Rejet massif du plan Bouteflika

Rejet massif du plan Bouteflika

TRIBUNE.La colère des Algériens contre le régime d’Alger s’est exprimée, le 15 mars 2019, dans toute l’Algérie mais aussi à l’étranger, notamment en France le 17 mars 2019.​​ A Alger, à Oran et à Bejaïa ils étaient plus de 07 millions de personnes à contester le régime du Président Bouteflika et un peu plus du double si l’on y ajoute les autres grandes agglomérations. Une nouvelle démonstration de force, au-delà du rejet de l’offre politique du pouvoir qui consacre définitivement le divorce entre le régime Bouteflika et les Algériens.​​ La très grande majorité des manifestants à Alger étaient porteurs d’affiches dont la plus marquante fût la réponse aux propositions faite au régime incarné par le clan Bouteflika par de nombreux manifestants à Alger et qui se libelle comme suit « Soldes du Printemps. FLN : fin de série. Système : 2ème démarque. Peuple : nouvel arrivage ». ​​ A noter qu’à la fin des grandioses manifestations de ce 15 mars 2019 contre le pouvoir, des policiers anti-émeutes déployés à Alger ont rejoint les manifestants pour fêter, dans une remarquable symbiose, la réussite de la marche millionième contre le système Bouteflika.​​ Les autres villes algériennes ont connu également d’importants rassemblements comme ce fût le cas à Boumerdès, à Béjaia, à Annaba ou, à Tizi Ouzou ou à Constantine pour dire non au prolongement du quatrième mandat d’Abdelaziz Bouteflika.​​ Même sur le champ gazier de Hassi R’mel, le plus important d’Algérie, un rassemblement de salariés s’était tenu le 15 mars 2019 ; un secteur des hydrocarbures ultrasensible et stratégique d’où l’Algérie tire la majorité de ses rentrées en devises de ses exportations de pétrole et de gaz.​​ En France, ils étaient des milliers d’Algériens ou de Français d’origine algérienne à manifester, le 17 mars 2019, contre le régime d’Alger que ce soit à Paris, où ils étaient plus de 9000 personnes, ou en province comme à Saint-Etienne, Lyon, Bordeaux, Marseille, Nancy, Toulouse, Lille ou Strasbourg et tant d’autres villes sans oublier les villes européennes et d’Amérique du Nord.​​ A remarquer que de nombreuses pancartes à Alger ont fustigé la France, ancienne puissance coloniale, et son Président Emmanuel Macron qui a « salué la décision du Président Bouteflika », tout en appelant à une « transition d’une durée raisonnable ». « C’est le peuple qui choisit, pas la France », proclamait une grande banderole. « L’Elysée, stop ! On est en 2019, pas en 1830 », date de la conquête de l’Algérie par la France, rappelait une pancarte.​​ On peut donc affirmer que les manifestations qui ont secoué l’Algérie sont inédites depuis l’indépendance et, si elles devaient avoir un comparant, ce serait les célébrations de l’indépendance en juillet 1962.​​ Ni les manifestations du Printemps berbère en 1980 qui étaient circonscrites à la Kabylie et à Alger, tout comme celles de 2001, ni celles d’octobre 1988 réprimées violemment n’ont suscité autant d’union, d’espoirs et de joie. Les manifestations de cette année n’ont pas les mêmes ressorts que celles d’octobre 1988.​​ A l’époque, c’était essentiellement des jeunes qui manifestaient. Aujourd’hui, c’est toute la société qui se retrouve ; on a vu des poussettes, des jeunes, des personnes âgées. Toutes les couches de la société étaient dans la rue.​​ Il est temps que les dirigeants construisent leur légitimité, non plus sur des références historiques, mais sur des projets, sur le vivre-ensemble. Mais l’État algérien est-il capable d’assumer une telle révolution et d’en finir avec la réitération des violences coloniales ? ​​Quoi qu’il en soit, l’heure a sonné pour la jeunesse actuelle algérienne de décider de déraciner ce système qui est en place depuis 1962. En Algérie, la rue, si elle veut, à le pouvoir de tout faire, et elle peut changer n’importe qu’elle décision de ce système corrompu et dictateur ! ​​L’économie est stagnante et le chômage massif en Algérie. Les Algériens ont-ils une âme et ont-ils tiré des leçons de la guerre civile bis ? Espérons qu’ils soient vaccinés de l’islamisme des années 1990 !​​ C’est pourquoi, à l’heure où la révolte gronde, où le cadre constitutionnel se trouve hypothéqué et où le compromis demeure introuvable le dénouement pourrait venir, non plus d’une nouvelle « brèche dans un cercle » du pouvoir, désormais passée de mode et de culture, mais d’une simple remise en question du soutien apporté par une partie de l’État-Major au pouvoir présidentiel.​​ En d’autres termes, il s’agit de racheter le péché des « janviéristes », qui avaient annulé en janvier 1992 le deuxième tour des législatives, remettant en selle le scrutin présidentiel dans les meilleurs délais.​​ Au final, le scénario du pire serait de s’entêter et s’accrocher au pouvoir dans un contexte où le caractère pacifique des protestations est menacé, la répression étant la seule arme du système pour faire taire les Algériens.​​ Et, au vu de la mobilisation d’aujourd’hui, ceux-ci ne vont certainement pas se taire car ce serait alors un plongeon vers l’inconnu et, sans aucun doute, un retour vers les années noires de l’Algérie. D’autant que certains responsables sont prêts à rester aux commandes de l’Algérie, quitte à sacrifier tous les Algériens.​​ Farid Mnebhi.​

