Mali: Conseil des Ministres du mercredi 09 août 2023

Mali: Conseil des Ministres du mercredi 09 août 2023

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 09 août 2023, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES 1. La réalisation desdits travaux de construction et de bitumage contribuera, notamment à améliorer les conditions de transport des personnes et de leurs biens, à promouvoir l’économie nationale et à assainir la ville de Dioïla. 2. Sur le rapport du ministre du Travail, de la Fonction Publique et du Dialogue Social, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant institution du Conseil national du Dialogue social. Le climat social est fortement perturbé dans notre pays par des mouvements de grèves déclenchés par les organisations syndicales des travailleurs dans les secteurs public et privé et dans toutes les branches d’activités. Malgré l’existence d’organes de concertation qui concourent à la réalisation du dialogue social et à l’apaisement du climat social, le Ministère du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social a enregistré plus de 400 préavis de grève concernant aussi bien le secteur public que le secteur privé sur la période allant de janvier 2019 à décembre 2022. Le fonctionnement de ces organes de concertation a révélé des insuffisances liées entre autres à leur caractère ad hoc, au manque de suivi des accords de fin de conflits et à leur caractère non inclusif. En vue de prévenir les mouvements de grèves, l’atelier d’évaluation du Pacte de Solidarité pour la Croissance et le Développement et l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine ont recommandé l’institution d’un cadre de concertation national, permanent et inclusif. Le projet de décret adopté institue, conformément à ces recommandations et à celles des Assises nationales de la Refondation et de la Conférence sociale, le Conseil national du Dialogue social sous forme d’organe consultatif tripartite. Son institution permettra de renforcer le dispositif de prévention et de gestion des conflits de travail, d’assurer la concertation permanente entre l’Etat et les partenaires sociaux dans les secteurs public, parapublic et privé ainsi que dans l’économie informelle pour la préservation d’un climat social paisible. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DE LA PRIMATURE – Secrétaire Général Adjoint du Gouvernement : Madame COULIBALY Fatoumata BALDE, Administrateur civil. Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation du marché relatif au contrôle et à la surveillance des travaux de construction et de bitumage de la route Dioïla-Massigui-Koualé-Kébila, y compris le contournement de Koualé ainsi que l’aménagement des voiries de Dioïla, en deux (02) lots : lot n°1 : Section Dioïla-Togo, y compris les voiries de Dioïla (6,15 km) ; lot n°2 : Section Togo-Domba (52 km). AU TITRE DU MINISTERE DE LA JUSTICE ET DES DROITS DE L’HOMME – Chargé de mission : Monsieur Abdouramane CISSE, Gestionnaire. