à l’élection présidentielle au Congo Brazzaville

LIBRE EXPRESSION. À l’approche de l’élection présidentielle des 12 et 15 mars 2026, une interrogation fondamentale traverse la conscience collective congolaise : quelle trajectoire emprunte réellement notre nation ? Cette question traduit une inquiétude profonde face à une mutation progressive du champ politique, devenu non plus un espace de service public et de confrontation d’idées, mais un instrument privilégié d’ascension sociale et d’enrichissement individuel. Dans un contexte où les mécanismes classiques de mobilité sociale sont fragilisés, la politique apparaît désormais comme l’un des rares canaux d’accès à la reconnaissance, au pouvoir et aux ressources économiques. Elle tend ainsi à se transformer en un véritable « eldorado » pour des acteurs opportunistes en quête de visibilité et de rente symbolique ou matérielle. À la veille de l’échéance présidentielle, la multiplication des déclarations de candidatures, y compris au sein de la diaspora, semble moins relever d’un engagement programmatique structuré que d’une stratégie de positionnement. Certaines de ces candidatures donnent l’impression de constituer des signaux adressés au pouvoir en place, dans la perspective d’occuper un rôle de figurant au sein d’un processus électoral dont l’issue serait déjà anticipée. Cette dynamique soulève une question essentielle : celle des capacités réelles – financières, organisationnelles et politiques – des prétendants déclarés. Le dépôt de candidature, fixé à 25 millions de francs CFA (environ 38 000 euros), constitue un filtre économique significatif, non remboursable, à verser à la Direction des Affaires Électorales (DAE). Or, dans un pays où des catégories socioprofessionnelles telles que les professeurs de l’université Marien Ngouabi, connaissent des retards et arriérés de salaires, et où nombre d’opérateurs économiques évoluent dans un environnement économique fragile, il est légitime de s’interroger sur l’origine et la transparence des fonds mobilisés. La pratique croissante des appels aux dons, sans publication systématique des contributeurs ni mécanismes clairs de reddition de comptes, accentue ce déficit de transparence. Dans une démocratie mature, le financement de la vie politique constitue un enjeu central d’éthique publique. L’opacité financière fragilise la crédibilité des candidatures et nourrit le soupçon d’arrangements informels ou de dépendances inavouées. Au-delà du coût initial de la candidature, l’organisation d’une campagne présidentielle exige des ressources considérables : logistique, communication, déplacements, mobilisation de militants et d’observateurs. L’élection présidentielle, par sa nature même, demeure un exercice onéreux où l’argent constitue, de fait, un levier stratégique déterminant. Dès lors, l’absence d’assise électorale solide, de base militante structurée et de financement transparent rend difficilement crédible la prétention à incarner une alternative politique sérieuse. Le retrait ou l’affaiblissement de formations historiquement établies, telles que l’UPADS, qui a pourtant exercé le pouvoir par le passé, accentue ce contraste. Si des partis disposant d’une expérience gouvernementale peinent à s’inscrire durablement dans la compétition, comment des individus peu connus du corps électoral, sans implantation territoriale ni ressources identifiables, pourraient-ils prétendre incarner une alternative viable ? De manière plus structurelle, se dessine l’hypothèse d’une instrumentalisation de certaines figures se revendiquant de l’opposition. L’élection présidentielle risquerait alors de se réduire à une mise en scène pluraliste, où la présence de candidatures multiples servirait à conférer une légitimité formelle au scrutin, sans pour autant traduire une véritable compétition démocratique. Dans ce schéma, la participation à l’élection pourrait devenir, pour certains acteurs, une