Ouabari Mariotti, ancien ministre : les clignotants sont au rouge dans la plupart des secteurs socio-économiques du Congo

HAUT-ET-FORT. « Dans la plupart des secteurs socio économiques congolais, depuis l’aménagement du territoire, la santé, l’éducation, les transports, jusqu’à l’économie et les finances, ainsi que ces autres branches qui y sont liées, en passant par la culture, l’art et le sport, les clignotants sont au rouge », constate l’ancien Ministre de la Justice, Ouabari Mariotti, dans la tribune ci-dessous. 15 août 1960-15 août 2025- 65 ans. En République du Congo, 65 ans d’indépendance. Et, ici, je redis mes vérités sur ce pays, mon pays que j’aime passionnement. La République du Congo commémore, le 15 août 2025, la 65 eme année de son accession à l’indépendance. Une célébration qui intervient dans un contexte de morosité générale, les Congolais étant particulièrement préoccupés par les obstacles et les soucis qui compliquent, au jour le jour, le cours de leur existence, ou, selon les cas, le déroulement de leurs activités et toutes autres ambitions constructrices. En effet, dans la plupart des secteurs socio économiques congolais, depuis l’aménagement du territoire, la santé, l’éducation, les transports, jusqu’à l’économie et les finances, ainsi que ces autres branches qui y sont liées, en passant par la culture, l’art et le sport, les clignotants sont au rouge. Les sphères concernées ayant besoin d’une autre forme d’attention. Le redressement traine à venir. Et la grogne, diffuse, sur le territoire national, gagne du terrain, dans le pays. Ce qui apparait comme l’indifférence du pouvoir face à ce malaise éloigne la population des autorités, détruisant les rapports de confiance entre celle-ci et les dirigeants. A l’exception du Parti Congolais du Travail, Parti au pouvoir, et de ses alliés politiques, le reste des forces vives de la nation, toutes tendances des formations d’opposition confondues, la société civile et autres personnalités libres de tout engagement, aussi bien de la diaspora que de l’intérieur du pays, en appellent au sens républicain et patriotique du Président Denis Sassou Nguesso. Un appel aux fins de créer les conditions optima d’un sursaut national puissant et d’une véritable réconciliation des Congolais avec eux mêmes, pour un objectif majeur. Répondre plus efficacement aux aspirations légitimes des Congolais et leur assurer une meilleure protection sociale. Ce qui permettrait au Président de la République, capitalisant l’état d’esprit, au sein de la nation, né du sursaut national, de procéder à la convocation d’un dialogue ouvert, sans exclusive, pour des solutions consensuelles aux nombreux défis qu’affronte le pays. Au demeurant, enrayer la crise financière, visible, et se mettre au service de l’indispensable redressement du pays. Les assises du dialogue seraient une opportunité pour le Président Denis Sassou Nguesso de se dépasser pour le Congo. Se déterminer à un retour d’une trajectoire financière crédible dans le pays, notamment par la valorisation du trésor public, un meilleur contrôle des recettes des hydrocarbures et des regies financières. En finir avec le malaise permanent résultant du versement irrégulier des pensions que vivent des corps sociaux dépendant exclusivement des caisses de l’Etat, comme ceux des retraités. Revenir, définitivement, au paiement par virement bancaire des salaires et indemnités imposables de tous les agents des pouvoirs publics et des institutions de la République, avec le traditionnel bulletin de paie, rayant la procédure archaique et sujette à des malversations du versement des traitements en espèces. Le dialogue permettrait, par ailleurs, au Président Denis Sassou Nguesso de donner la preuve de sa volonté de traduire en acte le symbole du Père de la Nation qu’un Président de la République revêt par une mesure spéciale exercée à titre humanitaire. Celle ci consisterait à accorder, aux termes de l’exception, la grâce présidentielle à trois compatriotes, aux dossiers judiciaires particuliers, purgeant de lourdes peines d’emprisonnement. De ces compatriotes, deux d’entre eux, MM. Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa ont été, entre autres, les concurrents défaits du Président Denis Sassou Nguesso, aux élections présidentielles de mars 2016. Sans compter qu’ils ont été, à une époque, ses proches et loyaux collaborateurs, dans les instances militaires, pour le premier, au Gouvernement, s’agissant du second. Le troisième compatriote, un ancien Ministre des Hydrocarbures, sous le Président Pascal Lissouba, M. Benoit Koukebene, purge, depuis 27 ans, une condamnation qui a fini par la force des choses de se muer en exil forcé en France. Un malheur ne venant jamais seul, aux souffrances que subissent les Congolais, en raison de l’âpre conjoncture socio économique que traverse leur pays, demeurent vains, parallèlement, les appels répétés au Président Denis Sassou Nguesso pour demander la convocation de la tenue du dialogue. Et pourtant, les exhortations au dialogue traduisent une détermination responsable de co-entreprise et de partage pour résoudre les problèmes nationaux. Elles seraient, à l’avantage du Président Denis Sassou Nguesso, une chance pour promouvoir la compréhension, renforcer son engagement en faveur de l’apaisement, de l’unité, de la cohésion et de la réconciliation nationales. En effet, par leurs statuts de figures politiques, toujours utiles à leur nation, les Ministres Benoit Koukebene et André Okombi Salissa ainsi que le Général Jean Marie Michel Mokoko prendraient part au dialogue. Au bout du compte, dans l’opinion congolaise, le dialogue amplifierait, au bénéfice du Président Denis Sassou Nguesso, l’image d’un dirigeant rassembleur, au nom de l’intérêt supérieur de la nation. Dans les années 90-91, les peuples africains ne juraient que par les conférences nationales pour sortir leurs pays des blocages de tous ordres qui les tiraient vers le bas. De nombreux Etats, dont la République du Congo, en sont arrivés à ces conférences qui ont valu, par la suite, ce qu’elles pouvaient valoir. Le temps passant, du bien et du mal ont été dits d’elles. Aujourd’hui, en Afrique, la tendance est à l’exploration des vertus du dialogue, comme ligne capitale pour une gouvernance plus juste, plus transparente, plus raisonnable, plus proche des populations, faisant des richeses naturelles du pays des ressources qui profitent véritablement aux nationaux. Le dialogue est également perçue en Afrique comme un outil fraternel, crucial dans la confrontation des idées et l’esprit de conciliation mutuelle, avec une place prépondérante dans la quête de la vérité. Oui, la vérité. Parce qu’à bon nombre de dirigeants, à
République du Congo/Dossier Oxy-Affaire Benoit Koukebene. Quand en finirait- ton? Je voudrais comprendre et je ne suis pas le seul.

PARLONS-EN. L’ancien Ministre congolais des Hydrocarbures, M.Benoît Koukebene a été condamné, dans un dossier Oxy de pétrole, pour crimes économiques, par contumace, par la Cour D’Appel de Brazzaville. Le procès s’est tenu, au lendemain des violences du 5 juin 1997 ayant conduit à la chute de l’ancien Chef d’Etat Congolais, le Président Pascal Lissouba et, conséquemment, à la reprise du pouvoir par le Président Denis Sassou Nguesso. De la peine du Ministre Benoît Koukebene, rien, absolument rien, ne lui a été notifié par une quelconque piste judiciaire. Aucune citation, même pas un courrier de la chambre de l’instruction ayant examiné son affaire, transmise par lettre recommandée, avec demande d’avis de réception par voie d’huissier ou par le biais officiel de l’Ambassade de la République du Congo, en France, lui faisant part de la sanction par contumace. Depuis lors, pour des raisons que l’on pourrait aisément comprendre, l’ancien Ministre Benoît