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE – Inspecteur à l’Inspection des Services diplomatiques et Consulaires : Madame Nana Aïssa TOURE, Conseiller des Affaires Etrangères. AU TITRE DU MINISTERE DU TRAVAIL, DE LA FONCTION PUBLIQUE ET DU DIALOGUE SOCIAL – Chargés de mission : Monsieur Tiebone TANGARA, Juriste ; Monsieur Boubacar DEM, Ingénieur Commercial ; Monsieur Mohomodou IBRAHIM, Juriste. – Directeur national du Travail : Monsieur TAHAR Ben Abdoulahi, Administrateur du Travail et de la Sécurité sociale. AU TITRE DU MINISTERE DES MALIENS ETABLIS A L’EXTERIEUR ET DE L’INTEGRATION AFRICAINE – Chef de Cabinet : Monsieur Achérif MOHAMED AG ERLAF, Gestionnaire. – Conseiller technique : Monsieur Djibril DANSOKO, Conseiller des Affaires Etrangères. – Chargés de mission : Madame Korotimi Féfé KONE, Spécialiste en relations publiques ; Monsieur Mamedy DIARRA, Spécialiste en Communication ; Monsieur Alher Ag ALHAMISSE, Gestionnaire ; Monsieur Mohamed AG MATTOU, Economiste ; Monsieur Aly AG HATT, Juriste. AU TITRE DU MINISTERE DE L’AGRICULTURE – Secrétaire Général : Monsieur Daniel Siméon KELEMA, Ingénieur de l’Agriculture et du Génie Rural. – Chef de Cabinet : Madame DICKO Bassa DIANE, Ingénieur Agronome. – Conseillers techniques : Madame TRAORE Fatoumata COULIBALY, Ingénieur de l’Agriculture et du Génie Rural ; Monsieur Bréhima SOGOBA, Ingénieur de l’Agriculture et du Génie Rural ; Monsieur Amadou Cheick TRAORE, Professeur de l’Enseignement secondaire ; Monsieur Tièman TRAORE, Administrateur du Travail et de la Sécurité Sociale ; Monsieur Mohamed B. DIARRA, Inspecteur des Services économiques. – Chargés de mission : Madame Safiatou COUMARE, Juriste ; Monsieur Mohamed Makiyou COULIBALY, Ingénieur Agronome Senior ; Monsieur Youssouf TRAORE, Professeur de l’Enseignement secondaire ; Monsieur Sambou Jules SISSOKO, Journaliste-Reporter ; Monsieur Bacoroba COULIBALY, Comptable. AU TITRE DU MINISTERE DE LA PROMOTION DE LA FEMME, DE L’ENFANT ET DE LA FAMILLE – Secrétaire Général : Monsieur Madiou SANGHO, Magistrat. – Chef de Cabinet : Monsieur Ayouba GOUANLE, Administrateur civil. – Conseillers techniques : Monsieur Sidi Mohamed COULIBALY, Professeur de l’Enseignement supérieur ; Madame Kadiatou SANOGO, Professeur de l’Enseignement supérieur ; Monsieur Jermi COULIBALY, Professeur de l’Enseignement supérieur. – Chargés de mission : Monsieur Demba COULIBALY, Journaliste-Communicant ; Madame Aminata HAIDARA, Spécialiste en Education Préscolaire ; Madame Djingarey Ibrahima MAIGA, Gestionnaire des Ressources Humaines ; Madame Fatoumata Siré DIAKITE, Linguiste. AU TITRE DU MINISTERE DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE – Chef de Cabinet : Monsieur Bréhima dit Féfé KONE, Juriste. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENVIRONNEMENT, DE L’ASSAINISSEMENT ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE – Directeur national de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions et des Nuisances : Monsieur Niarga Oulé DEMBELE, Ingénieur des Constructions Civiles. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES RELIGIEUSES, DU CULTE ET DES COUTUMES – Chef de Cabinet : Monsieur Djigui Djibril SISSOKO, Professeur principal de l’Enseignement Secondaire général. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS 1. Le ministre de l’Economie et des Finances a informé le Conseil des Ministres des résultats du