Algérie: joie et prudence après le renoncement de Bouteflika à un 5e mandat

Algérie: joie et prudence après le renoncement de Bouteflika à un 5e mandat

Abdelaziz Bouteflika a adressé ce 11 mars une lettre aux Algériens, dans laquelle il annonce notamment ne pas vouloir briguer un cinquième mandat ainsi qu’un report des élections présidentielle, rapporte la chaîne d’information russe RT France indiquant que des manifestations de joie ont éclaté dans le pays. A voir ci-dessous:

Immenses manifestations en Algérie pour écrire l’histoire

Immenses manifestations en Algérie pour écrire l’histoire

TRIBUNE. Le 08 mars 2019, jour de la Femme, de grandes marches populaires et imposantes ont été organisées dans toute l’Algérie, ainsi que dans de nombreux pays étrangers, au cours desquelles les manifestants se  sont opposés au scénario dicté par le pouvoir, qui veut imposer un cinquième mandat en faveur d’Abdelaziz Bouteflika.​​ Du jamais vu en Algérie, de nombreuses femmes, de tous âges, des jeunes filles, des grand-mères, certaines portaient même des tenues traditionnelles et des roses en raison de la Journée Internationale des Droits des Femmes, ont manifesté.​​ Ont également participé à ces manifestations de nombreux maires démissionnaires et tous les partis d’opposition auxquelles des millions d’Algériens à travers le pays, des femmes, des hommes, des personnes âgées, des enfants, tel une déferlante, une multitude ou un torrent, étaient sortis ce 08 mars historique avec, plus que jamais, un seul mot d’ordre : « pas de cinquième mandat pour Bouteflika ! « .​​ Mais au-delà de Bouteflika, c’est l’ensemble de la caste dirigeante qui était visée par les manifestants. « Dites aux voleurs que nous n’allons pas nous taire », ont scandé les protestataires.​​ A remarquer que le peuple algérien a apporté, par ces cinglantes manifestations la réponse qu’il fallait au Général Ahmed Gaïd Salah pour avoir adressé une sévère mise en garde contre ceux qui, selon lui, veulent déstabiliser le pays. Il avait accusé la contestation d’être le fait de certaines parties, qu’il n’a pas nommées, « dérangées de voir l’Algérie stable et sûre » et désireuses de ramener l’Algérie aux « années de braises ». La réponse des manifestants est celle-ci : « Hé, Bouteflika, il n’y aura pas de 5ème mandat. Ramenez les commandos de l’armée et la BRI, il n’y aura pas de 5ème mandat ». ​​Il est à noter qu’un vent de dissidence a touché particulièrement des organisations favorables au 5ème mandat de Bouteflika telle l’Organisation Nationale des Moudjahidine, l’Organisation Nationale des Enfants de Chouhada, l’Association des Anciens du Ministère de l’Armement et des Liaisons Générales  (service de renseignement de l’armée nationale de Libération durant la guerre d’indépendance),   les patrons et les syndicats qui ont apporté leur soutien aux manifestants, apportant la preuve irréfutable que l’alliance  autour de Bouteflika commence à se liquéfier. ​​Des manifestations se sont également déroulés en France, notamment à Paris, à Marseille, à Lyon, à Bordeaux, à Lille et à Nancy entre autres villes, et en Tunisie ainsi qu’en Belgique, en Suisse, en Italie, en Allemagne, aux pays scandinaves, au Canada et aux Etats-Unis d’Amérique.​​ Le bilan humain de cette journée de ces manifestations pour la seule ville d’Alger est d’environ 200 arrestations et 112 blessés ainsi que le saccage d’une partie du Musée National des Antiquités et Arts Islamiques de la capitale algérienne.​​ Force est donc de constater que le pouvoir algérien voit ses soutiens s’évaporer au fil des heures et de confirmer que ce qui se passe actuellement en Algérie ressemble en tout point à  une « révolution de velours », pacifique, à l’image des manifestations dans les pays de l’Est avant la chute du Mur de Berlin de 1989.​​ Les Algériennes et Algériens réclament aujourd’hui de la transparence et de la visibilité face à un pouvoir fermé, opaque et destructeur et ont annoncé des grèves générales dans tous les secteurs de la vie sociale ainsi que la poursuite des manifestations.​​ Farid Mnebhi.

