Congo/BDEAC. Dieudonné Evou Mekou, installé dans ses nouvelles fonctions de président

Le nouveau Président de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) a été installé dans ses nouvelles fonctions, samedi 18 juin 2022, à Brazzaville (République du Congo). C’était à l’issue de l’Assemblée générale extraordinaire présidée par Madame Nicole Jeanine Lydie Roboty Epse Mbou, Ministre de l’Economie et de la relance du Gabon, présidente en exercice de cet organe. L’ordre du jour portait sur l’installation de Monsieur Dieudonné Evou Mekou, en qualité de Président de la BDEAC, matérialisant ainsi la décision N°01 22/CEMAC-BDEAC-CCE-P du 14 avril 2022 de la Conférence des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), qui avait décidé de lui confier ce poste. Au cours de cette Assemblée générale, les actionnaires ont assisté à la cérémonie de passation de pouvoir entre Monsieur Fortunato Ofa Mbo Nchama, de nationalité équato-guinéenne, Président sortant de la BDEAC et Monsieur Dieudonné Evou Mekou, Président entrant. L’Assemblée générale a unanimement félicité le Président sortant pour son bilan élogieux accompli au cours de son mandat, couvrant la période 2017-2022. Ils ont également exprimé leur entière confiance à Monsieur Dieudonné Evou Mekou quant à la poursuite des réformes et l’amélioration continue de la performance de l’institution. Dans son allocution de circonstance, le nouveau Président de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale a exprimé sa gratitude envers les Hautes autorités de la CEMAC pour marque de confiance. Il a promis, en retour, de faire de la BDEAC une institution dont la communauté sera plus que fière, et de la mettre entièrement au service du financement des besoins en développement de chacun des six Etats membres, conformément aux missions qui avaient été assignées à cette banque par les pères fondateurs. Le Président sortant a remercié les autorités de la sous-région et l’ensemble des actionnaires de la confiance placée en sa personne pour gérer ce poste stratégique. Monsieur Dieudonné Evou Mekou possède un leadership de haut niveau dans le management bancaire et une profonde connaissance de l’environnement financier local et international. Il démontre ainsi d’innombrables atouts pour poursuivre la transformation de la banque et mettre en œuvre une stratégie de levée de ressources efficientes, autant sur le marché financier sous régional qu’international, en vue du financement des projets de développement. Avant sa nomination à ce poste, il était Vice-gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC). Il a également occupé les postes d’Administrateur Directeur général adjoint du Crédit Lyonnais-Cameroun et de Directeur général de la Caisse autonome d’amortissement du Cameroun (CAA).
BDEAC. Le président Fortunato-Ofa Mbo Nchama partira, partira pas?

TRIBUNE. Comment expliquez la continuité du mandat du désormais ex- président de la Bdeac, Fortunato-Ofa Mbo Nchama, au-delà de la date de sa fin qui était prévue le 18 mars 2022? Quelle est alors la pertinence juridique des engagements qu’il continue à prendre au nom de la Banque? L’effet contagion du mandat supplémentaire ou de « transition flexible », à la mode en Afrique, serait-il entrain de hanter la démarche silencieuse et malicieuse de l’ancien président de la Bdeac? Des questions qui méritent d’être posées, au risque d’assister à la dégradation de la qualité de la signature de la Banque que Fortunato-Ofa Mbo Nchama a pourtant merveilleusement soignée pendant ses 5 ans de gouvernance. Enquête. En notre qualité d’envoyé spécial de Jeune Afrique Économie, nous avions pu nous rendre compte en 2005 que les grands équilibres financiers que sont la solvabilité, la liquidité et la rentabilité n’étaient plus en corrélation avec le financement