Félix Tshisekedi, Israël et les intérêts ignorés de la RDC

Félix Tshisekedi, Israël et les intérêts ignorés de la RDC

TRIBUNE. Le gouvernement de la RD Congo soutient Israël dans le bras de fer qui l’oppose à la Cour pénale internationale (CPI) dans le dossier de Gaza. Selon la presse belge, Kinshasa, reprenant la thèse israélienne, a envoyé à La Haye ses «observations écrites» niant la compétence de la Cour dans la guerre qui ensanglante l’enclave palestinienne. Une posture d’autant plus surprenante qu’elle est très éloignée de celle de l’Union africaine et de la communauté internationale sur la question de Gaza. Est-ce que Félix Tshisekedi et son régime mesurent-ils la portée d’une telle action sur l’image de la RDC et de sa diplomatie ? Que doit penser l’Union africaine de tout ceci ? Que doit penser l’Afrique du Sud, fer de lance de la plainte pour génocide contre Israël devant la CPI et élément essentiel du dispositif de la mission de la Communauté de développement de l’Afrique australe en République démocratique du Congo (SAMIDRC) ? Le moins que l’on puisse dire est que Félix Tshisekedi a le don de ne pas se faire des amis et/ou des alliés sur la scène internationale. Il ne faudrait pas être surpris si l’Afrique du Sud se montrait de plus en plus indifférente au sort de la RDC dans le dossier M23/Rwanda… La position de la RDC a de quoi énerver la raison. D’une part, on vocifère contre la communauté occidentale, qui semble fermer les yeux sur l’agression rwandaise de la RDC, et d’autre part on soutient un État israélien qui mène une politique de génocide contre la population de Gaza au mépris du droit international, des résolutions de l’ONU et de l’Union africaine. Comme je l’ai souligné en septembre 2023 lorsque Tshisekedi confiait [à Benjamin Netanyahu] vouloir installer l’ambassade de la RDC à Jérusalem au mépris des résolutions 252 (1968), 476 (1980) et 478 (1980) du Conseil de sécurité de l’ONU, le renforcement des relations bilatérales avec un État ou un allié n’autorise pas n’importe quelle décision. Certains alliés de l’État d’Israël en Occident, dans le monde arabo-musulman ainsi qu’en Afrique, n’ont pas franchi le pas que vient de franchir la RDC sous Félix Tshisekedi. Même le Rwanda de Paul Kagame, qui est pourtant réputé proche d’Israël, semble faire profil bas dans le dossier de Gaza. Mais Félix, lui, fonce tête baissée, semblant privilégier les intérêts de l’État d’Israël au détriment de ceux de la RDC. Tout ça parce qu’il est protégé par des mercenaires israéliens issus du Shin Bet, en plus d’être conseillé par un groupe de soi-disant pasteurs et fanatiques religieux de la secte Philadelphie confondant religion et géopolitique… Par Patrick Mbeko

