
DISPARITION. Des suites de maladie, M. Jean Alfred Makoundzi, Maître Assistant à l’Institut du Développement Rural (IDR) de Brazzaville, s’en est allé, le 19 mars 2024, au Centre Hospitalier Universitaire de Brazzaville. Naissant le 13 juin 1948, à Ouesso, dans la région de la Sangha, pendant que son père y exerçait dans les services de santé. Il nous quitte à 76 ans.
Ingénieur agricole, M. Jean Alfred Makoundzi était titulaire d’un Doctorat 3ème cycle, obtenu en 1978, à la Faculté des Sciences d’Orsay, Université Paris XI, en France. Par ses références techniques, M. Jean Alfred Makoundzi, mènera, parallèlement à ses enseignements à l’Institut de Développement Rural, diverses activités ayant trait au domaine agricole.
Au fil des années, il sera, de 1984 à 1986, Conseiller au Développement Rural auprès du Premier Ministre, Conseiller à la Coopération du Ministre des Affaires Etrangères de 1993 à 1994, Conseiller au Développement du Ministre de la Programmation, de 1997 à 1998.
Auteur de publications à caractère scientifique, M. Jean Alfred Makoundzi participe à plusieurs séminaires nationaux et internationaux sur le Développement Agricole. Ayant été membre des Conseils d’Administration des entreprises publiques congolaises, avant leur faillite pour une mauvaise gestion qui a entraîné leur liquidation. C’est le cas de l’Office Congolais du Café et du Cacao(OCC), de l’Office Congolais du Bois (OCB), l’Office Congolais de l’Informatique(OCI) et Agricongo.
La qualité d’Ingénieur agricole de M. Jean Alfred Makoundzi lui a ouvert les portes de l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), agence spécialisée des Nations Unies qui mène les efforts internationaux pour la sécurité alimentaire et la nutrition dans le monde. Ainsi M. Jean Alfred Makoundzi prend part aux aux Journées Mondiales de l’Alimentation en 1984, à Rome. A titre personnel, il réalise, la même année, deux projets. L’un sur le périmètre maraicher à Madingou, dans la région de la Bouenza. L’autre, à Pointe Noire, relatif à une exploitation d’élevage bovin sur 25 hectares.
M. Jean Alfred Makoundzi était également un homme politique, tout en ayant un penchant pour la vie associative. Au plan politique, il militait activement à l’UPADS, Parti fondé par le Président Pascal Lissouba et qui l’a porté à la Présidence de la République du Congo, en août 1992. Au sein de l’UPADS, M. Jean Alfred Makoundzi siégeait au Bureau Politique, au Conseil National et au Secrétariat National. Trois instances supérieures de commandement dudit Parti. De par le rôle joué par M. Pascal Tsaty Mabiala, Premier Secrétaire de l’UPADS, en sa qualité institutionnelle de Chef de File de l’Opposition Congolaise, M. Jean Alfred Makoundzi assumait les charges de Directeur de Cabinet de ce dernier.
De la vie associative, on savait que M. Jean Alfred Makoundzi était membre du Club d’Excellence Economique et membre du Conseil d’Administration de la Caisse Locale de la Mutuelle d’Epargne et de Crédit(MUCODEC) Brazzaville-Gare.
L’Ingénieur agricole, aux pieds dans la sphère politique et la vie associative, était attiré par la culture. Il aimait la musique, particulièrement la rumba congolaise. Elle le mettait de bonne humeur. M. Jean Alfred Makoundzi n’arrêtait pas de se cultiver pour élargir son champ de vision, s’étant toute sa vie donné les moyens d’atteindre ses objectifs professionnels. Il passait son temps libre à lire jusqu’au moment où sa santé se déclinant, cette préoccupation a diminué d’intensité. »Il n’y a pas d’âge pour se cultiver » répétait M. Jean Alfred Makoundzi. Ajoutant que ‘Plus nous vieillissons, plus nous avons besoin de faire travailler notre mémoire et apprendre ne peut être que bénéfique ».
Bon citoyen, attaché aux valeurs de la République, M. Jean Alfred Makoundzi était d’une grande générosité, aimant son prochain, respectueux des autres, fidèle en amitié. L’esprit critique, la sincérité, la prudence, la réserve, le discernement dans la prise des décisions le caractérisaient, en outre.
Le dirigeant de l’UPADS, Jean Alfred Makoundzi disparaissant, il laisse l’UPADS fragilisée par toutes sortes de tensions qui ternissent l’image de ce Parti aux grands atouts humano-politiques et obscurcissent son avenir. Parti de Gouvernement qu’il a été, d’août 1992 à octobre 1997, l’UPADS a toutes les raisons de trouver une solution consensuelle et partagée à ce qui a tout l’air d’une crise qui la mine. Cela, au nom de la préservation des idéaux politiques du Président Pascal Lissouba, de la sauvegarde de la mémoire du grand esprit qu’il a été et de la pérennisation de l’outil politique qu’il a créé pour conquérir le pouvoir d’Etat. Seul un Congrès salvateur, y ramenant les figures historiques restantes de l’UPADS, ouvert aux forces et autres courants du Parti, toutes tendances confondues, se disant exclus, est à même d’apporter l’apaisement constructif au sein de l’UPADS. Et, conséquemment, créer les conditions d’une relance harmonieuse pour de nouvelles conquêtes politiques.
Puisse le Ciel m’entendre, dans cette plaidoirie en faveur de la reconstruction agissante de l’UPADS. Et que, là bas, à l’éternel infini, M. Jean Alfred Makoundzi repose en paix. Lui qui disparait, en complément des nombreuses pertes de militants de l’UPADS qui s’en sont allés, auparavant.
En ces moments d’intenses douleurs pour la famille de M. Jean Alfred Makoundzi, qu’elle trouve ici l’expression de mes condoléances les plus attristées. A mes camarades de l’UPADS, très affligés par le décès de notre ami Jean Alfred Makoundzi, que la force et la vigueur soient en eux pour affronter la dure épreuve.
Paris le 22 mars 2024
Ouabari Mariotti
Membre de l’UPADS