du développement, la principale mission de la Bdeac. La lecture du rapport confidentiel y relatif, auquel nous avions eu accès, commis par la Cobac (Commission bancaire d’Afrique centrale) donnait des crises d’urticaire. Bref, la qualité de la signature de la Bdeac s’était considérablement dégradée. Da honorem ubi honor est: l’Equato Guinéen Fortunato-Ofa Mbo Nchama a le mérite d’avoir pu rétablir les ratios de solvabilité en rendant surliquide la Banque. Qui joue désormais à merveille son rôle de financier du développement infrastructurel des pays de la sous-région Cemac, avec, en perspective, un rêve d’expansion vers le Burundi, Rdc, Rwanda… Est-ce à cause de ce bilan élogieux que l’ancien président de la Bdeac, qui n’a pas voulu répondre à nos questions, use d’artifices politiques voire juridiques pour tenter de bénéficier d’une rallonge de mandat, une espèce de « transition flexible « , en voulant créer un précédent? S’il est vrai, selon nos sources, que l’audit sur la gestion du président sortant, prévu 3 mois avant la fin de son mandat afin de marquer une rupture avec son successeur, n’a pas eu lieu, force est aussi de constater que Fortunato-Ofa Mbo Nchama continue à engager la signature de la Banque, au mépris du respect stricto sensu des statuts. Il n’a plus qualité de président de la Banque depuis le 18 mars 2022. Qui plus est, son successeur, le camerounais Évou Mekou Dieudonné, obligé de se ronger les ongles à Yaoundé, a été nommé le 13 avril dernier par Paul Biya, le président en exercice de la conférence des Chefs d’Etat de la Cemac, conformément au principe rotatif, par ordre alphabétique, de gestion des institutions de la sous-région Cemac. Il n’en fallait pas plus pour que le Tchad (par pure coïncidence avec la présence, à Ndjamena, de Fortunato-Ofa Mbo Nchama?) revendique, à tort, son droit statutaire de gestion rotative de la Bdeac. Bien malicieuse astuce pour créer un précédent, étant donné que le Tchad ne peut à la fois, conformément aux textes communautaires, diriger au même moment 2 grandes institutions de la Cemac : Beac et Bdeac. Par conséquent, le temps que le mandat du tchadien Abbas Tolli, à la tête du gouvernorat de la Beac, arrive à terme, et qu’un autre tchadien prenne les commandes de la Bdeac, peut-être, Fortunato-Ofa Mbo Nchama voudrait-il jouer les prolongations, sous forme de « transition flexible ». Faut-il noter que Biya, champion des absences aux différents sommets cemac, avait été sanctionné par ses pairs lors du sommet de Malabo au cours duquel un camerounais devait logiquement prendre les commandes de la Bdeac. Obiang en a profité pour imposer son candidat devant le silence observé par le premier ministre camerounais, en sa qualité « petit frère face aux aînés ». Yaoundé, qui avait momentanément boudé cette décision en jouant à la politique de la chaise vide à la Bdeac, avait fini par obtenir l’assurance corrective des autres États membres, juste après le mandat de l’Equato Guinéen. Ce qui est chose faite à travers la nomination de Evou Medou Dieudonné, précédemment vice-gouverneur de la Beac à Yaoundé. Pendant que l’ancien président de la Bdeac s’accroche, il y a lieu de se demander si les dispositions statutaires de la BDEAC sont- elles si incomplètes qu’elles ne permettent pas de gérer les fins de mandat de ses dirigeants? Non. « Le Vice-Président seconde le Président, et en cas d’absence ou d’empêchement, le supplée », peut-on y lire dans les statuts de la Bdeac adoptés en 2019. À dire vrai, Fortunato-Ofa Mbo Nchama a tant apporté à la Bdeac qu’il ne devrait pas en sortir par une porte dérobée. Dieu seul sait qu’il pourra rebondir dans une autre institution communautaire. Il faut savoir quitter les choses avant qu’elles ne vous quittent. Par Alphonse Ndongo Journaliste économique et financier.
