
En visite officielle au Maroc
Pour sa première visite officielle à l’étranger depuis sa prise de fonction à l’automne 2025, le Premier ministre français a choisi le Maroc. Accompagné d’une importante délégation ministérielle, comprenant entre autres les ministres des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et de l’Intérieur Laurent Nuñez, Sébastien Lecornu inscrit sa visite dans la dynamique du renforcement et l’approfondissement du partenariat stratégique entre le Royaume du Maroc et la République française.
La visite du Premier ministre français sera marquée par des entretiens avec plusieurs responsables marocains dont une rencontre bilatérale avec le chef du gouvernement Aziz Akhannouch.
Signature de plusieurs accords
Une rencontre de haut niveau est également prévue dans la journée de jeudi entre les délégations française et marocaine au ministère des Affaires étrangères, selon des sources concordantes. Plusieurs accords doivent être signés à l’issue de cette réunion dans divers domaines, notamment dans le domaine économique.
S’inscrivant dans la continuité de la dynamique insufflée lors de la visite d’Etat du président Emmanuel Macron en octobre 2024, qui s’était soldée par la signature de nombreux contrats, la visite du Premier ministre français en terre marocaine témoigne de la volonté de renforcer la présence économique française au Maroc. Elle devrait ainsi se traduire par une relance des investissements français au Maroc.
«Le rapprochement franco-marocain devrait également se traduire par de nouveaux investissements français», souligne à ce propos l’AFP qui rappelle que le Maroc est désormais devenu la priorité de la diplomatie française au Maghreb. Cette dynamique laisse présager un renforcement des échanges commerciaux, des investissements et des partenariats économiques.
A propos, et « malgré un accroissement de la concurrence – en particulier extra-européenne (Chine, Etats-Unis) – la France reste le premier partenaire économique et financier du Maroc. En dépit d’un contexte marqué par de fortes perturbations sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, les échanges commerciaux avec le Maroc ont nettement progressé (+24% en 2022) », indique le ministère français de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique dans une note datant de 2023.
Le Maroc est, de son côté, le premier client et fournisseur africain de la France, avec des échanges commerciaux qui ont atteint un record historique de 14,8 milliards d’euros en 2024 (+5 %).
Selon les données recoupées, en 2022, les entreprises françaises détenaient 31% du stock total d’investissements directs étrangers (IDE) au Maroc, correspondant à 20,1 milliards de dollars.
D’après l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les investissements français au Maroc se font traditionnellement dans les industries automobile, aéronautique et ferroviaire, et plus récemment dans le secteur des énergies renouvelables. L’organisation précise que les Emirats arabes unis (EAU) et l’Espagne occupent les deuxième et troisième places respectivement, notamment dans les secteurs de la construction, du tourisme et de l’automobile.
Les chiffres de la Direction générale du Trésor français montrent que la France concentre 30,8% du stock des IDE au Maroc, loin devant les Emirats arabes unis et l’Espagne.
Les échanges commerciaux entre les deux pays ont plus que doublé au cours de ces dix dernières années. Selon l’Ambassade de France au Maroc, «le Maroc absorbe plus de 40% des exportations françaises vers le continent africain, en particulier dans les domaines du transport, des équipements électroniques, de la chimie et des cosmétiques ».
Pour se faire une idée de la densité des échanges, «le volume des exportations vers le Maroc en 2024 est équivalent à celui réalisé vers l’Inde. Les importations françaises depuis le Maroc ont également progressé de +4,4 % en 2024 et sont équivalentes à celles du Brésil et du Canada additionnées», indique-t-elle.
Ce n’est pas tout, la France est également le premier pays d’origine des transferts de la diaspora et des devises touristiques, ce qui en fait le principal pourvoyeur de devises du Maroc.
S’il est le premier récipiendaire des financements de l’AFD dans le monde, le Maroc est aussi le premier investisseur africain en France avec un stock d’IDE de 1,7 milliard d’euros en 2024, contre 372 millions d’euros en 2015.
Vers un partenariat franco-marocain «d’exception»
A souligner que la forte présence de la délégation ministérielle française au Maroc conforte l’hypothèse d’une possible visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en France dont l’annonce a été faite fin mai par les ministres des Affaires étrangères des deux pays.
Bien qu’aucune date n’ait encore été fixée, tout porte à croire qu’un traité bilatéral consacrant un partenariat d’exception pourrait être signé lors de cette visite du Souverain à Paris. Cette visite attendue de part et d’autre devrait comporter un important volet économique avec à la clé de nouveaux investissements.
Alain Bouithy
Fondateur et actuel administrateur du site Pagesafrik.