Koukebene, de son lieu d’exil forcé, en France, redoute à se rendre dans son pays qu’il aime profondément et a quitté, en catastrophe, le 15 octobre 1997. Cela par précaution et prudence. Attitude d’esprit d’une personne qui s’applique à éviter des erreurs et par extension, des malheurs possibles. Une posture de circonspection renforcée par l’incomprehensible arrestation, à l’aéroport international Maya Maya de Brazzaville par les services de sécurité congolais, d’un de ses proches portant un nom identique au sien, M. Benoît Bonaventure Koukebene à l’arrivée d’un vol davion, en partance de Dolisie. Il a fallu l’intervention active du Conseiller du Président Denis Sassou Nguesso, M. Assolant Mbys, frère aîné du Ministre Benoît Koukebene, après s’être heurté à quelques obstacles, pour que l’infortuné Benoit Bonaventure Koukebene recouvre la liberté. Celui ci s’en est sorti. le moral et l’énergie au plus bas, ayant souffert des conditions de la détention. M. Assolant Mbys s’en étant allé, et inhumé sur ses terres natales des Pays du Niari, il devient, de plus en plus difficile, au Ministre Benoît Koukebene de se désarmer de ses appréhensions sur un possible voyage au Congo. Suite à l’arrestation de M. Benoît Bonaventure Koukebene, le Ministre Benoit Koukebene a procédé, sans bruit, à différentes démarches pour rentrer en possession du jugement le concernant, rendu par le tribunal. Il n’en a rien. tiré. Et il est regrettable que ces démarches n’aient pas atteint les résultats escomptés. Ainsi, se sont davantage acrrues les apprehensions du Ministre Benoît Koukebene qui, depuis le procès l’ayant condamné, réside à l’étranger, sans la moindre preuve de sa condamnation et sans un seul mot du document transcrivant son jugement. Au cas où ce serait le bradage du pétrole, comme semble être le motif de la condamnation du Ministre Benoît Koukebene, l’on est en droit légitime de se poser des questions. D’abord sur le fond. Si le pétrole a été vendu à vil prix, sous l’égide du Ministre des Hydrocarbures Benoit Koukebene, il va sans dire qu’il en a reçu l’ordre de son Chef d’Etat, le Président Pascal Lissouba. Or, le Président Pascal Lissouba, également condamné dans la même affaire que le Ministre Benoît Koukebene, a été bel et bien gracié par le Président Denis Sassou, avant son décès, le 24 août 2020, à Perpignan, dans les Pyrénées Orientales, en France. Au plan symbolique, on ne peut pardonner le maître, ici le Président Pascal Lissouba, donneur d’ordre, dans un dossier sensible, comme celui du pétrole, et refuser l’absolution à l’élève, en l’occurrence, le Ministre Benoît Koukebene qui a reçu mission d’exécuter l’instruction du maître. Sur la forme, l’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République du Congo en France, M. Rodolphe Adada, en personne, a pris part, de bout en bout, aux obsèques du Président Pascal Lissouba, à Perpignan. Lors de la messe d’action de grâce, à la mémoire du Président Pascal Lissouba, en la Cathédrale Saint Jean Baptiste de Perpignan, la présence de l’Ambassadeur était remarquée. A cette occassion solennelle, j’ai lu l’oraison funèbre, remerciant le geste républicain du Président Denis Sassou Nguesso, au nom de la concorde nationale. Difficile alors de comprendre que cinq ans après la disparition du Président Pascal Lissouba, porté en terre, aministié, son Ministre Benoît Koukebene continue de porter la charge de la condamnation d’une affaire où le Président Pascal Lissouba en était le principal garant, sur le principe de la répartition constituonnelle des prérogatives des pouvoirs entre le Président de la République et un Membre du Gouvernement. Sur la condamnation du Ministre Benoît Koukebene, comme dans celles des prisonniers Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, j’en suis à plusieurs tribunes. Pas moins d’une trentaine. Dans chacune d’elles, j’en appelle au sens de la hauteur