RD Congo. Abus des insignes et de la liturgie catholiques ( SUITE)

OPINION. Hier j’ai publié un post relatif à l’abus fort diffus des insignes épiscopaux et sacerdotaux catholiques. Il y a eu beaucoup de réactions des internautes, avec inbox de nouvelles images et vidéos de ce qui se trame partout au Congo-Kinshasa. Que mes lecteurs ne s’indignent point de la légèreté liturgique de cet évêque dansant dans la vidéo ci-dessous. Vêtu des habits épiscopaux catholiques, il sied de préciser qu’il n’est pas un évêque catholique comme vous l’entendez. Il s’est auto-proclamé évêque de la Congrégation missionnaire apostolique de deux saints coeurs de Jésus et Marie qui d’après lui est directement rattachée à l’Eglise Catholique Romaine de Paul VI. Ce qui de toute évidence est une escroquerie doctrinale d’autant plus qu’un évêque n’est pas évêque comme il veut. Son pouvoir est strictement soumis au vouloir de Dieu par le l’exercice du principe de continuité entre les différents pontificats des évêques qui remontent jusqu’à la première communauté apostolique. Aucun évêque se disant de l’église catholique romaine ne peut être dans la légitimité canonique tant qu’il n’est pas en communion doctrinale et ecclésiale avec le pape et les autres évêques réunis au sein du collège épiscopal. Il administre le troupeau de Dieu suivant l’Amour du premier Pasteur qu’est Jésus et conformément au principe de collégialité avec l’ensemble de tous les évêques disséminés dans le monde. Par ailleurs et ceci est lié au premier principe, le pouvoir spirituel d’être évêque s’est toujours transmis dès l’imposition des mains du premier pape St Pierre ( primus inter pares) mort martyr vers 68 après J.-C en communion avec les 11 autres apôtres. Devenir évêque catholique en dehors de cette lignée apostolique est une démarche du FAUSSAIRE. Car l’église est une, sainte, catholique et apostolique. Une puisque l’Église catholique est gouvernée par le successeur de Pierre et par les Évêques en communion avec lui. C’est seulement par elle que l’on peut atteindre la plénitude des moyens de salut, car le Seigneur a confié tous les biens de la Nouvelle Alliance au seul collège apostolique, dont la tête est Pierre. Apostolique par son ORIGINE, parce qu’elle a « pour fondations les Apôtres » (Ep 2,20); par son ENSEIGNEMENT , qui est celui des Apôtres; par sa STRUCTURE , parce qu’elle est édifiée, sanctifiée et gouvernée, jusqu’au retour du Christ, par les Apôtres, grâce à leurs successeurs, les Évêques en communion avec le successeur de Pierre. Ceci dit, prétendre travailler sans aucun lien de collégialité avec les autres évêques issus de cette lignée est tout sauf un pasteur de l’église catholique romaine. Romaine non à cause de la capitale italienne mais à cause du siège y établi au 1er siècle de notre ère par le premier pape St Pierre qui fut d’abord évêque de Rome avant d’être pasteur de l’église universelle. Ceci dit, l’on comprend ainsi pourquoi les actes liturgiques et sacramentaux d’un évêque qui ne s’inscrit pas dans cette lignée apostolique sont nul et sans effet dans les us et coutumes de l’église catholique. Chaque lecteur sait désormais la qualification à donner aux ordinations diaconales et sacerdotales faites par cet évêque au nom de l’église catholique romaine. Tout lecteur sait la qualification à attribuer à l’Ordre religieux appelé Ordre de la Sainte Famille de Nazareth (osfn) au sein duquel se regroupe une portion de ces prêtres et dont le ministère brouille des fidèles de nombreuses paroisses catholiques à Kinshasa où ils passent célébrer illégalement des messes, administrer d’autres sacrements et opérer des exorcismes à outrance. L’internaute qui m’envoie cette vidéo me livre également une information très sensible sur un de leurs confrères ( dont je tais encore le nom) avec qui ils ont fait les études philosophiques au Grand Séminaire et qui a été renvoyé. Quelle n’a pas été leur surprise d’apprendre que ce dimanche 28 août 2022, leur ancien collègue sera ordonné prêtre à 17:30 dans la chapelle Bakanja au quartier Debonhome à Matete. Je ne vous raconte pas leur mobilisation pour ramener leur ami à la raison et lui éviter de se séparer de l’église où il a grandi et appris le premier rudiment de sa foi. Visiblement le péril est dans la demeure et il est urgent que ceux qui sont censés remettre de ordre et discipline prennent en main leur responsabilité avant que cette foire liturgique ne soit hors contrôle… Par Germain Nzinga
