La diaspora algérienne à Paris: «Nous avons besoin d’un président valide»

Réunis ce dimanche 3 mars dernier à Paris contre un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, les manifestants se sont exprimés au micro de la chaîne d’information russe, RT France. Voir le reportage ci-dessous:
Algérie : EuroMed Droits condamne les arrestations arbitraires lors des manifestations pacifiques

EuroMed Droits condamne les arrestations arbitraires ciblant une centaine de citoyens, militants, journalistes, étudiants pendant qu’ils manifestaient pacifiquement sur tout le territoire national contre un 5ème mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Dans un communiqué, EuroMed Droits appelle au respect de la liberté d’expression et de manifestation pacifique, garantis par la Constitution Algérienne et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (articles 19 et 21) auquel l’Algérie est un État partie. EuroMed Droits rappelle aux autorités algériennes, les recommandations du Comité des droits de l’Homme de l’ONU publiées le 27 juillet 2018, et en particulier l’observation n°46 : « a) réviser la loi n°91-19 du 2 décembre 1991 aux fins de lever toutes les restrictions aux manifestations pacifiques qui ne sont pas strictement nécessaires et proportionnelles au regard des dispositions de l’article 21 et instaurer un régime de simple autorisation préalable des manifestations publiques ; b) abroger le décret du 18 juin 2001; c) garantir que les manifestants et toute personne facilitant la tenue d’une réunion ne fassent pas l’objet de poursuites pour exercice du droit de réunion; et d) éliminer et prévenir de manière effective toute forme d’usage excessif de la force de la part des agents responsables de l’application de la loi lors des dispersements de rassemblements ». Pour rappel, la première vague de manifestations a eu lieu le vendredi 22 février 2019, où les Algériens sont sortis en masse, contre la présentation pour un 5ème mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Le dimanche 24 février, à l’appel du mouvement Mouwatana, d’autres arrestations ont eu lieu notamment parmi les militants de ce mouvement, qui ont été relâchés en soirée. Le mardi 26 février, des manifestants ainsi que des défenseurs des droits humains, parmi lesquels des membres du RAJ ont été arrêtés, puis libérés en soirée. plus récemment, le jeudi 28 février, des journalistes ont été arrêtés lors d’une manifestation contre la censure.
L’Algérie sombre inexorablement dans le KO

TRIBUNE. A chaque jour son lot de manifestations en Algérie. Après les avocats, c’étaient au tour des étudiants et des journalistes d’envahir les rues algériennes pour changer le système et, surtout, refuser un 5ème mandat pour Abdelaziz Bouteflika. D’Alger, à Annaba, à Oran et tant d’autres villes d’Algérie des milliers d’étudiants ont battu le pavé, le 26 février 2019, montrant leur colère face à ce régime corrompu qui a placé le système économique algérien au bord du gouffre. Cette nouvelle fronde populaire, marquée par des interventions musclées des forces de sécurité et de nombreuses arrestations, marque l’accumulation des frustrations et l’humiliation causée par l’image renvoyée au monde d’un Président Abdelaziz Bouteflika, très affaibli et démontre, si besoin est, l’ampleur du fiasco du régime Bouteflika et l’inaptitude de ses dirigeants depuis l’indépendance de l’Algérie. Même les journalistes ont manifesté, le 28 février 2019, pour protester contre les pressions sur les médias. Ils étaient plus d’une centaine, appartenant à des médias algériens, écrits et audiovisuels, publics et privés rassemblés sur la « Place de la Liberté de la presse », pour dénoncer les pressions subies par leur profession, à la suite des restrictions de couverture du mouvement de contestation actuel en Algérie, imposées par leur hiérarchie. Une protestation qui s’est soldée par plus d’une dizaine d’arrestation parmi eux. Aussi, face à la multiplication des manifestations contre la candidature pour un 5ème mandat du Président Bouteflika, le Vice-Ministre de la Défense, Chef d’Etat-Major de l’armée algérien, Ahmed Gaïd Salah, s’est permis une sortie tonitruante, depuis Tamanrasset où il se trouve en visite d’inspection, en mettant en garde ceux qui appellent, via les réseaux sociaux, à manifester. A t’il oublié que le rôle de l’armée est d’assurer la sécurité des frontières, la défense de l’intégrité et la souveraineté territoriale sous les ordre du pouvoir politique et non le contraire ? Quant à Bouteflika, il est superbement connu pour être un machiavel imbu de lui-même, un corrompu dénué de scrupules, doté d’une intelligence aiguë et d’une très grande ambition tout en étant capable de risquer sa mise sur un seul coup. Il est également notoirement connu pour avoir détourné d’importantes sommes d’argent provenant des reliquats budgétaires des ambassades algériennes. Au final, la contestation semble se généraliser, libère des territoires jusque-là soumis et prend les allures d’une insurrection pacifique afin de mettre en échec le scénario d’un 5ème mandat présidentiel pour Abdelaziz Bouteflika. Et à travers le rejet de cette candidature, pour la moins absurde, c’est tout le système politique en place qui est sommé de partir pour être remplacé par un nouvel ordre démocratique. Farid Mnebhi.