Le peuple algérien refuse le régime en place

Le peuple algérien refuse le régime en place

TRIBUNE. Depuis le 1er mars 2019, le peuple algérien, dans sa globalité, manifeste sa forte répulsion du régime d’Alger et de leur dirigeants, visibles ou invisibles.​​ Que ce soit à Alger, à Oran, à Constantine, à Bouira, à Skikda, à Guelma, à Tiaret, à Sidi Bel Abbès, à Sétif, à Mostaganem, à Tizi Ouzou ou tant d’autres villes et villages ou à Paris, à Toulouse, à Marseille, à Londres, à Bruxelles ou d’autres villes européennes, à Montréal ou au Etats Unis d’Amérique jeunes et vieux, hommes et femmes, ont marché, et continuent de marcher, pour crier leur ras-le-bol, dire leur colère et exiger non seulement le départ de Bouteflika mais de tous les symboles du régime algérien grabataire et corrompu datant de 1962.​​ Il est vrai que les frustrations économiques et sociales dans un pays riche d’hydrocarbures, le manque de libertés, l’humiliation de l’image projetée par un Président cloué dans son fauteuil roulant et le refus d’une éventuelle succession dynastique en la personne de Saïd, le frère du Président, s’imposent aujourd’hui aux manifestants. ​​Lors de l’explosion des printemps arabes, Bouteflika avait mis 180 milliards de dollars sur la table pour apaiser les Algériens, mais même s’il était encore possible en ces temps de faible croissance (+2,3 % prévus en 2019 contre 2,5 % en 2018), le tour de passe-passe ne peut plus fonctionner aujourd’hui, d’autant plus qu’avec la baisse des cours du pétrole ces dernières années, l’économie est en berne ce qui expliquerait la révolte populaire en cours.​​ Le gouvernement Ouyahia a accéléré le recours au financement non conventionnel. En moins de deux ans, la mise à contribution de la planche à billets a représenté l’équivalent de 33% du PIB du pays. Un signe qui ne trompe pas sur l’ampleur de la crise financière que traverse l’Algérie.​​ Malgré un bilan désastreux en vingt année de pouvoir, 1000 milliards de dollars dilapidés sans aucun résultat probant, le clan présidentiel et les véritables détenteurs du pouvoir en Algérie ont décidé, faute d’accord sur un successeur, de proposer, le 03 mars 2019, la candidature de Bouteflika pour un 5ème mandat présidentiel. Mandat présidentiel auquel sera mis un terme dès que le futur successeur sera trouvé par les véritables détenteurs du pouvoir occulte algérien datant des années 1962.​​ Cette décision a été rejetée massivement par les algériens qui ont manifesté toute la nuit du 03 au 04 mars 2019 pour crier leur total refus et leur humiliation. Des manifestations qui se poursuivent et se poursuivront encore.​​ Le peuple algérien dénonce également, haut et fort, la confiscation de la parole et la prise de pouvoir par les militaires. N’ont-Ils pas tué la santé, l’agriculture, l’industrie, l’éducation, le travail, la culture? Pratiquement tous les cinémas et théâtres n’ont-ils pas disparu en Algérie ? Bien sûr que oui ! N’ont-ils pas crée les hitistes, ces jeunes chômeurs qui tiennent les murs à longueur de journée ? C’est certain ! Quelle honte !​​ Depuis 1962, date de son indépendance, l’Algérie est gouvernée par les mêmes hommes, le même système. L’Algérie est à plat, alors que c’est un pays potentiellement très riche. Que laisse-t-on aux générations futures ? Rien !​​ Ces hommes de l’ombre tremblent derrière les hauts portails de leurs villas des quartiers cossus d’El Mouradia ou de Hydra, sur les hauteurs d’Alger, les princes du régime observent avec inquiétude la révolte gronder. Ils savent que ce n’est pas seulement Abdelaziz Bouteflika que les Algériens visent dans leurs cortèges, mais aussi et surtout ses marionnettistes.​​ En ne point en douter, le pouvoir algérien, plus que tout autre, est une véritable boîte noire, renfermant tout un beau monde constitué de la famille de Bouteflika, d’officiers supérieurs, de politiciens, d’hommes d’affaires prédateurs. Ce sont des cercles concentriques communicants.​​ Un triumvirat s’est substitué petit à petit au pouvoir absolu de Bouteflika, lorsque ce dernier a commencé à être malade au début des années 2000, à savoir la famille, les généraux et les hommes d’affaires, tout comme en 1962.​​ Aujourd’hui, le peuple algérien est certain de de vivre une seconde indépendance et chante à tue tête « Tu es grande comme un 1er novembre, tu es jeune comme un 05 juillet, et dorénavant tu es belle comme un 22 février. Algérie, tu seras libre comme un 1er mars et toutes les journées qui suivront ». Les prochaines journées seront-elles annonciatrices d’une IIème République ? A coup sûr que oui !​​ Farid Mnebhi.​