Israël et son armée en difficulté comme le Congo

Israël et son armée en difficulté comme le Congo

TRIBUNE. Le jusqu’au boutisme du Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses Hommes à se maintenir au pouvoir coûte que coûte malgré des centaines de militaires morts ainsi que l’économie Israélienne qui se désagrège ont des grandes similitudes avec la gouvernance hasardeuse du clan Denis Sassou Nguesso. Depuis le conflit larvé entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense, Yoav Gallant suivi des contestations de la population, de la fatigue et aux pertes quotidiennes à Gaza des Hommes de Tsahal, les problèmes s’accumulent pour l’armée israélienne et son État. Du 1er au 25 juin, Tsahal a perdu des dizaines d’Hommes dans diverses explosions à Gaza (c.f. The Times of Israël, Europe 1, Anadolu Ajansi, Le Monde.fr, the cadrle.co). Au moment où nous mettons sur presse, Statista Research Department et bien d’autres sources font état de plus de 300 soldats morts et près de 2.000 blessés Israéliens. Ce bilan est, quoi qu’on dise, interpellant pour l’une des armées les plus puissantes et mieux équipées au monde. Cette armée en conflit avec des “ fourmis ” dans une superficie de 360 Km2 est dotée des avions, de matériels très sophistiqués, des armes et bombes de toutes catégories. Les pertes quotidiennes dans les rangs de Tsahal font monter la pression au sein de l’opinion nationale. Pendant ce temps, l’état-major israélien ne cesse d’alerter sur la fatigue des hommes en treillis et le risque de manquer des soldats pour continuer à mener la guerre avec la même intensité contre le Hamas et le nouveau front Hezbollah au Liban (Ha’Aretz du 18/06/2024, Courrier International, France 24). Selon Ahron Bregman, politologue et spécialiste du conflit israélo-palestinien au King’s College de Londres, depuis la dissolution de six divisions ces vingt dernières années, Tsahal manque plus de dix milles (10.000) soldats supplémentaires. Conséquence, sous prétexte d’augmenter le volume d’aide humanitaire entrant à Gaza alors que, c’est pour faire reposer ses troupes, l’état-major a décidé d’une pause tactique tous les jours de 8-19h. Les objectifs de détruire le Hamas s’évaporent en l’état actuel des Forces israéliennes. Pour preuve, le Tsahal vient d’annoncer, après des bombardements massifs à Rafah, qu’il terminait son opération dans cette zone (France24). La vérité, c’est qu’elle essuie une résistance qui frise l’échec voire une défaite de fait. Selon des sources concordantes, bien que l’économie israélienne se redresse, elle a pris un sacré coup depuis le pogrom du 7 octobre 2023. On note une contraction de 21,7% du PIB au premier trimestre 2024, ce qui a emmené précédemment, l’agence Moody’s a baissé sa note. L’effondrement de la consommation intérieure de 26,9% et le chômage dont le taux est actuellement évalué à 3,4%, c.f. bureau central des statistiques israélien. Une des explications de cette décadence est le fait que plusieurs jeunes et réservistes ont rejoint l’armée et les Palestiniens ne traversent plus pour travailler. Dans ce contexte, l’investissement en général et notamment celui de l’immobilier a considérablement chuté en Israël. De même, l’activité entrepreneuriale, le bâtiment et l’agriculture tournent au ralenti. Le secteur technologique, moteur de la croissance israélienne, n’a pas non plus été épargné par les effets de la guerre à Gaza, ce qui explique que des milliers de personnes ne travaillent plus. La pression de l’opposition internes sur la guerre disproportionnée que mène Israël et l’échec de Benjamin Netanyahu n’arrangent pas les choses, en témoignent les heurts qui opposent, depuis le 17 juin, les forces de l’ordre aux manifestants. Eu égard à cela, l’adoption d’une nouvelle loi pour mobiliser les ultraorthodoxes et prolonger d’un an le temps durant lequel les réservistes seront réquisitionnés ne serait que peine perdue avec des problèmes de commandement stratégique qui se posent au plus haut niveau. Cela ressemble exactement au leadership congolais qui bégaie. Comme en Israël, le Congo est en difficulté à cause de ses dirigeants rejetés par 89% des populations. En effet, malgré la manne issue de nouveaux gisements de gaz, de puits pétroliers, des dons et legs mais aussi des crédits de facilités par le FMI, le Congo est en cessation de paiement. Les parlementaires, les universitaires, les agents de la présidence, de la primature, des centres hospitaliers, les retraités et les étudiants, etc., comptabilisent plusieurs mois d’arriérés. Les investisseurs qui veulent être payés doivent céder plus de 30% de leurs créances à la CCA… Conséquences, la corruption, les actes de banditisme ou, simplement les « antivaleurs » croissent vertigineusement. Les congolais ont maille à partir avec leurs dirigeants qui les maintiennent en état de paupérisation sans précédent et qui ne respectent pas la Loi de la constitution taillée sur mesure pour Denis Sassou Nguesso comme le témoigne, les accords entre le Rwanda et le Congo mais aussi, le référendum pipé d’avance que veut organiser le gouvernement. Nombreuses des personnes interrogées ont des yeux rivés au conseil d’administration du FMI où, Anatole Collinet Makosso, Ludovic Ngatsé, Jean Baptiste Ondaye et leur lobby, au-delà des petits malentendus et des erreurs administratives, travaillent pour obtenir des résultats le 10 juillet prochain. Il sied de dire, que la tension que suscite le dossier sur le Congo, est palpable dans les coulisses du fonds monétaire international comme nous venons de le constater lors du dépôt de notre lettre ouverte : d’un côté, les opposants et certains collabos de Sassou qui ne veulent plus du gouvernement Makosso ll et de l’autre, les réseaux de Collinet Makosso et de M. Sassou. Avec des pénuries d’électricité et d’eau, le manque d’hôpitaux, couplé aux injustices, aux méchancetés de tous bords, le malaise qui peut imploser le Congo gagne du terrain surtout que les pillards de la république continuent à se la couler douce. Ghys Fortune BEMBA DOMBE