RD Congo. A propos de l’abus des insignes catholiques…

OPINION. Mercredi 3 mai 2006, il est 12:30 quand on vient de finir la prière avec le pape Benoît XVI à l’audience générale sur la place Saint Pierre. En route vers le métro, je me décide de faire un crochet dans une boutique des objets religieux lorsque je tombe nez à nez avec le pasteur Kutinu Fernando en train d’acheter les ornements épiscopaux au Vatican. J’alerte discrètement le vendeur pour l’informer qu’il n’a pas affaire avec un évêque catholique mais avec le premier responsable de la Mission Mondiale Message de vie » devenue « l’Armée de la Victoire », une église de réveil qui a pignon sur rue dans la ville de Kinshasa en République Démocratique du Congo. Le vendeur me rassure aussitôt qu’il avait déjà clairement posé la question à l’acheteur qui lui a dit qu’il achetait pour un cadeau à offrir à une connaissance catholique. Une semaine plus tard, soit le dimanche 14 mai 2006, que vois-je à la télévision ? Le même fondateur de l’Armée de la victoire organisant une prière géante au stade des martyrs, drapé des habits épiscopaux catholiques (mitre, croix pectorale et chasuble rouge) tout en étant affublé du titre de l’archevêque (archibishop) Et fort malheureusement , Fernando Kutinu n’est pas le seul dans ce registre. Tout récemment encore, l’on a assisté à une autre parade de responsables des églises de réveil ordonnant évêques hommes et femmes avec des ornements catholiques. De toute évidence ça sent le roussi. D’où ces questions lancinantes sans réponse : – Ces catholiques qui sont en ligne de mire des attaques verbales violentes des pasteurs des églises de réveil, comment m’expliquer que les mêmes personnes critiquées du matin au soir soient source de mimétisme par leurs propres détracteurs ? – Que veut bien cacher cet engouement aux insignes catholiques ? Y a-t-il anguille sous roche et laquelle alors? Que veut bien cacher cette confusion délibérément entretenue ? – Que dit la hiérarchie catholique devant les abus répétés et inacceptables des insignes strictement catholiques ? Quelle position officielle prend-elle? Que prévoit le droit canon pour la protection de ce qui fait l’identité extérieure de l’église catholique ? À mon humble avis, on aura commis un tort impardonnable de rester indifférent face à cette crise mimétique toujours plus diffuse et de refuser d’en tirer les conséquences à moyen et à long terme… Par Germain Nzinga
RDC : “Il est grand temps que les responsables paient”l

Au Congo, il est très difficile pour les victimes de violences sexuelles d’obtenir justice et réparation. La clinique juridique de Panzi et le Mouvement des survivantes les appuient pour tenter d’y parvenir. En juillet 2018, la Haute cour militaire congolaise a confirmé en appel le jugement condamnant à la prison à vie le député provincial du Sud-Kivu, Frédéric Batumike et onze membres de sa milice, reconnus coupables du viol de 42 mineures de la région de Kavumu, au nord-ouest de Bukavu. Le récit de ce dont ils ont été reconnus coupables soulève le cœur. Le député donnait ordre à sa milice de kidnapper et de violer des filles très jeunes leur assurant que le sang de l’hymen leur fournirait une “protection magique”. Au milicen, il était dit que plus l’enfant violée était jeune, plus il récupérait ses “forces de vie”. Au moins deux enfants n’y ont pas survécu. “Ils les amenaient dans la brousse, dans les champs où ils commettaient leur forfait. Et le lendemain, les parents trouvaient les enfants