Les algériens refusent la dictature qui la gouverne depuis 1962

Les algériens refusent la dictature qui la gouverne depuis 1962

TRIBUNE. Une impressionnante vague de contestation vient d’éclore en Algérie depuis l’annonce de la candidature de Bouteflika, le 10 février 2019 à un 5ème mandat présidentiel ; une annonce que la très grande majorité d’algériens considère comme le « mandat de la honte ».​​ C’est pourquoi à Alger, Oran, Chlef, Bordj Bou-Arréridj, Annaba, Batna, Béjaïa, Kherata, Biskra, Tizi Ouzou, Oum El-Bouaghi, El-Tarf ou encore à Jijel de nombreux manifestants ont battu le pavé pour dénoncer la candidature d’Abdelaziz Bouteflika aux élections présidentielles prévues le 18 avril 2019. Une fièvre qui a même touché les stades de football sans oublier les réseaux sociaux où un appel à manifester, le 22 février 2019, dans les 48 wilayas a été lancé pour exprimer l’opposition à ce 5ème mandat de Bouteflika, tandis que le mouvement Mouwatana a appelé pour des actions similaires durant la journée du 24 février 2019. ​​Aussi, les manifestants, scandant « Pouvoir assassin », « Bouteflika dégage », « barra !”, “Non au 5ème mandat”, “Contre la dictature de la honte”, “Ulac smah ulac”, “Le peuple veut le changement”, ont lancé un appel au peuple algérien à se mobiliser davantage pour réussir les prochaines marches citoyennes.​​ Même la population Kabyle rejette majoritairement l’option du 5ème mandat pour Bouteflika et exige un changement du régime politique.​​Paris a , elle aussi, connu, le 17 février 2019, un rassemblement de plus d’un milliers d’algériens sur la Place de la République, le 17 février 2019, pour crier haut et fort leur rejet de cette candidature bouteflikienne en scandant « Y’en a marre, y’en a marre de ce pouvoir ».​​ Paris a , elle aussi, connu, le 17 février 2019, un rassemblement de plus d’un milliers d’algériens sur la Place de la République, le 17 février 2019, pour crier haut et fort leur rejet de cette candidature bouteflikienne en scandant « Y’en a marre, y’en a marre de ce pouvoir ».​​ Cette tentative du pouvoir algérien ne cherche en fait qu’à bâillonner les voix qui n’applaudissent pas la candidature de Bouteflika et dont l’Agence France Presse (AFP) vient d’en subir le sort puisque son Chef de Bureau à Alger vient d’être déclaré persona non grata et sommé de quitter le territoire algérien au plus tard le 28 février 2019.​​ Une situation tellement chaotique, qu’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), filiale du groupe terroriste Daech, s’en est pris en particulier à l’Algérie en publiant un message via la Fondation Al-Andalus (outil de propagande d’AQMI sur les réseaux sociaux) dans lequel elle incite « les fidèles musulmans » algériens à combattre les meneurs de la « guerre contre l’islam ».​​ Une menace qui intervient dans un contexte préélectoral délétère et quelques jours après la publication par l’ONU d’un rapport alertant sur la menace des djihadistes qui s’activent fortement en Algérie.​​ Quoi qu’il en soit, ces séries de manifestations ne constituent en fait qu’une cinglante réponse du peuple algérien brimé, oppressé, méprisé et marginalisé et permettront à la population de se libérer de la torpeur dans laquelle elle l’a été plongée depuis deux décennies pour l’empêcher de s’émanciper. ​Farid Mnebhi​