L’Afrique du Nord jonglerait entre croissance à 4,6% et inflation à 14,2 en 2023

L’Afrique du Nord jonglerait entre croissance à 4,6% et inflation à 14,2 en 2023

L’Afrique du Nord n’en a pas encore fini avec l’épisode inflationniste, si l’on en croit les récentes prévisions de la Banque africaine de développement (BAD) présentées dans son rapport annuel sur les «Perspectives économiques en Afrique du Nord en 2023 ». Selon le document, publié, jeudi 27 à Tunis, sous le thème général: «Mobiliser les financements du secteur privé en faveur du climat et de la croissance verte en Afrique»,  l’inflation devrait se poursuivre dans la région pour atteindre un taux à deux chiffres: 14,2 % en 2023.D’après les estimations de l’institution panafricaine, elle devrait toutefois « retomber à 6,9 % en  2024 ». Parallèlement, « le déficit budgétaire régional devrait se maintenir autour de 3,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2023 et 3,2 % en 2024», a indiqué le Groupe de la Banque soulignant que le déficit régional de la balance courante devrait se contracter pour atteindre 0,5% du PIB en 2023 et 0,2% en 2024. Selon l’institution financière, «l’environnement économique mondial, y compris les cours des hydrocarbures, la structure des échanges, le tourisme et les flux d’investissements directs étrangers, devrait influencer la position extérieure de la région». Qu’à cela ne tienne, la Banque africaine de développement prévoit que les pays d’Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Égypte, Libye, Mauritanie et Tunisie) devraient connaître une légère hausse de croissance économique à 4,6 % en 2023 et 4,4 % en 2024. La hausse de la croissance connaît d’importantes disparités entre les pays La performance de la région «est essentiellement portée par le secteur des services, en particulier le commerce et le tourisme», a expliqué l’institution dans son rapport rappelant qu’en 2022 la croissance dans la région était modérée : 4,1% contre 5,4 % en 2021.Il faut cependant noter que la hausse de la croissance connaît d’importantes disparités entre les pays, comme l’a expliqué Audrey Verdier-Chouchane, économiste régionale pour l’Afrique du Nord. A ce propos, et par rapport  à  2022, « la publication annonce que la  croissance  du  PIB  réel  devrait  diminuer de 2,2 points de pourcentage en Égypte, de  1  point  de  pourcentage  en  Mauritanie  et  de  0,5  point  de  pourcentage  en  Tunisie », estime l’institution panafricaine ajoutant que l’économie  libyenne  devrait  enregistrer  une  reprise  notable  en  2023,  avec  une  croissance  du  PIB  réel  de  17,9%. Hausse  significative attendue à 3,3% de la croissance économique au  Maroc Au terme de cette année, «la croissance économique devrait connaître une hausse modeste en Algérie, à 3,1% en  2023,  et  une  hausse  significative  au  Maroc,  à  3,3%,  le  pays  se  remettant  de  la  sécheresse  de  2022». Quoi qu’il en soit, pour Audrey Verdier-Chouchane, par ailleurs cheffe de division par intérim des économies pays pour l’Afrique centrale, l’Afrique du Nord et de l’Ouest, « la région devrait mettre en œuvre des réformes structurelles qui favorisent le développement du secteur privé, améliorent la productivité et l’employabilité et créent des opportunités d’emploi». Ce qui devrait permettre de  soutenir une croissance inclusive dans cette région, a-t-elle soutenu. Mais ce n’est pas tout. La Banque africaine de développement préconise une coordination des politiques monétaires et budgétaires en vue de faire face à la hausse de l’inflation et de protéger les petites entreprises et les populations grâce à des dépenses publiques ciblées.L’institution estime de même que le maintien et l’appui de la sécurité alimentaire dans la région devraient rester un objectif crucial pour les pays nord-africains. Ces derniers devraient en outre «investir dans l’agriculture en développant notamment des variétés améliorées ainsi que des stratégies de gestion de l’eau et des sols», a poursuivi la Banque panafricaine soulignant que la région doit renforcer sa résilience, notamment dans le cadre du lien «transition énergétique – gestion de l’eau – sécurité alimentaire». Par ailleurs, et dans la perspective de relever les défis de l’assainissement budgétaire, les six pays de l’Afrique du Nord «doivent poursuivre leurs efforts de mise en œuvre des réformes, notamment en améliorant la numérisation de l’administration fiscale, en élargissant l’assiette fiscale, en rationnalisant les dépenses publiques et en renforçant les systèmes de gouvernance». La Banque préconise enfin que l’Afrique du Nord renforce la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine, afin de stimuler les échanges et les investissements intra-africains ; et que les gouvernements des pays de la région s’attaquent « aux niveaux croissants de la dette publique à moyen terme ». Pour cela, ils devraient allouer les fonds de la dette de manière transparente, en restructurant les entreprises publiques en situation difficile et en procédant à des examens réguliers des dépenses publiques. Les pays nord-africains devraient faire de la croissance verte une urgence régionale Dans son rapport, la Banque panafricain a également insisté sur l’urgence pour l’Afrique du Nord de tirer parti de ses importantes richesses naturelles tout en faisant de la croissance verte une urgence. L’institution estime ainsi que «les pouvoirs publics d’Afrique du Nord, les investisseurs privés étrangers et nationaux, les banques multilatérales de développement et les institutions de financement du développement ainsi que le secteur privé devraient investir dans la croissance verte». Le Groupe de la Banque est persuadé que le financement du secteur privé peut notamment jouer un rôle crucial par des investissements dans les infrastructures d’énergie propre, l’efficacité énergétique, l’agriculture durable et la restauration des terres, a-t-il fait savoir soutenant que le secteur privé peut également apporter l’expertise, la technologie et les compétences de gestion nécessaires à la mise en œuvre efficace et efficiente de projets de développement verts. Pour la Banque, il est important que les pays investissent donc « dans la gestion durable du capital naturel pour constituer une option de financement complémentaire pour les initiatives liées au climat et à la croissance verte, et contribuer ainsi à la réduction de la pauvreté et des inégalités, à la création d’emplois et une croissance économique durable », a-t-elle conclu. Alain Bouithy