La BDEAC et le Congo signent un accord de prêt de 100 milliards de F CFA

Vendredi 10 décembre 2021 à Brazzaville, Fortunato-Ofa Mbo Nchama, Président de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC), et Rigobert Roger Andely, Ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, ont signé l’Accord de financement de 100 milliards de F CFA par la BDEAC, pour la réalisation de la première phase du Projet d’aménagement du Corridor multimodal Brazzaville- Ouesso (République du Congo)- Bangui (République centrafricaine) – N’Djamena (République du Tchad). « Dans le cadre de cette phase, l’intervention de la BDEAC sur le territoire congolais concerne principalement le bitumage de la section de route Ouesso-Pokola, longue de 50 km ; la construction d’un pont de 616 mètres sur la rivière Sangha et l’aménagement minimum du tronçon Pokola (dans le département de la Sangha) – Betou (dans le département de la Likouala). Le projet inclut également quelques aménagements connexes au niveau de la ville de Pokola », a précisé Fortunato-Ofa Mbo Nchama. Ce dernier a souligné les avantages économiques, sociaux et environnementaux de ce projet, ainsi que l’intérêt affiché par le gouvernement congolais pour cette phase du Corridor, en ces termes : « Au plan économique, ce projet contribuera à la réduction du coût et de la durée du transport entre la frontière centrafricaine et Ouesso. Ce qui entraînera des gains financiers susceptibles d’être orientés vers le développement des activités économiques dans la zone. Les avantages économiques, sociaux et environnementaux du projet confirment bien son importance pour le Congo, en particulier, et pour l’Afrique centrale, en général. Mais, c’est surtout l’intérêt déterminant affiché par le gouvernement congolais pour ce projet qui a motivé la BDEAC quant à l’urgence de son financement. A travers la mise en œuvre du présent projet, le Congo participera à la réalisation des programmes intégrateurs en matière de liaison routière entre les capitales des six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ». Pour sa part, le gouvernement congolais, représenté par Rigobert Roger Andely, a remercié, à travers ce prêt de 100 milliards de F CFA, l’accompagnement de la BDEAC dans le renforcement de la position de ‘’pays de transit’’ qu’a toujours occupé le Congo pour ses voisins, depuis la colonisation. Il a plaidé, à juste titre, pour un effort de financement supplémentaire de la part de cette banque, pour la réalisation de la bretelle de Betou. Car elle désenclavera le département de la Likouala, comme l’a toujours souhaité le président congolais, Denis Sassou-N’Guesso. Le Ministre Andely n’a pas manqué de solliciter l‘assistance de la BDEAC pour la réalisation du Plan national de développement (PND 2022-2026), en cours d’élaboration par le gouvernement congolais. Ce Plan quinquennal met un accent particulier sur la diversification de l’Economie. Enfin, le Ministre Andely a saisi l’occasion pour inviter les pays membres de la CEMAC à se serrer les coudes pour que vive longtemps la BDEAC, malgré la conjoncture. Car, «la BDEAC, c’est notre instrument de développement », a-t-il conclu. A noter que l’éclat de la cérémonie a été rehaussée, notamment, de la présence de Madame Olga Ingrid Ghislaine Ebouka-Babackas, Ministre de l’Economie, du plan, de la statistique et de l’intégration régionale ; de Marcel Ondélé, Vice-président de cette banque de développement sous-régional ; et des conseillers ministériels.