et du dépassement du Président Denis Sassou Nguesso, à son esprit de fraternité, de générosité et de cohésion nationale, pour demander la remise en liberté du Ministre Benoît Koukebene et de ses deux compatriotes Le Ministre Benoît Koukebene, reclus en France, ne peut faire le déplacement du Congo pour pleurer sur place ses proches qui le quittent pour l’Eternel Infini. Ainsi, il n’a pu être présent aux funérailles, à Dolisie, de son frère aîné Assolant Mbys. N’ayant pu, également, après la mort, à Paris, de son chef de famille, le grand Journaliste Levy Charles Ngomambi, accompagner la dépouille de ce dernier à Dolisie pour les obsèques. Depuis le procès de l’affaire Oxy, les tribunaux congolais, à Brazzaville, sont toujours en place, quand bien même les mutations des magistrats, à l’intérieur de ces tribunaux, sont intervenues. Ce à quoi s’ajoute la fixité des greffes, en règle de la continuité de l’Administration judiciaire. Ce qui n’empêche donc pas que la notification au Ministre Benoît Koukebene de sa condamnation pour bradage du petrole, lui soit, en bonne et due forme certifiée. Un Benoît Koukebene, pas convaincu de ce qu’après le départ du Ministre des Hydrocarbures qu’il a été, sous le Président Pascal Lissouba, le pétrole congolais profite, à fond aux Congolais et au développement du Congo. L’argent du petrole, particulièrement celui généré par la SNPC, comme d’ailleurs, celui issu des services douaniers et des impôts, n’ayant qu’un seul lieu
Benoît Koukébéné : On n’est pas obligé d’envoyer M. Denis Sassou-Nguesso à la CPI

« Nous continuerons la mobilisation, car nous pensons que M. Denis Sassou-Nguesso doit partir. Nous trouverons les formes pour qu’il parte, mais il doit partir. S’il ne veut pas, le peuple sera mobilisé. Denis Sassou-Nguesso contraint les gens à une migration intérieure, il a des armes et il tue. Lorsqu’un peuple est massacré et acculé, il a droit à l’insurrection. Mais c’est l’étape ultime, la dernière solution quand plus rien d’autre ne peut marcher », a déclaré Benoît Koukébéné dans un entretien accordé au journal Lepoint Afrique « Pour libérer notre pays de la tyrannie de M. Denis Sassou-Nguesso, il y a trois voies possibles : les armes, l’insurrection, que j’ai évoquée plus haut, et la négociation-concertation », a soutenu l’Ex-ministre de Pascal Lissouba. Benoît Koukébéné, qui a instauré dans le secteur pétrolier congolais les contrats de partage de production, a expliqué que « Nous allons essayer de faire partir M. Denis Sassou-Nguesso par la concertation, en impliquant des médiateurs, de préférence africains, éventuellement épaulés par des pays démocratiques comme la France. Mais il faut comprendre que Denis Sassou-Nguesso craint la Cour pénale internationale (CPI). Il a donc peur. C’est un humain ». Ce responsable politique a toutefois assuré que « pour l’instant, nous n’entendons pas utiliser des armes contre lui et créer des désordres qui amèneraient encore plus de morts. À cette étape, il faut discuter avec lui. S’il ne veut pas partir parce qu’il a peur, on lui proposera de partir, à Oyo s’il veut, et d’examiner les problèmes ensuite. On n’est pas obligé de l’envoyer à la CPI. C’est cela notre stratégie ».
Benoit Koukébéné: Sassou Nguesso prépare le chaos au Congo

« C’est un vrai chaos qui se prépare au Congo et même en face en RDC», a déclaré Benoit Koukébéné, dans un entretien avec la PANA. «Ce chaos qui se prépare dans cette sous région peut nous amener à des choses inimaginables. Telles que les choses se déroulent, on ne sait pas ce qui va nous arriver. On peut nous introduire Boko Haram qui est déjà dans certains pays africains. Ça peut arriver chez nous. Nous redoutons cela et c’est pour cela que nous demandons au président Sassou de partir avant qu’il ne soit trop tard», a poursuivi l’ancien ministre des Hydrocarbures de l’ex-président Pascal Lissouba, de juin 1993 à octobre 1997.