Maroc. La croissance économique devrait s’établir à 2,5% en 2023

Maroc. La croissance économique devrait s’établir à 2,5% en 2023

Selon les dernières Perspectives économiques mondiales publiées par la Banque mondiale, mardi 6 juin, la croissance économique du Maroc devrait s’établir à 2,5% au terme de l’année 2023 contre 1,1% en 2022. «Au Maroc, la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 2,5 % en 2023 contre 1,1% l’année précédente, grâce à la résilience du tourisme et de l’industrie automobile», a en effet indiqué l’institution financière internationale, estimant qu’elle devrait atteindre 3,3% en 2024 voire 3,5% en 2025. La Banque mondiale note, en revanche, que les «conditions météorologiques défavorables retarderont la normalisation de la production agricole après plusieurs années consécutives de sécheresse». Par ailleurs, constate l’organisme, «au Maroc, la sécheresse persistante et l’inflation élevée fragilisent la croissance, le chômage ayant dépassé son pic pandémique en mars 2023». Au niveau de la région  MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), la Banque mondiale note que cette partie du monde a entamé l’année 2023 sur une dynamique de croissance solide, mais constate qu’elle «marque le pas». Bien qu’ayant bénéficié d’une croissance élevée pendant dix ans et d’un faible taux de chômage l’année dernière, les pays exportateurs de pétrole ont annoncé des réductions de leur production pétrolière, a indiqué l’institution de Bretton Woods. Poursuivant son analyse, elle note également que les économies importatrices de pétrole sont pour leur part « en butte à plusieurs difficultés, en particulier une inflation élevée et leur croissance s’est nettement ralentie en 2023». La Banque mondiale table ainsi sur un ralentissement de la croissance à 2,2% en 2023, avec des révisions à la baisse par rapport aux projections de janvier, tant pour les pays exportateurs qu’importateurs de pétrole. L’institution estime toutefois que «le niveau de production devrait rebondir en 2024 pour atteindre 3,3%», pourvu que l’inflation et les turbulences mondiales s’atténuent et que la production de pétrole augmente. Avant de rebondir à 3,2% en 2024, «la croissance des pays exportateurs de pétrole devrait ralentir à 2,0% en 2023», a-t-elle aussi indiqué, expliquant que cela traduit une baisse significative par rapport aux prévisions d’il y a seulement six mois. Selon ses explications, les baisses de production pétrolière annoncées en 2023 et qui devraient être progressivement supprimées en 2024 justifient en grande partie cette révision. A noter que la croissance mondiale devrait marquer le pas en 2023, pour tomber à 2,1 %, contre 3,1 % en 2022, selon les projections de l’organisme international. «En excluant la Chine, les économies émergentes et en développement devraient voir leur croissance ralentir à 2,9% cette année, contre 4,1% l’année dernière», a-t-il expliqué précisant que ces anticipations font état d’une révision à la baisse généralisée. Alain Bouithy    

Les besoins d’emprunts souverains vont continuer à monter à l’échelle mondiale en 2023

Les besoins d’emprunts souverains vont continuer à monter à l’échelle mondiale en 2023