BDEAC: 9,8 milliards de fcfa de bénéfices réalisés en 2020, soit 153% des prévisions budgétaires

Le Conseil d’Administration de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC) s’est réuni mercredi 9 juin 2021, par visioconférence, au siège de la Banque à Brazzaville (République du Congo), sous la Présidence de Monsieur Ludovic Ngatsé, Ministre délégué chargé du Budget, représentant Monsieur Rigobert Roger Andely, Ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public. Au cours de cette réunion, le Conseil d’administration a examiné, entre autres points inscrits à l’ordre du jour, le Rapport annuel d’activités de l’exercice 2020. Sur ce point, le Conseil s’est félicité de la bonne tenue des activités de la BDEAC en 2020, malgré un contexte sanitaire difficile, marqué par la COVID-19. Le Conseil a notamment relevé une forte progression des demandes de financement (63 en 2020, contre 18, il y a 4 ans, en 2017). Dix-neuf (19) financements ont été approuvés pour un montant de 186 milliards de F CFA, qui ont permis la création de 4.600 emplois et impacté 24 millions de personnes par le financement de la lutte contre la COVID-19. En outre, la BDEAC a décaissé en 2020 un montant de 118 milliards de F CFA, en faveur des opérateurs économiques de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), contre 49 milliards de F CFA décaissés en 2019. Les administrateurs se sont également réjouis du volume des ressources mobilisées par la Banque en 2020 (249 milliards de F CFA), ainsi que de la bonne qualité du portefeuille, dont les créances performantes représentent 96,8%). Examinant les comptes clos de l’exercice 2020, le Conseil d’administration a, d’emblée, relevé les bonnes performances réalisées par l’Institution, malgré le contexte marqué par la pandémie de la COVID-19. En effet, les activités déployées en 2020 se traduisent par un résultat net bénéficiaire de 9,8 milliards de F CFA, soit 153 % des prévisions budgétaires. Concernant les dossiers de financement en faveur des secteurs publics et privés, le Conseil a examiné et approuvé dix (10) propositions de financement, pour un montant de plus de 182 milliards de F CFA. Ces nouveaux financements portent à un montant sans précédent de 733 milliards de F CFA, le total des engagements de la BDEAC, depuis la mise en œuvre du Plan stratégique 2017-2022, dont l’objectif initial était de 500 milliards de F CFA. Ceci traduit une performance historique largement en dépassement des prévisions. Les nouveaux engagements pris concernent aussi bien le secteur public que privé, couvrant des domaines aussi variés que le transport ; l’énergie, l’agriculture et l’agro-industrie ; l’industrie ; la santé ; l’éducation ; les services et le tourisme urbain ;l l’eau et l’assainissement ; les finances. Globalement, la réalisation de ces projets aura de nombreux impacts socio-économiques dans la sous-région, tels que l’amélioration des conditions de vie des populations ; la réduction du chômage, à travers la création d’emplois ; la contribution à l’accroissement du Produit intérieur brut (PIB) des Etats. Ces projets sont en parfaite cohérence avec les Plans de développement national (PDN) des pays de la CEMAC et le Plan stratégique 2017-2022 de la BDEAC. La Banque affirme ainsi sa volonté d’aider les Etats dans le processus de transformation structurelle de leurs économies et dans le développement des infrastructures devant leur permettre d’accélérer l’intégration physique et commerciale de la sous-région.
BDEAC : Validation du document de stratégie relatif aux projets à fort impact économique

Le Conseil d’administration de la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BdEAC) a procédé, le 10 juillet 2020, en visioconférence, à la validation du document de stratégie d’intervention en faveur de la République du Congo, axé uniquement sur les projets à fort impact économique du Plan national de développement (Pnd) 2018-2022. Les Etats membres de cette institution ont retenu le Congo parmi les bénéficiaires des treize propositions de financement des projets approuvés. Ils englobent les secteurs de la santé, de l’eau, de l’assainissement, de l’agro-industrie, des transports et des finances. Ce document est un cadre de référence des interventions de la BDEAC au Congo pendant les trois prochaines années. Depuis 2019, les deux parties discutent sur le financement des travaux de construction d’un port minéralier, de la réhabilitation du Chemin de fer Congo océan (CFCO) et de l’érection du barrage de Sounda dans le département du Kouilou. Il permet également de booster la diversification de l’économie congolaise, en favorisant la dynamique du secteur privé et la création d’emplois. Ce document est une feuille de route