opportunité d’accès à des avantages financiers ou à des arrangements tacites, nourris par la rente pétrolière. Cette situation révèle une crise morale et institutionnelle plus profonde. Lorsque la réussite sociale semble réservée à la sphère politico-administrative, et que l’économie productive peine à offrir des perspectives, la politique devient un espace de ruée vers la rente plutôt qu’un lieu de construction collective. À chaque échéance présidentielle, le risque est alors de voir se répéter une forme de « loterie politique », où la compétition électorale se transforme en opportunité transactionnelle plutôt qu’en débat programmatique. Le défi posé au Congo-Brazzaville n’est donc pas seulement électoral ; il est éthique et structurel. Il appelle à une clarification des règles de financement, à une exigence accrue de transparence et à une réhabilitation de la politique comme engagement au service du bien commun. Sans cette refondation morale et institutionnelle, la défiance citoyenne continuera de s’accroître, et la démocratie demeurera fragile. Comme l’écrivait Jules Renard : « Quelque intégrité que nous ayons, on peut toujours nous classer dans une catégorie de voleurs. » Cette formule rappelle combien la suspicion prospère là où la transparence fait défaut. Restaurer la confiance suppose donc d’ériger l’intégrité et la responsabilité en principes non négociables de la vie publique. Fait à Paris, le 11 février 2026. Evrard NANGHO Le Patriote Engagé
Crise du Congo Brazzaville : une dynamique politique transnationale lancée depuis Paris

Le Projet Commun pour la Renaissance du Congo-Brazzaville (PCRC) annonce la tenue d’un meeting le samedi 29 mars 2025 à Paris, à l’occasion du lancement officiel de cette initiative politique et citoyenne portée par M. Guy Magloire Mafimba Motoki. L’événement se tiendra à 13h00 à l’Hôtel Normandy (7 rue de l’Échelle, 75001 Paris) et se déroulera sur invitation nominative uniquement. Coordonné par M. Mafimba Motoki, ancien cadre du Rassemblement pour la Démocratie et le Développement (RDD) et figure de l’opposition congolaise, le PCRC se présente comme une plateforme transversale regroupant des acteurs politiques, des représentants de la société civile, des intellectuels et des membres de la diaspora. L’objectif affiché est de proposer une alternative citoyenne face à la crise politique, économique et sociale persistante que traverse le Congo-Brazzaville. Le meeting du 29 mars visera à présenter les grandes orientations du PCRC, initier une mobilisation structurée, et poser les bases d’un nouveau rapport de force politique. Contacts presse – Équipe communication du PCRC : Tanguy Monfred – 📧 tanguymonfred@gmail.com | 📞 +33 6 50 42 53 34 Wesman SINALD – 📧 wesmansinald@gmail.com | 📞 +33 7 58 53 02 73
Pauvre pays riche !

CHRONIQUE. Lorsque l’on évoque ce pays pétrolier, l’on n’entend parler que de dette, de maigres infrastructures insuffisantes et de privations diverses pour la population. Pour espérer rompre avec le sous-développement intégral, le Congo doit commencer par oser le courage de ne pas se tromper de diagnostic. Au Congo-Brazzaville, un nouveau grand argentier vient d’entrer au gouvernement. Et tout le monde semble attendre des miracles de Christian Yoka, ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public. Comment expliquer cette attente ? Cette nomination a remis sous les feux des projecteurs le marasme dans lequel semblent baigner depuis bien trop longtemps les finances du Congo, avec une dette d’autant plus insupportable que ce pays, producteur de pétrole, semble avoir vécu au jour le jour, oubliant d’investir dans des infrastructures convaincantes et de faire des placements rentables. Qu’ont-ils donc fait des bienfaits dont la nature a doté leur patrie ? Tel qu’il se présente aujourd’hui, Le Congo-Brazzaville donne l’impression de s’être endetté pour faire la fête. Car, en dehors du train de vie luxueux et clinquant des privilégiés du pouvoir, peu de réalisations rappellent aux Congolais que leur pays a longtemps figuré au troisième rang des producteurs subsahariens d’or noir. Les signes d’un pays bien géré se perçoivent à travers les écoles construites pour donner une bonne éducation à la jeunesse. À travers les hôpitaux où se soignent les citoyens. Et non dans les facilités que s’octroient les dirigeants et leurs clans. Ces dirigeants ont tout de même réalisé quelques infrastructures. Peut-être n’en font-ils pas assez ?