Les besoins d’emprunts souverains devraient ressortir en hausse au titre de l’année 2023, indique un nouveau rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Alors même que de nombreux pays de l’OCDE s’efforcent d’atténuer l’impact de la hausse des prix sur les ménages et les entreprises, «les besoins d’emprunts bruts augmenteront de 6% environ en 2023, pour atteindre un montant total de 12.900 milliards USD, alors qu’ils s’établissaient à 12.200 milliards USD en 2022», selon ledit rapport. D’après les estimations de l’organisation internationale d’études économiques, présentées dans la publication Les Perspectives de l’OCDE sur les emprunts souverains 2023, les besoins d’emprunts nets devraient aussi s’accroître en 2023, pour passer de 10.200 milliards USD en 2022 à 10.600 milliards USD cette année. Refluant d’un pic de 88% en 2020 à 83% en 2022, l’encours de la dette des administrations centrales a diminué en pourcentage du PIB, a souligné le document ajoutant qu’il devrait en outre rester stable en 2023, tout en demeurant supérieur d’environ 10 points de pourcentage à son niveau d’avant la pandémie. 2023 marque la fin d’une longue période de conditions de financement favorables pour les émetteurs souverains Comme le fait savoir le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, cité par l’OCDE, « l’année 2023 marque la fin d’une longue période de conditions de financement favorables pour les émetteurs souverains qui s’adaptent à de nouvelles réalités et à un environnement de marché en évolution rapide». Soulignons en outre les répercussions économiques et financières de la guerre russo-ukrainienne, il explique que «ces derniers développements montrent bien qu’il est important que l’on dispose de cadres institutionnels crédibles pour la gestion de la dette, et que les gestionnaires de la dette publique aient la capacité de s’adapter et de réagir à l’évolution des conditions du marché.» Il sied de noter que la hausse des taux n’est pas le seul problème auquel sont confrontés les émetteurs souverains, comme le relève le rapport faisant remarquer par ailleurs que «la demande d’obligations émanant des banques centrales s’est dans une large mesure évaporée, si bien qu’il revient au secteur privé d’absorber les volumes considérables de dette correspondant aux nouvelles émissions et aux opérations de refinancement ». De plus, toujours selon ledit rapport, la liquidité des marchés s’est également dégradée, ce qui pourrait faire augmenter encore les coûts d’emprunt et réduire la latitude dont disposent les gestionnaires de la dette pour s’adapter à l’évolution des besoins d’emprunt. Dans ce contexte où les investisseurs étrangers vont rééquilibrer leurs portefeuilles dans un mouvement de «fuite vers la sécurité, l’OCDE craint que les économies de marché émergentes et les économies en développement ne soient confrontées à des risques accrus. D’après le rapport, qui évalue également la mesure dans laquelle les émetteurs souverains contribuent à catalyser l’investissement durable, l’encours total d’obligations souveraines durables représente maintenant un montant supérieur à 325 milliards USD, dont 75% sont axés sur des projets à caractère climatique ou environnemental. Si la valeur totale des émissions d’obligations durables a diminué entre 2021 et 2022, force est de constater que «le nombre de pays émettant ce type d’instrument augmente, puisqu’on en comptait 10 nouveaux en 2022, auxquels se sont ajoutés cinq autres au premier trimestre de 2023», a constaté l’OCDE soulignant que la demande des investisseurs semble forte et que cette dynamique devrait perdurer au cours des années à venir. A noter que près de la moitié de la dette négociable des pays de l’OCDE – soit environ 23.000 milliards USD – arrivera à échéance au cours des trois prochaines années, souligne l’organisation dans un communiqué. D’après la même source, «les coûts d’emprunt ont plus que doublé pour les emprunteurs souverains des pays de l’OCDE depuis 2021, le rendement moyen des obligations souveraines à l’émission étant passé de 1.4% en 2021 à 3,3 % en 2022, et ils semblent devoir augmenter encore à court terme». En conséquence, l’OCDE note que les pays sont confrontés à un risque de refinancement élevé, et de nombreux États qui consacreront une part plus importante de leur budget à assurer le service de leur dette pourraient ainsi être soumis à des contraintes budgétaires plus fortes au cours des années à venir. Alain Bouithy