propre au Congo. Pour le président de la BDEAC, Fortunato Mbo Nchama, ce document a été validé par cette institution financière et le gouvernement congolais pour que les interventions de la banque soient visibles et prévisionnelles. Les membres du conseil d’administration ont également planché sur la situation financière de la banque dans un contexte de crise sanitaire due au coronavirus. « La Bdeac se porte bien », a rassuré M. Mbo Nchama. Les indicateurs clés de la banque sont en outre en hausse, avec un bénéfice de 15,2 milliards de Fcfa en 2019, contre 11,5 milliards de Fcfa un an plus tôt, soit une hausse de 32%. Le produit net bancaire est en hausse de 4%, tandis que le total du bilan s’établit à 459,8 milliards de Fcfa, contre 428,6 milliards de Fcfa à la clôture de l’exercice précédent, soit un accroissement de 7%, a-t-on noté. Dès le début de la pandémie de la Covid 19, cette institution a réagi par le décaissement d’une enveloppe de trois milliards de Fcfa pour soutenir les pays membres dans la lutte sanitaire. Tenant compte de cela, M. Mbo Nchama a noté que la banque sera obligée de revoir les calendriers d’exécution de certains projets et le report des échéances de remboursement des crédits. Le conseil a approuvé une enveloppe de 155 milliards de Fcfa, soit 90 milliards de Fcfa destinés à la lutte contre la pandémie et ses effets économiques, et 65 milliards de Fcfa pour le financement des projets de développement. Les décisions adoptées au cours de ce conseil d’administration seront soumises à l’assemblée générale de la banque, prévue le 13 juillet prochain, a-t-on appris. Florent Sogni Zaou
Économie: la BDEAC dotée de nouveaux documents fondamentaux

L’assemblée générale de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC) a procédé, le 17 janvier 2019 à Brazzaville, à l’adoption des statuts et des textes portant sur la stratégie globale du financement de la banque sous régionale. Ces nouveaux documents ont été approuvés dans le cadre des réformes de l’institution, évoquées par les chefs d’Etat des pays membres de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) lors du sommet d’octobre 2018 à N’Djamena au Tchad. Pour le ministre tchadien des finances, Allali Mahamat Abakar, ces réformes ont été transcrites dans les textes de la BDEAC. C’est une réunion capitale pour le renouveau et la renaissance de la banque, ajoutant que cette réunion essayait de mettre la BDEAC aux standards internationaux pour qu’elle réponde aux attentes et aux besoins de nos économies actuellement en souffrance. Il a estimé, en tant que président sortant de l’assemblée générale de la BDEAC, que l’adoption de ces textes consacre la relance des bases de la réforme de cette institution communautaire. Ces nouveaux documents n’autorisent plus au président de la banque de présider le conseil d’administration. Cette charge revient désormais au président de l’assemblée générale, en l’occurrence un ministre des Finances des pays de la sous-région. Par ailleurs, dans la même optique, il a été mis en place des comités d’audit, de paiement des salaires et de crédit de la BDEAC. En sa qualité de président entrant de l’assemblée générale de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale, le ministre camerounais des finances, Louis Paul Motaze, a rappelé la nécessité de renforcer les performances de cette banque en charge du financement des projets de développement communautaire. Florent Sogni Zaou
BDEAC : Le Tchad à la tête de l’Assemblée Générale des actionnaires

«Nous mettrons tout en œuvre pour sauver ce très beau outil de développement. Je pense qu’avec l’appui du personnel de la BDEAC et de mes collègues ministres des Finances de la zone, on devra pourvoir arriver à de bons résultats », a déclaré le 24 juillet 2017 à Brazzaville, le nouveau président de l’assemblée générale de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC), le tchadien Christian Georges Diguimbaye. M. Diguimbaye a hérité de Miguel Engonga Obiang Eyang qui vient lui céder le témoin. Il s’est dit conscient de l’ampleur de la tâche qui l’attend. La présidence tchadienne est censée suivre la feuille de route qui venait d’être approuvée, dont les financements des PME locales et des projets intégrateurs. Outre l’installation de la présidence tchadienne, l’AG a également validé la désignation de deux nouveaux administrateurs et la nomination du co-commissaire aux comptes de la banque. Outre cette entrée en service, la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) a adopté un nouveau plan stratégique 2017-2022 fondé sur la diversification des économies. Avec l’entrée du Maroc dans le capital de la BDEAC et l’octroi d’un prêt de 26 milliards FCFA par la Banque de développement de