Réenchanter le rêve congolais !

TRIBUNE. La Conférence nationale, quelle belle promesse d’un autre demain. Rien que la libération de la parole sociale faisait beau à voir. Les Congolais parlaient dans les bus, dans les bureaux, dans les ngandas pour critiquer ou soutenir les leaders de leur choix. La police politique n’était plus arrogante, ni brutale, ni cynique. La mutation les avait pris de court.

Il y avait bien entendu la saleté pour la remise, mais surtout triomphante une énergie qui plaçait à portée de victoire tous les paris. C’est vrai le Congo, car c’est de lui qu’il s’agit, partait avec du vent dans les voiles, avec une démographie modique et des ressources fabuleuse. Il n’est pas exagéré de dire que c’était le pays de tous les rêves possibles. Il y avait là, la beauté qui surgit quand un peuple se libère.

La première campagne présidentielle s’était réalisée dans une ambiance fraternelle, avec dans chaque camp l’expression du génie qui monte d’un peuple qui y croit.

Il y eut des beaux moments. Le cas de Pascal Lissouba dont le retour au pays fit frémir. L’aéroport Maya Maya littéralement pris d’assaut par ses partisans, les organisateurs eût un mal fou à l’engouffrer dans la BMW qui de mémoire de voiture, n’avait jamais vu cela et ne le verrait certainement plus.

Les partisans les plus fervents eurent même la tentation de se glisser sous le véhicule pour porter à tête d’homme la grosse cylindrée jusqu’au palais de Congrès. Le boa humain qui s’étira de l’aéroport jusque là-bas était tout simplement impressionnant.

Tout était placé sous l’angle du prodige. Le Palais de congrès était rempli à bord et d’avantage encore. Ensuite vint ce concours spontané de la formule qui séduit. Qui ne se souvient de « Je suis venu vous servir et non me servir, je n’en ai pas besoin » et le slogan à succès « Yi ké ya ba colère vé » !

Aujourd’hui, la démocratie s’étiole à n’en plus finir. Les rêves sont morts et les tourments ont pris place. En face du PCT, aurait dû se trouver l’UPADS qu’éprouve une direction scandaleuse, en prise avec des militants qui la contestent. Le drame de l’UPADS étant sans conteste pour parler clair, l’expression d’une connexion franche avec le PCT.

Pascal Lissouba, Jean Pierre Tchistère Tchicaya, Bernard Kolelas, Guy Brice Parfait Kolelas, Jacques Joachim Yombi Opango, Moungounga Kombo Nguila, Simon Pierre Kikounga Ngot, Ambroise Noumazalay, Lekoundzou Ithi Ossetoumba, Charles David Ganao, Paul Kaya, André Milongo, Camille Bongou, …, tous ces illustres personnages qui portaient le débat à bout de bras étant partis, laissant derrière eux une kyrielle de bébés noirs politiques qui n’ont pour seule religion, la violence et pour seule ambition, le raccordement à la lanière tirée par le Président de la République, il nous revient donc, en toute humilité, de regarder méphistophélès dans le blanc des yeux.

Aux autres le mandat d’apostropher et de héler le Président Sassou Nguesso qui durant les 40 dernières années, aurait fait ce qu’il pouvait ; à nous la promotion des idées novatrices et l’unité des congolais.

Contre vents et marées, nous nous battrons pour rendre aux congolais leur fierté et leur dignité. Ne laissons pas nos rêves être censurés par notre conscience.

Que Dieu bénisse le Congo-Brazzaville.

Laurent DZABA
Président de la Dynamique VJ2R

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