Maroc. La BERD table sur une croissance de l’économie nationale de 3,1% en 2023

Maroc. La BERD table sur une croissance de l’économie nationale de 3,1% en 2023

Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques régionales, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) anticipe une accélération de la croissance du produit intérieur brut (PIB) de 3,1% pour le Maroc en 2023. Selon le document rendu public mardi 16, le PIB sera tiré par «la reprise de l’agriculture et la modération de l’inflation, ainsi que par l’amélioration de la confiance des investisseurs suite au retrait du pays de la liste grise du Groupe d’action financière internationale (GAFI)». La croissance devrait être conforme aux niveaux antérieurs à la pandémie à partir de 2024, d’après la BERD. Elle devrait s’accélérer pour atteindre 3,2%, a poursuivi la Banque européenne de même source, estimant que «les progrès réalisés en matière de réformes pourraient lui donner un élan supplémentaire». Prudente, la Banque européenne prévient toutefois que l’économie marocaine reste vulnérable aux augmentations des prix des hydrocarbures, rappelant que le pays importe la majeure partie de son énergie. Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale pourraient constituer un nouveau frein à la croissance Par ailleurs, selon l’institution financière fondée en 1991, « les perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale pourraient constituer un nouveau frein à la croissance, tandis qu’une détérioration de la situation mondiale pourrait affecter le Maroc par le biais d’une baisse de la demande en Europe et d’un resserrement des conditions financières ». A titre de rappel, l’économie marocaine s’est contractée en 2022 affichant une croissance de 1,1%, après un fort rebond de 7,9 % en 2021. Comme le rappelle la BERD dans son rapport, le secteur agricole s’est contracté en raison d’une grave sécheresse, tandis que la croissance non agricole a été de 3,1%, principalement tirée par le tourisme et le commerce. L’inflation s’étant accélérée pour atteindre 6,6% en 2022 en moyenne (contre 1,4 % en 2021), en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires et des transports, Bank Al-Maghrib a relevé à trois fois son taux directeur de 150 points de base cumulés pour le porter à 3%. Dans l’ensemble de la région du sud et de l’est de la Méditerranée (SEMED), la BERD table sur une croissance économique modeste en 2023. «La Banque s’attend à une légère reprise de la croissance du produit intérieur brut (PIB) à 3,6% en 2023, contre 3,1% en 2022, alors que les économies de la région SEMED s’adaptent à l’impact de la guerre en Ukraine, que le secteur agricole rebondit et que les réformes progressent ».  L’institution financière, qui a pour vocation de «favoriser la transition vers des économies de marché » et de «promouvoir l’initiative privée et l’esprit d’entreprise», estime toutefois que les perspectives d’inflation mondiale difficiles et l’incertitude politique restent des risques à la baisse. Avec une croissance moyenne du PIB de plus de 4%, la reprise devrait s’accélérer en 2024, à mesure que les réformes progressent dans toutes les économies de la région. Rappelons que la BERD se concentre au Maroc sur le développement du potentiel entrepreneurial du Maroc, la promotion de l’entrepreneuriat féminin et l’accroissement des financements en direction des petites et moyennes entreprises. La Banque européenne apporte aussi un soutien au développement économique régional et à l’intégration des femmes en améliorant l’environnement entrepreneurial et en soutenant l’égalité des chances en matière d’emploi pour les hommes et les femmes dans les zones rurales. Elle s’intéresse aussi au caractère durable de l’économie et à l’amélioration de l’efficacité et de la qualité des infrastructures et des biens publics par la commercialisation des services et des infrastructures publics. La BERD est en outre présente dans l’approfondissement et le développement des marchés des capitaux en élargissant la gamme des instruments financiers et en promouvant des solutions financières innovantes. Alain Bouithy