Chine, elle compte mobiliser d’autres investisseurs étrangers. L’assemblée générale des actionnaires a également examiné les comptes du 40e exercice social de la banque arrêtés au 31 décembre 2016 et l’évolution des principaux indicateurs de gestion, dont le produit net bancaire en augmentation de 12% depuis l’année dernière. Les décaissements au titre des projets ont progressé pour s’établir à 148 milliards de FCFA, contre 55 milliards en 2015. S’agissant de la politique de mobilisation des ressources, les actionnaires de la banque se sont félicités des actions menées pour faire adhérer des actionnaires hors espace CEMAC. Selon le communiqué final des travaux, la BDEAC et la Banque de développement de Chine ont signé une convention de près de 40 millions d’euros, soit 26 milliards FCFA destinés au financement des PME dans l’espace CEMAC. L’assemblée générale a aussi approuvé l’entrée du Maroc dans le capital de la banque, un engagement du Maroc visant à renforcer de la coopération sud-sud. Le nouveau plan stratégique 2017-2022 sur les réformes financières et les programmes de diversification des économies invite les six pays de la sous-région à investir dans les secteurs de l’agriculture, l’élevage, la pisciculture et l’agro-industrie. Le Congo attend beaucoup du nouveau programme de la BDEAC, a estimé le ministre congolais des Finances, du budget et du portefeuille public, Calixte Nganongo, ajoutant qu’au vu de la nouvelle feuille de route, les projets intégrateurs peuvent trouver d’ici peu leurs financements. Pour le ministre congolais des Finances, Calixte Nganongo. la BDEAC arrime son programme au développement communautaire. Aujourd’hui on a adopté un plan stratégique qui tient compte surtout des réformes opérées au niveau de la Cémac, dont se trouve en bonne place le Congo.
Augmentation du capital social de la BDEAC de 210 à 1200 milliards de francs CFA

Le président de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC), M. Michael Adandé, a annoncé le 11 décembre à Brazzaville, l’augmentation du capital de son institution qui passe de 210 milliards à 1200 milliards de francs CFA. «Ce capital aura pour effet d’accroître la capacité d’emprunt de la BDEAC mais, surtout, d’augmenter son volume d’intervention par opération et par emprunteurs, notamment en direction du secteur privé», a fait savoir la président Adandé. Cette augmentation du capital permet donc à la banque de mieux financer les projets d’infrastructures de transport et d’énergie, ainsi que promouvoir le secteur privé sous-régional. Selon lui, cette hausse du capital décidée par les Etats membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et les actionnaires offrira à la banque une capacité d’endettement en rapport avec les objectifs opérationnels de son plan stratégique 2013-2017. Il a annoncé que les réformes prévues dans le cadre de ce plan stratégique, sont aujourd’hui quasiment achevées et graduellement mises en application par les services de la banque, soulignant que «a banque s’est déployée à arrimer son système de gestion et ses méthodes aux normes internationales par la mise en place d’outils informatiques les plus cruciaux au fonctionnement optimal de la banque. Pour M. Adandé, la BDEAC va entrer à partir de l’année 2015 dans une nouvelle phase de son développement et de sa modernisation, notamment avec des engagements plus élevés et croissants, mais également sécurisés et reposant sur des procédures opérationnelles appropriées. Il a déploré le fait que la CEMAC soit en situation de surliquidité financière tout en accusant une insuffisance en infrastructures. Il a cité à titre d’exemple que les dépôts des pays de la sous-région à la banque centrale sont estimés à environ 20.000 milliards de francs CFA qui n’étaient pas utilisés. «Les ressources sont là, nous avons du mal à nous justifier auprès des partenaires quand nous demandons des financements», a-t-il dit. La BDEAC a réalisé en 2013 des engagements de 165, 6 milliards de francs CFA contre un objectif de 150 milliards de francs CFA. Au titre de l’exercice 2014, le volume des engagements est de 118 milliards de francs CFA à la date du 30 novembre, contre un objectif de 170 milliards de francs CFA. D’après M. Adandé, les besoins de financement en infrastructures de transport routier, portuaire et ferroviaire, sont estimés à quelque 8 386 milliards de francs CFA, dans le cadre du plan de développement consensuel des transports en Afrique centrale (PDCT-AC). Il également affirmé les besoins de financement en infrastructures d’énergie étaient estimés à 300 milliards de francs CFA pour les projets communautaires du Pool énergétique d’Afrique centrale (PEAC), sans compter les besoins de chaque Etat membre de la CEMAC.