dans un état critique”, se remémore Sifa Naweza Ntamwenge. La psychologue clinicienne, qui travaille pour l’association Les Enfants de Panzi et d’ailleurs, a assisté ces enfants lors des procès de Kavumu. Mais pour un Batumike condamné, légion sont les dirigeants, militaires, miliciens ou civils qui, jamais, ne répondront en justice d’actes qui ont détruit, physiquement et psychologiquement des femmes, des enfants et des hommes, fait exploser des familles et détruit des communautés. L’impunité de ces crimes est un fléau que Denis Mukwege, médecin-directeur de l’hôpital de Panzi et co-lauréat du prix Nobel de la paix en 2018 avec Nadia Murad, ne cesse de dénoncer. “Il a dénoncé l’utilisation du viol comme arme de guerre parce qu’il a réalisé que c’était prémédité et réfléchi”, pointe le Pr Guy-Bernard Cadière, qui vient opérer plusieurs fois par an à Panzi… Lire la suite sur La Libre Afrique
L’état de siège dans l’est de la RD Congo ne doit pas servir de prétexte pour commettre des abus

TRIBUNE. L’état de siège a été instauré hier dans deux provinces de l’est de la République démocratique du Congo secouées par des conflits, pour « mettre rapidement fin à l’insécurité qui décime quotidiennement nos compatriotes », selon les mots du porte-parole du gouvernement. Cela signifie que l’armée a désormais remplacé les autorités civiles dans le Nord Kivu et l’Ituri, pour une période initiale de 30 jours. En vertu des ordonnances proclamant l’état de siège, les autorités militaires sont habilitées à perquisitionner les domiciles de jour et de nuit, à interdire des publications et des réunions considérées comme portant atteinte à l’ordre public, à interdire la circulation des personnes et à interpeller quiconque pour perturbation de l’ordre public. Les civils seront poursuivis devant des tribunaux militaires, ce qui est contraire aux normes régionales. En dépit des assurances du porte-parole de l’armée que les droits humains et le droit humanitaire international seront respectés, un tel régime militaire met en péril un large éventail de droits. Le profil des nouveaux gouverneurs militaires de ces deux provinces ne peut qu’accroître les inquiétudes au sujet des droits humains et de la protection des civils. Le gouverneur du Nord Kivu, le lieutenant-général Constant Ndima, alias « Effacer le tableau », a été surnommé ainsi lorsqu’il était commandant au sein de la rébellion du Mouvement pour la libération du Congo (MLC). En 2002, il aurait dirigé l’opération « Effacer le tableau » en Ituri, durant laquelle de graves exactions ont été commises. En Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya, ancien chef des renseignements militaires au sein du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), rébellion soutenue par le Rwanda, pourrait, de par sa position de commandement, être tenu responsable de meurtres, de viols et d’autres exactions commises par ses forces, selon une note interne des Nations Unies que Human Rights Watch a pu consulter. Les deux principales opérations militaires lancées dans les provinces du Nord Kivu et de l’Ituri depuis que le président Félix Tshisekedi est entré en fonction en 2019 n’ont jusque-là pas tenu compte des complexités multiples qui se superposent dans ces régions. Loin du but escompté, les violences se sont depuis intensifiées et le nombre de déplacés internes a atteint un niveau record. L’impunité généralisée pour les exactions commises tant par les groupes rebelles que par les forces nationales continue d’alimenter les conflits. Dans ce contexte, l’administration Tshisekedi devrait adopter une approche globale fixant comme priorités de rendre justice pour les crimes graves, de procéder à un réel assainissement des forces de sécurité et de mettre en place un système efficace de démobilisation des ex-combattants. En fin de compte, elle devrait veiller à ce que l’état de siège ne donne pas à l’armée plus de latitude pour commettre des abus. Thomas Fessy Chercheur principal pour la RD Congo