Côte d’Ivoire : Allocution de S.E.M. Alassane Ouattara lors de la cérémonie commémorative des 60 ans du Département Afrique du Fmi

Côte d’Ivoire : Allocution de S.E.M. Alassane Ouattara lors de la cérémonie commémorative des 60 ans du Département Afrique du Fmi

Madame la Directrice Générale du Fonds Monétaire International ;Monsieur le Directeur du département Afrique ;Mesdames et Messieurs ; Je suis très heureux de prendre part aux festivités commémoratives des 60 ans duDépartement Afrique du FMI. Je tiens, chère Kristalina, à vous remercier pour votreaimable invitation et vos aimables propos à mon endroit. Avant tout propos, je souhaiterais faire un bref rappel historique de la place de l’Afriqueau sein du FMI et rappeler que l’Egypte, l’Ethiopie et l’Afrique du Sud sont les premierspays africains à être devenus membres du FMI, en 1945.Il a fallu attendre les années 1990 pour que tous les pays africains y soient représentés.Toutefois, 46 pays d’Afrique subsaharienne ne sont représentés que par deux (2)Chaises au Conseil d’Administration du FMI et ont un pouvoir de vote de 7,09 %. Ce constat montre que beaucoup de chemin reste encore à faire pour améliorer lareprésentativité du continent africain. La revue des quotas, qui déterminent lareprésentativité des pays, reste donc un point important à l’ordre du jourpour les pays africains. Mesdames et Messieurs, Au cours de ma carrière, j’ai eu le plaisir de travailler au FMI d’abord en tantqu’économiste de 1968 à 1973, puis comme Directeur du Département Afrique de 1984à 1988, et simultanément Conseiller du Directeur Général à partir de 1987, et enfin, entant que Directeur Général Adjoint de juillet 1994 à juillet 1999. Je retiens de ces expériences que le FMI a toujours su s’adapter à un mondeconstamment en changement, et répondre aux multiples défis et crises aux niveauxrégional, international et national. Cela, grâce à la diversité et à la qualité de sonpersonnel ainsi qu’à la bonne collaboration entre la Direction Générale et le Conseild’Administration. Je note également que la réussite des programmes économiques et financiers, avec leFMI, dépend du degré d’appropriation des programmes par les pays membres. Il estdonc fondamental que les missions du FMI continuent de rester à l’écoute des Autoritésdes pays membres, notamment lorsqu’ils font face à des chocs intérieurs commeextérieurs.Les récentes discussions, parfois ardues, en pleine pandémie et lutte contre leterrorisme, sur l’ampleur des déficits budgétaires en sont un bon exemple et appellentparfois à un peu plus de flexibilité, sans pour autant remettre en cause la soutenabilitéde la dette publique, et la solidité du cadre macro-économique. Quelques décimales en plus sur le déficit budgétaire, rapporté au PIB,permettraient à beaucoup de pays de mieux affronter les pandémies, definancer les dépenses urgentes de lutte contre le terrorisme, mais aussi debâtir, à moyen terme, des bases solides de paix pour leur développement. Madame la Directrice Générale,Mesdames et Messieurs, Ce soixantième anniversaire se déroule juste après la clôture des Assemblées Annuellesde Printemps du FMI et de la Banque Mondiale, dans un contexte marqué par lapandémie de COVID-9. A ce propos, je voudrais saisir l’opportunité qui m’est offerte pour vous rendrehommage, chère Kristalina, pour votre leadership depuis votre nomination à la tête decette Institution, en octobre 2019. Votre Agenda pour 2021, auquel nous