… Denis Sassou Nguesso, faut-il le rappeler, dirige le Congo depuis 1979, avec une petite parenthèse démocratique, entre 1992 et 1997. Lorsque l’on s’impose aussi longtemps à son peuple, l’on se doit, au moins, de satisfaire ses besoins fondamentaux. Beaucoup, en Afrique, critiquent le régime de Paul Kagame au Rwanda pour ses insuffisances démocratiques. Mais, tout aussi nombreux sont les Africains qui, ayant découvert son pays, en tout cas la capitale, se disent que ce régime autoritaire se soucie au moins du bien-être de sa population. C’est à cette seule et unique condition que les peuples peuvent tolérer les régimes qui s’éternisent. Sans quoi, l’on n’a que des dictatures stériles. La jeunesse du continent ne peut plus subir durablement des dirigeants qui ne lui apportent rien, ou si peu… Dans son discours d’adieu au peuple américain, ce mercredi, Joe Biden a insisté sur les dangers de la concentration du pouvoir politique et économique aux mains d’une oligarchie. Cela est valable pour les États-Unis. Ce l’est aussi pour chaque pays d’Afrique. Au moment où Denis Sassou Nguesso arrivait au pouvoir, le président des États-Unis s’appelait Jimmy Carter. De Carter à Biden, l’actuel chef de l’État congolais aura vu passer huit présidents des États-Unis, et six chefs d’État français. La liste de tout ce dont manque le peuple congolais n’a d’égale que le temps passé par ce seul et même homme à leur tête. Le Congo n’est pas non plus immensément riche. Il est loin d’être un pays pauvre. Après plus de quarante ans à gérer la manne pétrolière, lorsque l’on vous parle du Congo, l’on n’entend que dettes, et quelques maigres infrastructures insuffisantes. La Norvège, par une gestion méticuleuse de son pétrole, a su créer un fonds souverain, géré dans la transparence, aujourd’hui, le plus important au monde, totalisant l’équivalent de 1 700 milliards d’euros. Ce pays assure une bonne éducation à sa jeunesse, un système de santé efficace pour sa population, et réussit des prouesses en matière de transition énergétique et d’innovation. À sa petite échelle, le Congo aurait pu faire de son pétrole un tremplin pour l’avenir de ses enfants. Autre exemple, le Qatar a su tirer profit de ses ressources gazières et pétrolières pour se propulser au rang des pays les plus riches du monde. Il n’est certes pas exempt de critiques, mais il a su faire fructifier la manne pétrolière, et préparer l’avenir pour les générations futures. En Afrique, le Ghana, qui n’a pas l’immensité des réserves pétrolières du Congo, s’est efforcé, par une gestion transparente et responsable de ses ressources naturelles, à poser les bases d’une économie plus diversifiée et d’une démocratie irréversible. Le Congo, pour espérer rompre avec le sous-développement intégral, doit commencer par oser le courage de ne pas se tromper de diagnostic. Par Jean-Baptiste Placca Retrouvez cette chronique sur RFI
Congo Brazzaville. Renforcer l’autorité de l’Etat et assainir les Finances publiques c’est aussi rendre au Trésor Public ses droits légaux et légitimes