Recul attendu de la production mondiale de blé cette année

Recul attendu de la production mondiale de blé cette année

ECONOMIE. « Les dernières prévisions au sujet de la production mondiale de blé en 2023 sont restées quasiment inchangées par rapport aux chiffres précédents publiés en avril », a annoncé récemment l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Selon les prévisions de l’agence onusienne, la production mondiale en 2023 devrait se situer autour de 785 millions de tonnes, atteignant ainsi son deuxième plus haut niveau jamais enregistré. « En Afrique du Nord, la sécheresse a restreint les potentiels de rendements du blé en Algérie, en Tunisie et au Maroc et l’on s’attend à des récoltes en dessous de la moyenne en 2023 », a estimé l’organisation internationale. Au Maroc, la production céréalière devrait atteindre 55,1 millions de quintaux au cours de la campagne 2022/2023 contre 34 millions pendant la campagne précédente, selon les prévisions du ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts. « La production prévisionnelle des trois céréales principales au titre de la campagne agricole 2022/23 est estimée à près de 55,1 millions de quintaux contre 34 millions de quintaux en 2021/22 », a en effet indiqué le Département de l’agriculture. Bien qu’en dessous des 75 millions de quintaux envisagés dans le projet de loi de Finances pour 2023, il s’agit d’une hausse considérable de l’ordre de 62% par rapport à la campagne précédente, a-t-il toutefois fait savoir. D’après la même source, « cette production est issue d’une superficie semée en céréales principales de 3,67 millions d’hectares contre 3,57 millions hectares en 2021/22, soit une hausse de 2,8% ». Par espèce, la production du blé tendre devrait atteindre 29,8 millions de quintaux, celle du blé dur s’établirait à 11,8 millions de quintaux tandis que l’orge se situerait à 13,5 millions de quintaux. Il est à noter que l’Indice FAO des prix des céréales a affiché une valeur moyenne de 136,1 points en avril, à l’échelle mondiale, a indiqué l’Organisation des Nations unies dans son dernier rapport. Ce qui marque « une baisse de 2,4 points (1,7%) depuis mars et un niveau inférieur de 33,5 points (19,8%) à sa valeur d’il y a un an », a indiqué l’agence onusienne. L’organisation internationale affirme toutefois qu’« une baisse mensuelle des prix mondiaux de toutes les principales céréales a compensé une hausse des prix du riz sur la même période ». S’agissant des prix internationaux du blé, la FAO annonce qu’ils ont cédé 2,3% en avril et sont tombés à leur niveau le plus bas depuis juillet 2021, principalement sous l’effet de l’abondance des disponibilités exportables en Fédération de Russie et en Australie. Selon les explications de l’organisation, « les conditions de culture favorables en Europe, ainsi que la conclusion, fin avril, d’un accord permettant aux céréales ukrainiennes de transiter par les pays de l’Union européenne qui avaient imposé des restrictions à l’importation de céréales en provenance d’Ukraine au début du mois, ont également contribué à l’assouplissement général des marchés ». D’après le Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales, les prix mondiaux du maïs ont également accusé une baisse en avril dernier, de 3,2%. Ce recul s’explique, en grande partie, par « la hausse saisonnière des disponibilités en Amérique du Sud, où les récoltes se sont poursuivies et les perspectives favorables laissent envisager une production record au Brésil », a indiqué l’agence. Quant aux autres céréales secondaires, les données recueillies montrent que  « les prix mondiaux de l’orge et du sorgho ont eux aussi fléchi, respectivement de 4,3 et 0,3%, du fait d’une demande mondiale en berne et des répercussions de la faiblesse des marchés internationaux du maïs et du blé », peut-on lire. Dans son rapport, il ressort que les ventes aux acheteurs asiatiques ont fait remonter en revanche les prix internationaux du riz au mois d’avril, « inversant ainsi la tendance à la baisse des cours du riz à l’exportation enregistrée en mars 2023 ». A titre de rappel, l’indice FAO des prix des produits alimentaires a enregistré un léger rebond en avril dernier. Il s’est établi en moyenne à 127,2 points, soit 0,8 point (0,6%) de plus qu’en mars et 31,2 points (19,7%) de moins que sa valeur enregistrée au même mois l’année dernière. Selon les explications de la FAO, ce léger rebond « est dû en premier lieu à une nette hausse de l’indice des prix du sucre, ainsi qu’à une remontée de l’indice des prix de la viande, tandis que les indices des prix des céréales, des produits laitiers et des huiles végétales ont continué à reculer ». Alain Bouithy