RDC. Félix Tshisekedi ou l’art de ne pas se faire des amis à l’international

RDC. Félix Tshisekedi ou l’art de ne pas se faire des amis à l’international

TRIBUNE. C’est une information qui est passée sous les radars, alors qu’elle mérite une attention particulière. En marge de la dernière Assemblée générale des Nations unies, Félix Tshisekedi a rencontré le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et lui a promis d’installer l’ambassade de la RDC à Jérusalem dès que l’ouverture de l’ambassade d’Israël à Kinshasa sera effective. Une décision d’autant plus surprenante qu’elle est très éloignée de celle de l’Union africaine et de la communauté internationale sur la question de Jérusalem. Doit-on rappeler à Félix Tshisekedi que la grande majorité des pays à travers le monde se sont gardés de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël ? Même des pays, qui avaient à l’époque suivi le choix entrepris par les États-Unis sous Donald Trump de reconnaître la Ville sainte comme capitale de l’État hébreu (déplaçant l’ambassade américaine de Tel-Aviv vers cette ville), sont revenus sur leur décision. C’est notamment le cas de l’Australie, alliée d’Israël certes, mais qui a fait le choix de revenir à la raison en s’alignant sur la position de la communauté internationale. La ministre des Affaires étrangères, Penny Wong, a même qualifié la décision du précédent gouvernement de «cynique». Elle l’a accusé d’avoir été avant tout préoccupé à l’époque par une élection partielle se déroulant dans une circonscription comptant une population juive importante. Si un pays comme l’Australie, grande alliée d’Israël, est revenu sur sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, comment comprendre la position de la RD Congo, qui semble aller à contre-courant sans mesurer la portée d’une telle décision sur l’image du pays et de sa diplomatie ? Comment la RDC sera-t-elle perçue par les autres du pays du continent africain et l’Union africaine ? Comment sera-t-elle regardée par les pays arabo-musulmans ? N’y a-t-il pas quelqu’un à Kinshasa pour expliquer à Félix Tshisekedi et à son ministre des Affaires étrangères que le statut particulier de Jérusalem a été reconnu par les résolutions 252 (1968), 476 (1980) et 478 (1980) du Conseil de sécurité de l’ONU et la résolution 181 de l’Assemblée générale ? À ce jour, seuls les États-Unis, le Guatemala, le Honduras et le Kosovo ont ouvert des représentations diplomatiques à Jérusalem. C’est dire… Le renforcement des relations bilatérales avec un État ou un allié n’autorise pas n’importe quelle décision. Même les alliés les plus importants de l’État d’Israël en Occident, dans le monde arabo-musulman ainsi qu’en Afrique, n’ont pas franchi le pas que s’apprête à franchir la RDC sous Félix Tshisekedi. Autant dire que le monsieur a le don de ne pas se faire des amis et/ou des alliés sur la scène internationale. Au final, il ne faudrait pas être surpris de constater que pas grand monde ne s’intéresse à l’agression dont la RDC est victime de la part du Rwanda… malgré les vociférations, les jérémiades et les cris d’orfraie de Tshisekedi et de ses hommes. La RDC paie le prix fort de ses errements sur la scène diplomatique… Par Patrick Mbeko