TRIBUNE. Dans un contexte où, en sourdine, pour quelques uns, de manière ouverte, pour ceux qui le jugent utile, des citoyens congolais en appellent à une urgente amélioration de la gouvernance financière du pays, vaut-il vraiment la peine de continuer de frayer la chronique avec l’affaire de placement des fonds publics à la Banque Postale Congolaise, alors que le Trésor Public en constitue le Guichet Unique? La communication de l’ancien Ministre congolais des Finances, M. Mathias Dzon, au nom de l’ARD, le samedi 11 janvier 2025, à Brazzaville, devant un parterre de Journalistes, donne la preuve, détails juridiques, financiers et administratifs, à l’appui, de ce qui apparait comme un flagrant détournement des fonds de l’Etat au profit de la Banque Postale, cela, au détriment du Trésor Public. Une manière de faire illégale, injuste et irrationnelle, au demeurant, contre les intérêts bien compris des finances publiques, de l’avis du Ministre Mathias Dzon. Ce dernier estimant, par ailleurs, la nécessité d’un audit des retombées de cette procédure par un bureau spécialisé pour en déterminer les conséquences. Ceci dit, si rien n’est entrepris pour mettre fin à ce genre de forme de gestion des fonds publics qui désertifie le Trésor Public, avec tous les effets devastateurs pour l’économie nationale que comporte une telle posture, le Gouvernement de la République pourrait, à tout prendre, apparaitre comme complice ou facilitateur de procédures de gestion non orthodoxe de l’argent public. Ce qui est condamnable. Sous d’autres cieux, même, de la haute trahison. Le Gouvernement congolais aura beau clamer le renforcement de l’autorité de l’Etat et l’assainissement des finances publiques, tant qu’il ne sera pas compris, une fois pour toute, que le Trésor Public est l’unique et incontournable destination des recettes de l’Etat, il n’en sera qu’un ordinaire voeu pieux, ceci, en dépit de la valse des changements des titulaires des Ministère des Finances, du Budget et de l’Economie. La requalification de la gouvernance du pays, sur laquelle je me suis prononcé, il y a quelque temps, est à ce prix. Paris 11 janvier 2025 Ouabari Mariotti
Congo Brazzaville. M. L’Ambassadeur Pascal Gayama, figure légendaire de la Diplomatie Congolaise s’en est allé

DISPARITION. Communiquée par son Epouse, l’Honorable Députée congolaise, Esther Ahissou Gayama, la triste nouvelle du décès de son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Pascal Gayama est tombée, le 2 janvier 2025. Le lendemain du Jour de l’an. Fils d’Okoyo , dans le Département congolais de la Cuvette Ouest, M. Pascal Gayama voit sa vie durablement se construire, dès le lycée Savorgnan de Brazza, à Brazzaville. Au sein de cet établissement, élève d’allure relaxe, dandy sur les bords, mais studieux, travailleur et discipliné, il reçoit une solide formation classique qui lui ouvre un bel avenir de haut cadre. Au terme d’une bonne préparation, il réussit le concours de l’Office de Coopération Radiophonique(OCORA). Un examen qui lui permet de devenir Journaliste à la Radiotélévision Congolaise. Mais, une profession sur laquelle M. Pascal Gayama ne mise pas beaucoup, d’autant qu’il se retournera, par la suite, vers l’Institut des Sciences Politiques de Paris. Une Université de recherche sélective, de rang international, fondée sur des valeurs d’ouverture et d’excellence. Admis à cet Institut, M. Pascal Gayama choisit l’option Diplomatie. Du passage du Journaliste Pascal Gayama à la Télévision Congolaise, le Professeur André Patient Bokiba, Conseiller Culturel du Président Denis Sassou Nguesso, garde le souvenir d’une belle expérience de pigiste au Journal Télévisé de Télé Congo où il avait été introduit, en 1965 par M. Pascal Gayama, à la prestation éblouissante. Aux côtés du Professeur André Patient Bokiba, trois autres commentateurs du Journal Télévisé. MM. Raymond Ibata, Alphonse Foungui et Ange Edouard Poungui. Une époque où Télé Congo était la première télévision d’Afrique francophone. Pour l’histoire, il était arrivé aux quatre pigistes de diffuser des éléments sur le Congo Kinshasa où le Président Mobutu venait de prendre le pouvoir. Contexte politique, au Congo Brazzaville, né des Trois Glorieuses obligeant, les commentaires des quatre pigistes avaient une forte tonalité révolutionnaire