Maroc. Incidences négatives des déficits pluviométriques

Maroc. Incidences négatives des déficits pluviométriques

La récolte céréalière au titre de la campagne agricole 2022-2023 devrait se situer autour de 55 millions de quintaux, selon les projections de Bank Al-Maghrib, élaborées sur la base des données disponibles au 10 mars 2023. En dépit d’un relatif redressement que connaît la campagne agricole, grâce aux dernières précipitations, « la production des trois principales céréales serait limitée par la superficie emblavée qui n’aurait pas dépassé 3,65 millions d’hectares selon le Département de l’Agriculture », a expliqué la Banque centrale à l’issue de la première réunion trimestrielle de l’année 2023 de son Conseil tenue mardi 21 mars courant. Ainsi, après une contraction de 15% en 2022, l’organisme public en déduit que « la valeur ajoutée agricole augmenterait de 1,6% en 2023, avant de s’améliorer de 6,9% en 2024 sous l’hypothèse d’un retour à une production moyenne de 75 millions de quintaux ». A l’échelle mondiale, les premières estimations de la Fao indiquent une diminution de la production de blé Pour rappel, dans son Budget économique prévisionnel pour l’année 2023, rendu public en début d’année, le Haut-Commissariat au plan (HCP) avait indiqué que « l’activité agricole aurait affiché une baisse significative de la production céréalière durant la campagne agricole 2021/2022, imputable au déficit pluviométrique ».  A l’échelle internationale, en comparaison avec l’année 2022, les premières perspectives de production pour les récoltes de 2023 annoncent un recul de la production mondiale de blé, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Malgré ce recul par rapport à l’année précédente, l’agence onusienne prévoit toutefois un résultat global de 784 millions de tonnes, ce qui serait le deuxième plus haut niveau jamais enregistré. Selon ses projections, « une production importante est attendue en Amérique du Nord, car les agriculteurs augmentent les superficies plantées au vu des prix élevés des céréales », a-t-elle expliqué.   Rappelons qu’« en Afrique du Nord, les déficits pluviométriques ont eu des incidences négatives sur les cultures au Maroc, en Algérie et en Tunisie, ce qui a érodé les perspectives concernant la production de blé en 2023, alors que la production était déjà réduite les années précédentes », comme l’a relevé la FAO sur son site officiel. Rappelons en outre que l’Organisation internationale a annoncé au début du mois de mars avoir revu à la hausse ses projections relatives à la production mondiale de céréales en 2022.  En effet, ses dernières prévisions concernant la production mondiale de céréales au titre de l’année 2022 ont été relevées de 9 millions de tonnes et donc portées à présent à 2.774 millions de tonnes. Ce qui correspond à une nouvelle baisse de 1,3% en glissement annuel.La FAO précise que « la plus grande partie de cette révision à la hausse concerne le riz et, dans une moindre mesure, les céréales secondaires ». Soulignons que dans les pays de l’hémisphère Nord, les perspectives de production concernant les cultures de céréales secondaires en 2023 sont globalement favorables et les superficies totales de maïs devraient atteindre un niveau record au Brésil.  Selon le Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales, l’utilisation mondiale de céréales en 2022-2023 devrait atteindre 2.780 millions de tonnes. Ce qui se traduirait par un fléchissement de 0,6% par rapport à la campagne précédente, principalement justifié par la contraction attendue de l’utilisation de toutes les principales céréales secondaires. La même source prévoit que « les stocks mondiaux de céréales à la fin de l’année 2023 devraient baisser de 1,2% par rapport à leurs niveaux d’ouverture et tomber à 844 millions de tonnes ». L’agence onusienne s’attend à ce que les prélèvements sur les stocks de céréales secondaires et, dans une moindre mesure, sur les stocks de riz, compensent l’accroissement prévu des stocks de blé. Alain Bouithy

Côte d’Ivoire: Taux de croissance de 7,2%, taux d’inflation de 3,7% en 2023 (FMI)

Côte d’Ivoire: Taux de croissance de 7,2%, taux d’inflation de 3,7% en 2023 (FMI)

Pour l’année 2023, la croissance économique en Côte d’Ivoire est estimée à 7,2% et le taux d’inflation à 3,7%, telle est l’une des conclusions de la mission du Fonds monétaire international (FMI) tenue du 1er au 14 mars courant à Abidjan.Cette mission s’inscrit dans le cadre de la négociation du nouveau Programme économique et financier (PEF) pour les trois prochaines années, selon le portail officiel du gouvernement ivoirien. Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, qui s’exprimait, mercredi, au terme du Conseil des ministres, a expliqué que cette mission a consisté à passer en revue l’ensemble des indicateurs macroéconomiques, à en poser un diagnostic et à discuter des orientations de politiques économiques susceptibles de préserver la solidité du cadre macroéconomique et de soutenir la mise en œuvre du PND 2021-2025. Toujours selon les conclusions de cette mission, les perspectives macroéconomiques demeurent favorables, en dépit des incertitudes liées à la guerre russo-ukrainienne et aux menaces sécuritaires dans le Sahel. Le nouveau Programme économique et financier convenu à l’issue des travaux devrait permettre de consolider la stabilité macroéconomique et de maintenir les notations financières obtenues par le pays. Il devrait aussi permettre de créer un espace budgétaire pour les dépenses sociales essentielles, la sécurité et les besoins d’investissement, a relevé le porte-parole du gouvernement ivoirien. «Les réformes structurelles clés comprennent, notamment, le renforcement de la protection sociale pour les ménages vulnérables, la promotion d’une croissance tirée par le secteur privé et plus inclusive. Le gouvernement poursuivra la mise en œuvre des réformes structurelles pour améliorer davantage le dynamisme de l’économie», a affirmé M. Coulibaly. Il a également annoncé que ce nouveau PEF, prévu sur la période 2023-2026, sera présenté au Conseil d’Administration du FMI en mai 2023. L’accord prévoit également un appui du Fonds fiduciaire pour la Résilience et la Durabilité (FFRD), en vue d’accélérer les réformes en matière d’adaptation au changement climatique et à la transition énergétique.