adhéronspleinement, ainsi que la rapidité avec laquelle le FMI et la Banque Mondiale ont adresséconjointement la pandémie de COVID-19 en sont un exemple éclatant. Je profite aussi de l’occasion pour saluer l’excellent travail accompli, par les équipessous la supervision du Directeur du Département Afrique, mon jeune frère AbebeSelassie, pour aider les pays africains à contenir cette pandémie.Nous avons connu, en 2020, avec un taux de croissance mondiale de -3,3%, la pirerécession, en temps de paix, depuis la Grande Dépression. En Afrique subsaharienne,ce fut la contre-performance la plus importante jamais enregistrée avec une contractionde 1,9% et un revenu par habitant retombé à son niveau de 2013. Le montant des besoins de financement en Afrique subsaharienne, pour accroître lesdépenses de lutte contre la pandémie et le terrorisme, maintenir des réservessuffisantes et accélérer la reprise économique, est estimé, sur les cinq (5) prochainesannées par le FMI, à environ 425 milliards de dollars US.Malgré les efforts de mobilisation de ressources intérieures, et la contribution dusecteur privé, les pays africains ne pourront malheureusement pas couvrir la totalité deces besoins. Le FMI est devenu aujourd’hui un “Filet de Sécurité » pour l’Afrique avec ses 28milliards de dollars US déjà décaissés et les 620 millions de dollars US d’allègement dela dette.Je salue les travaux en cours, par le FMI, en vue de la mise à disposition, comme lorsde la crise financière de 2009, aux différents pays membres, de 650 milliards de dollarsUS d’allocation de « Droits de Tirages Spéciaux (DTS) » dont 23 milliards de dollarsUS aux pays d’Afrique subsaharienne. Cela permettra à nos pays d’avoir de l’espacefiscal pour faire face aux besoins urgents pour le bien-être de nos populations. Toutefois, cela ne sera pas suffisant et il faudrait que, dès à présent, car c’est lemeilleur moment de le faire, les partenaires au développement, notamment le FMI et laBanque Mondiale, augmentent, de manière significative, le volume des financementsaux pays africains.Concernant la dette, une approche, tenant compte de la situation de chaque pays,devrait être privilégiée. En effet, les pays, avec une dette soutenable et pouvant allersur le marché international, devraient être accompagnés par le FMI afin qu’ilscontinuent à mobiliser des ressources longues, à des taux d’intérêt plus bas. Par ailleurs, nous apprécions les initiatives, en cours, entre le FMI et les paysdéveloppés, pour que les pays, disposant de réserves extérieures confortables, prêtentune partie de leurs allocations « Droits de Tirages Spéciaux (DTS) », à des conditionsconcessionnelles, aux pays africains.Nous devons tous nous adapter à un monde en plein changement pour offrir lesréponses, les plus innovantes et les plus efficaces, aux nouveaux défis.Cela fait partie des sujets que nous examinerons lors du Sommet international de Parissur le financement pour l’Afrique, le 18 mai prochain. Madame la Directrice Générale,Mesdames et Messieurs, Je me félicite de l’excellente collaboration entre la Côte d’Ivoire et le FMI, en particulieravec le Département Afrique qui est entre de bonnes mains. Je ne saurais terminer mon propos sans rendre hommage à feu Mamoudou Touré etEvangelos Calamitsis, anciens Directeurs du Département Afrique, ainsi qu’àfeu Christian François, Conseiller principal au Département Afrique, et ancien Chef demission pour la Côte d’Ivoire. Dans un discours en janvier