et tiers mondiste. A la grande satisfaction de M. Pascal Gayama. Ce qui, d’ailleurs, avait valu aux pigistes des félicitations du Directeur Général des Services de l’Information de ces temps là, M. Sylvain Bemba, aujourd’hui disparu. Fier de sa formation à Sciences Po, M. Pascal Gayama, en bon patriote, rentre au Congo, en 1972, pour se mettre au service de son pays. Il est alors aligné sur le statut du corps des personnels des Affaires Etrangères. Une étape de sa carrière où il gravit rapidement les échelons. Du grade de Secrétaire des Affaires Etrangères, il est élevé au rang de Ministre Plénipotentiaire. Et, New York, aux USA, fut son premier poste d’affectation, à l’étranger, avec ce grade, en qualité de Conseiller à l’Ambassade du Congo auprès des Nations Unies. Il y exerce, environ cinq ans, et repart, à nouveau, à son Ministère d’origine à Brazzaville, avant d’être mis en mission à l’Ambassade du Congo auprès de l’OUA et de l’Ethiopie, comme Ambassadeur. De l’Ethiopie, il regagne encore le Ministère des Affaires Etrangères du Congo. De là, il fera son entrée au Gouvernement comme Secrétaire d’Etat Chargé de la Coopération jusqu’en 1991. La Conférence Nationale se tenant à Brazzaville, M. Pascal Gayama y participe comme Membre du Gouvernement. Et, sera, par la suite, désigné par le Président Denis Sassou Nguesso, candidat pour la Sous-Région Afrique Centrale à un des postes de Secrétaire Général Adjoint de l’OUA. Il en fut élu et alors nommé Chef de Département de l’Education, Sciences, Culture et Affaires Sociales de l’OUA(ESCAS). Deux mandat, il exercera. Revenu au pays, au terme de ses charges à l’OUA, le devoir appellera encore M. Pascal Gayama à New York où le Congo présidait le Conseil de Sécurité. Ambassadeur en Second, il sera promu à New York. Après l’élévation de l’Ambassadeur en Chaire au poste de Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, M. Pascal Gayama assurera pleinement la fonction d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire jusqu’à son rappel au Congo où il sera retenu Ambassadeur Itinérant auprès du Président de la République , puis Ambassadeur du Congo au Royaume Uni. Enfin, en 2024, réinstallé à Brazzaville, l’Ambassadeur Pascal Gayama, des suites d’une maladie, s’éteint définitivement, à l’âge de 76 ans. Pascal Gayama, alors Secrétaire Général Adjoint de l’OUA, est celui qui proposa au Congo de briguer le siège du Festival Panafricain de la Musique (FESPAM). Ainsi, ce fut grâce à lui que la République du Congo obtint cet honneur d’abriter le siège du FESPAM, une position diplomatique interafricaine pour le moins enviée par d’autres Etats du continent. Pour M. Bayi Nicodème Sinibaguy-Mollet, son collègue Diplomate, M. Pascal Gayama portait en lui, des usages de ce qui ressemblait à une vie d’artiste. De Lékéty, dans le Département congolais de la Cuvette Ouest, à Makoua, dans la Cuvette Centrale, de Makoua à Brazzaville, et de Brazzaville à Paris, estime M. Bayi Nicodème Sinibaguy-Mollet, M. Pascal Gayama a vécu comme un artiste. Un grand mélomane. De sa voix de ténor, il fredonnait régulièrement des chansons des Orchestres Bantou de la Capitale, Ok Jazz, African Jazz, l’Afrisa International. Etaient également à sa portée, des airs des formations musicales des célébrités comme Otis Reding, James Brown, de l’Orchestre Broadway et de bien d’autres, aussi prestigieuses. Avant le passage des disques vinyles et des cassettes audio au système numérique, ses années d’étudiant et celles qui ont suivi, M. Pascal Gayama était un féru de collection des disques CD et vinyles. Sur les étagères de sa chambre à la Cité Universitaire de Cachant, en région parisienne, il stockait divers supports d’artistes musiciens, aussi bien africains, européens, sud américains que des USA. Toutes sortes de musique s’y bousculaient depuis la Salsa, la Pachanga, la Charanga, le Boléro, le Rock and Roll, la valsa, le tango et autre Rumba. Une passion pour la musique que Pascal Gayama parallélisait avec le goût pour la lecture. L’Ambassadeur Pascal Gayama disparaissant, c’est une lumière de la Diplomatie congolaise qui s’est éteinte. Mais demeure légendaire son image de Diplomate, dans l’univers des Affaires Etrangères congolaises de ces cinquante dernières années. Tant le passage de l’Ambassadeur Pascal Gayama, dans les rouages des Affaires Etrangères congolaises, laisseront des marques. Des marques qui le distingueront, à
