Maroc. Etudiants et lauréats subsahariens mis au fait du projet “Link up Africa”

Sensibilisation et initiation à l'esprit entrepreneurial à Kénitra

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REPORTAGE. L’Ecole nationale de commerce et de gestion (ENCG) – Université Ibn Tofaïl de Kénitra – a abrité récemment un atelier de sensibilisation à l’entrepreneuriat destiné aux étudiants et lauréats originaires d’Afrique subsaharienne.

Cet atelier est le quatrième d’une campagne de 12 ateliers de sensibilisation qui auront lieu dans différentes villes du Maroc dont l’objectif principal est de réunir au moins 1500 étudiants et lauréats originaires d’Afrique subsaharienne.

Un important programme financé par l’UE et mis en œuvre par l’AMCI et l’Agence belge Enabel

Ainsi, après Rabat, Oujda et Fès, la ville de Kénitra a accueilli à son tour, samedi 17 février, l’équipe du projet «Link up Africa», un important programme financé par l’Union européenne. Mis en œuvre par l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI) et l’Agence de développement de l’Etat fédéral belge (Enabel), ce projet vise à « mobiliser les étudiant(e)s et lauréat(e)s du Royaume du Maroc originaires d’Afrique subsaharienne manifestant de l’intérêt pour l’entrepreneuriat, une idée, un projet ou une activité entrepreneuriale», ont indiqué les promoteurs dudit programme.

Après les mots de bienvenue des représentants de l’AMCI et de la Délégation de l’Union européenne, Amine Bakkali, manager du projet (Enabel), a brièvement présenté le projet « Link up Africa » devant des jeunes candidats venus des quatre coins de la ville et des environs s’informer et comprendre son mode opératoire.

«Link Up Africa» est un projet de coopération triangulaire entre l’UE, le Maroc et l’Afrique « qui s’articule autour de deux volets: la coopération technique que le Maroc partage avec plusieurs pays et la coopération académique dirigée par l’AMCI et qui concerne les études au Maroc des ressortissants étrangers», a-t-il d’entrée déclaré.

Lors de son bref exposé, il a expliqué que le dispositif d’accompagnement à l’entrepreneuriat mis en place à cet effet «permet d’accompagner les jeunes qui ont des idées de projets innovantes, qu’ils voudraient lancer au Maroc, dans leur pays d’origine ou un pays tiers».

Sortir des projets qui tiennent la route «On ne cible pas la quantité. Notre objectif c’est d’arriver à la qualité, sortir des projets qui tiennent la route », a-t-il insisté précisant que l’idée du projet peut germer au Maroc et se concrétiser ail- leurs, tout comme elle peut être développée ou mise en œuvre au Royaume avant d’être déployée ailleurs.

L’exposé sera suivi d’un atelier interactif sur l’entrepreneuriat animé par Rim Raoudi, coach et entrepreneuse. «L’entrepreneuriat a un rôle pivot à jouer dans le développement durable de notre continent et ses ressources humaines. C’est ce qui va permettre à ces jeunes d’être des vecteurs de changement, chacun dans sa communauté, pour son pays, pour tous les pays et le continent et surtout de permettre à d’autres personnes de trouver de l’emploi et de créer de la valeur. Ça été un plaisir pour moi d’aller à la rencontre de la jeunesse et du futur de l‘Afrique. Je les remercie d’avoir fait le déplacement un samedi matin et tous les organisateurs de l’événement de nous avoir accueillis pour cette présentation».

A souligner qu’un panel d’entrepreneurs africains ont été par la suite invités à partager leurs expériences, afin d’aborder les défis et opportunités de l’entrepreneuriat au Maroc. L’occasion pour N’guessan Michael Christel, enseignante et consultante d’origine ivoirienne, titulaire d’un Doctorat en sciences économiques et d’un Master en commerce international (Université Mohammed V de Rabat) de rappeler les raisons qui ont conduit à la création de l’Association des lauréats étrangers du Maroc (ASLEM) dont elle est la trésorière générale précisant au passage les missions et les objectifs de cette organisation.

Très contente d’avoir participé à cet atelier, Mme Zoubery Fatima, fondatrice et DG de l’EFPTH, de nationalité comorienne, a déclaré : «Cette belle initiative m’a donné l’opportunité de témoigner et partager mon parcours académique et mon expérience professionnelle qui m’ont permis de concrétiser mon projet. J’encourage ainsi les jeunes lauréats subsahariens à entreprendre et suivre nos pas dans leurs domaines respectifs afin de s’épanouir professionnellement et personnellement».

De nationalité centrafricaine, Mme Kandia Indele Judith Emeline a pour sa part remercié «l’Union européenne, l’AMCI et l’Agence Enabel pour cette opportunité qui m’a permis de m’expri- mer. C’est magnifique de voir comment les étudiants s’identifient à nous. Ils ont compris qu’ils peuvent eux aussi y arriver même si c’est difficile. Tout le monde est satisfait. En plus, cela nous a donné de la visibilité. D’ailleurs, j’ai eu beaucoup de retours positifs». Franchir le pas de l’entrepreneuriat «Je remercie également l’ASLEM et souhaite que cette initiative se poursuive afin de mettre en lumière d’autres talents subsahariens et africains en général», a-t- elle souhaité.

Ce grand moment de partage a été suivi d’une session de questions-réponses durant laquelle les participants ont posé plusieurs questions sur la suite du programme, laissant penser qu’ils sont disposés à franchir le pas dans le monde de l’entrepreneuriat.

Il est à signaler que 150 porteurs et porteuses de projets seront sélectionnés au terme de cette campagne afin de bénéficier d’un dispositif de pré-incubation qui leur permettra de concrétiser et donner vie à leur projet d’entreprise.

Alain Bouithy

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