Niger : Allocution de SEM Mohamed Bazoum, Président de la République, lors du dialogue virtuel de haut niveau « Nourrir l’Afrique : leadership pour intensifier les innovations réussies »

Niger : Allocution de SEM Mohamed Bazoum, Président de la République, lors du dialogue virtuel de haut niveau « Nourrir l’Afrique : leadership pour intensifier les innovations réussies »

C’est un honneur pour moi de m’adresser à vous à l’occasion de cette séance de Dialogue de Haut-Niveau organisée conjointement par la BAD et le FIDA sur le thème : « Nourrir l’Afrique : un leadership pour intensifier les innovations réussies ». Depuis 2011, le Niger, sous le leadership de SEM Mahamadou Issoufou, a mis la sécurité alimentaire et nutritionnelle et le développement agricole durable au cœur des priorités de son action, avec pour objectif de lutter durablement contre la faim et la malnutrition et de remettre le secteur agricole au cœur du développement économique du pays. A cette fin la stratégie de l’I3N « les nigériens nourrissent les nigériens » a été élaborée et elle constitue depuis lors, la politique publique et le cadre de référence pour les investissements dans ce secteur. Elle a pris en compte les engagements régionaux (CEDEAO, UEMOA, CILSS) et continental africain en matière de politique agricole, notamment le CADDP et les engagements de Maputo et de Malabo. Cette politique reprend l’objectif du développement durable (ODD2 faim zéro) « éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable ». Grâce à la mise en œuvre de la stratégie de l’I3N ces 10 dernières années, le Niger n’a pas connu de crise alimentaire et nutritionnelle majeure et le pays a connu des progrès dans ces nombreux domaines.  Globalement ce sont plus de 2 500 milliards FCFA qui ont été investis en 10 ans dans l’Initiative 3N avec pour domaines d’intervention prioritaires :  la mobilisation de l’eau pour rendre l’agriculture nigérienne moins dépendante des aléas climatiques, la restauration des terres et la gestion durable de l’environnement pour contrer les effets du changement climatique, les plateformes de services intégrés de proximité pour les producteurs, la réduction des vulnérabilités structurelle et conjoncturelle des populations, la promotion des techniques et technologies adaptées aux changements climatiques et l’exploitation des opportunités du développement des TICs pour transformer l’agriculture. Mesdames et Messieurs, Les nombreuses initiatives suscitées par la mise en œuvre de l’I3N contribuent concrètement à la modernisation du secteur en testant des approches et des services innovants. Je peux citer par exemple : ·      Le recours au numérique dans le domaine agricole : dans ce cadre diverses expériences probantes ont été mises en place tel que le « e-conseil agricole ». La digitalisation permet de toucher rapidement de nombreux acteurs pour diffuser des informations ciblées, en prenant acte du fait que de nombreux producteurs ont accès à un smartphone et aux réseaux sociaux. ·      Sur le terrain, à travers la généralisation des plateformes de services intégrés aux petits producteurs, nous visons à mettre à la disposition des producteurs et promoteurs ruraux des infrastructures et des dispositifs permettant d’accéder à l’énergie, aux ateliers de réparation, aux institutions de microfinances, à l’information, et à différents types de services de façon à constituer progressivement de véritable pôle d’activités en zones rurale. Ce sont là certains exemples prometteurs qui démontrent que nous devons maintenir l’ambition de moderniser nos pratiques et de transformer non seulement l’agriculture mais au-delà même les systèmes alimentaires pour s’adapter aux enjeux d’avenir. Ainsi notre intention est de continuer sur cette lancée, de mettre à l’échelle les innovations qui ont fait leur preuve et d’accélérer la mise en relation des acteurs pouvant contribuer à générer davantage d’innovations. Plus largement nous nous sommes engagés à maintenir un leadership fort et des efforts conséquents, avec le soutien de nos partenaires, dans le domaine de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et du développement agricole durable. Je prévois de porter à 15% du budget national le financement de ce secteur, soit au-delà de l’engagement de Maputo. Mesdames et Messieurs, Nous ne pouvons pas nier qu’il reste du chemin à parcourir et que de nouveaux défis s’élèvent sur notre route. Pour les 5 prochaines années de mon mandat, dans le cadre de mon programme Renaissance III, nous devons travailler pour des chaînes de valeur plus compétitives qui sauront saisir les opportunités que nous offrent la nouvelle Zlecaf, en développant l’agro-industrie et l’agroalimentaire. Nous devons promouvoir l’émergence d’un secteur privé qui soit pourvoyeur d’emplois pour les jeunes et créateur de richesses et contribuant à l’autonomisation des femmes en milieu rural, non seulement dans le domaine de la production, mais également de la transformation, et de la promotion des produits locaux. Nous devons redoubler d’efforts pour que les prévalences des différentes formes de malnutrition soient significativement réduites, en particulier en agissant de manière plus volontariste sur la réduction de la croissance démographique et sur l’éducation des jeunes filles, domaines sur lesquels je me suis tout particulièrement engagé. Enfin, nous devons également prendre en compte les nouveaux facteurs de vulnérabilité qui nous assaillent et le défi que représente l’instabilité dans certaines zones de notre pays du fait de la situation sécuritaire dans les pays voisins. Nous devons maintenir à tout prix les investissements structurants, la présence de l’Etat et les activités productives et économiques sur l’ensemble du territoire national afin qu’aucun nigérien ne se sentent marginalisé ou exclu. La cause de la lutte contre la faim et la malnutrition nécessite la concrétisation des engagements globaux, dont l’accord de paris sur le climat pour la mobilisation de 100 milliards de dollars par an, c’est pourquoi j’en appelle à un sursaut des organisations internationales, continentales et régionales, des agences de financements, des pays riches et des pays en développement autour de l’objectif de l’odd2 faim zéro, qui est à notre portée si nous conjuguons nos efforts et renforçons la solidarité. Les besoins du Niger pour entreprendre des productions agricoles de substitution aux importations de 800.000tonnes de céréales s’élèvent à 302 millions d’unités de compte. Permettez-moi de terminer en vous remerciant une nouvelle fois de m’avoir offert l’opportunité de m’exprimer sur ces sujets cruciaux pour le développement économique et social de mon pays. En poursuivant nos efforts conjoints, nous bâtirons ensemble des systèmes alimentaires durables et résilients pour éliminer la faim et la malnutrition.  Je vous remercie