Congo Brazzaville. Le Général De Brigade Claude Emmanuel Eta-Onka, un concentré des valeurs congolaises s’en est allé

DISPARITION. Souffrant, le Général De Brigade Claude Emmanuel Eta-Onka nous a quittés, le 25 décembre 2024, jour de Noël, dans sa 78ème année, au terme d’une admission à l’Hôpital Central des Armées Pierre Mobengo de Brazzaville. Homme de paix, aimable, de tempérament calme et ouvert, à l’esprit modeste, le Général De Brigade Claude Emmanuel Eta-Onka l’aura été. Attaché à ce qui est posé comme vrai, beau et bien, d’un point de vue personnel ou qui est donné comme une vertu commune. Aussi, sa vie durant, il a pratiqué des activités, toutes empreintes de marques sur lesquelles les Congolais se reconnaissent. A sa naissance, hasard de la vie, le Général de Brigade Claude Emmanuel Eta-Onka Onka, fils unique de sa mère, ses parents lui feront porter le prénom Emmanuel, en plus de Claude. Emmanuel, prénom de son grand père, espérant que le jeune Claude Emmanuel Eta-Onka se vêtirait de la bravoure et de la vaillance de son grand-père, un Ancien Combattant de l’Armée Coloniale Française qui, au péril de sa vie, a servi sous le drapeau français, pendant la guerre d’Indochine. C’était, sans savoir que Claude Emmanuel Eta-Onka, sur les pas de son grand père, allait effectivement devenir un brillant soldat, au parcours élogieux, au sein de la Force Publique Congolaise. Dès le départ, Claude Emmanuel Eta-Onka Onka étudie à l’Ecole Militaire Préparatoire Général Leclerc de Brazzaville, de 1959 à 1963. Il poursuivra sa formation à l’Ecole Spéciale Militaire de Saint Cyr, de 1970 à 1972, Promotion Général De Gaulle. Au fil du temps, promu Officier Général de Brigade, il sera élevé Commandant de la prestigieuse Ecole Militaire Préparatoire des Cadets de la Révolution, à Brazzaville de 1977 à 1979. Puis, investi Directeur de l’Académie Militaire Marien Ngouabi de Brazzaville. M. Pascal Lissouba, Président de la République du Congo, en août 1992, il fera du Général De Brigade Claude Emmanuel Eta-Onka, Chef d’Etat Major Général des Forces Armées Congolaises. Aux fonctions militaires, le Général De Brigade Claude Emmanuel Eta-Onka s’est distingué par sa faculté de s’adapter aux situations, sa flexibilité, la résilience mentale et physique. Faisant aussi preuve de compétence et surtout de caractère, dans la mesure où les actes que posait le Général De Brigade Claude Emmanuel Eta-Onka adhéraient étroitement à l’éthique et aux valeurs de l’armée. S’en suivra, une période où le Général de Brigade Claude Emmanuel Eta-Onka, troquera l’uniforme militaire contre les vêtements civils de bureau, en raison des charges qu’il occupait, au sein des institutions nationales, tel le Gouvernement, en qualité de Ministre de la Jeunesse et Sport chargé de l’Instruction Civique de 1995 à 1996 et Secrétaire Général à la Défense Nationale, près le Premier Ministre Chef de Gouvernement, de 1996, jusqu’à la fin du mandat du Président Pascal Lissouba. Ici, le Général De Brigade Claude Emmanuel Eta-Onka est une autorité rigoureuse, organisée, compétente, réfléchie, avec une bonne connaissance de ses dossiers, de la résistance au stress. Sportif, le Général de Brigade Claude Emmanuel Eta-Onka, l’a été, aussi. S’adonnant au basket-ball et au hand-ball pour maintenir une bonne santé mentale et physique. Ce qui lui vaudra la Médaille de Bronze du Tournoi de Basket Ball des Jeux Africains de Brazzaville en 1965. Et, de 