Les dirigeants algériens au bord du gouffre

Les dirigeants algériens au bord du gouffre

TRIBUNE. Nul ne peut, aujourd’hui, contester que les responsables algériens se trouvent à la peine pour définir les conditions d’une éventuelle succession du Président Bouteflika, excepté le Général de Corps d’Armée Gaid Salah.​ Avec un Président Bouteflika aujourd’hui à bout de force et privé de parole , il n’y a plus de pilote dans l’avion algérien. Plus que jamais, le système de gouvernance est une boite noire. Plus grave, l’armée algérienne, qui a toujours été le premier et le dernier recours dans les moments de crise, est divisée comme jamais.​ Dans ce face à face on retrouve trois clans s’affronter au sein de l’institution militaire algérienne dans un duel mortel. Le premier, le plus puissant, est dirigé par le Chef d’Etat-Major et vice-Ministre de la Défense, Gaïd Salah, le second est, quant à lui, regroupé autour du Général Tartag, le patron de la Direction du Service de Sécurité (anciennement DRS) et préposé aux basses oeuvres de Saïd Bouteflika, le frère du Président algérien et enfin le troisième groupe constitué, pour sa part, par les réseaux du Général Mohamed Médiene, dit Toufik, qui fut, pendant un quart de siècle, le Chef de la redoutable DRS et le vrai patron de l’Algérie.​ Aujourd’hui, nul en Algérie ne peut échapper à l’image du Général Gaïd Salah puisqu’il s’offre l’ouverture de tous les JT du pays qu’il occupe pendant de longues minutes. Par ses apparitions quotidiennes, Gaïd Salah transmet le message subliminal qu’est : « Moi ou le chaos ». ​Face à ce potentiel risque, au Palais Zéralda, l’obsession est de gagner du temps dans une espèce de course pathétique vers l’abime. L’objectif de Saïd Bouteflika est de trouver un successeur à son propre frère qui soit susceptible de garantir au clan familial une sécurité judiciaire à l’heure des règlements de compte. ​Face à une telle situation, les décideurs algériens pourraient s’entendre avec l’armée algérienne pour dégager un consensus entre un clan présidentiel considérablement affaibli et un Chef d’Etat-Major plus que gourmand. ​Or, le Général Gaïd Salah parviendra t’il pour autant à restaurer, dans les semaines qui viennent, la cohésion de l’institution militaire ? Saura t’il promouvoir une solution politique qui soit crédible ? Pourra t’il rassurer les Français qui n’aiment guère cet ami des Russes et cet adversaire déclaré du Maroc ? Impossible !​ Les dirigeants algériens, qui se baladent en rouflaquettes, multiplient les exercices militaires à balles réelles, lancent l’exploitation de gaz de schistes bitumeux, laissent mourir des immigrés en plein désert et trafiquent dans la drogue et l’évasion de devises fortes, sont devenus totalement maboules.​ Farid Mnebhi.​