Allocution du Directeur du Bureau Régional de l’UNESCO Afrique centrale M. Salah khaled à l’ occasion de la première session du Comité de Pilotage du projet PUERTEM

Allocution du Directeur du Bureau Régional de l’UNESCO Afrique centrale M. Salah khaled à l’ occasion de la première session du Comité de Pilotage du projet PUERTEM

Monsieur le Secrétaire Général, représentant du Ministre de l’Eau et l’Énergie, Président du Comité de pilotage du projet PUERTEM, Monsieur le Secrétaire Général de la Commission nationale Camerounaise pour l’UNESCO, M le Charge d’Affaires représentant Son excellence Monsieur le Haut-Commissaire de l’Inde au Cameroun, Messieurs les Maires de Bibémi, Poli et Zina, Mesdames et messieurs les représentants des Associations des femmes et jeunes des communes ciblées pas le projet, Chers Membres du Comité de Pilotage, Mesdames et Messieurs C’est avec un grand plaisir que je prends la parole à l’entame de cette réunion hautement symbolique, la première session du Comité de Pilotage du projet de Promotion de l’Utilisation des Énergies Renouvelables et des Technologies d’Efficacité énergétique dans les Ménages des zones rurales du Cameroun, en abrégé PUERTEM. Le projet PUERTEM est le fruit d’une collaboration régulière entre l’UNESCO et le Ministère de l’Eau et de l’Energie, dans le contexte de la promotion des énergies renouvelables. Est-il encore nécessaire de rappeler que l’utilisation des énergies renouvelables  est largement promue par l’UNESCO qui a, dans ce cadre, développé depuis plusieurs années des initiatives en faveur de ses Etats membres, en mettant l’accent sur l’élaboration des politiques, le renforcement des capacités institutionnelles et humaines et la diffusion d’un savoir scientifique et technique relatif aux énergies renouvelables, y compris par le biais de la coopération Sud-Sud. C’est dans le contexte de ce modèle de coopération que le gouvernement indien a accepté de financer le projet soumis par le Cameroun, dont l’objectif est d’améliorer l’accès des communautés rurales à une source d’énergie renouvelable tout en réduisant leur impact carbone. Le projet PUERTEM bénéficiera à 1000 ménages, soit environ 6000 personnes dans les communes de Bibémi, Poli et Zina, situées dans les régions du Nord et de l’Extreme-Nord. Ces deux régions se caractérisent par un faible taux d’accès à l’électricité, moins de 22%, des écosystèmes dont la fragilité est accentuée par le changement climatique et une situation socio-économique dominée par la pauvreté, qui subit de plus de plein fouet les retombées négatives associées à l’instabilité sécuritaire et à la crise sanitaire liée à la Covid-19. Chers membres du Comité de Pilotage, Mesdames et Messieurs, Permettez-moi au terme de mon propos, de réaffirmer l’engagement de l’UNESCO à accompagner la mise en œuvre réussie de ce projet qui a suscité beaucoup d’engouement auprès des communautés rurales des zones ciblées. Je ne saurai terminer mon propos sans adresser mes vifs remerciements: Au gouvernement du Cameroun, notamment le Ministère de l’Eau et de l’Energie dont le Ministre est Président du Comité de pilotage de ce projet, pour la qualité de notre coopération ; Au gouvernement de l’Inde, pour l’appui financier qu’il apporte au renforcement de la coopération Sud-Sud dans les domaines technologiques d’actualité tels que les énergies renouvelables ; Aux Maires des communes de Bibemi, Poli et Zina dont l’engagement dans l’accompagnement de la mise en œuvre des activités sur le terrain est remarquable ; Aux communités bénéficiaires dont l’appropriation est déterminante. A nos partenaires, le Mahatman Ghandi Institute for Education for Peace and Sustainable Development, Barefoot College, et très bientôt des partenaires du secteur privé avec qui nous sommes en négociations pour un partenariat en faveur des communautés bénéficiaires.  Je vous remercie pour votre aimable attention.