1992 à 1996, la Présidence de la Fédération Congolaise de Hand Ball. Au contact de ses collègues Ministres, lorsqu’il siège au Gouvernement, il ne cessait de les inviter à l’exercice du sport, posture qu’il justifiait par le rôle important que joue l’activité physique dans le maintien de la santé, du bien-être et de la qualité de vie. Estimant que les personnes qui s’appliquent à l’activité physique affermissent leur santé tout en augmentant leur espérance de vie. Le Général De Brigade Claude Emmanuel Eta-Onka fut, par ailleurs, de la lignée des gens de culture, » ces fédérateurs d’émotions » selon les propos du Chef d’Orchestre Français Jean Claude Casadesus, dont recèle le Congo Brazzaville. Très attiré par l’écriture, en ce qu’elle est un moyen de libre expression dont il tire une grande satisfaction, même si elle exige beaucoup de travail, sans compter le temps consacré à la création, le Général De Brigade Claude Emmanuel Eta-Onka écrivait, dans plusieurs genres littéraires. Il s’investissait, à la fois, comme poète, nouvelliste, essayiste et romancier. Trois de ses ouvrages feront date. « Saint Cyr Coetquidam: les bovidés de 2-3, » « Souvenirs d’enfant de troupe » et « Cette autre famille ». Au moment où disparait le Général De Brigade Claude Emmanuel Eta-Onka, des décorations liées à sa citoyenneté congolaise lui ont été décernées par l’Etat congolais. Le Général Claude Emmanuel Eta-Onka emporte, avec lui, à l’Eternel Infini, les sceaux de Grand Officier du Mérite Congolais et de Commandeur du Mérite Sportif Congolais. Ce à quoi s’ajoute la Médaille du Commandeur de la Légion d’Honneur Française. Père de famille, le Général De Brigade Claude Emmanuel Eta-Onka laisse 8 enfants, 5 filles et 3 garçons. Respectueux des traditions et coutumes Téké, il aura, jusqu’à ses derniers jours, honoré la Cour Royale de Mbé dont il fréquentait, quand il le pouvait, les Dignitaires à la Cité de Mbé, à près de deux cent kilomètres, au Nord de Brazzaville. Y prenait part aux danses folkloriques, au tam-tam, aux souffleries dans des défenses d’éléphants et aux chansons reprises en chœur, avec ce qu’elles ont, par symbolisme, des vertus du surnaturel et du mystère. Que le Général De Brigade Claude Emmanuel Eta-Onka repose en paix. A sa famille, ses frères d’armes, ses proches et autres connaissances, je dis l’expression de mes condoléances les plus attristées. Avec la traduction des souvenirs communs que lui et moi avions partagés, lors de nos fréquents échanges, des fois, en langue Bangangoulou, sur la Culture Téké, et sur les avis que je prenais de lui à propos des sujets touchant les domaines de la Justice, de la Sécurité et de la Défense. Paris 5 janvier 2025 Ouabari Mariotti Ancien Ministre de la Justice. République du Congo
Congo. Quarante ans de pleurs et de souffrance et on en est encore là !

HAUT ET FORT. C’est fou et diabolique de penser qu’en 2025, nous devons encore nous battre pour le droit d’exister dans notre propre pays, le Congo-Brazzaville. Démarrons donc cette nouvelle année 2025 avec un objectif simple : Osez sortir de notre zone de confort et découvrir des horizons inexplorés. Pour y arriver, nous aurons besoin d’une dose d’aventure et d’originalité dans tout ce que nous entreprendrons. Si certains fragiles d’esprit se laisseront berner, rappelons-nous toujours de ne pas suivre les loups et louveteaux déguisés en agneaux qui continueront de nous faire miroiter une année de la jeunesse qui n’existe que dans leur cerveau sans fenêtre. Esprit léger et pieds en mouvement, allons de l’avant et faisons en sorte que chaque jour soit une nouvelle occasion de briller, un pas de plus vers le bonheur tant attendu par notre peuple tenu en esclavage dans cette prison à ciel ouvert qu’est devenu le Congo-Brazzaville ! Alors, prêts pour 2025, sans blabla ni tralala ? Bonne année 2025 et que Dieu bénisse le Congo-Brazzaville. Laurent DZABA Président de la Dynamique VJ2R