Julien Kodia signe «Mes larmes coulent en silence»

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«Mes larmes coulent en silence» est le premier roman de Julien Kodia par lequel il s’est ouvert les portes de la production littéraire à travers les Editions Edilis en Côte d’ivoire. Ayant constaté la rupture sur le marché de ce roman qui tient en haleine, de bout en bout, le lecteur qui ose le tenir, Julien Kodia l’a cette fois confié à Edilivre en France qui vient de le mettre en seconde édition sur la place publique.

La Couverture de cette œuvre représente une religieuse en larmes à côté d’une fillette triste, en larmes elle aussi. Il repose sur 186 pages et compte quinze chapitres dont la pagination est inégalement répartie. «Mes larmes coulent en silence» s’ouvre sur un poème dédié aux femmes, à toutes les femmes.
«L’abbé Briano et la sœur Dorisca font la fierté de leur communauté respective, quand apparait soudainement entre eux cette flamme brûlante, irrésistible et dévastatrice qui hante leurs esprits nuit et jour. La religieuse tombe enceinte, une grossesse que le jeune prêtre refuse de reconnaitre par peur de compromettre son sacerdoce.
Un véritable enfer commence dès lors pour la jeune none abandonnée et méprisée par la société, rejetée et honnie par les siens. Des souffrances sans fin jalonnent sa vie qui basculera impitoyablement dans la spirale infernale de l’horreur et du drame. «Mes larmes coulent en silence» est un récit d’une violence inouïe où se mêlent amour, souffrance, irresponsabilité et lâcheté, un véritable miroir de l’âme languissante dans la boue mortelle du péché», peut-on lire sur la quatrième de couverture.D’un chapitre à un autre
Les trois premiers chapitres de ce roman comptent respectivement quinze, quatre et huit pages. Ils relatent les conditions de naissance de Dorisca Ferdala, née entre les mains d’une religieuse nommée Laura. Dès sa naissance, son père lui prédit une vie religieuse. Dorisca sera de ce fait la première religieuse Caperlandaise dans l’histoire de Kaïga et de la sous région.
Dorisca devient au fil des années une fille respectueuse, soumise et humble. Elle est également travailleuse, une fille qui ne rechigne pas à assister sa mère dans les travaux ménagers. Elle est également très intelligente et s’inscrit vite au catéchisme sous l’encadrement de la sœur Laura.
A l’âge de quatorze ans, sœur Laura qui veille au grain sollicite et obtient, en compagnie des sœurs Valentina et Antonella de la congrégation des franciscaines, l’entrée de Dorisca au couvent Sainte Monique.
Les trois chapitres suivants est une période où s’entremêlent la douleur et la joie. Elle entre dans l’estime de tout le monde au couvant et fait ensuite la première expérience des tournées religieuses avec la sœur Antonella en direction de l’église saint Eloi à Ndoro. C’est là qu’elle rencontre l’abbé Briano qui symbolise pour elle la première tentation du diable. «Oh ! Mon Dieu ! Que faire ? Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Aide-moi, Seigneur.», s’écrit-elle dans son for intérieur, perturbée par les sentiments qu’elle sent venir en elle pour l’abbé Briano.
Les chapitres sept et huit apparaissent comme des coups de massue tant pour Dorisca que pour le lecteur. Elle rencontre de nouveau l’abbé Briano à l’occasion d’une grande activité chrétienne à Rio Plata. L’abbé Briano en profite pour obtenir un rendez-vous. Dorisca profite de la confiance que lui fit la sœur Antonella pour solliciter une tournée qui lui permet d’aller rejoindre l’abbé Briano à Ndoro. C’est là que le vase se brise. Elle casse le vœu de chasteté et l’éthique en se donnant à l’abbé Briano et la conséquence d’un tel acte pécheur ne se fait pas attendre dès qu’elle rentre à Sainte Monique.

L’erreur fatale
Dorisca se surprend en pleine métamorphose. Elle informe l’abbé Briano en ce qui concerne la grossesse mais il crie à l’innocent. Il dit ne pas se reconnaitre dans cette grossesse qui vient ainsi perturber la vie religieuse de la sœur Dorisca. Il réagit ainsi pour préserver la sienne :
« Mais, sœur Dorisca, tu t’imagines ce que cette nouvelle scandaleuses pourra entraîner comme désastre ? Toute ma vie détruite, ma crédibilité, ma réputation et ma carrière compromises. Non, sœur Dorisca, dis-moi que ce n’est pas vrai. Tu dois comprendre que je ne peux pas prendre une telle responsabilité. Il n’y a donc pas de solution à entrevoir. D’ailleurs, rien ne prouve que cet enfant que tu portes soit le mien. Oh Mon Dieu ! Quel malheur ! Qu’adviendrait-il de mon sacerdoce ? Non, sœur Dorisca, cet enfant n’est pas mien», s’entend-elle dire par l’abbé Briano.
«Lâche, tu n’es qu’un ignoble lâche», réplique-elle, l’air affolé avant de couvrir l’abbé Briano d’injures et de paroles inamicales. Elle s’arme de courage et livre l’information aux religieuses du couvent tout en refusant toute solution alternative. Elle décide d’affronter son destin et préfère être bannie du couvent plutôt que de trouver un arrangement quelconque.
Le chapitre neuf de ce livre est le plus long de ces larmes qui coulent en silence. Il s’ouvre sur la naissance d’une fillette qu’elle nomme Lylia qui reçoit l’assistance matérielle des sœurs du couvent Sainte Monique. C’est à l’âge de six ans que la petite Lylia prend conscience réalise qu’elle ne connait pas son père. Elle pose la question à sa mère qui ne sait quoi lui dire. Elle apprend ensuite qu’elle est la fille d’une religieuse. Elle s’en prend à sa mère qu’elle traite de vipère comme pour la contraindre à lui révéler l’identité de son père. Elle souffre de se savoir la risée de la communauté, payant les pots cassés d’une erreur commise par sa mère. Devant le silence, elle décide de la quitter mais une amie de sa mère la convainc de revenir sur sa décision.
A son retour, elle trouve sa mère malade. Elle décède quelques jours après.

La vie après Dorisca
Les derniers chapitres sont consacrés au décès de Dorisca et à ses obsèques. La sœur Antonella oublie la raison pour laquelle elle l’avait chassée, se culpabilise d’avoir mis Dorisca dans la rue. L’auteur de la grossesse, l’abbé Briano, plonge dans le chagrin.
Il rend visite à sa fille qu’il n’a jamais reconnue. Il réussit toutefois à s’attirer la sympathie de Lylia. Il ne se sépare plus de la fille à qui il parle de sa mère et de la couardise de l’homme par qui la grossesse est arrivée. Il avoue qu’il est son père. Lylia lui pardonne l’abandon dont elle a fait l’objet. Elle reprend goût à la vie et cela est un miracle pour les religieuses qui ne comprennent pas le miracle opéré par l’abbé Briano pour redonner un sens à la vie de cette orpheline qui voulait se laisser mourir.
L’abbé Briano quitte la paroisse et choisit de partir avec sa fille.
Cadre spécialiste des Ressources humaines, Ludovic Julien Kodia assure actuellement les fonctions de directeur du Centre médico-social évangélique de Mayangui. Calme et peu bavard, il a signé en 2011 un second roman, envoutant et très entraînant, intitulé «Destin cruel» avant de rebondir sur «De l’amour à la haine » en 2014 aux Éditions Edilivre à Paris en France.

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